29.08.2010

LE BLOCAGE COMMUNAUTAIRE

 

Ce problème a surgi avec la suppression du recensement de la population en 1960 à la suite de la "révolte" de quelque 150 bourgmestres flamands. Il s'est inscrit dans la Flamenpolitiek élaborée en 1917 avec la collaboration de l'occupant allemand : la scission du pays entre, d'une part, la Flandre avec capitale Bruxelles, et, d'autre part, la Wallonie centrée sur Namur.

 

En 1929, les Flamands et les Wallons s'étaient entendus sur ce que l'on a appelé le "compromis des Belges" basé sur l'unilinguisme des régions, à l'exception de l'agglomération bruxelloise où l'on s'est placé dans une logique bilingue étant donné que Bruxelles est la capitale du pays. Il était convenu que les services administratifs seraient unilingues néerlandais dans les communes flamandes, unilingues français dans les communes wallonnes, bilingues français/néerlandais dans les communes formant l'agglomération de Bruxelles. Il était également convenu qu'un recensement décennal de la population entrainerait une modification du régime linguistique, en passant du régime unilingue à un régime bilingue avec possibilité d'un rattachement à d'autres entités à régime bilingue, s'il était constaté que 20 % de la population d'une commune parlent une autre langue ; ce pourcentage fut porté à 30 % en 1933. La francisation des communes jouxtant principalement l'agglomération bruxelloise n'a pas été jugulée pour autant ; la "tache d'huile francophone", vue par les Flamands, continuait de s'étendre. Les Flamands ont, dès lors, remis en cause les accords passés et ont exigé et obtenu le retrait du volet linguistique dans le recensement de la population ; ils ont accepté le concept de "facilités linguistiques" dans les communes où une partie importante des habitants parlent une autre langue.

 

Ce principe est remis en cause par les Flamands ; ils le monnayent contre un refinancement mesuré de Bruxelles dans une vision d'une intégration de l'agglomération bruxelloise en Flandre et d'une récupération de l'argent "avancé".

 

Dans le bras de fer engagé entre la Flandre et la Wallonie, il est permis de se poser quelques questions : Quelle logique l'emportera-t-elle : le bon sens ou la particratie ? Les Francophones reculeront-ils une fois de plus ? Les Flamands resteront-ils solidaires ? …

 

Qu'en pensez-vous ?

 

Une de nos correspondantes, Maggy Rassart, ouvre la voie au dialogue. Elle nous adresse, selon son expression, "quelques modestes réflexions d'une Wallonne de naissance que le travail a rendu citoyenne du monde, qui a des liens très forts avec la France (et s'y trouverait bien) mais qui, habitant Bruxelles, refuse de voir "sa" Région niée et vendue". Elle fait sienne l'enseignement de Charles de Gaulle : "Capituler, c'est trahir".

 

Maggy Rassart épouse la préférence de Claude Thayse à 4 Régions. Mais elle met des réserves sur sa critique à propos d'une concentration du savoir à Bruxelles : "… Par contre, dit-elle, ce qui m'inquiète c'est "Bruxelles concentre un grand nombre de hautes écoles, d'universités, de prestigieuses institutions culturelles" car que sont les universités et hautes écoles bien wallonnes de Mons, de Namur, de Liège et même de Charleroi (il faut un temps, lointain il est vrai, où cette ville était fière A JUSTE TITRE de son université du travail)… Ces centres ne sont pas inférieurs à l'ULB (qui a des antennes wallonnes), ni à la VUB. Cette remarque me fait penser à La lettre au Roi de Jules Destrée (première version) où Bruxelles est un "mélange" face aux Flandres et à la Wallonie. Petit rappel, c'est pourtant cet illustre Wallon qui a tant aimé la Wallonie qui est à l'origine de la création d'institutions prestigieuses … à Bruxelles au lieu de les mettre dans sa région. S'il a voulu rejoindre le caveau de Marcinelle, c'est à Bruxelles qu'il a voulu l'Académie mais aussi la Chalcographie (elles sont QUATRE au monde). Rien n'interdisait de les mettre dans une des villes où Jules Destrée avait installé les Universités populaires.

 

Pourquoi "servitude wallonne" ? Déjà de son temps, Jules Destrée reprochait à "son peuple" de ne pas être assez fier de ses richesses culturelles…".

