16/10/2009

LA SATELLISATION DE BRUXELLES... ET DE LA WALLONIE...

BHV, nonobstant le mutisme du Premier ministre Herman Van Rompuy, CD&Vlaams, revient sur le devant du drame bruxellois. Les six mois de répit de la procédure de conflit d’intérêts arrivent à expiration. Que fera la Communauté germanophone, la seule arme de neutralisation de six mois, selon d’aucuns, qui reste à la Communauté française ? + + + Bruxelles menacée par le plan d’absorption par étape de la Flandre – La stratégie flamande + + + Dans une première étape, la stratégie flamande, découlant de la Flamen politik initiée par le gauleiter allemand von Bissing pendant la guerre 1914-1918, est d’isoler la ville de Bruxelles de sa périphérie flamande et wallonne et de constituer le Grand Bruxelles regroupant en une seule entité les communes du pentagone. Bart De Wever, historien, président de la N-VA, n’ignore pas les propositions von Bissing de redélimitation de la Belgique après l’armistice négociée entre les belligérants neutralisés, l’Empire allemand et les nations alliées. Ce point d’histoire que les historiens francophones ont toujours masqué et continuent à masquer.<><>Pour Bart De Wever, et avec lui l’ensemble des Flamands : « Bruxelles est une fenêtre de la Flandre ouverte sur le monde... La seule partie de la Flandre où on a réussi à imposer l’identité belge à la population... C’est le dernier obstacle... » <><>Dans une seconde étape, ce sera de faire sauter ce « dernier obstacle », et d’absorber Bruxelles au prix d’un sordide marchandage de compensations financières accordées à la Wallonie. Le rideau sera tiré. Deux Régions unilingues redéfiniront la Belgique : een Streek Vlaanderen, une Région flamande triomphante, et une Région wallonne vivotante ! <><> Dans le cadre de la première étape, la stratégie flamande est la critique de la gouvernance bruxelloise : structure morcelée, couteuse, gestion patriarcale ; l’étouffement financier et social pour imposer à Bruxelles exsangue une cogestion bi-communautaire (transitoire) avec des institutions paritaires ; la non-ratification de la convention-cadre de protection des minorités nationales en présentant la population bruxelloise, y inclus l’imposante majorité francophone, comme une mosaïque de minorités insignifiantes. Au demeurant, des voix flamandes avancent sournoisement que Bruxelles est démographiquement une ville multilingue dont la diversité culturelle devrait être gérée par un Flamand. Une première pierre a été posée par Bert Anciaux, Spirit, lors de l’acquisition des anciens bâtiments de la RTB place Flagey à Ixelles et de la constitution d’une asbl à dominante flamande pour sa gestion ; la fixation de la population bruxelloise sur les « bienfaits » de la connaissance de la langue de l’autre, notamment par le canal des classes d’immersion, permettant à la Flandre de poursuivre en toute quiétude l’homogénéisation linguistique de son territoire délimité par les accords de 1962-1963. <><>Il ne faut dès lors pas s’étonner de l’existence d’une complicité entre les confédéralistes flamands et les régionalistes wallons pour « céder » Bruxelles - enclave dans un territoire homogène néerlandais - à la Flandre en échange de compensations financières. L’on comprend mieux la « violence » des réactions des régionalistes wallons à l’idée d’une cession à Bruxelles de quelques km2 de territoire, Waterloo et Braine L’Alleud, qui permettrait la constitution d’un axe Wallonie-Bruxelles culturellement fort. Car Bruxelles a besoin de cet adossement à la Wallonie pour survivre en français. + + + La remise en cause des frontières administratives régionales. La solution pragmatique.+ + +« Il suffit de cinq minutes de courage politique » a déclaré une personnalité politique flamande pour régler les problèmes communautaires ».<><>La solution pragmatique se puise dans ces cinq minutes de courage politique de la classe politique : dire oui à la remise en cause des frontières administrative de 1963 ; dire oui au rétablissement d’un recensement linguistique et à la fixation définitive des frontières des Régions sur la base des résultats, commune par commune, du choix de la langue.<><>Une certitude : ne rien changer aux frontières administratives actuelles, c’est ouvrir la voie à la constitution d’un Etat composé de deux Régions unilingues, dont les contours ont été arrêtés par la Flamen politik. Une Région flamande avec Bruxelles comme capitale et une Région wallonne avec Namur comme capitale.<><>Privée de ses possibilités d’extension, conséquemment de revenus, Bruxelles devra immanquablement passer sous le joug flamand pour assurer son fonctionnement ; la Wallonie, elle-même tributaire de la Flandre, ne pourra lui apporter le soutien financier nécessaire. Le processus de dépendance s’accélérera pour aboutir à son intégration dans le milieu flamand qui l’encercle. La boucle sera bouclée. Bruxelles, capitale unilingue néerlandaise de la Flandre linguistiquement homogène. <><>Mais, diable, les politiques ne trouveraient-ils pas les cinq minutes de courage pour une remise en cause des accords aberrants de 1962-1963 ? Avoir le courage d’être pragmatique, serait-ce trop demander à des édiles carpocapsés par l’égotisme ? Ces personnalités savent qu’une ville ne peut survivre financièrement, socialement, économiquement en restant corsetée dans ses limites primitives. Une ville vivante est en perpétuelle extension dans le périmètre de son hinterland. Encore faut-il concrétiser ce constat ! Une communauté urbaine ?<><>2009 n’est plus 1963. Bruxelles, maintenant, par les lois économiques, s’étend de Waterloo à Leuven. Ne le vit-on pas, près de chez nous, avec la ville de Lille ? Son rayonnement s’étend par-delà les frontières d’Etat et les frontières linguistiques par le nouage de liens forts avec la ville wallonne de Tournai et la ville flamande de Kortrijk (Courtrai) et la constitution entre elles d’une Communauté urbaine au grand bénéfice des communes qui la composent. Lille métropole urbaine transfrontalière. <><>L’hypothèse d’un statut d’indépendance et celle d’un statut de ville internationale sont à rejeter fermement. Elles impliquent l’éclatement de la Belgique. Deux hypothèses incompatibles dans le cadre d’un Etat fédéral.+ + +La Wallonie, un fruit qui murit pour la satellisation + + + La Flandre se positionne sur les « frontières » pour lancer un raid sauvage sur la Wallonie. La Flandre veut une liaison directe, de territoire à territoire, avec sa cousine germanophone, l’Allemagne. Elle prépare le terrain en faisant introduire le bilinguisme dans l’enseignement, et même l’unilinguisme flamand dans le secteur hôtelier, en faisant miroiter l’octroi d’un emploi, d’un logement, de soins à ceux qui s’engagent à pratiquer le flamand… <><>Une Flandre triomphante, car elle sait que la Wallonie, dont toute l’économie, tous ses réseaux routier, ferroviaire, fluvial sont axés sur Bruxelles et les ports d’Anvers et de Zeebrugge, sera dépendante d’elle, sera son satellite amené, à échéance plus ou moins rapprochée, à être intégré dans son territoire. <><>Au demeurant, le destin de la Wallonie a été tracé lors de la constitution du Benelux, l’entente économique entre la Belgique, la Néerlande et le Grand-Duché de Luxembourg, appelé à s’arrimer au puissant land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie, peuplé de quelque 18 millions d’habitants : dilution dans la Germanie reconstituée.+ + +Conclusion + + +Un appel de vigilance aux édiles wallons. Un appel au sauvetage du français.

16:57 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : satellisation, strategie, flamen politik |  Facebook |

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