07/08/2009

COMMUNAUTAIRE // LA PAIX COMMUNAUTAIRE...

Tout est communautaire. Le moindre geste, le moindre fait, la moindre parole, le moindre article, le moindre sujet, le poindre problème existentiel... Tout ce qui oppose une communauté à l'autre. Le communautaire : un monstre des consciences, une nourrice de la sensibilité flamande et de la sensibilité francophone. + + Ainsi donc, lorsque le ministre régional flamand des Affaires intérieures, Paul Van Grembergen annonce, début juin 2003, son intention de fermer la section francophone de l’Académie de musique organisée depuis plus de 25 ans à Wezembeek-Oppem par la commune de Woluwe-Saint-Pierre, il pose un problème communautaire. Pour le ministre flamand, seul l’enseignement fondamental peut être organisé en français dans les communes à facilités et non pas l’enseignement artistique ! + + Ce genre de « heurt », de « tension » entre les communautés flamande et francophone a voulu être évité en 1999 lors de l’accord gouvernemental ; les négociateurs de l’époque ont pensé à un organe de rencontre. Selon les négociateurs : « Il faut améliorer la construction de l’Etat fédéral belge pour éliminer définitivement les tensions communautaires et assurer les relations harmonieuses entre nos Régions et nos Communautés. Pour réaliser cet objectif, il est nécessaire de créer un forum permanent de rencontre, de discussion et d’évaluation. Un tel organe offre la possibilité à l’autorité fédérale, aux Communautés et aux Régions, de se retrouver dans un espace serein pour analyser les mécanismes de fonctionnement actuel de l’Etat, permettant d’anticiper sur les solutions à trouver à ceux-ci pour un meilleur fonctionnement des institutions de l’Etat fédéral ». + + Le gouvernement Verhofstadt, en 1999, mit tout en œuvre pour installer un climat serein dans les rapports Nord-Sud. Une « Conférence intergouvernementale et interparlementaire du Renouveau institutionnel », baptisée « Corée » fut mise sur pied. Le forum « vécut ce que vivent les roses... ». très vite, il sombra dans la lutte du pouvoir : une branche dominante ! + + L’horizon politique s’assombrit. La campagne électorale de 2004 est sous la menace d’une tournure d’un affrontement communautaire. Le CD&V scelle un cartel électoral avec la Nieuw Vlaamse Alliantie, N-VA, présidée par Gert Bourgeois. Le président de la N-VA imprime d’emblée le ton de la campagne : celui de l’affrontement communautaire. « Notre carte, déclare-t-il, s’oppose à la domination wallonne ». Les partis flamands s’inscrivent dans le confédéralisme. L’Open VLD adopte un ton plus modéré ; il ne fait pas de ses recommandations une condition sine qua non de participation à un prochain gouvernement.+ + Dans une interview accordée au quotidien Le Soir, Hervé Hasquin, MR, s’est dit : « ... excédé de l’attitude des Flamands à l’égard des Wallons. J’en ai assez de cette condescendance. C’est une rengaine, une attitude permanente : on regarde la Wallonie avec mépris ». Et de rappeler l’épisode de l’affaire de l’achat du « Kladaradatsch », l’ancien cinéma Pathé Palace, par la Communauté française. La fameuse déclaration de Bert Anciaux, Spirit, ministre du gouvernement flamand, évincé en justice : « De toute façon, je ne m’en fais pas car je ne vois pas quelle banque prêtera de l’argent à la Communauté française pour acheter le bâtiment ». Arrogance flamande. Hervé Hasquin a beau jeu de souligner la non-amélioration des mentalités flamandes : « Pour avoir vécu le Lambermont et les épisodes qui ont suivi, je peux vous dire que les mentalités n’évoluent pas ». + + Toutefois, une tentative d’un vécu en bonne entente est amorcée en juillet 2004 à Bruxelles sur un dispositif en remplaçant l’accord « de courtoisie linguistique » de 1996 suspendu par le Conseil d’Etat : « Une circulaire permettra aux communes de recruter du personnel unilingue à la condition qu’aucun bilingue ne brigue le poste - l’Orbem sera associé à la procédure – et que le candidat unilingue se soumette à un apprentissage de la seconde langue, via une formation reconnue. Le dispositif prévoit aussi un renforcement des primes au bilinguisme ». + + Un échec. + +Que nous reste-t-il ? Accrochons-nous à nos rêves de la francité, libre de vivre en français et en symbiose avec nos langues régionales.

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