27.04.2011

PREVENIR LES TROUBLES DES CONDUITES...

COMMUNIQUE DE PRESSE BELGA MEDIA SUPPORT

PREVENIR LES TROUBLES DES CONDUITES: EST-CE POSSIBLE?

Des études internationales montrent qu’environ 2% des enfants et 3 à 9% des adolescents souffrent de troubles des conduites. Mais quels facteurs sont donc à l’origine de ces troubles? Comment les traiter et les prévenir? De plus en plus de parents sont confrontés à cette problématique dans le cadre de l’éducation de leurs enfants. Le CSS a, dès lors, estimé utile d’offrir une réponse à ces questions en élaborant un avis.
Les classifications internationales décrivent les troubles des conduites comme un « ensemble de conduites répétitives et persistantes dans lesquelles sont bafoués les droits fondamentaux d’autrui ou les normes et règles sociales correspondant à l’âge du sujet ». Ces troubles représentent souvent les signes extérieurs visibles de problèmes sous-jacents qui le sont beaucoup moins. Des facteurs à la fois biologiques (génétiques, hormonaux,…),  psychologiques (image de soi,…) et environnementaux (culture de rue,…) peuvent constituer le fondement de ces problèmes. Dans son avis, le CSS donne une description détaillée de tous ces facteurs et consacre en outre une attention particulière à l’environnement familial et scolaire étant donné que c’est précisément dans ce contexte que les troubles des conduites se manifestent le plus souvent.
Par ailleurs, le CSS propose une série de mesure visant à prévenir les troubles des conduites et à les prendre en charge. Le Conseil souligne à cet égard que la prévention doit intervenir à un âge le plus précoce possible. Pour ce faire, il faut accorder, dès le plus jeune âge, de l’attention au bien-être de l’enfant et de sa famille et suivre de près les enfants et adolescents susceptibles de développer des troubles des conduites. L’école joue un rôle essentiel dans ce contexte. La fréquentation scolaire des enfants dès l’âge de 2 ½ à 3 ans permet de déceler de manière précoce les difficultés et de prévenir les problèmes à l’école.
Une autre suggestion importante du CSS consiste à renforcer l’offre d’aide en première ligne afin que le seuil d’accès soit le plus bas possible pour tous. Ensuite, il peut être fait appel à une aide plus spécialisée (deuxième ligne) si cela s’avère nécessaire. Les traitements résidentiels (p. ex. placement d’un enfant) ne peuvent être envisagés que lorsque toutes les autres possibilités ont été épuisées.
Le CSS conclut que la problématique des troubles des conduites est liée à une série de facteurs et que les actions à entreprendre relèvent de domaines très disparates (santé publique, justice, enseignement, etc.). C’est la raison pour laquelle le Conseil considère qu’il est essentiel que les autorités publiques se concertent et s’associent pour, ensemble, faire face de manière optimale à cette problématique.

Ce sujet sera également abordé lors de l’assemblée générale du CSS, qui a cette année pour thème « le bien-être » et qui aura lieu le 11 mai.

Informations utiles:
- Site internet du Conseil Supérieur de la Santé: www.hgr-css-be
- Lien internet vers le rapport complet du CSS: http://www.health.belgium.be/internet2Prd/groups/public/@public/@shc/documents/ie2divers/19068444_fr.pdf
- Coordonnées des experts:    Isidore Pelc (FR)
           Tél : 047/ 542-9264
        02/ 648 31 70
            Courriel : ipelc@ulb.ac.be

14:00 Écrit par Raymond Watrice Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : troubles, css, enfants, conduites, famille, école |  Facebook |

25.04.2011

LA FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES : ENFIN !

