01/09/2010

L'OMERTA OU LE …

 

CAMOUFLAGE DE LA GRANDE MARCHE SUR BRUXELLES organisée par les partis francophones, PS et Ecolo, sans surprise, et le CDH, surprenant ! Quant au MR, écarté des négociations gouvernementales, il se tient coi. Serait-il d'accord sur l'omerta ? Seule Christine Defraigne, sénatrice, ancienne cheffe de groupe MR, admet nécessaire une réforme de l'Etat avec transfert de certaines compétences tout en n'étant pas favorable à la scission de la sécurité sociale. Un peu flou !

 

Concessions du PS, d'Ecolo et du CDH

- Scission de BHV contre des garanties (non écrites) aux Francophones dans les communes à facilités de la périphérie bruxelloise :

      - Possibilité aux habitants des communes à facilités de voter à Bruxelles

      - Assouplissement des circulaires Peeters et autres

      - Réception des documents administratifs en français pendant six ans, après avoir introduit    une demande par écrit

      - Recours au Conseil d'Etat traités par une Chambre bilingue

      - Formation d'une communauté urbaine Bruxelles-Périphérie

- Lien partiel du refinancement de Bruxelles à l'adoption de la nouvelle loi de financement des Régions et des Communautés

- Modernisation des institutions bruxelloises :

      - Régionalisation du tourisme et des infrastructures sportives

      - Gestion des allocations familiales par la Commission communautaire commune, Cocom

      - Possibilité de dépôt de listes électorales bilingues

      - Simplification des lois linguistiques

      - Rationalisation des institutions, notamment des zones de police

 

L'engrangement flamand. Qu'en pense-t-on en Flandre ?

Pour Carl Devos, politologue gantois, les partis flamands sont très bien servis. Dans une interview publiée dans le quotidien Le Soir du lundi 30 aout, il souligne que "cette crise n'est pas une surprise. On est en train d'organiser une très grande réforme de l'Etat, et une très grande réforme de l'Etat sans crise, sans impasse, sans blocage, sans moment dramatique me semble difficile à imaginer car en vérité, la situation est celle-ci : ce qui a été engrangé est trop important pour dire "non", mais ce n'est pas assez pour dire "oui"…".

Pour Luc Vanderkelen, éditorialiste du Het Laatste Nieuws, "Elio Di Rupo est allé très loin sur le dépôt des propositions pour le Sud du pays… Sur BHV aussi, Elio Di Rupo a donné bien plus que ce qu'on aurait pu imaginer avec la ferme volonté de déboucher sur un accord. Les compensations aux Francophones sont marginales".

Pour Bart Sturtewagen, rédacteur en chef du Standaard, les Francophones ne demandent que de l'argent et "ils sont prêts à avaler un accord indigeste sur les compétences, la responsabilisation et BHV".

Pour Peumans, N-VA, président du Parlement flamand : "En Flandre, il y a un consensus pour affirmer qu'une profonde réforme de l'Etat est une condition sine qua non pour sortir le pays de l'enlisement. Si c'est cela, c'est cela que nous voulons".

Pour Paul De Belder, président du comité du Pèlerinage de l'Yser, la N-VA n'a pas eu assez pour dire "oui" et il ajoute : "Pas question d'accorder un cent de plus à Bruxelles sans révision de la loi de financement et sans scission de BHV". En fait, au Pèlerinage de l'Yser, les nationalistes flamands n'ont rien revendiqué ; ils ont tout simplement applaudi "au refus de la N-VA de céder aux dernières exigences francophones". Ils sont apparemment satisfaits de l'avancée sur Bruxelles qui marque une étape en plus engrangée vers la fin de la Belgique ; ils se rangent en toute quiétude derrière la N-VA.

Pour les militants de la N-VA, ce que Bart De Wever a obtenu, c'est insuffisant. Pour eux, "La dernière proposition des Francophones, à savoir le financement de Bruxelles sans révision de la loi de financement, est imbuvable". Ils ajoutent : "Pour nous, les deux dossiers sont inextricables… C'est la logique même de la responsabilisation budgétaire des entités fédérées".

