12/06/2010

LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES? UNE FUMISTERIE ?,SECRET DEFENSE ?

LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES ? UNE FUMISTERIE ? SECRET DEFENSE ? " Nous prendrons nos responsabilités si la Belgique se sépare " s'est exclamé Elio Di Rupo. Un Plan B ? Remous dans le monde politique. + +Joëlle Milquet, présidente du CDH, enchaine : "Notre Plan A, c'est un fédéralisme rénové… On réussira ce plan A… Mais si un partenaire (Ndlr : la Flandre) veut s'en aller, mais qu'il s'en aille… mais ce sera sans Bruxelles". + +Didier Reynders, président de la Fédération MR, se démarque : "Je ne comprends pas l'attitude des présidents du PS et CDH qui s'inscrivent dans la logique des nationalistes flamands de Bart De Wever en parlant d'un Plan B pour la Belgique en invoquant la fin de la Belgique… C'est une perspective qui n'est voulue ni par les Francophones de Wallonie et de Bruxelles ni par les germanophones". + +Rudy Demotte, PS, ministre-président de la Région wallonne, en accord avec son président Di Rupo, affirme : "La Wallonie n'acceptera jamais qu'on menace l'existence des Bruxellois flamands ou francophones". + +Olivier Maingain, président du FDF, dans la ligne de la Fédération MR, est net : "Sortir de la logique d'Etat fédéral, c'est se mettre en position de faiblesse… Le confédéralisme, c'est le plus grand danger pour Bruxelles… Nous pourrions assurer la continuité de l'Etat belge (Ndlr : création de la Fédération Wallonie-Bruxelles), mais nous n'assumerons ni le poids, ni la responsabilité, ni le désavantage de l'initiative du séparatisme… Les Francophones doivent se ressaisir sur une ligne de conduite claire : ni confédéralisme, ni séparatisme". + +Marcel Cheron, Ecolo, consensuel : " Ce n'est pas notre choix, ce Plan B, mais si la Flandre veut s'en aller, il faut qu'on fasse le choix de maintenir ensemble la Wallonie et Bruxelles, avec une solidarité interrégionale d'Arlon à Bruxelles". + + Le Plan B avancé par Elio Di Rupo, président du PS, serait-il "Secret défense" ou ne serait-il que fumisterie, l'expression de l'aboulie des partis politiques francophones ? En tout cas, à la question posée par la journaliste du JT de la Une sur l'existence d'un Plan B, Elio Di Rupo s'est lancé dans un salmigondis invraisemblable de paroles sans jamais dire oui, ni non, ni prononcé le mot Plan B, ni s'y référer ! Et il remet le couvercle sur le mot Plan B, au JT de Matin Première du mercredi 9 juin 2010 en éludant la question d'un auditeur : "Les francophones ont-ils un Plan B ?" Il répond : "Si un jour on doit arriver au stade de la séparation, alors, bien entendu, faites confiance aux formations politiques ; elles sont capables de répondre à une telle situation. Nous avons toutes les capacités, les talents, la force de travail, la productivité, l'intelligence et une jeunesse qui ne demande qu'à démontrer ses capacités… Nous n'allons pas parler de choses qui pourraient se produire dans 3 ou 5 ans ! + +La grande presse quotidienne s'interroge. "Et si, pour une fois, on n'était pas des nains ? N'y a-t-il pas, dans ce momentum, une formidable opportunité à saisir ? Et si c'était l'occasion qu'il ne faut pas rater ? se demande Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du quotidien Le Soir, dans son édito du jeudi 10 juin 2010. + + Vincent Laborderie, doctorant en sciences politiques de l'UCL, demande que l'on achève la refonte de l'Etat : "Il n'y a aucune raison d'évoquer le scénario d'un éclatement du pays. L'indépendance de la Flandre n'est pas à l'ordre du jour : les partis du Nord du pays ne sont d'ailleurs pas prêts pour franchir le pas… Il serait autrement plus périlleux d'organiser la scission du pays que de réaliser une réforme de l'Etat qui mette en place des structures plus efficaces. A cet égard, la Belgique est encore loin d'être le pays le plus décentralisé de tous les pays fédéraux". + +Le Gewif, Centre d'Etude pour la Wallonie intégrée à la France, est catégorique ; il ne faut pas se leurrer : "Un Etat Wallonie-Bruxelles n'est pas viable" faute de moyens. Mais alors, que devrait faire l'Etat Wallonie-Bruxelles ou la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire suite à l'indépendance de la Flandre ? La seule réponse à la question, selon Gewif, c'est se tourner vers la France. Mais, la France voudra-t-elle de la mini-Belgique ? Nous n'en sommes pas encore là. "Restons, comme dit Olivier Maingain, dans la logique d'un Etat fédéral respectant chacun de ses composants". Le tout est de savoir ce qu'est un Etat fédéral : ses attributions, ses pouvoirs, sa représentation ? Mais qu'est-ce qui nous attend ? + +Marianne Thyssens, présidente du CD&V, un tant soit peu ambiguë : "Pour Bruxelles, nous voulons renforcer le lien avec la Flandre. Nous voulons investir à Bruxelles mais aussi à améliorer la gestion. Bruxelles est une Région, mais pas une Région à part entière". + +Elio Di Rupo, président du PS, est tout aussi ambigu : "Bruxelles est capitale de la Flandre, capitale de la Communauté française de Belgique, capitale de la Belgique, capitale de l'Europe. Nous voulons que Bruxelles soit une Région à part entière… Nous avons été là à toutes les grandes réformes". + +Notre conclusion. + +Rien de bon tout cela ! Enfin, ça se négocie. Nous avons toutefois de grandes craintes pour l'avenir de Bruxelles française, de la Wallonie wallo-française. + +Il n'y a cependant pas lieu d'avoir peur d'une partition du pays. Selon un tout récent sondage effectué par un grand quotidien français, 68 % de Français accueilleraient à bras ouverts les Wallons et les Bruxellois ! Une nouvelle patrie ?

15:52 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plan b, plan a, federalisme, confederalisme, separatisme |  Facebook |

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