 

Dans un éditorial, magistralement enlevé, Michel Legrand, président du Gerfa, Groupe d’Etude et de Réforme de la Fonction publique, publié dans le mensuel Diagnostic n° 287, avril 2011, annonce la naissance de la Fédération Wallonie-Bruxelles en remplacement de l’appellation Communauté française. Le but est de rapprocher davantage les Wallons et les Bruxellois, de leur faire prendre conscience qu’ils partagent un espace commun face à une Flandre revendicatrice et porteuse d’un projet institutionnel fort pour son développement. Puisse la Fédération Wallonie-Bruxelles être le ferment d’une renaissance de la fierté francophone ! Ecoutons Michel Legrand !

« Il était temps ! Les partis francophones ont enfin franchi une étape, fut-elle symbolique, et ont décidé d’adopter pour les institutions du peuple francophone, l’appellation « Fédération Wallonie-Bruxelles » à la place de Communauté française.

Cette décision est importante, car, devant la Flandre qui se constitue en nation, il fallait développer un scénario crédible sous peine de disparaître ou en tout cas d’être broyé par la Communauté flamande qui, rappelons-le, est majoritaire dans ce pays et qui détient la plupart des leviers stratégiques de l’Etat. La passivité des responsables francophones et leur négation de la réalité étaient donc étonnantes et ne peuvent s’expliquer que par un attachement affectif ou intéressé à l’Etat unitaire devenu fédéral et qui deviendrait une confédération sous direction flamande. Car, qu’on ne se méprenne pas, la confédération n’est qu’un schéma de liquidation qui permettra à la Flandre de garder la direction de ce qui l’intéresse encore après que les Francophones auront tout cédé, à savoir la représentation internationale de la Belgique, l’armée, voire la justice et l’accès au territoire.

Le scénario repose désormais sur une fédération formée de deux piliers : la Région wallonne et la Région bruxelloise qui gardent chacune leurs compétences propres ; il n’y a donc aucune sujétion d’une Région à l’autre et leur autonomie reste totale en ce qui concerne les matières régionales. La Communauté française, qui gérait les compétences communautaires exercées dans les deux Régions, soit, pour faire bref, essentiellement l’enseignement et la culture, deviendra une fédération ; mais ce n’est pas qu’une modification sémantique, car cette Fédération doit devenir le réceptacle des nouvelles compétences qui seraient cédées aux Communautés, voire le réceptacle des compétences régaliennes comme la justice ou encore les relations extérieures ou l’armée. C’est donc un vrai schéma de l’évolution qui se met en place et cette fois le ton est également donné du côté francophone…

Ainsi, ace à l’inspiration de l Flandre à se constituer en nation à côté ou en dedans de l’Etat belge, se place maintenant une fédération Wallonie-Bruxelles qui se situera également à côté ou en dedans de l’Etat belge. Certes, pour aboutir à ce schéma, une large révision constitutionnelle sera nécessaire et il est possible même qu’elle n’aboutisse jamais, auquel cas c’est la séparation qui devra être négociée mais sur la base de l’Etat flamand et de la Fédération Wallonie-Bruxelles…

Ce qui est remarquable dans cette nouvelle organisation, c’est que le lien entre les trois millions et demi de Wallons et le million cent mille Bruxellois est affirmé de manière nette et sans ambigüité ; la Flandre ne peut répondre à cette affirmation par une fédération Vlaanderen-Brussel qui se révèle totalement impossible, preuve s’il en est que sa volonté d’accaparer Bruxelles est vaine. Comme nous l’avons déjà écrit, cette alliance est la seule voie qui permettra au peuple francophone à la fois d’être respecté et d’assurer sa viabilité financière. Enfin, cette fédération abritera en son sein la minorité flamande de Bruxelles (80 à 100 000 habitants) et la minorité germanophone de Wallonie qui seront évidemment respectées dans tous leurs droits culturels et linguistiques.

Il est clair également que, devant la volonté constante de la Flandre de nier les droits culturels et linguistiques de sa minorité francophone en périphérie bruxelloise, la Fédération Wallonie-Bruxelles doit réclamer l’élargissement de Bruxelles aux communes dont les habitants en exprimeront le désir et veiller également à ce que les droits administratifs, judiciaires et électoraux des Francophones de la périphérie ne soient pas réduits ou bridés… » (1).

