01/03/2011

FRANCOPHONIE BELGE : PAYER LES AFFRES DE LA FLANDRE...

 

La Flandre craint de connaître les angoisses que la Wallonie a connues avec le déclin de l’industrie charbonnière, de l’industrie sidérurgique et de l’industrie lainière. La Wallonie s’est retrouvée exsangue. Et la Flandre n’est pas venue à son secours. Bien au contraire¼Elle a créé le port de Zeebruges avec de l’argent du Fédéral donc avec au moins 40 % d’argent de Francophones ; elle a construit une usine sidérurgique Sidmar à Gand avec de l’argent venant de Wallonie ; elle a utilisé des aides européennes destinées à la Wallonie ; le lobbying flamand, par le canal de la représentation belge à l’étranger et avec le concours des services belges du Ministère des Affaires économiques, a attiré les investisseurs étrangers en Flandre¼

La Flandre craint un effondrement sur le plan économique à la suite des fermetures dans les secteurs de l’automobile, de l’industrie lainière, du déclin prévisible du port d’Anvers inadaptable aux tankers de haut tirant d’eau, la flotte de demain¼

La Flandre craint le vieillissement de sa population ; elle a peur des années 2020 et suivantes. Il n’est pas étonnant que les étudiants de l’Université de Gent (Gand), le berceau du Mouvement flamand, manifestent pour une “ Belgïe ” unie. Ce n’est pas contre le nationalisme, le voile, c’est pour leur protection sociale !

La Flandre veut le maintien de son pouvoir d’achat. Elle veut que la Wallonie continue à l’alimenter en attendant de pouvoir s’unir à l’Empire allemand en reconstruction.

La Flandre n’a jamais été fédéraliste tout au plus accepte-t-elle le passage par le concept du confédéralisme qui lui assure le maîtrise de la vie économique, source de son mieux-être.

La Flandre a puisé dans le fédéralisme - voulu et exigé par le Mouvement wallon - les prérogatives utiles pour assurer son économie naissante et son unité culturelle et linguistique. Les diverses réformes de l’Etat de 1962, 1970, 1980, 1988, 1992, 2002 ont été soutenues par le Mouvement flamand par opportunisme pour construire son “ chez soi ”. Ce “ chez soi ” qu’elle a défini en 1917 avec le soutien de l’Empire allemand qui rêvait d’un accès direct à l’Océan ; elle l’a actualisé en 1999  dans les résolutions votées par le Parlement flamand.

La Flandre ne reconnaît pas la “ crise politique ” puisqu’elle ne reconnaît pas l’existence de la Belgique depuis 1847. La fin de la crise politique serait un échec dans son processus d’indépendance si elle n’engrange pas suffisamment d’avantages ; les revirements et les revendications de dernière seconde par l’un des partis flamands avant la signature d’un accord gouvernemental sont mûrement calculés, orchestrés par l’ensemble du monde politique flamand : faire endosser la responsabilité de l’échec aux Francophones, “  ces mendiants, ces fainéants ” qui veulent vivre aux crochets de la Flandre !

Le parti nationaliste flamand, la N-VA joue le jeu, parfaitement baguetté par son président Bart De Wever, historien ; sa maitrise est bien cadrée par Johan Vande Lanotte, SP.A, ancien conciliateur royal, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Gand : “ ¼ La N-VA veut un accord, elle s’est montrée constructive¼ Mais cela ne veut pas dire que la N-VA peut conclure un accord¼ ”

En réalité, à chaque crise, la Flandre étend sa mainmise sur les institutions belges : voyez maintenant l’armée ! La crise durera tant que la Flandre estimera la prochaine avancée insuffisamment assurée. Elle pense à l’après scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et à l’après confirmation de l’enclavement de Bruxelles.

“ Un compromis est possible sur trois thèmes, soit la problématique “ de et autour de ” Bruxelles, la répartition des compétences et la question du financement ” a déclaré Didier Reynders, MR, informateur royal. Un compromis sur les thèmes exigés par la Flandre ? Un compromis qui relancera de nouvelles exigences flamandes dès que l’accord sera signé, et l’encre non encore séchée ? N’oublions pas, les Flamands couchent avec les lois linguistiques !

Les Francophones ne peuvent céder ! Céder, c’est trahir sa communauté, c’est lui faire subir l’humiliation, c’est poignarder la dignité !

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Un florilège de déclarations qui souligne l’ambigüité de la Flandre :

* Laurette ONKELINX, PS, vice-Première ministre : “ Je constate  que le CD&V est devenu le plus grand ennemi de Bruxelles. C’est fou, leurs arguments ! Obliger les gens à choisir une caisse d’allocations familiales, une mutualité flamande ou francophone ! Introduire une pomme de discorde entre les Bruxellois,  ce n’est pas défendre Bruxelles ! C’est le CD&V, encore, qui a dit non à l’idée de négocier sur la base de la note Vande Lanotte ”.

* Johan Vande Lanotte, SP.A, ex-conciliateur royal : “  Je déconseille d’ailleurs vivement à la Flandre de vouloir abandonner Bruxelles¼ Dans le dossier BHV, les partis flamands sont d’accord d’accorder un droit d’inscription aux habitants des six communes à facilités ”.

* Caroline Gennez, présidente du SP.A : “ ¼ Ecoutez, si le MR vient avec l’élargissement de Bruxelles alors Didier Reynders peut prendre ses valises et partir en vacances. Ca n’a pas de sens ”.

* Mark Demesmaeker, parlementaire N-VA : “ Vous, Francophones, considérer les facilités comme un privilège, comme la liberté de ne pas utiliser le néerlandais en territoire flamand ”

* Johan Vande Lanotte, SP.A, professeur de droit constitutionnel : “ Mettez de côté les concepts de fédération et de confédération. Nous devons aller vers une union belge comptant quatre entités : la Flandre, Bruxelles, la Wallonie et les cantons germanophones ”.

* Steve Vanackere, CD&V, ministre des Affaires étrangères : “ Bruxelles est une Région à part entière et encore plus que cela ! Parce qu’elle est aussi lieu d’accueil des deux grandes communautés¼ Nous ne voulons pas de nouvelle cogestion, nous voulons garder l’équilibre actuel ”.

* Elio Di Rupo, président du PS : Les propositions de Bart De Wever sont une attaque frontale contre l’Etat fédéral et les Francophones ”.

* Olivier Maingain, président du FDF : “ Nous sommes confrontés à une crise existentielle de la Belgique ”.

* Dave Sinardet, politologue, professeur à l’Université d’Anvers : “ ¼Le paradoxe flamand : d’un côté, ils veulent beaucoup défédéraliser, de l’autre, ils ne veulent pas renforcer Bruxelles. Or, sur certains points, c’est impossible à concilier : si on veut scinder, il faut renforcer Bruxelles ; si on ne veut pas renforcer Bruxelles, on ne peut pas scinder ”.

17:01 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wallonie, flandre, lobbying, sidmr, zeebruges, empire allemand |  Facebook |

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