26/04/2010

LE BOUCHON DE LANAYE, 65 ANS PLUS TARD...

… Il fait toujours parler de lui ! Je l’ai découvert au cours de géographie économique que dispensait un professeur d’histoire et de géographie à l’Athénée royal de Dinant . Il en parlait avec conviction, avec une pointe acerbe à l’égard de la politique hollandaise qui bloquait l’accès au Rhin aux péniches d’un certain gabarit en refusant d’entamer les travaux d’aménagement des écluses. Un lourd handicap pour le trafic mosan de l’axe Sambre et Meuse. <><>Quelque 65 ans plus tard, c’est un Belge, cette fois, qui porte un mauvais coup à la Wallonie : le ministre wallon de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire, Philippe Henry, Ecolo, en annulant le permis d’aménagement de la quatrième écluse de Lanaye permettant le passage de grandes péniches et de convois poussés jusqu’à 9 000 tonnes. Les actuelles écluses de Lanaye sont sous-dimensionnées pour répondre aux nouvelles exigences économiques du trafic fluvial. <><>On ne comprend pas. Pourquoi donc l’annulation du permis ? Tout bêtement pour cause de dépassement du délai de délivrance du permis ! Incroyable ! Simple bourde ou incompétence, le mal est fait. Un retard d’au moins un an dans l’ouverture de la nouvelle écluse aux gros bateaux. Ce qui nous amènerait à l’été 2016 ! Vous direz : Ce n’est qu’un an ! Pas bien grave ! Ouais, si une partie importante des fonds pour la construction de l’écluse ne provenait pas de l’Europe. Or, pour l’Europe, il faut obligatoirement que les fonds soient utilisés en 2015 ; à défaut, ils retourneront à l’Europe ! Pas question de report ! <><>Selon un expert, il ne faudrait pas que les travaux trainent : « Compte tenu des quatre ans de travaux, si cela traine, cela nous laisse peu de temps. Il faudra mettre les bouchées doubles. Heureusement, il ne faudra pas refaire tout le travail ». Optimiste, l’expert ! Il est rare que des travaux de cette ampleur - une écluse de 225 m de long sur 25 m de large – n’entraine pas des retards d’une certaine durée ! <><>L’excuse invoquée par le Cabinet du ministre Ecolo est mince : « L’erreur (le dépassement de délai) était flagrante ? Or, nous voulons assurer un maximum de sécurité juridique ». <><>Pas du tout content le ministre wallon de tutelle sur les voies hydrauliques, Benoît Lutgen, CDH. Son Cabinet le fait savoir sèchement : « Pour un projet comme celui-là, on a du ml à comprendre ce qui s’est passé. Ce n’est pas deux jours avant l’échéance qu’on se réveille ». <><>Le Ministre Ecolo doit cependant savoir – c’est le journal Le Soir du vendredi 16 avril 2010 qui l’annonce – : « Un convoi fluvial de 4 400 tonnes transporte autant de marchandises que 220 camions ou 4 trains ; une péniche émet 4 fois moins de gaz à effet de serre et consomme 3,7 fois moins de pétrole que le transport routier. Une tonne de marchandises transportée par voie d’eau (fluvial grand gabarit) coute 12 euros contre 21 par la route et 22 par le rail ». <><>Pour la Wallonie, maltraitée par la Flandre, une amélioration et une extension de ses voies navigables vers les Pays-Bas et vers la France sont vitales pour éviter d’être dépendante du bon vouloir de la Flandre dans le transport par le rail et par la voie fluviale de ses marchandises transitant par le port d’Anvers.

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