 

Les ministres et secrétaire d’Etat francophones se réveilleront-ils au Kern et au Conseil des Ministres après l’acte de foi proclamé par la Région wallonne et la Région  bruxelloise ? Puissent-ils, dans cet acte de foi, puiser force et dignité pour s’opposer aux diktats flamands !

 

(1) Mensuel Diagnostic, avril 2011. Site Web : www.gerfa.be

16:39 Écrit par Raymond Watrice Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

BART DE WEVER, PRESIDENT DE LA NV-A, MENE LE BAL DES NEGOCIATEURS...

 

Les présidents des quatre partis francophones, PS, M R, CDH, Ecolo, voulaient une réunion avec les neuf partis négociateurs pour une continuité des discussions institutionnelles. Bart De Wever, président de la N-VA, parti largement vainqueur des élections de juin 2010, n’en voulut pas. Il imposa une réunion à deux temps avec les seuls partis francophones : d’abord, négociation à trois, le négociateur royal Wouter Beke, CD&V, les présidents Elio Di Rupo, PS, et Bart De Wever, N-VA ; ensuite, discussion « philosophique » avec les trois autres présidents francophones, Charles Michel, M R, Joëlle Milquet, CDH, Michel Javaux, Ecolo. A l’issue de cette réunion commune, le président de la N-VA, Bart De Wever, n’a pas caché son énervement à l’égard de la position des partis francophones. « Il n’y a pas d’accord et sur certains points les divergences d’opinions sont encore très grandes », souligne-t-il. Mais, fait nouveau, il a également exprimé son agacement à l’égard des partis flamands négociateurs, SP.A, Open VLD, et … CD&V ; il leur reproche de faire le jeu des Francophones ; « les critiques de gauche et belgicistes à l’égard de mon parti, s’exclame-t-il, correspondent à ce que veulent les Francophones et contribuent à démolir la position des Flamands. Le moment est venu de conclure ». Et de poser un énième ultimatum expirant le 30 avril 2011.

Verra-t-on plus clair fin avril ? La N-VA tente-t-elle d’ajouter un plus dans les acquis enregistrés ? Quoi qu’il en soit, la position de la N-VA est nette : indépendance de la Flandre à terme. « Si ce n’est pas cette fois-ci, ce sera pour une autre fois ». Le pourrissement de la situation, la lassitude des Francophones feront leur œuvre. Aux Francophones à prendre une initiative commune et d’enchainer sur la symbolique Fédération Wallonie-Bruxelles. Leurs ego surdimentionnés ne vont-ils pas briser le rêve d’un peuple cultivant le concept « Liberté » ? Le mal particratique ; le mal du pouvoir.

LA FRANCOPHONIE BELGE EN VOIE DE DISPARITION...

Faut-il s’étonner que la N-VA, mandatée par la Flandre, agite la muleta pour donner le coup de grâce à la Francophonie belge ? Non pardi ! Le français est banni de Flandre. Les Francophones y sont muselés ; leur Région refuse de les reconnaître comme faisant partie d’une minorité protégée. Pour la Flandre, il est naturel qu’elle gère l’ensemble du territoire belge. La N-VA prend le relais pour élargir la brèche que l’accord de 2007, avorté à la suite du refus du SP.A de le signer, ouvrait à la satellisation de la Wallonie et de Bruxelles. Le terrain est bien préparé !

