21/08/2009

LE POURRISSEMENT COMMUNAUTAIRE...

Le Mouvement flamand ne changera pas tant qu’il n’aura pas contrôlé le sol belge jusqu’au moindre millimètre carré ! Sa soif de « revanche » ne s’apaisera qu’au moment où la Belgique de La Panne à Arlon en passant par Bruxelles sera totalement flamandisée. Toujours plus de régionalisation, toujours plus d’autonomie, toujours plus d’espace resteront son credo sacré. + + « ... La régionalisation de l’emploi, la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, le statut de Bruxelles et de sa périphérie, la mise en cause de la gouvernance wallonne ou de la monarchie... ne sont que des symptômes de la dynamique nationaliste flamande, souligne Jean-Pierre Thiry, professeur émérite de sociologie, docteur en sciences politiques et sociales... ».+ + La volonté flamande de s’accaparer l’espace belge est forte. Au demeurant, on peut la comprendre dans son extrémisme : c’est une question de survie. La Flandre sait qu’à terme, elle est appelée à s’effondrer, à plonger dans les abysses : vieillissement de sa population, pollution de son sol, obsolescence de son outil industriel et commercial, pénurie d’eau, manque de bras, manque d’argent...+ + Le mal flamand en gestation engendre, dans un réflexe de défense de la population, un égoïsme démesuré, un « refus permanent et généralisé des transferts interrégionaux, réels au demeurant et acceptables dans tout Etat-nation. Pour les Flamands, leur nation n’est plus la Belgique, mais bien la Flandre », affirme le sociologue Jean-Pierre Thiry. + + La Flandre est patiente ; elle s’est d’abord créée une identité, une unité culturelle puis elle s’est tracée un fil rouge, fait de ténacité, de persévérance, d’engrangement d’avancées successives, tout en gardant bien dans la ligne de mire l’objectif de la consolidation d’un Etat-nation flamand. Au fur et à mesure des avancées, la Flandre prend bien soin de consolider les acquis en éradiquant ou en réduisant au maximum l’usage du français.+ + Philippe Moureau, PS, sénateur-bourgmestre, Vice-président du PS, n’a-t-il pas dénoncé, fin mars 2007, la décision « dormante » de la Vlaamse Gemeenschapscommissie, Commission communautaire flamande, de réduire le financement des associations – flamandes – qui travaillent avec des jeunes francophones ? « Ce sont, affirme Philippe Moureau, Messieurs Vanhengel et Smet, ministres VLD et SP.A au gouvernement bruxellois, qui ont pris l’initiative. Ils passent souvent pour des modérés. Là, ils se montrent d’un sectarisme inquiétant. Ils sont résolus à chasser les jeunes francophones des structures associatives qui dépendent de la Vlaamse Gemeenschapscommissie, comme les écoles de devoirs, les maisons de quartier, entre autres. Les chasser, ou bien ne plus les accueillir à l’avenir... ».+ + +Le « cadre linguistique », élaboré en mai 1999, cassé par le Conseil d’Etat le 30 juin 2006, mais maintenu par des astuces consensuelles, semble-t-il, d’affectation, de promotions ou d’augmentations salariales, a été bloqué par décision de Brigitte Grouwels, CD&V, secrétaire d’Etat régionale bruxelloise de la Fonction publique. Une remise en question de la clé de répartition de 1999 – très favorable aux Flamands concédée par les francophones – base 73%-27 %, 73 % de francophones et 27 % de néerlandophones. Apparemment, une sage décision de Brigitte Grouwels, qui marquerait un retour à la légalité, c’est-à-dire à l’installation d’un cadre linguistique par rapport au nombre de dossiers traités dans la langue des intéressés, à savoir 93 % de francophones contre 7 % de néerlandophones... Apparemment, disons-nous, car la décision de Brigitte Grouwels laisse la Région bruxelloise sans cadre linguistique, déclenchant une cascade de recours de la part des fonctionnaires se sentant lésés... Le pourrissement communautaire...La Flandre poursuit ainsi son objectif : amoindrir le statut de Bruxelles pour installer un système de cogestion bicommunautaire avec des institutions paritaires. + + Le retour de la N-VA, Nieuw-Vlaamse Alliancie, au pouvoir fédéral n’annonce rien de bon pour Bruxelles. Un nouvel assaut contre Bruxelles. Les sentiments de Geert Bourgeois, ancien président de la Volksunie, à l’encontre de Bruxelles, sont bien marqués : Bruxelles capitale de l’Etat flamand indépendant, invitation aux francophones et aux Belges d’origine étrangère à opter pour la citoyenneté flamande, fusion des 19 communes bruxelloises, redécoupage en districts, suppression de l’arrondissement électoral et judiciaire Bruxelles-Hal-Vilvorde, flamandisation généralisée des institutions publiques, utilisation exclusive du néerlandais dans les documents administratifs des entreprises ... En bref, s’intégrer ou partir.+ + Il ne faut pas rêver à un modèle alternatif basé sur le rapprochement des communautés, proposé par le Manifeste bruxellois de Ph. Cattoir et A. Maskens. De la supercherie ! + + Une voix dans notre cœur se fait entendre : Bruxelles humiliée... Mais Bruxelles renaissante... Bruxelles française… Bruxelles libre

Commentaires

Rien que du vrai, dans cet article. Les initiatives flamandes s' avèrent très rentables pour la Flandre. L'inertie des masses et l' incurie des élus francophones feront le reste et feront d' elle une nation, d' Oostende à Arlon, qui deviendra Aarlen.

Écrit par : cartilier | 22/08/2009

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