25/04/2011

LA FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES : ENFIN !

 

Dans un éditorial, magistralement enlevé, Michel Legrand, président du Gerfa, Groupe d’Etude et de Réforme de la Fonction publique, publié dans le mensuel Diagnostic n° 287, avril 2011, annonce la naissance de la Fédération Wallonie-Bruxelles en remplacement de l’appellation Communauté française. Le but est de rapprocher davantage les Wallons et les Bruxellois, de leur faire prendre conscience qu’ils partagent un espace commun face à une Flandre revendicatrice et porteuse d’un projet institutionnel fort pour son développement. Puisse la Fédération Wallonie-Bruxelles être le ferment d’une renaissance de la fierté francophone ! Ecoutons Michel Legrand !

« Il était temps ! Les partis francophones ont enfin franchi une étape, fut-elle symbolique, et ont décidé d’adopter pour les institutions du peuple francophone, l’appellation « Fédération Wallonie-Bruxelles » à la place de Communauté française.

Cette décision est importante, car, devant la Flandre qui se constitue en nation, il fallait développer un scénario crédible sous peine de disparaître ou en tout cas d’être broyé par la Communauté flamande qui, rappelons-le, est majoritaire dans ce pays et qui détient la plupart des leviers stratégiques de l’Etat. La passivité des responsables francophones et leur négation de la réalité étaient donc étonnantes et ne peuvent s’expliquer que par un attachement affectif ou intéressé à l’Etat unitaire devenu fédéral et qui deviendrait une confédération sous direction flamande. Car, qu’on ne se méprenne pas, la confédération n’est qu’un schéma de liquidation qui permettra à la Flandre de garder la direction de ce qui l’intéresse encore après que les Francophones auront tout cédé, à savoir la représentation internationale de la Belgique, l’armée, voire la justice et l’accès au territoire.

Le scénario repose désormais sur une fédération formée de deux piliers : la Région wallonne et la Région bruxelloise qui gardent chacune leurs compétences propres ; il n’y a donc aucune sujétion d’une Région à l’autre et leur autonomie reste totale en ce qui concerne les matières régionales. La Communauté française, qui gérait les compétences communautaires exercées dans les deux Régions, soit, pour faire bref, essentiellement l’enseignement et la culture, deviendra une fédération ; mais ce n’est pas qu’une modification sémantique, car cette Fédération doit devenir le réceptacle des nouvelles compétences qui seraient cédées aux Communautés, voire le réceptacle des compétences régaliennes comme la justice ou encore les relations extérieures ou l’armée. C’est donc un vrai schéma de l’évolution qui se met en place et cette fois le ton est également donné du côté francophone…

Ainsi, ace à l’inspiration de l Flandre à se constituer en nation à côté ou en dedans de l’Etat belge, se place maintenant une fédération Wallonie-Bruxelles qui se situera également à côté ou en dedans de l’Etat belge. Certes, pour aboutir à ce schéma, une large révision constitutionnelle sera nécessaire et il est possible même qu’elle n’aboutisse jamais, auquel cas c’est la séparation qui devra être négociée mais sur la base de l’Etat flamand et de la Fédération Wallonie-Bruxelles…

Ce qui est remarquable dans cette nouvelle organisation, c’est que le lien entre les trois millions et demi de Wallons et le million cent mille Bruxellois est affirmé de manière nette et sans ambigüité ; la Flandre ne peut répondre à cette affirmation par une fédération Vlaanderen-Brussel qui se révèle totalement impossible, preuve s’il en est que sa volonté d’accaparer Bruxelles est vaine. Comme nous l’avons déjà écrit, cette alliance est la seule voie qui permettra au peuple francophone à la fois d’être respecté et d’assurer sa viabilité financière. Enfin, cette fédération abritera en son sein la minorité flamande de Bruxelles (80 à 100 000 habitants) et la minorité germanophone de Wallonie qui seront évidemment respectées dans tous leurs droits culturels et linguistiques.

Il est clair également que, devant la volonté constante de la Flandre de nier les droits culturels et linguistiques de sa minorité francophone en périphérie bruxelloise, la Fédération Wallonie-Bruxelles doit réclamer l’élargissement de Bruxelles aux communes dont les habitants en exprimeront le désir et veiller également à ce que les droits administratifs, judiciaires et électoraux des Francophones de la périphérie ne soient pas réduits ou bridés… » (1).

 

Les ministres et secrétaire d’Etat francophones se réveilleront-ils au Kern et au Conseil des Ministres après l’acte de foi proclamé par la Région wallonne et la Région  bruxelloise ? Puissent-ils, dans cet acte de foi, puiser force et dignité pour s’opposer aux diktats flamands !

 

(1) Mensuel Diagnostic, avril 2011. Site Web : www.gerfa.be

16:39 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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