 

Maggy Rassart  ne partage pas le point de vue de Yannick Beauthière et celui de Arnaud Cambier lorsqu'ils disent que les Wallons "craignent de se faire arnaquer et de payer la protection de Bruxelles à la place des Bruxellois", et que les Wallons "n'ont que faire des problèmes linguistiques de Bruxelles". Cette attitude des Wallons, l'imprègne d'une impression de "méfiance". "Si la richesse est due à Bruxelles, souligne-t-elle, pourquoi considérer l'élargissement comme une main mise non justifiable ? La Wallonie n'est-elle pas redevable de travail à Bruxelles ou bien ai-je rêvé tous ces navetteurs qui profitent d'un job à Bruxelles mais paient leur impôt en Wallonie ?"

 

Jacques Claessens repousse ce sentiment de méfiance de l'un vis-à-vis de l'autre ; il invite les Bruxellois et les Wallons à être solidaires : "… Francophones, tant Wallons que Bruxellois, nous avons vraiment intérêt à faire fi de tout ce qui pourrait nous diviser ou nous différencier ; je sui certain qu'aucun Bruxellois francophone ne souhaite "annexer" une partie de la Wallonie et même du Brabant wallon. Sachons oublier les inutiles querelles de clocher et faire face à l'extrémisme flamingant ; montrons-nous unis, solidaires dans la défense de notre liberté et notre volonté inébranlable de défense l'avenir et la liberté de nos enfants tant sur le plan culturel de notre langue, de notre économie que de nos droits sociaux… Ami, entends-tu…"

 

Résistance ! Réentendons la voix du général de Gaulle le 18 juin 1940 sur les antennes de la radio anglaise : "Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas". Une réaction de fierté et d'honneur en réponse à la honteuse capitulation du maréchal Pétain.

 

Oui, "Ami, entends-tu…"

26.08.2010

ACCORD SUR LA REVISION DE LA LOI DE FINANCEMENT

Ouf ! s’exclame Elio Di Rupo, PS, préformateur. « Les sept partis s’entendent sur les balises qui encadreront la révision de la loi de financement » titrent les médias.

Qu’est-ce à dire ? Flamands et Francophones, main dans la main ? Un miracle ?

« C’est un accord vraiment équilibré ; tous s’y retrouvent » entend-on du côté des Sept, PS, CDH, ECOLO, N-VA, CD&V, SP.A, Groen. Le principe étant acquis, les experts vont pouvoir maintenant s’atteler à la tâche de présenter un plan de financement qui répond totalement aux attentes de toutes les entités fédérées.

Qu’en est-il ?

La Flandre obtient la révision réclamée avec en plus la promesse de disposer d’une plus grande autonomie financière et une « plus grande marge de manœuvre pour ses revenus propres ».

Bruxelles et la Wallonie engrangent « l’assurance » que la réforme ne pourra ni entrainer une concurrence déloyale entre entités ni appauvrir structurellement une entité, et que la réforme assurera le financement de l’Etat fédéral.

En bref, du « concret » pour la Flandre, de « l’immatériel » pour les Francophones ! Plus crument : une avancée, étape par étape, côté flamand ; une capitulation enrubannée, côté francophone.

« La réforme, selon les Sept, devra être durable et assurer la stabilité de toutes les entités, veiller à maintenir l’équilibre financier de la maison Belgique ». C’est ce que les Francophones ont obtenu ; ils en sont fiers !

Vous croyez, vous à cette durabilité, à l’assurance de la stabilité ? La N-VA ne parle-t-elle déjà pas de « pas dans la bonne direction » ? Une renégociation annoncée de ce que la Flandre a consenti aux Francophones ! Pourquoi se gênerait-elle ? Les Francophones lui ont accordé ce qu’elle voulait : le lancement de la révolution copernicienne avec la révision de la loi de financement lui ouvrant la porte à la scission de la sécurité sociale. Ceci étant acquis, la N-VA va exiger la prise en considération de la deuxième partie de ses revendications ; le maintien de l’enclavement de Bruxelles et la « modernisation » de l’organisation institutionnelle bruxelloise ». Autrement, la création du Grand Bruxelles !

Pas à pas, étape par étape, la Flandre réalise son programme d’expansion élaboré en 1917 avec la collaboration de l’occupant allemand. La Flamenpolitiek.

REGIONALISTES (DE TOUT LE PAYS !) UNISSEZ-VOUS !

