16/12/2009

WALLON EST MON PRENOM, BELGE EST MA FAMILLE

Une réflexion de R. BALSAUX, par courriel +++ Du moins c’est ce que l’on m’apprenait quand j’’étais gosse. Les Flamands se sentent “vlaamse volbloede”, d’autres “zinnekes” de Brussel, les troisièmes sont des “fîres Wallons”. Quant aux derniers que l’on ne doit pas oublier, de vieux paysans germanophones, ils m’ont franchement surpris en me racontant, exclusivement en wallon liégeois il y a plus de soixante ans, que cette langue faisait partie de leur dialecte familial depuis des siècles … malgré trois guerres d’occupation leur interdisant d’apprendre le français. <><> Personnellement, placé à la fin de ma vie devant mes propres contradictions historiques, je me sens devenu un apatride au milieu d’un tel apartheid. <><> Jugez-en : J’ai la trace d’un premier aïeul d’Occitanie payant la taille en 1292 l’autorisant à fabriquer un condiment connu aujourd’hui sous le nom chantant d’aïoli et, de surcroit, fournisseur de la cour de France. Les siècles passant, certains descendants embourgeoisés devinrent militaires sous la Révolution. L’un d’eux conquit Moscou et tomba à Waterloo. Soigné et guéri il épouse son infirmière, une riche brabançonne. Deux générations plus tard un petit-fils engrosse et marie la servante d’origine gantoise et est chassé par le clan offusqué. Leurs pas les conduisent au Pays-Noir dont les enfants épouseront désormais des Wallonnes dans les conditions pénibles et mortelles des houilleurs. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. <><> Pour faire court, un arrière-grand-père embrigadé dans les armées prussiennes est gravement blessé en 1870 près de Sedan et sauvé par une secouriste ardennaise. Guéri mais jugé déserteur, il l’épouse et dans un premier temps s’établit à Namur. Son épouse meurt en couche en lui donnant un beau petit garçon qui devint mon grand-père. Ils émigrent alors dans le Pays-Noir où l’enfant reçoit une éducation d’ajusteur métallurgiste et épouse une servante Wallonne. Depuis, plus aucune “tache” au pedigree familial si ce n’est qu’entre-temps, depuis ma jeunesse je suis devenu Liégeois ce qui n’est évidemment pas une tare. <><> Ce qui me tracasse, c’est qu’autour de moi, j’entends des milliers de Flamands, Italiens, Grecs, Espagnols, Polonais parlant le wallon appris par leurs parents dans les tréfonds de la mine et tous chantent avec ferveur “Yess fîres des leu pitite patreye”. <><> Une langue que parlait également ma famille, mais qui en en son temps me fut interdite à coups de trique, parce jugée grossière et impolie. Dites-moi donc, qui suis-je ?

14:37 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : waterloo, dialecte, zinnekes, revolution, sedan, namur |  Facebook |

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