 

La foirade

Ne serait-elle pas, elle aussi, organisée pour faciliter l'acceptation, par les électeurs, du lâchage des Francophones bruxellois sans remous incontrolable et incontrolé ?

Pour les avertis de la politique intérieure belge, le non accord était inscrit dès le point de départ des négociations. J.-B. Quicheron, un de nos correspondants, nous dit : " Quels que soient tous les arguments que l'on puisse rédiger ou avancer, il est clair que la N-VA ne veut rien d'autre que la scission (de la Belgique, ndlr), et à chaque accord engrangé, Bart De Wever revient sur ce qu'il avait dit et demande plus!… Tout cela est bien triste car le citoyen compte pour du beurre qu'il soit Flamand ou Wallon ! Je ne vois aucun accord se dessiner si ce n'est que les Francophones acceptent une capitulation…".

 

Dramatisation

Agir sous le couvert de l’omerta, c’est grave ! Car agir ainsi, c’est cacher des choses ! C’est hypothéquer un avenir serein ! En 2004, Louis Michel, MR, ancien ministre des Affaires étrangères, s’est exprimé prémonitoirement et historiquement : « La Belgique devrait envoyer des spécialistes du droit constitutionnel en Irak pour aider ce pays à résoudre ses problèmes de minorité parce que la Belgique est experte en la matière ! ». Où en sommes-nous ? A entendre des propos dramatiques du préformateur après deux mois de négociations !

Margot, une de nos fidèles correspondantes, appuyant les propos de Philippe Duvieusart émis dans une lettre ouverte à Messieurs et Mesdames les (co)président(es)de partis reprenant les engagements francophones sur BHV-Bruxelles, prévient : « Je crois, en effet, que « le pire est sans doute à venir quand ils nous annonceront qu’ils travaillent à une Belgique rééquilibrée, stabilisée sans oser dire pour combien de temps ? Solution temporaire imposée par la force des choses, on entrera dans le confédéralisme comme on est entré dans le fédéralisme à reculons » et que nous devons nous attendre à « des propos lénifiants et simplificateurs dès que la phase actuelle de dramatisation sera terminée et qu’un accord équilibre provisoirement définitif nous sera vendu à « notre grand soulagement ». Le beau front des Francophones et leurs résolutions fermes me semblent, hélas, fondre comme neige au soleil ; on veut « réussir » la réforme et donc on se laisse petit à petit manger ; on abandonne lentement mais surement les bonnes résolutions de ne pas céder. Pauvre Région de Bruxelles ; pauvre pays ». Dans une atmosphère tendue, le Roi invite le préformateur, Elio Di Rupo, à poursuivre sa mission à la recherche d’une solution « équilibrée » aux problèmes de BHV et de la nouvelle loi de financement des Régions…

 

Conclusion

Jacques Claessens, par courriel, nous la présente : « Donc le Roi a chargé Elio Di Rupo de continuer à trouver une issue au blocage actuel dû au refus de la N-VA et du CD&V qui estiment qu’ils n’ont pas suffisamment de garanties de la part des Francophones ou n’estiment-ils pas plutôt que les concessions obtenues jusqu’à présent ne sont pas suffisantes ?

[…] Ce qu’il faudrait faire ? D’abord comme l’exprimait très bien Charles Michel lors de l’émission « Controverse » de dimanche, il faudrait demander, par voie de référendum, aux peuples de ce malheureux pays s’ils veulent encore vivre ensemble dans le respect des droits et des libertés de tout en chacun en prenant comme principe absolu que le droit des gens prime en tout état de cause le droit du sol, ce dernier étant avant tout, ni wallon, ni flamand, ni bruxellois, mais belge ! Et si la Flandre refuse une telle solution, c’est-à-dire en fait de demander tout simplement l’avis du peuple encore belge si la Flandre refuse cela alors… il n’y aurait plus qu’à débattre des conditions du divorce, car on ne brade pas la liberté ».

 

Raymond WATRICE

15:43 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : omerta, bhv, référendum, bruxelles, réforme de l'etat |  Facebook |

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