Régionalistes (de tout le pays !) unissez-vous !

Article de Claude Thayse, maitre de conférences ULB, publié sur son blogue-notes

 

 Comme prévu, le dialogue communautaire a commencé. Sur base communautaire et non régionale. Exactement ce que voulaient les Flamands.

 

A l’heure actuelle, il est impossible de deviner ce qui va sortir des négociations. Mais ce ne seront de toute façon que des solutions insatisfaisantes et temporaires. Les sources de conflits ne pouvant y être traitées à fond. Il faut mettre sur pied de toute urgence une association temporaire de partis – idéalement issus des quatre entités, mais on peut commencer avec moins - qui décident de centrer leurs programme de réformes institutionnelles sur base d’une organisation au départ des régions. Sortant ainsi des blocages récurrents. Les « vrais problèmes » finalement puisqu’ils empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.

Autour de la table pour nous représenter, si je compte bien : 5 « francophones » sur 7 peu suspects de prendre en compte les spécificités régionales (avec un léger bénéfice du doute pour Picqué et Ludgen). Il ne manque que le MR qui aurait renforcé le camp communautariste. Et ce sont ces gens avec les pouvoirs exorbitants que leur donne le système politique de « présidentocratie » (*) qui vont décider pour tout le monde de la nouvelle architecture institutionnelle d’un pays qui n’en finit pas de mourir.

 

On connaît les revendications sentimentales et historiques des partis flamands sur Bruxelles. Mais ce sont là des gens patients et pragmatiques. Je suis curieux de voir leur évolution au cours de ces négociations. Après tout, ils avaient déjà fait preuve d’ouverture lors des négociations précédentes. Sans oublier que la configuration actuelle sur base des communautés leur convient très bien puisqu’elle leur donne de fait un pouvoir de contrôle sur ce qui est un des principaux enjeux pour eux : Bruxelles.

 

C’est là toute la perversité du système de partage entre communautés rivales de fait. Elles n’arrêtent pas de s’accuser des blocages et dysfonctionnements du fédéralisme. Le mantra du « front francophone » ayant conforté les vœux des nationalistes de Flandre d’imposer un jeu à deux.

 

S’il a été – pour nous Wallons – un incontestable progrès et a permis de stopper le déclin économique imposé par l’Etat unitaire, le fédéralisme est incomplet puisqu’il nous manque, entre autres à cause de l’existence des Communautés, la maîtrise de compétences essentielles et complémentaires en matière d’éducation et de culture. Sans compter ce qui reste au niveau fédéral où les choix sont basés sur des rapports de force qui nous sont défavorables.

 

En l’état, ce fédéralisme qui montre ainsi ses limites a de moins en moins de chance de pouvoir bien fonctionner à l’avenir puisqu’il y est impossible de définir des systèmes de solidarité mutuellement acceptables. Le système est largement ingouvernable et le restera tant qu’il restera des zones de chevauchement de compétences de type linguistico-communautaires.

 

Intéressante à ce sujet, la déclaration du ministre-président du gouvernement de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz au magazine allemand Focus où en cas de scission de la Belgique, il envisage trois hypothèses : le retour à l’Allemagne, le rattachement au Luxembourg ou la création d’un État indépendant.  

Il est hautement significatif de constater que « la minorité la mieux protégée du monde » montre – par la voix de son premier dirigeant - que malgré la situation extrêmement favorable dont elle jouit, elle se prépare et surtout prépare ses 60.000 citoyens aux choix d’avenir possibles.

Certes, rien n’étant innocent, il s’agit peut-être là d’un appel du pied aux négociateurs pour qu’ils n’oublient pas cette entité…  

Il n’empêche. Cette déclaration donne raison aux propos tenus dans les années trente par les responsables du Mouvement wallon qui parlaient déjà d’organisation du pays sur base – à l’époque  – de trois régions. La Wallonie, la Flandre et la Région bilingue de Bruxelles.

 

C’est cette position – aménagée - que j’ai défendue auprès de mes amis du Rassemblement wallon (alors W+) quand j’ai parlé de réorganiser ce pays – dans un premier temps – sur base de quatre régions (en fait des Etats confédérés) libres et égales en Droits. Libres de s’associer deux à deux entre elles ou encore de s’adosser à l’un ou l’autre pays voisin de leur choix. Des associations « à géométrie variable » en quelque sorte. Sur base d’accords négociés et équilibrés où chacun trouverait son compte.

