31/03/2011

PLANTER DES ARBRES N'A RIEN D'UNE COMPENSATION CARBONE...

 

Sender: CO2LOGIC

 

communique de presse de belga media support

Planter des arbres n’a rien d’une compensation carbone, et ne compense donc pas l'empreint

Certaines sociétés plantent des arbres en pensant au climat et à l'environnement. Il s’agit là d’une excellente initiative, car il est essentiel de contrer la déforestation, de gérer de manière durable les forêts existantes et d'en créer de nouvelles. Et, c'est vrai, les arbres aident à diminuer la quantité de CO2 dans l'atmosphère.
Il serait toutefois osé de qualifier la plantation de forêts de compensation de CO2 (ou d'une neutralisation de l'empreinte CO2), d'autant plus lorsque cela se passe dans notre pays. Les Nations Unies ont en effet établi une série de règles très strictes concernant la compensation de CO2. L'une d'entre elles stipule que la compensation de CO2 ne peut avoir lieu dans les pays occidentaux. En soi, c'est assez logique : en tant que pays occidentaux (signataires du Protocole de Kyoto), nous avons de facto une obligation de diminuer au maximum nos émissions de CO2, étant en effet responsables de presque toutes les émissions de CO2 dans l'atmosphère. Difficile de parler de compensation additionnelle (qui ferait véritablement une différence) lorsque vous faites quelque chose qui est déjà exigé.

Il est indispensable de développer de nouvelles forêts sur tous les sites adéquats que compte la Belgique. Cependant, on ne peut véritablement parler de compensation de CO2 que s’il est question d'une réduction supplémentaire de CO2, qui n'aurait pas lieu en d'autres circonstances. Personne ne peut donc affirmer compenser ses rejets en CO2 (ou neutraliser son empreinte CO2) en plantant des forêts... qui auraient de toute façon dû voir le jour. Les Nations Unies parlent dans ce cas du principe d'additionnalité, en vertu duquel le CO2 ne peut être compensé que dans les pays en développement qui ne sont pas sous le coup d'une obligation de réduction, et où la compensation donnera alors véritablement lieu à une réduction supplémentaire.

De plus, la plantation d'arbres est un terrain très délicat en termes de compensation de CO2. Si les arbres absorbent effectivement le CO2, ils le libèrent à nouveau lorsque le bois est brûlé, qu'il pourrit ou autre. Dès lors, il est très difficile de garantir que les réductions seront permanentes. Raison pour laquelle les Nations Unies ne reprennent actuellement pas la plantation d'arbres comme une compensation valable aux émissions de CO2. Par contre, des projets d'énergie renouvelable ou d'efficacité énergétique sont, eux, pris en compte.

Il y a par ailleurs toute une série d'autres règles auxquelles il faut satisfaire avant de pouvoir parler de compensation qualitative de CO2. La position du WWF à ce sujet est la suivante :  http://wwf.panda.org/what_we_do/how_we_work/businesses/climate/offsetting

CO2logic entend donc attirer l'attention sur ce qui suit : s’il est louable de planter des arbres, il ne s’agit pas d’une compensation carbone au sens strict du terme. Il convient d’y veiller lors de la communication à ce sujet.

C’est pourquoi nous regrettons que certaines grandes entreprises et parfois même des ONG ne prennent pas la peine de communiquer correctement à propos de leurs actions, menaçant ainsi de miner l'ensemble du concept de compensation de CO2

16:11 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : arbre, plantation, forêts, co2, ong |  Facebook |

Commentaires

Bonjour,

il est agréable de lire de temps en temps des justes justes, dans un océan d'approximations, et au final de tromperies. J'ai rassemblé sur un blog divers articles à propos de la compensation carbone, dont le but est de se faire une idée par soi-même...
J'ai moi-même écris deux articles de fond sur le sujet, repris par divers médias, dont le ministère français du tourisme.
Pascal

Écrit par : Pascal Lluch | 02/04/2011

Les commentaires sont fermés.