Michel Legrand, président du Gerfa, au cours du traditionnel débat dominical de Bel-RTL du 13 mars 2011 asséna des chiffres irréfutables sur la flamandisation de l’administration fédérale au mépris de la loi fixant la parité linguistique dans les administrations publiques. Le président du Gerfa relève que les 14 présidents ou assimilés dirigeant les SPF, services publics fédéraux, le Selor, bureau de recrutement de l’administration, et le FEDICT, informatique et technologies de l’information, sont répartis entre 8 Flamands et 6 Francophones. A la répartitions de ces postes, il faut y ajouter un « hors quota », la patronne de l’administration civile à la Défense, une Flamande, comme il va de soi ! Et si l’on prend en compte, souligne Michel Legrand, les patrons des services du personnel et u budget,  la parité est scandaleusement bafouée : 80 % des postes sont occupés par des Flamands ! Bien loin de la parité 50/50.

Et cela, sans réaction des ministres et des secrétaires d’Etat francophones au Kern et au Conseil des Ministres, lieux où l’on discute de tout et où les décisions font l’objet d’un consensus ! La responsabilité des quatre partis francophones, PS, M R, CDH que l’on dit scotché au CD&V dans les discussions « hors public », et ECOLO, dans la mainmise de la Flandre sur l’ensemble du territoire Belgique, est engagée.

16:25 Écrit par Raymond Watrice Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : n-va, gerfa, fedict, michel lgrand, bel-rtl, sp.a, selor |  Facebook |

DITES-NOUS QUE CE N'EST PAS VRAI ....

 

Nous lisons dans Perspectives  francophones n° 65 mars/avril 2011 l’aberrant vote en commission des Affaires économiques du Parlement bruxellois contre l’élargissement de Bruxelles par le PS, le CDH et Ecolo. Incroyable. Comment cela est-il possible ?

L’auteur des deux amendements rejetés, Serge de Patoul, député régional M R/FDF se sit surpris du vote négatif des représentants de ces trois partis francophones. Il avait déposé deux amendements dans le cadre de la proposition de résolution du SP.A pour instaurer un moratoire «sur l’implantation des grands centres commerciaux dans la zone métropolitaine bruxelloise ».

Le premier amendement visait à préciser que « la zone métropolitaine bruxelloise dépassait le cadre des 19 communes bruxelloises ». Le second consistait à « demander l’élargissement de la Région afin de faire comprendre les limites de celle-ci à sa réalité économique, sociale, culturelle et démocratique ».

« A ma grande surprise, un vote a eu lieu et comme un seul homme, les partis de l’Olivier (PS-CDH et Ecolo) ont voté contre ces deux amendements », s’étonne Serge de Patoul qui voit là un signe particulièrement inquiétant. « En effet, je ne vois pas pourquoi une position qui n’est pas assumée au Parlement bruxellois pourrait l’être à la table des négociations institutionnelles. Je constate que malheureusement , seul le M R-FDF défend encore le principe de l’élargissement de Bruxelles et ce malgré la position commune des chefs de file des parts francophones signée le 29 mars 2007 ». Certains ont la mémoire bien courte…

CONCEPT WALLONIE-BRUXELLES

Un message que la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles diffusait à ses membres en 2009 à la suite du lancement du concept Wallonie-Bruxelles par la Communauté française. Nous écrivions.

Un frémissement de renouveau s’est levé, s’est gonflé. Aujourd’hui nous pouvons être fiers d’être Wallons, d’être Bruxellois ; nos enfants, nos petits-enfants et nous-mêmes grandissons et vivons dans un espace francophone composé de deux Régions , la wallonne et la bruxelloise, fortes et unies. Les partis francophones ont enfin compris la nécessité de parler d’une même voix, ont enfin adopté une attitude ferme, résolue, cohérente contre l’appétit insatiable de la Région flamande.

La Ligue wallonne invitait les partisans du Mouvement francophone en terre belge à faire savoir, dans leurs partis politiques respectifs, leur volonté de les voir rester conséquents et solidaires, de les voir rester décidés à ne rien céder sur ce qui a été convenu, à ne pas transiger. La présentation d’une image de la Francophonie belge saine, rayonnante dans sa francité affermie, ouverte au monde.