L'interview récente de Jean-Pierre Chevènement dans le  « Paris Match »  montre que l’option de l’adossement négocié est tout à fait envisageable.

 

J’y vois d’énormes avantages. Y compris - et surtout - pour les Bruxellois qui vivent une forme originale d’expérience de cohabitation multiculturelle et multicommunautaire. Ils pourraient ainsi continuer à développer cette nouvelle forme de citoyenneté, respectant les langues en présence tout en édifiant un projet commun porteur d’avenir pour tous les habitants. Il est patent que beaucoup de Bruxellois néerlandophones se sentent d’abord bruxellois avant d’être Flamands. Il en va de même pour les Bruxellois francophones dont peu se sentent Wallons. Les autres communautés – ni flamandes ni d’expression française – fort représentées s’identifiant à la culture bruxelloise en plus de leur culture originale. (Le succès de foule de la « Zineke parade » en est un des signes les plus visibles.)

 

Cette réorganisation sur base de quatre entités laisserait la porte ouverte à différentes possibilités en fonction de la volonté exprimée par les populations. Garder une Belgique sous une forme confédérale ou, à l’inverse, permettre une transition en douceur vers la réunion de l’une ou l’autre des entités avec un pays voisin. Ménageant même pour l’une ou l’autre entité qui serait tentée la possibilité du choix de l’indépendance.

 

Hélas, la structure exclusivement linguistique des partis traditionnels constitue un frein considérable. Tant que ceux-ci ne se détermineront pas sur une base essentiellement régionale, on ne pourra pas mettre sur pied un projet politique cohérent.

Les tensions communautaires sont les « vrais problèmes » - finalement - puisqu’elles empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.

 

(*) « Les Français ont inventé la démocratie représentative, les Belges ont inventé la démocratie non-représentative». (d’après Huntington)

 

L'ADOSSEMENT : UNE IDEE QUI FAIT SON CHEMIN...

« L’adossement », un mot, une idée, qui fait son chemin. Présenté par Claude Thayse, maitre de conférences à l'ULB, sur son blogue-notes.

Ceux qui connaissent ce blog depuis sa création (avec plus d’un million de pages vues depuis le 14 novembre 2005 !) à l’époque où j’ai été amené à reprendre la présidence d’un parti devenu si peu rassembleur auront suivi l’évolution, ou plutôt « l’affinage » de ma vision. Partant rattachiste militant pur et dur, sans trop de nuances, sympathique mais inefficace, cette évolution a été nourrie de divers apports dont l’excellent texte sur «  Le vrai visage des Français ».

 

Du billet militant : « Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm ! » à celui sur «La fin du syndrome de Waterloo ? » et « La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? » ou encore « La Wallonie sur la voie d'une organisation nouvelle ? » à ceux plus récents, mais nullement contradictoires avec les premiers, sur l’indispensable identité wallonne dont je retrouve une belle synthèse dans ce beau texte d’Arnaud Pirotte qui fait le tour du sujet, je retrouve – modestement - une constante qui me rassure. Celle d’être capable d’intégrer, d’écouter, de continuer à réfléchir, à prendre du recul, bref à évoluer. Ce n’est pas simple dans le milieu politique, fait de croyance ou d’opportunisme ou encore d’hyper-certitude, de continuer à marcher hors des sentiers battus. Une éducation à la pratique du « doute raisonné », si elle n’est pas un handicap n’est certainement pas le meilleur moyen de se faire des « amis » dans ce monde où règnent les croyances parfois irrationnelle qui - précédant et prédéterminant les convictions - s’opposent à la vérification et demeurent inaccessible à la contradiction et aux arguments raisonnables.

 

Ethiquement, ma position, mon message politique ne peut se baser que sur la multitude d’éléments factuels, d’indices, de témoignages, sérieux et souvent concordants recueillis personnellement ou rapportés par d’autres. C’est – je le reconnais, une forme d’intime conviction, qui est une « croyance raisonnable » en quelque sorte.

