29/03/2010

LA FLANDRE : UNE CHRONIQUE QUI DERANGE...

Jean-Paul Marthoz, chroniqueur, aurait-il frappé au cœur de la rose flamande avec sa chronique publiée le 16 mars 2010 dans les colonnes du quotidien Le Soir au point que la Rédaction a consacré deux pages entières du numéro du vendredi 26 mars, sous le titre : Non, « Le Soir » n’a jamais incité à la haine », à la suite de la réaction de Bart De Wever, président de la N-VA, aux propos du chroniqueur ? = =Qu’écrivait Jean-Paul Marthoz le 16 mars ? En substance, il invitait les parties à prôner l’ouverture au lieu de pratiquer la loi du talion ; il visait tout particulièrement le « wonen in eigen streek » par l’emploi d’un terme générique le « code du logement ».= =Que dénonce Bart De Wever ? Il a, semble-t-il, une lecture d’incitation au racisme et à la haine conséquemment à l’appui du texte par une photo de chrétiens massacrés par des musulmans au Nigeria. La grande presse flamande ne semble pas lui emboîter le pas.= =Pour Peter Vandermeersch, directeur de la rédaction du Standaard, le chroniqueur Jean-Paul Marthoz « a parfaitement le droit de dépeindre le comportement du gouvernement flamand en ce qui concerne le Wooncode comme « prémoderne » et « prédémocratique ». Il a parfaitement le droit d’insulter la communauté flamande en affirmant qu’elle ne respecte pas les principes de la Révolution française ». Et Peter Vandermeersch de souhaiter « un débat alimenté par des arguments, et non des prises de bec prétentieuses. = =Pour Yves Desmet, rédacteur en chef politique et éditorialiste à De Morgen : « Déposer une plainte et recourir à des moyens juridiques pour faire valoir une opinion, c’est aller un pas plus loin. C’est une tentative délibérée pour museler ses adversaires en leur interdisant d’exprimer d’autres idées… ». Il estime, par ailleurs, que « le parallèle établi par la photo qui accompagne la chronique, un charnier de victimes de purification ethnique au Nigeria, est pour le moins particulièrement indélicat… Mais avec la meilleure volonté du monde, on n’y trouvera pas trace d’incitation à la haine raciale ». Yves Desmet invite Bart De Wever à plus de prudence dans ses propos : « Mais pour un homme politique qui a fait de ses idées sa raison d’être et son gagne-pain, il vaut mieux rester prudent avant de combattre à coups de procédures juridiques les opinions qui s’écartent de la sienne ». = =Béatrice Delvaux, rédactrice en Chef du quotidien Le Soir, exprime sa vive indignation à l’égard de la réaction de Bart De Wever, président de la N-VA : « Indignés ? Oui, nous sommes d’abord et avant tout indignés. Fondamentalement, viscéralement. Qu’on puisse accuser notre journal d’incitation à la haine raciale » serait ridicule, si ce n’était insultant, faux et injuste. Je n’aurai jamais assez de mots pour le dire au nom de mon journal, de ses journalistes, de ses lecteurs et en ma qualité de rédactrice en chef… Combattre l’exclusion, les nationalismes, les ségrégations, bâtir des ponts, donner la parole à ceux qui ont des choses à dire, même si elles sont dérangeantes, ce sont notre volonté et notre pratique quotidiennes. Poursuivies avec courage et détermination. Et Béatrice Delvaux ponctue : « Jean-Paul Marthoz a forcé le trait. Mais oui, bien sûr. C’est une page d’opinion, que diable, pour des lecteurs qui savent se faire leur propre jugement ! A l’image de la longue tribune signée par Guy Verhofstadt dans Le Monde, décrétant « qu’il y a décidément quelque chose de pourri » dans cette République française à la recherche de son identité nationale. Ai-je entendu que Sarkozy déposait plainte contre Le Monde pour incitation à la haine ?…Jean-Paul Marthoz réaffirme le message essentiel de son article : « Mon regret, partout, des mesures qui sont ou peuvent être discriminatoires ; mon souci d’une cohérence, dans les pays démocratiques, entre les discours et les actes ; mon refus du principe « œil pour œil, dent pour dent » ; mon hostilité radicale au nationalisme ou au communautarisme. Il ajoute avec conviction : « Plus que jamais, comme je le disais dans ma chronique, nous devons combattre ceux qui s’accroche aux notions réactionnaires de la pureté du sang, de la sainteté du sol et de l’unicité de la foi. Ensemble, au Nord et au Sud. Parce que nous défendons, comme l’aurait dit Edgar Morin, un projet de civilisation et non pas des idéologies d’un autre âge… ».

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