15/02/2010

FLANDRE, TOUJOURS PLUS DE FLANDRE...

C’est comme ça. Les Flamands se sentent à l’étroit chez eux ; ils veulent plus de sols, plus de terres… ; les Fourons, cela ne leur suffit plus… Ils veulent Bruxelles, BHV, la Wallonie, le Grand-Duché de Luxembourg, la Flandre française… Ils veulent une liaison directe avec le bassin rhénan pour sauver leur port d’Anvers, le « couloir » Anvers, Bruxelles, Liège, Aix-la-Chapelle. La reconstitution de la Grande Néerlande ! <><>Les Flamands font du marketing agressif s’appuyant sur un lexique mesuré « Ce que la Flandre fait, elle le fait bien », « Les Francophones sont incapables intellectuellement d’apprendre une langue », « La Flandre est le symbole de la bonne gouvernance », « Le travailleur wallon est fainéant »…. <><>Ouais. Voyons un tantinet, sans nous étendre ! <><>- KBC, le joyau financier de la Flandre, annonce une perte de 2,5 milliards d’euros en 2009, similaire à celle de 2008, soit 5 milliards d’euros (200 milliards d’anciens francs) de perte en deux ans. La banque flamande s’était engagée dans les « crédits toxiques » et lancée sur les marchés de Russie et de l’Europe de l’Est. <><>- Un taux d’activité bas et un chômage en augmentation. L’image du Flamand bosseur ternit : plus de 70 % des travailleurs belges qui ont choisi le crédit-temps sont Flamands. En 2009, le chômage a grimpé de 24 % en Flandre contre 3,4 en Wallonie. Et la tendance se maintient en janvier 2010 avec + 15 % en Flandre contre + 7 % en Wallonie. Et le pire est encore à venir avec la fermeture de Opel en août prochain et le cortège de la sous-traitance. La sensibilité de l’économie flamande au retournement de la conjoncture se mesure à la toise de l’ONEm.<><>- Un réseau routier en état pitoyable au point tel que le parlement flamand a consacré mercredi 10 février 2010 un débat d’actualité. Les nids de poule se multiplient.<><>Cependant, la Flandre ne manque pas d’argent. Elle s’est appropriée au fil des réformes constitutionnelles la grosse part des finances publiques. Son ambition est de rejoindre le top des 131 régions les plus dynamiques d’Europe d’ici 2020 ; la mise en œuvre de son nouveau Pacte d’Avenir pour la Flandre, passé entre le gouvernement flamand et les partenaires sociaux en janvier 2009 : « Vlaanderen in actie » passe par la conquête de Bruxelles et la mise sous tutelle de la Wallonie (sols, eau, main d’œuvre, argent). <><>Un constat au regard de la situation souffreteuse de l’économie flamande : l’écart entre le Nord et le Sud se réduit. La Wallonie, assagie et retrouvant le goût au travail, est sur la voie du renouveau. Cela est souligné par Geert Noels, ex-chief economist chez Petercam, créateur de la société Econopolis, lors de l’émission Matin Première de la RTBF.be du lundi 7 février : « Dans les mêmes circonstances traversées à l’époque du déclin de la Wallonie, la Flandre réagit aujourd’hui exactement de la même manière… Un gouvernement flamand qui veut tout résoudre et un syndicalisme qui devient plus agressif au Nord du pays ».La Flandre sur le chemin de la décadence.

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