 

 

En mai dernier au premier (et dernier !) congrès de « W+ », je disais que « nous étions les vrais continuateurs du Mouvement wallon, celui de nos grands anciens, les Albert Dubois, Jules Destrée, François Bovesse, Maurice Bologne et tant d’autres qui avaient déjà clairement défini la voie à suivre en parlant de « peuples indépendants et libres ainsi que d’intégrité française de la Wallonie ». J’ajoutais que, dans cette logique, « nous devions réclamer d’urgence l'émergence de quatre Régions autonomes par le transfert de nouvelles compétences et des moyens correspondants de l’Etat fédéral. Dans un souci de cohérence, de simplification de dynamisation et surtout d’efficacité. En particulier le transfert des compétences de l'actuelle Communauté française aux Régions, wallonne et bruxelloise. Régions égales en Droits, libres et autonomes. C’est que, pour la Wallonie, cette maîtrise indispensable de compétences essentielles, comme l’enseignement et la culture, vont renforcer une identité négligée, mais historiquement fondée sur la fraternité et l’égalité, et agiront comme un puissant moteur de changement social, culturel et économique ». J’ajoutais à ces notions de Régions (avec une majuscule car il s’agit d’entités humaines qui ont rang d’Etats, quelle que soit par ailleurs la terminologie utilisée.) libres et égales en Droits, « le droit de s’associer deux à deux en fonction de leurs intérêts propres, mais aussi de s’adosser à un pays voisin pour les mêmes raisons ». Autonome en effet, la Wallonie peut sortir de la logique belge qui veut que son économie soit mise au service des autres. Le monde a changé, les frontières et les relations entre états européens ne sont plus les mêmes. Une Wallonie souveraine pourra – librement – choisir ses alliés ». Ajoutant : «  Par exemple, un pays voisin dont nous partageons tant de chose sans perdre pour autant nos spécificités. Une Wallonie souveraine sera libre de négocier les accords qui lui conviendront avec ses voisins. Sans subir ! »

 

J’ai constaté que ce terme « d’adossement » a été repris à plusieurs reprises dans la presse ou sur des fora politiques.

 

Et confirmant la justesse de ma vision, dans l’interview donnée dans le « Paris-Match – édition Belgique » du 8 juillet dernier, Jean-Pierre Chevènement disait clairement que « si nous le demandions, et si en toute hypothèse les Flamands prenaient leur indépendance – conditions qui ne sont pas aujourd’hui réunies – je trouverais juste de les accueillir dans la République française sous un statut à déterminer. Ce pourrait être le statut actuel avec un simple rattachement de la sécurité sociale wallonne à la sécurité sociale française ».

 

Le confédéralisme n’est donc absolument pas le « fédéralisme des cons » suivant une expression autant malheureuse que ridicule, mais une étape essentielle, la meilleure chose qui puisse arriver à la Wallonie. Je répète : celle-ci, souveraine, sera libre de négocier les accords qui lui conviendront avec - tous - ses voisins. Sans subir !

 

POUR HAITI - EVENEMENT A LIEGE...

Evénement à Liège 4-5 septembre 10 à 18h au Mamac à Retrouvailles

Pour les artistes d'HAITI - Vente directe d'œuvres d’art, aux prix de 100 et 250 euros

Ewa-Ayiti 

Liège, le week-end des 4 et 5 septembre de 10 à 18h, lors des Retrouvailles, au MAMAC - Musée d'art moderne et d'art contemporain, parc de la Boverie.

Vente directe -sans surenchère- d'œuvres d’art, aux prix de 100 et 250 euros

En geste de solidarité aux artistes haïtiens, des artistes offrent pour l’occasion une ou plusieurs de leurs œuvres.

L’Echevinat de la Culture de la Ville de Liège, le service des relations interculturelles, la Commission Solidarité Liège-Monde et Ewa Ayiti ! se chargent de la mise en place de la vente et de l’acheminement intégral de son produit vers les artistes locaux.

Bienvenue à tous ! aux amateurs d'art et aux artistes qui peuvent encore participer !

Dépôt des œuvres : du mardi au samedi du 3 août au 3 septembre entre 8h et 16h au MAMAC - Musée d'art moderne et d'art contemporain, parc de la Boverie.

Contacts et renseignements : 04/343 04 03

mamac@skynet.bejdeck@skynet.be

25.08.2010

UNE REVOLUTION COPERNICIENNE : FIXATION DES FRONTIERES ?

Dans un appel commun en avril 2008, les ministres-présidents, Rudy Demotte, PS, ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française, et Charles Picqué, PS, ministre-président de la Région bruxelloise, proposaient la mise en place d'une Fédération entre la Wallonie et Bruxelles pour renforcer les liens entre francophones.

