11/10/2010

COMPRENDRE LA POSITION DE LA N-VA...

Transmis du site www.wallonie2010.be René Thirion

 

Bart de Wever est-il l'élève du général Von Bissing ?

Souvent certains politiques s’imaginent que le conflit communautaire qui divise la Belgique est relativement récent. En réalité, il s’agit d’un mouvement qui prend déjà sa source lors de la création de l’état belge et qui a poursuivi une longue marche obstinée vers ce qu’un Bart de Wever est en train de mettre en place, la suprématie de cette langue et de cette ethnie sur le territoire national. J’emploie le mot ethnie volontairement et non le mot race qu’a employé l’historien français André Soulange-Bodin dans son ouvrage « L’Avant-Guerre Allemande en Europe », paru en 1917 aux éditions de la Librairie académique Perkin et Cie de Paris.

Comme le sieur Bart De Wever, historien de formation, vient de déclarer que les Wallons occultaient leur passé en matière de collaboration avec les nazis durant la guerre de 40/45 et semble par là établir un équilibre entre collaborateurs flamands et wallons, je lui communique de quoi approfondir sa réflexion.

Je ne suis pas historien, mais j’ai le goût des lectures anciennes. De plus, je sais additionner des faits qui se sont produits avant, pendant et après la Deuxième guerre mondiale.

Les courts extraits d’un passé déjà lointain tend à démontrer que les deux collaborations ont été différentes. Si les certains Wallons ont collaboré, ce fut à la fois par conviction politique et par engagement personnel alors que c’est un nationalisme qui existait au moins depuis la guerre de 14/18 et activé par la présence active du gouverneur militaire de la Belgique, le  général allemand Moritz Von Bissing qui a inspiré les Flamands. Dans le cadre de la Flamenpolitik, il signa le 21 mars 1917 un arrêté de séparation administrative de la Belgique entre la Flandre et la Wallonie et constitua une commission pour préparer la division du pays afin d'en faire une contrée plus ouverte à l'influence allemande.

Alors quand le bon Bart s’interroge sur la question de savoir pourquoi les Wallons n’aimaient pas faire de recherche sur la collaboration qui eut lieu dans notre région, c’est peut-être parce que nous en avons honte. Mais cette collaboration flamande, elle, s’inscrit dans une longue marche vers l’indépendance. Et pour cela, les Flamands ne pourront jamais condamner ceux qui ont tenté de profiter de la guerre pour faire avancer leur combat !  

Et voilà, à mon avis, la différence entre Wallons et Flamands. D’un côté ce furent des traîtres, de l’autre des patriotes

Quelques extraits choisis

… Le pangermanisme considère la Belgique comme une création artificielle de la diplomatie qui a ravi à l’Allemagne plusieurs millions d’enfants pour les obliger à vivre avec les Wallons, de race différente, fils de la France, comme si les deux races, unies dans la liberté, n’avaient eu depuis quatre-vingt-cinq ans d’autre préoccupation que de créer de la richesse, dans une commune entente, et de tirer de leur passé corporatif, en les adaptant au temps présent, les dispositions les plus modernes et les plus utiles pour la défense du travail national et le bien-être des prolétaires. L’orientation vers l’Allemagne, si l’on s’en tient à la simple constatation des faits, ne signifie pas autre chose que la suppression de l’influence française … (p. 243)

… Un organe extrêmement violent, se mêlant aux disputes intérieures du pays en les envenimant, était répandu dans le pays par l’Union Pangermaniste : son titre était les Feuilles pangermanistes. Lors des dernières élections, il alla jusqu’à préconiser un groupement qui eût compris deux mille associations flamandes et qui eût poursuivi la création d’une ligue pour la séparation des provinces wallonnes et flamandes ; dans le conflit qui partageait la Belgique, les Allemands n’hésitaient pas à s’immiscer, ardents à diviser, à affaiblir, à exaspérer des éléments qu’ils se flattaient un jour de dominer.

Les meneurs du mouvement flamand n’étaient peut-être pas tous des germanophiles, mais chez certains, il n’y a pas à se le dissimuler, l’antipathie que leur inspirait la France et leur aversion pour la langue française, rivale du flamand, étaient d’importants atouts dans le jeu allemand…. (p.246)

… Leur programme paraît bien avoir été résumé par le docteur Osswald, de l’Institut historique de Leipzig (rien de commun avec le chimiste Osswald des 93), en ces termes :

Les dirigeants du mouvement flamand ont repris leurs efforts au bénéfice de leurs anciens desseins. Ils remarquent avec satisfaction  que des officiers allemands se font enseigner par des professeurs flamands la langue, qui, jusqu’à présent, fut toujours mise à l’écart. La suppression de la langue française en Flandre, réalisée par le gouvernement général allemand, a donné soudaine satisfaction  à ce qu’ils réclamaient depuis des dizaines d’années. On ne peut conclure de là qu’ils soient devenus des amis des conquérants. En tout cas, les aspirations flamandes et leur situation à l’égard des exigences wallonnes semblent être les points où le levier allemand agira efficacement en faveur d’un développement sain de la Belgique dans l’avenir (p.246)

L’on dit souvent que l’on peut mieux comprendre l’actualité et préparer l’avenir en analysant le passé. La nation flamande est en train d’aller même au-delà de son rêve d’indépendance, elle prépare la flamandisation de la future Belgïe.

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