Pour répondre au vœu, en quelque sorte exprimé par la Ligue wallonne, le Ministre-Président de l’époque, Hervé Hasquin, introduisit le concept « Communauté Wallonie-Bruxelles » au regard du symbolique « Communauté française de Belgique ». Acceptons la notion « Communauté Wallonie-Bruxelles » qui revitalise nos racines, ravive l’attachement à la région natale, tout en conservant dans notre cœur l’appellation « Communauté française de Belgique ». Car, qui dit « communauté française », dit de langue et de culture françaises, de « sensibilité française, de référence à la France. Les Francophones de Belgique n’existent culturellement qu’en fonction de la France. Sans la France, nous n’existerions pas sur la carte européenne ; nous serions mis en capilotade dans une conception linguistico-belgo-belge manichéenne diluant notre identité culturelle française dans une Grande Néerlande en vouloir de reconstitution dans l’esprit des gens empreints de flamingantisme.  

        

TABLE DE DISCUSSION : REFLEXION DE C. THAYSE

Commentaires

Albert Dubois (1903) : «Jamais, peut-être, population ne fut victime d’une conspiration plus habile. Jamais peut-être on n’essaya d’abuser avec une telle perfidie de la bonne foi et de l’ignorance d’un peuple, pour lui faire méconnaître ses intérêts les plus sacrés. »
10 ans avant Jules Destrée et sa célèbre « Lettre au roi », il prenait la mesure du Mouvement flamand : « Nous n’avons pas la lente et tenace obstination de nos associés flamands. Mais il ne faut pas se fier au calme apparent avec lequel nous subissons une foule d’attentats mesquins contre notre véritable nationalité. Il compte parmi ses innombrables défauts celui de manquer totalement de patience. Il fera quelque jour explosion. Ceux qui viennent jouer avec de la flamme autour de ce coin de terre, tout pétri de poussière noire, ceux qui viennent y jongler avec les brandons de discorde du « patriotisme belge », de la « nationalité belge », de « l’âme belge » (…) ceux-là se trompent étrangement ! » Ils s’apercevront – bientôt peut-être ! – qu’ils ont joué avec de la poudre et quand elle flambera – soudainement – en une explosion géante, ce sera pour jeter aux quatre coins de l’Europe, les débris de cet édifice de haine, de conquête et d’asservissement sur le fronton duquel on a sculpté ce nom mensonger : « ROYAUME DE BELGIQUE ! »

Écrit par : C. Thayse | 17.04.2011

UNION WALLONIE-BRUXELLES : NAISSANCE D'UNE PATRIE

BOUGE L’ESPACE WALLONIE-BRUXELLES

 

Union Wallonie-Bruxelles : Naissance d’une Patrie

La conscience est la lumière de l’intelligence

                                                                        pour distinguer le bien du mal.

Confucius  

 

Il y a quelque 55 ans, Henri Putanier, dans un ouvrage intitulé « L’Agglomération Bruxelloise et le Problème Linguistique » publié par les Editions Librairia, posait la question : Un accord wallo-bruxellois est-il souhaitable ? Ecoutons-le !

Pour l’auteur, la réponse est affirmative, et ce, pour trois raisons : la première raison est que les Wallons et les Bruxellois ont comme langue usuelle le français ; la seconde raison est que les Wallons et les Bruxellois sont férus de liberté et d’individualisme ; la troisième raison est que les Wallons et les Bruxellois doivent s’appuyer les uns sur les autres pour leur survie linguistique car en se brocardant, ils font le jeu des flamingants (comme on disait en ce temps-là).

Le « jeu des flamingants » est tout simplement la flamandisation généralisée de la Belgique que lui dicte le pangermanisme dont l’objectif est de réunir les peuples thiois dans un seul ensemble : l’Empire allemand et faire de celui-ci une puissance maritime et coloniale concurrentielle de l’Angleterre par l’accès direct aux Océans ; la clé des portes des Océans est la Belgique.

