23/09/2009

LA BELGIQUE GEREE OAR LE LOBBY PATRONAL FLAMAND...

Le gouvernement régional flamand s’est doté de trois patrons : Kris Peeters, CD&V, ex-président de Unizo, Union des Classes moyennes flamandes, Ingrid Lieten, SP.A, directrice générale de De Lijn, société publique de transports ; Philippe Muytens, NV-A, administrateur délégué du Voka, Organisation patronale flamande. Ils occupent respectivement des postes ministériels de première importance : <><>- Kris Peeters, ministre-président de la Région flamande, ministre de l’Economie, de la Politique extérieure, de l’Agriculture et de la Ruralité <><>- Ingrid Lieten, Vice-ministre-présidente, ministre de la Recherche scientifique, des Instruments économiques publics, des Médias et de la Lutte contre la Pauvreté<><>- Philippe Muytens, ministre des Finances, du budget, de l’Emploi, de l’Aménagement du Territoire et des Sports. <><>Avec l’arrivée de ces trois personnalités, le combat change de cap. Il passe de la construction d’une identité culturelle flamande au combat pour l’autonomie économique.<><>Economie et politique dont interconnectés et entre les mains du patronat, privé ou public. Une maitrise de management. Une concrétisation du concept « bonne gouvernance ». Donner à l’intérieur et, tout particulièrement à l’extérieur, une image d’une Flandre dynamique, entrepreneuriale, aux carnets d’adresses bien étoffés.<><>Vincent de Coorbyter, directeur général du Crisp, Centre de Recherche et d’Information socio-politique, définit clairement le chemin prit par la Flandre après son unité culturelle. Son analyse : « La Flandre a très vite pris conscience que les premiers investissements privés étaient décidés par des holdings financiers basés surtout à Bruxelles et dominés par une oligarchie francophone. Le Nord était encore dépendant du niveau national – où à l’époque les francophones pesaient lourd – pour obtenir des infrastructures favorables au développement de son économie . Dès l’entre-deux-guerres , se sont créées des structures destinées à développer une économie spécifiquement flamande qui vont procurer une autonomie de destin de la Flandre dans ce domaine. On assiste ainsi à la création du VEV, en 1926, et de la Kredietbank, créée sur les cendres de banques traversant de grandes difficultés au milieu des années 1930. Ce combat plus discret et moins connu par les francophones pour l’autonomie et le développement économiques est profonds. Les acteurs principaux de ce développement économique, comme le VEV, organe du patronat, ou la Kredietbank, bras financier du Boerenbond, ont une très forte légitimité dans l’ensemble du champ politique et économique flamand. » <><>La Flandre lance son slogan fétiche : « Tout ce qui est bon pour l’économie flamande est bon pour la Flandre ». Un tracé tourné vers l’avenir, vers l’autonomie, vers une Nation flamande.« Quand je lis l’accord de majorité, j’ai le sentiment de lire le rapport de la « S.A. Vlaanderen » : on ne construit pas une politique sans base budgétaire saine », ponctue Philippe Muytens, NV-A. <><>Et Ratou, notre petit raton laveur des Flandres, ne peut éviter de s’exclamer : « Elle est belle la vie avec de telles personnalités ». <><>Spip, notre petit écureuil de Wallonie, de soupirer : « Si nous avions un Jules Destrée ou un François Bovesse ou un André Renard, la vie serait aussi très belle, plus belle encore… ». Et oui, Spip, mais la Wallonie n’a pas fait son unité culturelle ; elle est encore au stade de la lutte des classes, de la lutte entre les Liégeois et les hainuyers, de l’indifférence du Brabant wallon à l’égard des bassins houillers et industriels de Wallonie. <><>Vincent Reuter, administrateur-délégué de l’UWE, Union wallonne des Entreprises, de souligner : « En Wallonie, le monde politique est plus réticent à réaliser de tels choix et préfère se reposer sur l’appareil des partis. Ce n’est pas anormal. En outre, il sera beaucoup plus difficile en Wallonie qu’en Flandre de trouver des candidats ministres dans le vivier des entreprises… Moi, je refuserais. Et cela tient sans doute à ma culture francophone. Je me suis mis au service des entreprises dans une organisation privée, dont les règles varient fondamentalement de celles du secteur public. Je n’ai pas envie de m’adapter à ses autres règles : se soumettre à des élections, rendre des comptes au parti, accepter un horizon temporaire, souvent de court terme. » <><>En Wallonie, la ridicule bisbrouille entre le PS et le MR, à laquelle est venu se greffer Ecolo, pour la prise du pouvoir, est dominante ; la jouissance d’être le plus important !

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