28/06/2010

UNE NOUVELLE TRANCHE DE BRUXELLES PRESENTEE SUR LA TABLE DU TROC ?...

Le scénario de 1989 façonné par Philippe Moureaux, président de la Fédération socialiste de Bruxelles, se réécrira-t-il en 2010, avec Di Rupo, président du PS ? La Région de Bruxelles est de nouveau aux abois sur le plan financier ; la faillite la guette. + +La cogestion de Bruxelles par la Flandre (dominatrice) et la Wallonie se dessine en échange d'un paquet d'euros, suffisamment pesés pour remettre le financement de Bruxelles sur la table des négociations dans 10 ans, avec, cette fois, en contrepartie, l'incorporation de Bruxelles en Flandre. Et l'octopus flamand sera accompli ! + +En fait, la cogestion en douce de Bruxelles est en cours depuis la dernière réforme de l'Etat ; les matières relatives à l'enseignement, à la culture, aux sports, à l'aide à la jeunesse… sont gérées par la Région flamande et par la Communauté française ; elles échappent à la Région bruxelloise. Le plaidoyer de la N-VA pour la suppression de Bruxelles est l'expression verbale de ce qui se passe en coulisse… La rupture du mur du silence par la N-VA a provoqué l'ire des partis francophones. Quoi, les "petites manigances", les "petits arrangements" sont mis sur la place publique ? Les réactions des partis francophones ne se sont pas fait attendre… Il faut faire impression sur le citoyen ! + +Charles Picqué, PS, ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, des trémolos dans la vois : "C'est une déclaration de guerre". + +Christian Doulkeridis, Ecolo, ministre bruxellois, mielleux, un regard tourné vers Groen : "Encore une promesse que Bart De Wever ne peut pas tenir". + + Joëlle Milquet, présidente du CDH, verbeuse : "La N-VA est dans une logique frontale d'affrontement et de surenchère qui nous éloigne des solutions qui doivent être trouvées dans un cadre de discussion acceptable pour tous… Pour ceux qui en doutaient encore, il est toujours indispensable de dire non aux propositions inacceptables de la N-VA. + + Olivier Maingain, président du FDF, un tantinet plus ferme, plus clair : "L'enjeu est de plus en plus évident : il faut briser le carcan enfermant Bruxelles en Flandre, pour qu'elle ne soit pas emportée dans les bagages des nationalistes flamands". + + Armand De Decker, PRL branche libérale du M.R., président du Sénat, n'est pas tendre à l'égard du FDF branche bruxelloise du M.R. ; ces propos n'arrangent pas les choses pour Bruxelles. Faut-il s'étonner ? Il s'agit tout simplement d'un retour de la bourgeoisie flamande dans ses terres, dans le cadre de la poursuite logique du processus d'évaporation de la Belgique, disons de "balkanisation" de l'Union européenne en construction. Un processus qui, au demeurant, n'est pas une exclusivité belge. Voyons l'éclatement de la Yougoslavie, la partition de la Tchécoslovaquie, l'implosion de l'empire russe, les mouvements séparatistes en Italie, en Grande Bretagne, en Espagne, des velléités d'autonomie en France métropolitaine et d'Outremer… Un fractionnement des Etats dès qu'un avantage en nature se constate dans une "région" pour en profiter seule au maximum. + + Demandons aux représentants francophones d'être conscients que l'avenir du français en Belgique est menacé ; la cogestion de la Région bruxelloise, voulue par la Flandre, n'est qu'une étape dans l'évaporation de la Belgique francophone et de sa mutation en un Etat België de langue néerlandaise. Le retour de la België de 1815 rejetée en 1830 par les Belges. Qu'ils en soient conscients ! Nous le leur redemandons avec insistance !

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