23/04/2010

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA LIGUE WALLONNE DE BRUXELLES...

PAS DE LENTILLES POUR LES FRANCOPHONES + + + Le conseil d’administration de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles (L.W.R.B.), réuni le lundi 19 avril 2010, s’inquiète de la confusion qui se répand dans les rangs francophones, à mesure qu’approche l’échéance de la mission confiée à Jean-Luc DEHAENE sur Bruxelles-Hal-Vilvorde. + + La L.W.R.B. tient à rappeler que la scission des arrondissements électoral et judiciaire ne relève ni du symbole ni de la « querelle de village », mais que la nation flamande, en marche vers son indépendance, vise la transformation de ses limites administratives en frontières d’État, par la rupture des derniers liens qui unissent Bruxelles à sa périphérie. + + Il ne s’agit donc pas seulement de priver des dizaines de milliers de Francophones du droit de voter pour les candidats de leur choix et d’avoir accès à la justice dans leur langue, mais surtout d’étouffer progressivement les communes à facilités, d’enclaver totalement la Région bruxelloise dans le futur État flamand et de la couper de la Wallonie. + + La L.W.R.B. s’étonne dès lors que ressurgisse la tentation de sacrifier la démocratie, l’exercice de libertés fondamentales et le destin de la Fédération Wallonie-Bruxelles contre des avantages financiers, dont rien ne garantit d’ailleurs le caractère définitif et irréversible. + + Selon le ministre-président bruxellois, la Région aurait besoin de 500 millions d’euros par an ! + + La L.W.R.B. affirme non seulement que le devoir d’État des gouvernants francophones est en premier lieu de gérer avec rigueur leurs propres affaires pour éviter d’apparaitre en position de demandeurs, mais surtout que les ressources dont la Région a besoin sont le prix à mériter de la fermeté francophone, bien plus surement que la contrepartie d’un renoncement honteux. + +1) Prendre au mot la revendication flamande d’autonomie fiscale et donc imputer le précompte professionnel à la Région du lieu de travail, et non à celle de la résidence du travailleur, permettrait de rapatrier 472 millions d’euros qui « filent de Bruxelles vers la Flandre en impôt des personnes physiques » (Charles PICQUÉ lui-même, dans Le Vif/L’express, 14 mars 2008). + +2) Mettre fin aux surcouts politiques et administratifs du « modèle bruxellois » (bilinguisme généralisé et multiplication des organes et des mandats) permettrait d’économiser 120 millions d’euros par an, selon une étude commandée par le ministre bruxellois du Budget Guy VANHENGEL en 2004. + +3) Enfin, pour mémoire, selon une étude du F.D.F. de juin 2008, l’élargissement de la Région bruxelloise aux six communes à facilités rapporterait, au seul titre des impôts régionaux, 56 millions d’euros. + + Les voilà, vos 500 millions, Monsieur le Ministre-Président !+ + La L.W.R.B. en appelle donc à un sursaut de dignité et de courage des partis francophones : pas de scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde sans élargissement de la Région bruxelloise, et le reste avec notre émancipation nous sera donné par surcroit.+ + Si, comme il est probable, les conditions d’une négociation sérieuse ne sont pas réunies, la L.W.R.B. invite enfin les députés bruxellois à faire leur devoir et à voter une motion en conflit d’intérêts pour briser le cercle du chantage auquel les Francophones sont présentement soumis.

Les commentaires sont fermés.