La griffe du pangermanisme se retrouve dans les déclarations de personnalités flamandes dont celle d’un magistrat flamand, Van Thielen, qui, en 1848, déclare : « Rien ne peut sauver la Belgique de la déchéance si ce n’est une séparation administrative ».En 1857, le mouvement flamand reçoit un appui marquant de l’Empire allemand par la voix du diplomate Fr. Oether qui l’engage à porter la lutte sur le plan politique afin d’écarter le français de Flandre.

Aussi, Henri Putanier met en garde les Francophones contre tout accord avec les flamingants « qui laisserait ceux-ci conquérir Bruxelles. Ce serait les aider à la réalisation de leurs vœux. Se croire à l’abri de toute nouvelle revendication flamingante, c’est faire preuve d’une étrange naïveté ! Même avec le principe fédéraliste, une prédominance flamande basée sur la loi du nombre, aurait tôt fait d’imposer sa volonté à la Wallonie. Au contraire travailler au libre maintien du français à Bruxelles, c’est contribuer à préserver la Wallonie d’un des plus grands dangers qui la menacent ». Ce danger est la vassalité !

Henri Putanier, s’adressant aux Wallons qui affichent peu de sympathie particulière pour Bruxelles et son agglomération, les invite à faire preuve de clairvoyance. Il leur rappelle la portée de la loi von Bissing de 1921, du nom du gauleiter qui dirigea la Belgique occupée jusqu’en avril 1917 pendant la guerre 1914-1918 ; elle délimitait notamment l’agglomération bruxelloise et se voulait une loi d’apaisement linguistique, on dirait hypocritement maintenant « un accord équilibré ». En réalité, elle était une loi flamande, votée par une majorité parlementaire flamande contre une minorité parlementaire francophone. La première application de l'après Grande Guerre de la loi du nombre. Elle était le jalon sur la voie de la flamandisation généralisée de la Belgique, arrêtée dans un décret promulgué en 1917 par le Raad van Vlaanderen, imposé par l’occupant ; ce décret installait la séparation administrative entre la Flandre et la Wallonie rencontrant ainsi les préoccupations linguistiques du mouvement flamand  : suppression du français dans les communes bruxelloises, flamandisation de l’Université de Gand, de l’Administration, de la Justice et de l’Enseignement en Flandre, intégration à la Flandre des communes bilingues situées le long de la frontière linguistique, suppression du français en Flandre et maintien du flamand en Wallonie dans le cadre d’un Royaume Belgique de type confédéral à deux entités subordonnées implicitement à l’Empire allemand : la Flandre avec Bruxelles comme capitale, la Wallonie avec Namur comme capitale administrative et Liège comme centre culturel. Ce plan, Hitler l’a repris à son compte en 1940 en y incorporant tout le Nord de la France d’idiome flamand.

La griffe du pangermanisme se retrouve dans le programme du Mouvement flamand de l’après guerre 14-18. C’est l’établissement scientifique d’une frontière linguistique décidé en décembre 1917 au Raad van Vlaanderen, Conseil de Flandre, sous l’occupation allemande. Il y est déclaré que « le principe suivant lequel on détermine la limite de répartition des communes entre la Flandre et la Wallonie en se basant sur la langue de la majorité serait une calamité, parce qu’il sacrifierait ainsi les colonies flamandes naissant en pays wallon ». C’est pourquoi le Raad van Vlaanderen proposait une solution scientifique qui tenait compte des routes, chemins de fer, etc. ; de sorte que diverses communes wallonnes devenaient flamandes, notamment Waterloo, Braine l’Alleud, Tubize, Clabecq… en raison de leur rattachement à une route, à une voie de chemin de fer…Bruxelles, de son côté, est délibérément rangée dans la partie flamande du pays.

