14/12/2009

HERMAN VAN ROMPUY OU LE DIEU JANUS...

… Un homme aux deux visages. Flamingant, féru de culture française, amateur de Mauriac et de Camus, et d’écriture de haikus, mini-poèmes japonais. Une éminence grise. Il inspira les compromis – toujours largement avantageux pour la Flandre – clôturant les négociations communautaires depuis 1980 qui ont abouti aux réformes de l’Etat de 1980, 1988 et 1993, excepté pendant la période libérale de Verhofstadt de 1999 à 2004 qui enfanta la réforme de 2002.<><>Les frères Van Rompuy, Herman et Eric, les meneurs des jeunesses flamandes dès l’âge de 16 ans. Les tenants d’une ligne de conduite flamingante intransigeante dès qu’il s’agit d’aborder les problèmes liés à Bruxelles et à son hinterland périphérique. <><>Herman Van Rompuy, l’aîné, se définit à travers son slogan : « Rustige vastheid » (La solidité tranquille). L’expression de la ténacité flamande faite de persévérance et de patience. Il répond volontiers : « Poser des questions aux ministres ? Je suis trop fier pour cela ? Poser des questions, c’est se mettre en position d’infériorité ». Il attend patiemment une faiblesse de sa proie. <><>Quand nous entendons les courtisans et courtisanes louanger Herman Van Rompuy en le décrivant comme le « Sauveur du pays », nous ne pouvons que secouer la tête et dire que c’est un peu fort de café ! Herman Van Rompuy est, en réalité, un fin limier qui a très vite compris que la Flandre ne gagnerait pas l'affrontement direct avec les francophones dans le dossier BHV. Pour lui, le fruit n’était pas mûr. Le carpocapse n’avait pas encore suffisamment colonisé le fruit communautaire. Adepte de la méthode Maddens, il adopta la position d’attente, la position du fauve attendant que sa proie soit suffisamment affaiblie pour l’étrangler sans difficulté majeure. De position de demandeur passer à position d’autocrate. « Je veux d’abord prendre le temps d’étudier les dossiers », disait-il. Temporiser intelligemment. Prendre du temps. La maîtrise de l’art de l’envoûtement. Au point tel que les Vice-ministres, ministres et secrétaires d’Etat francophones lui en savaient gré, le déifiaient ! Eux, qui ne cessaient de proclamer : « Nous ne sommes demandeurs de rien ». Ils alimentaient dans leur innocence, dans leur naïveté, dans leur incapacité, le moulin Van Rompuy qui se préparait à les moudre. Le comble !<><>Froideur sur le plan communautaire, il plaide pour la suppression des facilités linguistiques ; il signe en 2007 une proposition de loi modifiant les lois électorales en vue de scinder la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde ; il reproche à Guy Verhofstadt d’avoir accordé aux francophones, pendant son règne, un refinancement trop large de leurs écoles, ce qui cessait de les mettre en position de demandeurs, privant, à l’avenir, la Flandre d’un moyen de pression pour faire « avaler » leurs revendications. Herman Van Rompuy ou le dieu Janus. Le froid calculateur.

14:41 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vastheid, mauriac, janus, haikus, camus, calculateur |  Facebook |

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