14/09/2009

LA CONSTRUCTION DE L'IDENTITE FLAMANDE . . .

Il semblerait que l’identité flamande se greffa au mythe de la « bataille de Groeninge », immortalisée sous le nom de « Bataille des Eperons d’Or ». <><>Quelles armées s’opposèrent-elles sur la plaine de Groeninge, composante de l’entité de Courtrai (Kortrijk), dans les marais des Flandres ? Ce ne fut pas, à proprement parler, une guerre entre pays mais une guerre entre un roi et un suzerain ; un conflit entre le roi de France Philippe IV le Bel, qui voulait étendre son pouvoir royal sur l’ensemble du territoire des Flandres et son suzerain le comte de Flandre, Gui de Dampierre. <><>La bataille du 11 juillet 1302, dite des « Eperons d’Or », est un épisode de la guerre des pouvoirs, qui finalement fut gagnée, deux ans plus tard, par le pouvoir royal à la bataille de Mons-en Pévèle, dans le Nord, en 1304, suivie du Traité d’Athis-sur-Orge en 1305 par lequel Philippe IV le Bel obtint la Flandre française que dut lui céder le nouveau comte de Flandre, Robert de Béthune. <><>La bataille de Groeninge ne fut donc pas une guerre franco-flamande mais une guerre intestine entre les Leliaerts, partisans du lys, emblème du Roi de France Philippe IV le Bel, et les Klauwaerts, partisans des griffes, emblème du suzerain, le comte de Flandre Gui de Dampierre. <><>Au fil des siècles, la défaite se déifia en une légende en s’accrochant à la victoire de Groeninge. Les Flandres en firent le symbole de leur grandeur, de leur puissance, que Henri Conscience, écrivain flamand, béatifia dans un de ses ouvrages intitulé « Le Lion des Flandres ». La légende était consacrée. La Flandre en fit son drapeau, toutes griffes dehors. <><>Selon Véronique Lambert, historienne, « la Flandre canonisa officiellement la Bataille des Eperons d’Or en proclamant le 11 juillet jour de fête officiel de la Communauté flamande ». <><>Savez-vous qu’à un moment de l’Histoire, il y eut quatre commémorations de la Bataille des Eperons d’Or ? Ce fut en 1902, rapport Jo Tollebeek, historien, dans la revue « Ons Erfdeel »,info@onserfdeel.be . Pour le Mouvement flamand, ce fut la victoire des Flamands sur les Français ; pour les catholiques, ce fut la victoire de la Foi sur l’athéisme ; pour les libéraux, ce fut la victoire de la Liberté sur l’obscurantisme ; pour les socialistes, défilant au son de la Marseillaise, ce fut la victoire du peuple sur la bourgeoisie... <><>Le catholicisme, fortement ancré dans la mentalité flamande, modela une identité à l’ensemble de la région de langue germanique. Une unité nationale. Une nation.

Commentaires

Gui de Dampierre était VASSAL du roi Philippe V "Le Bel". Il n'était EN RIEN le suzerain du roi, bien au contraire : le roi était, évidemment, le suzerain du comte de Flandres.
De plus, le roi ne voulait pas "étendre" son pouvoir, puisqu'il l'avait déjà, en tant que suzerain. En réalité il voulait mettre fin à une sédition (justifiée ou non, c'est une autre question !) de Gui de Dampierre qui refusait d'appliquer le blocus exigé par le roi à l'égard de la laine anglaise, ce qui aurait causé la ruine des drapiers de Bruges, et, au passage, diminué les revenus de Gui.

Écrit par : LAFAILLE | 12/07/2011

Je vous remercie pour la précision. J'en prends bonne note.
Voulez-vous bien me communiquer votre adresse courriel à info@liguewallonnebruxelles.be ? Jez vous ferai suivre régulièrement nos anlyses et celles de nos locuteurs
Bien cordialement

Écrit par : watrice Raymond | 13/08/2011

Les commentaires sont fermés.