Ils déclaraient : "Aujourd'hui (avril 2008), les Wallons et les Bruxellois se trouvent face à des enjeux déterminants pour leur avenir. Plus que jamais, ils ont tout à gagner à travailler ensemble. Nos gouvernements doivent renforcer les collaborations afin de rendre nos stratégies plus efficaces, de favoriser le développement économique de la Wallonie et de Bruxelles et de trouver des solutions à nos défis sociaux. C'est une question d'efficacité et de bon sens que les citoyens appellent de leurs vœux. Même s'ils sont souvent perdus face à l'architecture institutionnelle complexe de notre pays, ils attendent des ministres wallons et bruxellois qu'ils travaillent ensemble à l'amélioration de leur vie quotidienne et à la défense de leurs droits".

Rudy Demotte et Charles Picqué proposaient le lien d'une Fédération, véritable trait d'union permanent entre les deux composantes. "Nous sommes en effet, disaient-ils, autant attachés à l'autonomie de nos deux Régions qu'à la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles. Pour consacrer cette solidarité, une instance commune disposant de compétence et d'un budget propres - la Communauté française revisitée - est la formule la plus adéquate. En effet, penser qu'on renforcera la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles en niant l'institution qui a vocation à les rassembler est un leurre. Sur la base de deux Régions autonomes et également compétentes, régies par le suffrage universel direct, son rôle, ses organes et son fonctionnement seront naturellement amenés à évoluer vers une Fédération Wallonie/Bruxelles. Tout en veillant; bien entendu, au respect de l'autonomie des germanophones… Une Fédération bi-régionale Wallonie-Bruxelles sera ce trait d'union équitable et efficace dont nous avons besoin".

Si l'affirmation de deux Régions solidaires guide leur proposition, encore faudra-t-il que les deux Régions disposent de frontières intangibles, respectueuses des droits des citoyens. Et cela se discute avec la Flandre : une Belgique éclatée en trois ou quatre Régions, égales en statut. Or, ni la Wallonie ni la Flandre n'avancent une extension des frontières de Bruxelles à son hinterland socio-économique-culturel.

Le "mal bruxellois" est que tant la Région wallonne que la Région flamande rejettent une région bruxelloise viable. "Pas question de céder une parcelle de territoire à la Région bruxelloise", dit-on des deux côtés. Elles la veulent sous leur dépendance financière.

Quelle étendue devrait avoir une Région bruxelloise viable ? Un de nos fidèles correspondants, Augustin Dechef, La Hulpe, éclaire la question. Il argumente : "Si l'on veut une Région Bruxelloise, non seulement forte mais tout simplement viable, que cette Région puisse survivre et si possible mieux vivre, il faut impérativement tenir compte, non seulement des critères culturels et linguistiques mais aussi et surtout des critères d'ordre économique et social.

La Région de Bruxelles doit devenir ce qu'elle est de facto, une entité socio-économico-culturelle à consacrer de jure. Le rayonnement économique et social de Bruxelles, plus personne ne le conteste, s'étend très largement au-delà de la peau de chagrin de ses 19 communes, débordant ainsi tant sur le Brabant flamand que sur le Brabant wallon. Aussi serait-il logique que fassent partie de cette Région, à peu près les 3/4 de l'étendue de l'actuel arrondissement judiciaire et électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, la commune de Tervueren dans l'arrondissement de Louvain et la frange de communes jouxtant la "frontière" linguistique dans l'arrondissement de Nivelles. Or, il se fait que cette Région ainsi conçue existe, il s'agit de l'aire géographique de la zone téléphonique 02 qui, dès lors, pourrait prétendre au titre de onzième province, la province du Brabant bruxellois, puis l'on a cru intelligent, en son temps, de casser la Province de Brabant et, par cette bévue monstre, consacrer l'encerclement de Bruxelles en Brabant dit flamand.