Henri Putanier demande aux Wallons de réfléchir quelque peu en sachant que ces annexions, par la Flandre, doivent se faire, en outre, au point de vue économique. Il leur dit : « Que ceux qui veulent nous faire cadeau d’une frontière linguistique définitivement fixée, scientifiquement ou non, veuillent bien réfléchir à ces extraits de boulimie flamingante, et qu’ils veuillent bien se rendre compte que chaque fois que les flamingants ont obtenu satisfaction sur un point, le lendemain même ils recommencent la bataille pour avoir plus. Pour eux, la frontière linguistique ne restera jamais longtemps fixée, surtout s’ils sont les plus forts et si leurs intérêts sont en jeu … ». Il fustige les Wallons qui ont marqué, en 1954, leur accord sur le programme flamingant concernant Bruxelles et son agglomération : « Peu importe que la population y soit en grosse majorité d’expression française ; peu leur importe que cette population doive s’étendre au-delà des 19 communes formant l’actuelle agglomération. Ce qu’ils craignent, disent-ils, c’est que s’ils acceptent de sauvegarder les droits des minorités françaises de la périphérie bruxelloise, les flamingants exigeront les mêmes règles pour sauvegarder les minorités flamandes de Wallonie. Ils tombent ainsi sous l’influence des sirènes flamingantes du centre Harmel (PSC, ndlr) qui leur administrent, à haute dose, la formule : « Vous ne supporteriez jamais en Wallonie ce que nous subissons en Flandre et à Bruxelles ! ». Ils font le jeu des Flamands dans leur attitude négative à l’égard de l’usage de la langue française à Bruxelles et dans sa périphérie.

« Laisser les flamingants, écrit Henri Putanier dans son livre, conquérir Bruxelles, c’est aider à la réalisation de leurs vœux. Se croire ainsi à l’abri de toute nouvelle revendication flamingante, c’est faire preuve d’une étrange naïveté ! Même avec le principe fédéraliste, une prédominance flamande basée sur la loi du nombre, aurait tôt fait d’imposer sa volonté à la Wallonie ». Il n’a pas été écouté par ses concitoyens de l’époque ; il ne l’est toujours pas actuellement. La Flandre poursuit inlassablement le rêve pangermanique d’un regroupement des peuples de langue germanique.

Qu’est-ce qui peut encore guider les Wallons ? Toujours cette peur d’une « bilinguisation » de la Wallonie ? Se posent-ils des questions sur ce que font leurs dirigeants actuels en matière linguistique ? N’incitent-ils pas au bilinguisme néerlandais/français ? Ne réalisent-ils pas le rêve du Roi Guillaume d’Orange d’avant 1830 ? Celui d’asseoir la prédominance du néerlandais en Flandre : c’est fait ! ; à Bruxelles et sa périphérie : c’est en bonne voie ! ; en Wallonie : cela se met en place avec la bienveillance de la classe politique ! ; au niveau national : c’est chose faite dans les institutions nationales, dans les représentations au niveau international, à l’armée, dans la répartition des ministères avec six ministères régaliens sur sept dirigés pas des Flamands … Ne vont-ils pas accepter d’étendre le Benelux au puissant land industriel allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie de près de 20 millions d’habitants ?

Il ne reste plus à Bart De Wever, N-VA, historien, après le pourrissement de la situation politique, à faire sauter le « bouchon Wallonie » pour réaliser le rêve pangermanique : la réunion de l’ethnie thioise à l’Empire allemand reconstitué et l’accès aux Océans.

La marche du Voorpost du dimanche 27 mars 2011 dans les communes jouxtant la Flandre française : Comines, Mouscron, Ploegsteert, Tournai… est indicative sur l’orientation politique du Mouvement flamand : la récupération des territoires « volés » aux cris de « Het lied der Vlaamse zonen », « Edingen Vlaams ». Le problème bruxellois est considéré comme réglé par le Mouvement flamand : Bruxelles est entre ses mains. Dès lors, l’effort peut être porté sur la Wallonie par un mouvement de tenailles : du côté de l’est, sur Plombières, du côté de l’Ouest sur les communes frontalières hennuyères !

