13/11/2009

LA FLANDRE CULTIVE L'APARTHEID ...

« Wonen in eigen streek » - Habiter dans sa propre Région - : nouveau dogme de la Flandre pour éradiquer la langue française de son territoire avant... de l’étendre à l’ensemble de la Belgique. Avec la bénédiction des pro-bilingues flamando-français francophones et des partisans d’une extension des classes d’immersion linguistique en néerlandais – même dans les communes bruxelloises à direction FDF ! <><>Le moniteur du 22 septembre 2009 a publié la liste des 69 communes flamandes concernées par le décret du 27 mars 2009 voté par le gouvernement flamand ; ce nouveau décret, visant l’usage de la langue française en Flandre, réserve en préférence les terrains à bâtir et les logements aux seuls acheteurs autochtones. <><>Les communes à statut « préférentiel », qui sont dans le collimateur des puristes flamands, sont situées en périphérie bruxelloise, à la Côte, dans les banlieues anversoise, gantoise et louvaniste ainsi que le long des frontières d’Etat hollandaise et française, le long de la frontière linguistique... Les Flamands casernés chez eux ! <><>Tony Mary, ex-top manager flamand chez IBM, KPMG et à la VRT, président de BPlus, association de défense de la Belgique fédérale, dans une interview à l’hebdomadaire LeVif/L’Express du 18 septembre 2009, dit ne plus pouvoir supporter « le nationalisme de plus en plus envahissant de la Flandre... J’y constate l’apparition d’une société que je qualifie, avec un peu de provocation, de « préfasciste ». Il s’agit d’agiter, continuellement, l’image de l’ennemi. Chez nous, c’est le Wallon, jugé fainéant et magouilleur. Pour Hitler, c’était le juif... ». Il n’est pas tendre avec sa Région, la Flandre : « Elle se croit forte, se compare toujours à la Wallonie, alors qu’elle est, désormais, en recul par rapport à d’autres régions qui font partie du top européen. Le nombre de fonctionnaires diminue dans les pays voisins ; il augmente en Flandre. La Flandre avait une sécurité sociale et un enseignement exemplaires ; ces secteurs sont en perte de vitesse. Elle est confrontée au vieillissement de sa population. Et l’intégration des allochtones est un échec... ». Il ponctue : « Ce pays, je ne veux plus y vivre ! ». Tony Mary s’en va s’établir à Montpellier dans le sud de la France. <><>Le constat de Tony Mary expliquerait les outrances nationalistes flamandes : s’accaparer les richesses du voisin pour maintenir son bien-être. L’égoïsme agressif. <><>Les conditions imposées aux acheteurs sont particulièrement dures : passage devant une commission d’évaluation provinciale et une réponse positive au à l’un des trois critères : 1. Avoir été domicilié durant six ans, de manière ininterrompue, dans la commune ou dans une commune limitrophe, reprise sur la liste des communes cibles ; 2. Travailler au minimum à mi-temps dans la commune ; 3. Avoir noué avec la commune « un lien professionnel, familial, social ou économique important et de longue durée ». <><>Des recours en annulation et en suspension, en perpective, devant la Cour institutionnelle. Sont déjà annoncés un recours auprès de ladite Cour par le notaire Olivier de Clippele, député bruxellois MR : « Ce décret est antidémocratique et discriminatoire, soutient-il. Nous serons amenés à juger et à éliminer des gens dont nous pensons qu’ils n’ont pas le bon profil... », et un recours par Eric Libert, député fédéral MR/FDF : « C’est le décret de la honte ; il était déjà inscrit dans la note de flamandisation de la périphérie, rédigée en 2004 par le ministre Frank Vandenbroucke. Cette note réservait les biens fonciers et immobiliers publics à des personnes à revenus modestes et affichant un lien socio-culturel avec la Flandre. Ici, le décret s’en prend aux biens privés et ne prévoit pas de conditions de revenus. Il s’agit avant tout pour la Flandre que les Flamands restent « entre eux » chez eux ». <><>Une préfiguration de la Belgique de demain de Nieuwpoort à Arlon (au nom flamandisé)sous l’empire de la loi du plus grand nombre. La loi de la Flandre, son mode de vie, ses coutumes, ses traditions, sa langue, sa culture.

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