En outre, il faut bien réaliser qu'une Région ne peut se résumer à une ville, à seulement du bâti et à quelques parcs. Les deux autres Régions, elles, disposent de bâti, d'usines, de zonings industriels, de champs, d'entreprises agricoles, de bois, de forêts, bref de tout ce qui constitue un milieu de vie. Se contenter de ce qui serait dévolu à la Région centrale du pays par la voie du référendum (les dix communes "à difficultés" et ce n'est pas acquis d'office compte tenu des considérations exposées précédemment) signifie la mort programmée de Bruxelles. Le comble des combles, la K.U.L.,  pourtant peu suspecte de sympathie débordante pour Bruxelles, reconnaît, dans une étude, que Bruxelles devrait compter… 62 communes, de Chaumont-Gistoux (zone téléphonique 010) à Enghien (dans le Hainaut) en passant par Kampenhout (zone téléphonique 016), si l'on tient compte, non seulement du culturel mais aussi de l'habitat, des migrations, du travail et des échanges entre un Centre et sa périphérie. On n'en demandait pas tant, mais si elle le dit…

D'autre part, pourquoi la Région bruxelloise ne devrait-elle comporter que des communes à majorité francophone ( les 19 + les 6) ? Ne serait-il pas plus indiqué, surtout pour ceux qui si souvent se targuent de démocratie, d'exiger que le sort des minorités linguistiques d'importance égale (minorités néerlandophones dans les 19 communes bruxelloises , minorités et… majorités francophones en périphérie) soit résolu par un statut égal , identique, ce qui ne peut se concevoir que si toutes ces minorités relèvent d'une seule et même Région au sein de laquelle leur culture puisse librement s'épanouir, Région par conséquent bilingue de droit, la Région bruxelloise, ce qui n'implique pas nécessairement le bilinguisme des individus qui y vivent, bien évidemment. Ainsi serait garanti le droit des minorités significatives (La Finlande, par exemple accorde des droits aux minorités d'expression suédoise, une fois atteint le seuil de 10 %). Dès lors, cette Région bruxelloise se doit d'être étendue à toutes les communes concernées par cette problématique mais aussi à celles dont il y a lieu de prendre en compte des critères d'ordre socio-économique, bref, à tout ce qui vit de, par et avec Bruxelles ; par surcroit, grâce à l'ajout de communes plus nanties, il en résulterait un meilleur équilibre des recettes, ce qui contribuerait à mieux résoudre les problèmes de pauvreté dans certaines communes défavorisées…".

Il en serait de même pour le règlement des problèmes de mobilité dans et autour de Bruxelles. Et Augustin Dechef de souligner avec  pertinence : "N'est-il pas prémonitoire que l'aire dévolue au R.E.R. correspond à peu près à cette superficie ?

Une question de frontières ? Les grands partis politiques n'en parlent pas. Il est vrai que pour la Flandre, les frontières sont les frontières hollandaise, allemande, française et de la Mer du Nord  entendues avec l'occupant allemand en 1914-1918 dans l'approche d'une intégration de ce territoire dans l'Empire allemand. Une partie de la visée pangermanique de regroupement des ethnies de langue germanique et de possession de territoires donnant accès aux océans est déjà réalisée par la désignation de Bruxelles comme capitale de la Flandre…Une seconde étape sera l'adossement du Benelux dans le puissant Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie qui ouvrira à l'Allemagne la porte des ports maritimes de la Mer du Nord…

La récente proposition de Mark Eyskens, CD&V, sénateur, ancien Premier ministre, s'inscrit dans cette voie. Elle consacre le concept de confédéralisme régional qui place l'ensemble du territoire belge sous la domination flamande. Cette volonté d'autonomisation de la Flandre est tout à fait naturelle et est inhérente à la nature humaine : la volonté de bénéficier seul de l'avantage en nature. Et la Flandre est infestée de confédéralisme micro-local ; il y a toujours des particules de parti politique pour souffler sur les braises , les partisans du "nous savons gérer, eux sont des incapables de gérer". C'est faire fi des libéralités que la Wallonie a accordées à la Flandre paysanne pendant plus d'un demi-siècle.

La déclaration de Elio Di Rupo, président du PS, préformateur, " Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera du Fédéral vers les entités fédérées. Mon souhait est que cela puisse se passer d’une manière qui va stabiliser le pays au bénéfice de la grande majorité des Belges", est ressentie comme un aveu de soumission à la Flandre, de concession de nouvelles avancées à la Flandre sans contrepartie équitable. Pour Claude Thayse, sur son blogue : « C’est à la fois triste et grave. Le pire est sans doute à venir quand ils nous annonceront (les partis francophones, ndlr) qu’ils travaillent à une Belgique rééquilibrée… stabilisée sans oser dire pour combien de temps ? Solution temporaire imposée par la force des choses, on entrera dans le confédéralisme comme on est entrée dans le fédéralisme… à reculons. Que de temps et d’énergie perdue à refuser de se rendre compte d’une réalité que le mouvement wallon a clairement démontrée depuis plus d’un siècle maintenant. Il y a plusieurs peuples qui sont piégés sur un même territoire. Alors qu’une solution simple et équilibrée, préservant les choix d’avenir existe dans l’immédiat… ».

