29/08/2010

LE BLOCAGE COMMUNAUTAIRE

 

Ce problème a surgi avec la suppression du recensement de la population en 1960 à la suite de la "révolte" de quelque 150 bourgmestres flamands. Il s'est inscrit dans la Flamenpolitiek élaborée en 1917 avec la collaboration de l'occupant allemand : la scission du pays entre, d'une part, la Flandre avec capitale Bruxelles, et, d'autre part, la Wallonie centrée sur Namur.

 

En 1929, les Flamands et les Wallons s'étaient entendus sur ce que l'on a appelé le "compromis des Belges" basé sur l'unilinguisme des régions, à l'exception de l'agglomération bruxelloise où l'on s'est placé dans une logique bilingue étant donné que Bruxelles est la capitale du pays. Il était convenu que les services administratifs seraient unilingues néerlandais dans les communes flamandes, unilingues français dans les communes wallonnes, bilingues français/néerlandais dans les communes formant l'agglomération de Bruxelles. Il était également convenu qu'un recensement décennal de la population entrainerait une modification du régime linguistique, en passant du régime unilingue à un régime bilingue avec possibilité d'un rattachement à d'autres entités à régime bilingue, s'il était constaté que 20 % de la population d'une commune parlent une autre langue ; ce pourcentage fut porté à 30 % en 1933. La francisation des communes jouxtant principalement l'agglomération bruxelloise n'a pas été jugulée pour autant ; la "tache d'huile francophone", vue par les Flamands, continuait de s'étendre. Les Flamands ont, dès lors, remis en cause les accords passés et ont exigé et obtenu le retrait du volet linguistique dans le recensement de la population ; ils ont accepté le concept de "facilités linguistiques" dans les communes où une partie importante des habitants parlent une autre langue.

 

Ce principe est remis en cause par les Flamands ; ils le monnayent contre un refinancement mesuré de Bruxelles dans une vision d'une intégration de l'agglomération bruxelloise en Flandre et d'une récupération de l'argent "avancé".

 

Dans le bras de fer engagé entre la Flandre et la Wallonie, il est permis de se poser quelques questions : Quelle logique l'emportera-t-elle : le bon sens ou la particratie ? Les Francophones reculeront-ils une fois de plus ? Les Flamands resteront-ils solidaires ? …

 

Qu'en pensez-vous ?

 

Une de nos correspondantes, Maggy Rassart, ouvre la voie au dialogue. Elle nous adresse, selon son expression, "quelques modestes réflexions d'une Wallonne de naissance que le travail a rendu citoyenne du monde, qui a des liens très forts avec la France (et s'y trouverait bien) mais qui, habitant Bruxelles, refuse de voir "sa" Région niée et vendue". Elle fait sienne l'enseignement de Charles de Gaulle : "Capituler, c'est trahir".

 

Maggy Rassart épouse la préférence de Claude Thayse à 4 Régions. Mais elle met des réserves sur sa critique à propos d'une concentration du savoir à Bruxelles : "… Par contre, dit-elle, ce qui m'inquiète c'est "Bruxelles concentre un grand nombre de hautes écoles, d'universités, de prestigieuses institutions culturelles" car que sont les universités et hautes écoles bien wallonnes de Mons, de Namur, de Liège et même de Charleroi (il faut un temps, lointain il est vrai, où cette ville était fière A JUSTE TITRE de son université du travail)… Ces centres ne sont pas inférieurs à l'ULB (qui a des antennes wallonnes), ni à la VUB. Cette remarque me fait penser à La lettre au Roi de Jules Destrée (première version) où Bruxelles est un "mélange" face aux Flandres et à la Wallonie. Petit rappel, c'est pourtant cet illustre Wallon qui a tant aimé la Wallonie qui est à l'origine de la création d'institutions prestigieuses … à Bruxelles au lieu de les mettre dans sa région. S'il a voulu rejoindre le caveau de Marcinelle, c'est à Bruxelles qu'il a voulu l'Académie mais aussi la Chalcographie (elles sont QUATRE au monde). Rien n'interdisait de les mettre dans une des villes où Jules Destrée avait installé les Universités populaires.

 

Pourquoi "servitude wallonne" ? Déjà de son temps, Jules Destrée reprochait à "son peuple" de ne pas être assez fier de ses richesses culturelles…".

 

Maggy Rassart  ne partage pas le point de vue de Yannick Beauthière et celui de Arnaud Cambier lorsqu'ils disent que les Wallons "craignent de se faire arnaquer et de payer la protection de Bruxelles à la place des Bruxellois", et que les Wallons "n'ont que faire des problèmes linguistiques de Bruxelles". Cette attitude des Wallons, l'imprègne d'une impression de "méfiance". "Si la richesse est due à Bruxelles, souligne-t-elle, pourquoi considérer l'élargissement comme une main mise non justifiable ? La Wallonie n'est-elle pas redevable de travail à Bruxelles ou bien ai-je rêvé tous ces navetteurs qui profitent d'un job à Bruxelles mais paient leur impôt en Wallonie ?"

 

Jacques Claessens repousse ce sentiment de méfiance de l'un vis-à-vis de l'autre ; il invite les Bruxellois et les Wallons à être solidaires : "… Francophones, tant Wallons que Bruxellois, nous avons vraiment intérêt à faire fi de tout ce qui pourrait nous diviser ou nous différencier ; je sui certain qu'aucun Bruxellois francophone ne souhaite "annexer" une partie de la Wallonie et même du Brabant wallon. Sachons oublier les inutiles querelles de clocher et faire face à l'extrémisme flamingant ; montrons-nous unis, solidaires dans la défense de notre liberté et notre volonté inébranlable de défense l'avenir et la liberté de nos enfants tant sur le plan culturel de notre langue, de notre économie que de nos droits sociaux… Ami, entends-tu…"

 

Résistance ! Réentendons la voix du général de Gaulle le 18 juin 1940 sur les antennes de la radio anglaise : "Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas". Une réaction de fierté et d'honneur en réponse à la honteuse capitulation du maréchal Pétain.

 

Oui, "Ami, entends-tu…"

Commentaires

Je serais enclin à suggérer aux Bruxellois de reprendre l'hymne national des Français fedonné par Leterme ...:
Aux armes les francophones, formez vos bataillons ....!!!
Car il est temps que les Francophones, Bruxellois et Wallons fassent entendre à claire et haute voix qu'ils en ont marre des dictats et exigences de ces extrémistes fils de'ex-collabos flamands.
Amicalemment

Écrit par : aramis- etc... | 29/08/2010

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