31/08/2009

LE BUDGET DE L'ETAT FEDERAL

Un bref retour en arrière <><>Nous sommes en 2002, le gouvernement fédéral arc-en-ciel a le sourire : pour la troisième année consécutive, le budget est en équilibre ; non seulement, il est en équilibre mais mieux il génère un excédent de 114 millions d’euros. <><>Les budgets des années suivantes sont moins souriants. <><>2003. L’équilibre budgétaire n’est atteint que grâce à des économies drastiques dans les divers départements de l’Administration. <><>2004-2005. Les budgets sont bouclés en équilibre par des artifices budgétaires, sans garantie d’un équilibre structurel durable. <><>Yvan Van de Cloot, économiste chez ING Belgium, estime que la situation des finances publiques est loin d’être aussi saine que peut faire croire l’équilibre du budget : « En réalité, dit-il, la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement n’a jamais été aussi étroite depuis 1993, l’année de la dernière récession qu’ait connue notre pays... A mon sens, l’état actuel des finances publiques ne permet déjà pas suffisamment de réduire l’endettement de l’Etat, ce qui est pourtant primordial pour affronter la future flambée des coûts liés au vieillissement de la population. La Belgique s’est engagée, comme tous les autres pays européens, dans un plan pluriannuel relatif aux finances publiques. Elle doit s’y tenir ». <><>2006. Ce n’est pas l’éclaircie espérée. Aucun relâchement budgétaire ne peut être toléré, bien que la Belgique a dégagé un solde de financement positif de 0,1 % du PIB en 2006. Au contraire, recommande Guy Quaden, gouverneur de la Banque national de Belgique : « Il faudra davantage de discipline budgétaire à l’avenir... et être plus sélectifs dans les dépenses... Le pouvoir central ne peut pas conserver les mêmes compétences en se dépouillant sans cesse de moyens au profit des Régions ... ».<><>2007-2008. « Années horribilis » : élections législatives en juin 2007, élections européennes et régionales en juin 2008. Et les perspectives du Conseil supérieur des Finances sont sombres. Prudence, rigueur et vision seront les vertus à cultiver. <><>Un déficit à combler. Quelles mesures prendre ? « Je ne veux pas d’un budget d’austérité », proclame Laurette Onkelinx, PS, Vice-Première ministre. Les budgets 2007 et 2008 sont clôturés en équilibre dans un climat de crise financière ! <><>2009. Tension. Le budget 2009 souffre. Le gouvernement tarde à remettre son budget à la Commission européenne du Budget. Celle-ci le somme de lui rentrer un budget pour le 20 septembre 2009.<><>La préparation du budget 2010. Les nouvelles ne sont pas rassurantes. Les premières estimations annoncent un déficit de plus de 20 milliards d’euros à combler ! Les déficits « camouflés » des années précédentes ? Les premières indications laissent percer un déficit ramener à quelque 14 milliards ! D’où viennent les premiers six milliards trouvés ? <><>« Il n’y a pas trente-six solutions, entend-on, au Cabinet du Budget, soit on baisse les dépenses, soit on augmente les recettes, donc les taxes ». La Palisse n’aurait jamais mieux dit ! <><>Mais qui voilà : le Patronat. Montée aux barricades. Dans une interview accordée au journal Le Soir, Rudy Thomaes, administrateur-délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique, FEB, est catégorique : « Nous estimons que le trou sera supérieur aux 20 milliards d’euros initialement annoncés. C’est un problème d’une envergure énorme. Il faut donc s’atteler à la mise en place d’un plan crédible et soutenu... ». Dégageons les grandes lignes d’un plan que suggère la FEB. <><>Au rayon des dépenses : = = - Domaine de la Fonction publique : Dégraissage. « Par habitant, souligne Rudy Thomaes, on a un nombre excessif de gens actifs dans l’Administration publique... Pas de licenciements, mais nous avons une gigantesque opportunité, avec les nombreux départs à la retraite qui s’annoncent. On peut aussi réduire les embauches ». = =- Domaine des soins de santé. Des économies : « Réduction de la norme de croissance, suggère Rudy Thomaes. En période de récession, il est clair que certains mécanismes ne sont pas tenables. Ce n’est pas parce que c’est dans une loi que l’économie du pays peut supporter cela » = = Au rayon des économies : = = - Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Rudy Thomaes est persuasif : « Quand une entreprise belge utilise l’énergie éolienne, elle paie plus cher qu’à l’étranger, parce que la Belgique ne dispose pas d’une grande capacité d’installation de systèmes d’énergie renouvelables... Mais si on fait un choix raisonnable en matière d’énergie nucléaire, on peut développer une stratégie où la rente nucléaire peut effacer le surcoût de l’énergie éolienne ».= = - Augmentation de la fiscalité. Sur ce point, Rudy Thomaes est plus réservé. « C’est plus délicat. La marge de manœuvre dans notre pays surfiscalisé est extrêmement réduite. Et tous les analystes disent qu’il y a deux domaines de taxation où il n’y a pas de marge : c’est la taxation des salaires et l’impôt des sociétés ». = =- La fiscalité verte. A ce propos, Rudy Thomaes déclare : « Aucun interlocuteur en Europe ou en Belgique ne peut refuser le débat sur la fiscalité verte. Mais il ne faut pas que, via l’index, cela entraîne une hausse des salaires ». + + + Mais, il y a un Mais avec une majuscule : la date butoir du 20 septembre 2009. La remise obligatoire d’un programme de stabilité, à la Commission du Budget européenne, avec fixation d’une date et du rythme pour le retour à l’équilibre. La Région flamande a déjà montré les dents : Pas question de donner un euro au Fédéral après 2012. + + +La quadrature du cercle. Une année 2010 horribilis. La RIGUEUR.

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