Une solution parmi d’autres. La véritable révolution copernicienne ne serait-elle pas celle qui mettra en œuvre le tracé de frontières définitives entre les Régions égales en droit avec la participation active des populations locales concernées.

 

Raymond WATRICE

 

LA FLANDRE DECULOTTEE PAR SES PAIRS

 

"Peut mieux faire", selon le parti n° 1 de Flandre, la N-VA.

Siegfried Bracke, député N-VA, ex-journaliste vedette de la VRT,  dit "avoir le sentiment que la Flandre n'est pas si bien gérée que ça". Il critique la paperasserie excessive et le nombre effarent de textes réglementaires. Tout ça, dit-il, entrave une gestion naturelle des affaires. La "sortie" du député de la N-VA a déplu le ministre-président de la Région flamande, Kris Peeters, CD&V, qui l'a déclarée "injuste et totalement déplacée".

Son fameux slogan "Ce que la Flandre fait, elle le fait mieux". Comment peut-il en être autrement ? La Flandre s'est accaparée, dans une très large proportion, les subsides économiques pour attirer les investisseurs étrangers, décentraliser la sidérurgie wallonne à son profit, se doter d'une multitude de petites et moyennes entreprises, développer ses ports maritimes, créer une banque d'affaires… Majoritaire au Parlement, elle s'est accaparée de tous les postes économiques importants dirigeant les investissements vers la Flandre. La seule exception est Caterpilar ; encore fallut-il "un coup de bol": l'absence du responsable (flamand) de la recevabilité des dossiers pour cause de maladie et son remplacement par son adjoint (francophone)!

En Belgique, et pour la Flandre en particulier, cela s'appelle une répartition équitable des deniers publics !

19.08.2010

LA FLANDRE LANCE L’ASSAUT SUR BRUXELLES

L’application de la Flamen politiek élaborée en 1917 avec la collaboration de l’occupant allemand : La Belgique coupée en deux, au Nord le Vlaanderenland avec Bruxelles comme capitale, au Sud la Wallonie avec Namur comme capitale et introduction du bilinguisme administratif. La Flamenpolitiek s’est poursuivie depuis lors ; elle fut cadrée par le gouvernement flamand en 1999 et affinée en 2003 sous le nom d’Octopus.

A noter que les Allemands souhaitaient, en 1917, une intégration de la Belgique  dans le Reich… On n’en est plus tellement loin… d’ici une ou deux décennies…

A l’heure actuelle, la Flandre part à l’assaut de Bruxelles, la périphérie étant absorbée. Sa stratégie est bien connue :

1. Enclavement de Bruxelles : ce serait chose faite avec un accord signé entre le PS et la N-VA

2. Maintien d’un sous-financement de Bruxelles : ne donner à Bruxelles qu’une centaine de millions d’euros au lieu des 500 millions absolument nécessaires pour une bonne gouvernance de la Région

3. Cogestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie : c’est la négation de la Région de Bruxelles ouvrant la porte à la sujétion est à l’asphyxie de la Wallonie.

4. La dernière étape : l’intégration de l’ensemble des territoires ex-belges dans l’Allemagne en passant par l’étape intermédiaire de l’extension du Benelux au puissant Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie (18 millions d’habitants). La réalisation de la Flamenpolitiek.

 

Bruxelles soumise ! Bruxelles humiliée ! 

 

Le Général de Gaulle, le 18 juin 1940, adressait aux Françaises et aux Français un vibrant message de résistance : « Capituler, c’est trahir », s’est-il exclamé !

En relisant le texte que nous a adressé Philippe Duvieusart – que nous vous transmettons en épinglé – ajoutons ces mots : Renier ses déclarations (ses engagements), c’est aussi trahir ses concitoyens ! N’en soyons pas là ! Ne nous résignons pas !

 

18:11 Écrit par Raymond Watrice Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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18:05 Écrit par Raymond Watrice Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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