08/11/2010

HISTOIRE POLITIQUE - LA FRONTIERE LINGUISTIQUE, 1879-1963

 

Stéphane Rillaerts - Courrier hebdomadaire n° 2069-2070, 106 pages - 12,40 euros

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La fixation de la frontière linguistique en 1962-1963 est le résultat d'un long processus entamé dans les années 1870.

Stéphane Rillaerts rend compte de ces mutations complexes en rassemblant tous les éléments de fait, et en exposant les positions en présence sans parti-pris. Pour chacune des lois portant sur l'emploi des langues en matière administrative, ainsi que pour les principaux projets qui ont précédé ces lois, l'auteur expose l'origine de la réforme et son texte politique. Il présente les textes, les débats et les votes du Parlement, y compris ceux portant sur des amendements controversés, relatifs aux Fourons par exemple. La montée en puissance des votes opposant les deux communautés apparaît ainsi clairement. Il s'avère également qu'au fil du temps, on a abandonné tout critère général décidant du sort des communes, ainsi que le lien avec les données issues des recensements de la population.

Cette reconstitution minutieuse, et sans précédent, fait ressortir des éléments inattendus. Ainsi le volet linguistique du recensement a été réintroduit en 1866 à la demande de militants flamands. C'est la loi de 1921, et non celle de 1932, qui a créé les régions linguistiques. Il n'y a pas eu, en 1932, de proposition flamande de passer à un bilinguisme généralisé repoussé par les francophones. L'idée que 300 bourgmestres flamands ont refusé d'appliquer le volet linguistique du recensement de 1960 est également un mythe, de même que l'abandon des communes fouronnaises par les socialistes liégeois. La fixation de la frontière en 1962-1963 n'est pas le résultat d'un véritable compromis, en particulier en ce qui concerne la loi Gilson de 1962. Quant à la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, elle a été repoussée, en 1963, par la majorité des élus flamands, qui en redoutaient les conséquences pour leurs sièges bruxellois.

Au moment où les questions linguistiques ont ranimé les tensions entre les communautés, ce Courrier hebdomadaire permet de comprendre pourquoi les Flamands et les Francophones ont des points de vue aussi divergents et aussi profondément enracinés en la matière.

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