18/10/2010

BOUGE L'ESPACE WALLONIE-BRUXELLES : NOTRE FRANCOPHONIE

  

Combien dénombre-t-on d'apprenants en français dans les quelque 170 Etats, francophones ou non, répartis sur les cinq continents ? C'est la question posée par Pierre Bertrand, sénateur honoraire dans un billet sur la Francophonie : "L'enseignement du français dans le monde". Selon les sources d'information provenant tantôt de l'UNESCO, tantôt du Programme des Nations-Unies pour le développement, du ministère français des Affaires étrangères, ou encore du Haut Conseil de la Francophonie, précise Pierre Bertrand, nous serions près de 100 millions d'apprenants se répartissant "en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne et Océan indien, sur le Continent américain et la Caraïbe, l'Asie, l'Océanie et enfin l'Europe […] En Afrique (Maghreb, Subsahara, Océan indien) et au Moyen-Orient, on trouve le plus grand nombre d'apprenants, soit près de 60 %. C'est là que se situe l'espérance plausible d'un accroissement de la Francophonie. L'effectif se réduit à 2 % en Amérique, Caraïbe, Asie et Océanie. De son côté, l'Europe affiche actuellement une baisse sensible avec 35 %, devenant ainsi la deuxième région francophone du monde, du point de vue de l'enseignement…".

Le recul du français en Europe est significatif de l'influence dominante de l'anglais dans les institutions européennes. Puisant sa source d'information dans "La Francophonie dans le Monde. Rapport de l'Organisation internationale de la Francophonie 2006-2007", Pierre Bertrand,  sénateur honoraire, situe la place du français : "En Europe, si l'anglais reste en tête dans l'enseignement, le français et l'allemand le suivent l'un dans le Sud et l'Ouest européen, l'autre dans le Nord et l'Est, selon leur influence historique réciproque. Les trois sièges des institutions européennes - Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg - sont francophones mais l'anglais y progresse comme langue de travail. En 2004, l'Union européenne s'est accrue de dix nouveaux membres, dont cinq sont observateurs à l'Organisation internationale de la Francophonie : Hongrie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie. En 2007, la Bulgarie et la Roumanie, membres de l'OIF, ont rejoint l'Europe dont la construction favorise naturellement l'avenir du français, s'appuyant sur la promotion du multilinguisme".

Pierre Bertrand lance un appel à nous tous : "Ces facteurs n'enlèvent cependant pas au français sa perception universelle de langue de culture et de promotion sociale… La connaissance du français facilite les partenariats privilégiés avec la France et les pays francophones…Les locuteurs doivent impérativement se renouveler, sinon se multiplier".

Cet appel a été entendu par la Ligue wallonne de Bruxelles et par Wallonie-France ; l'union de leurs forces s'inscrit dans un "continuum des possibles" par une entente étroite entre Bruxelles et la Wallonie sous la forme d'une fédération " libre de développer et d'approfondir ses liens naturels avec la France".

Dans cette perspective, sont venus nous rejoindre au cours des mois d'été,  : Madame Ginette DEGRAVE, 1400 Nivelles; Messieurs : Roger BAIKRICH-THILL, 6700 Arlon ; André CHARLES, 1160 Auderghem ; Claude DELPLANQUE, 7370 Dour ; René GOSSE, 5100 Jambes ; Alexandre GRANDJEAN, 1800 Vilvorde ; Jean GRASSER, 1180 Molenbeek ; S. LOWAGIE-CAPOUILLEZ, 1030 Schaerbeek ; Arthur MARCHAL, 6927 Resteigne ; Gérard MICHAUX, 6460 Chimay.

Bienvenue à vous tous, bienvenue à France-Wallonie-Bruxelles. Ensemble menons le bon combat, celui de la promotion de la langue et de la culture françaises. Car les droits linguistiques et culturels des Francophones sont contestés, réduits par les Flamands dans la périphérie bruxelloise, dans les Fourons et dans les villes et communes le long de la frontière linguistique.

Nous avons le devoir moral de maintenir, de soutenir, d'intensifier les actions menées afin de défendre la langue française et de refuser tout recul supplémentaire de notre langue face au néerlandais et à l'anglais. C'est la responsabilité individuelle de chacun d'entre nous. Ne l'esquivons pas ! Remémorons-nous les propos de Jules Destrée, avocat carolorégien, dans une lettre adressée au Roi Albert Ier en 1912 : "L'œuvre maudite se poursuit lentement, par degrés, sans brusque éclat, avec la patiente opiniâtreté qu'ils apportent en leurs conquêtes. On y distingue trois étapes : d'abord, le flamand se glisse insidieusement, humblement auprès du français. Il ne s'agit que d'une traduction; qui pourrait refuser ce service fraternel à nos frères ? Puis, un jour, le flamand s'affirme en maître ; il revendique la première place qu'il appelle l'égalité, le français n'est plus que toléré. Enfin, le français, sans cesse anémié, diminué, proscrit […] Tout traduire est leur rêve, puis la contrainte administrative nous imposera ce bilinguisme inutile et vexant. Jeux puérils, pourrait-on croire. Non pas. D'abord, le ridicule ne tue pas en Belgique. On s'y habitue facilement. On rit, on plaisante, on s'indigne, mais la contradiction reste. Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme"…

Etre conscients des dangers qui menacent notre francité, notre langue et notre culture françaises, nos langues et nos coutumes régionales, nos traditions et nos sensibilités. Investir dans la francophonie. Oser déployer notre francophonie et être fiers d'elle : c'est défendre notre langue maternelle ; c'est défendre notre culture ; c'est défendre le plurilinguisme.

 

                                                                                                                    Raymond WATRICE

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