14/12/2009

WALLONS,CES ETERNELS ROUSPETEURS...

… Ces éternels désunis… Ces éternels individualistes… Ces éternels insoumis soumis à la paralysante inaction de la désunion. Quand donc leurs cœurs battront-ils à l’unisson pour la Wallonie ? <><>Les Etats généraux de Wallonie, tenus le samedi 9 mai 2009 sur le site de l’Université de Liège, devaient être le signal du Grand Départ ? Ils furent un fiasco, la révélation de la désunion profonde du Mouvement wallon carpocapsé par l’égotisme. Qu’a-t-on vécu ? Le mépris des politiques wallons à l’exception des socialistes, Willy Burton et Jean-Claude van Cauwenberghe, la défection des partis indépendantistes et rattachistes wallons, celle du Rassemblement Wallonie-France, celle du Rassemblement wallon, celle de la liste « Wallons »… L’expression matérialisée de la désunion, du fossé entre les régionalistes et les rattachistes . <><>Les trois options présentées aux Etats généraux étaient-elles trop bousculantes ? : Un Etat wallon indépendant ? Un Etat Wallonie-Bruxelles ? Se lier à la France ? Le choix était-il cornélien ? Exprimait-il une déchirure ? Une résignation ? Une utopie ? Un élan ? Un choix corseté ? <><>Le tout résumé dans le constat de Jean-Claude Van Cauwenberghe : « Les Wallons sont belgicains et royalistes. Quel parti ose aller contre ça ? Et aucun n’ose le débat sur la post-Belgique car le seul fait d’oser ce débat peut donner l’impression que vous souhaitez la fin du pays … Et la France n’acceptera jamais la Wallonie car elle enflammerait aussi ses propres autonomistes ». <><>Le tout teinté d’idéalisme, ressortissant de l’intervention de Pierre Verjans, politologue à l’Université de Liège. Car le nouvel Etat wallon devra non seulement solliciter l’accueil auprès de la France mais également solliciter l’accord de sécession auprès de l’Europe et d’autres instances internationales : « Et pour l’Europe, il faudra l’accord des 26 Etats. Et ce sera non, sous peine d’encourager tous les nationalismes européens à imiter les Belges ». Et Jacques Lenain, haut fonctionnaire français, invite au pragmatisme : « Et vous devriez tout bazarder ? Vous présenter tout nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français ? Pourquoi faire ça puisqu’il n’existe pas un uniforme mais plusieurs ? ». Aussi, Jacques Lenain avance une piste plus réaliste, la piste de la Corse ou celle des Dom-Tom. <><>Les organisateurs des Etats Généraux de Wallonie maintiendront les trois options initiales. L’option rattachiste obtint 74,4 % des voix, l’option indépendantiste récolta 16,4 % des voix et l’option fédéraliste 9,4 %. Les Etats Généraux de Wallonie se clôtureront sur une pieuse motion adressée aux Wallons de prise en main de leur destin. <><>L’utopie supplanta le pragmatisme dans le cheminement vers la fin de la Belgique. <><>Neuf mois plus tard. C’est toujours le néant. Le temps n’a pas fait œuvre de réflexion. Les rattachistes, les régionalistes, les républicains, les belgicains, les indépendantistes, les je m’en foutistes ; les indifférents, les militantistes sont tous repliés dans leurs « tanières » à ressasser l’éclat de Jean-Emile Humblet : « La Belgique n’a jamais été un pays » sans faire jaillir le mot libérateur, le mot qui stoppera la progression de la Flandre sur le sol wallon et qui la refoulera dans ses marais. <><>Le dieu « résignation » se dresse sur son socle. La prophétie de Jules Destrée éclate : « Et le lion de Flandre est souverain sans partage ». <><>Quand donc les Wallons sortiront-ils de l’arène du jeu « si l’un gagne, c’est mauvais , et si l’autre gagne, c’est mauvais aussi ».

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