Les Francophones sont-ils conscients que leurs divisions nourrissent le flamingantisme ? Le Mouvement wallon doit s’interroger. Etienne Duvieusart, ancien député, ancien sénateur, s’interroge sur le devenir de la Wallonie dans son livre « Pour l’Indépendance de la Wallonie » : « Dans quelle mesure ces individualistes patentés que sont les Wallons résoudront-ils la crise de société et la crise de leur économie en faisant appel au dynamisme collectif ou en restaurant sous des formes modernes l’initiative de chacun d’eux ? Je ne sais ».

Le citoyen francophone d’en bas s’interroge lui aussi. Qui donc déclenchera une dynamique collective mobilisatrice des forces francophones unifiées ? Qui donc fera souffler sur l’Espace Wallonie-Bruxelles un courant nationaliste d’appartenance à la Communauté française de Belgique ? Qui donc fera battre dans le cœur de chaque citoyen l’amour de l’Espace Wallonie-Bruxelles ? Qui donc libérera l’Espace Wallonie-Bruxelles de la colonisation flamande ? Qui donc s’investira dans une campagne axée sur des thèmes forts, reflets de l’aspiration de la Communauté française de Belgique, tels que : maillage des liens culturels, sociaux et économiques qui unissent déjà Bruxelles et la Wallonie dans l’espace francophone de Belgique ; élargissement de la Région bruxelloise à son véritable hinterland constitué par les communes à facilités, ainsi que son désenclavement  par des voies d’échanges directes et contigües ; inviolabilité de l’article 30 de la Constitution instituant l’unilinguisme ; préservation de l’identité linguistique ; ratification de la Convention-cadre du Conseil de l’Europe relative à la protection des minorités nationales ?

Dans l’attente de celui qui viendra nous libérer de nos complexes, ne baissons pas les bras ; ne nous laissons pas envahir par la pusillanimité ; résistons ; ne nous résignons pas ! Osons dire et répéter à l’Espace Wallonie-Bruxelles : je t’aime. La naissance d’une Patrie.

Raymond WATRICE

15.04.2011

LA PRESSION FLAMANDE SUR BRUXELLES...

LA PRESSION FLAMANDE SUR BRUXELLES…

 

frappe tous les secteurs avec pour objectif la cogestion de Bruxelles… dans un premier temps. Qui dit cogestion, dit répartition 50/50 des fonctions entre la Communauté flamande (qui représente quelque 9 % de la population bruxelloise) et la Communauté française (qui représente quelque 90 % de la population bruxelloise).  Le Ministre-président de la Région flamande l’a encore tout récemment répété : « Bruxelles ne sera jamais une Région à part entière ».

Actuellement bon nombre de dossiers à coloration communautaire sont gérés séparément par la Cocof,  Commission communautaire française, et la VGC, Vlaamse Gemeenschap Commissie. Certains de ces dossiers concernent une importante tranche des habitants, notamment en haut de l’échelle : l’enseignement, la culture, le tourisme, les personnes handicapées…

Assez bizarrement, les deux parties, francophone et néerlandophone, ont exprimé le souhait de se rencontrer au niveau des Parlements pour traiter  en commun du secteur culturel.

Bizarre, disons-nous, car les députés des deux Parlements ne s’étaient jamais rencontrés ! Assouplissement de la position flamande à l’égard de Bruxelles ? Que non ! Dans le même temps, la Flandre renouvelle son exigence de la scission de BHV ! Il faut plutôt voir une opération camouflage des manœuvres de prise en force de la périphérie et d’une consolidation de la pénétration en Région bruxelloise : régionalisation de la culture, scission de BHV, contrôle de l’enseignement francophone et neutralisation des facilités linguistiques.

Que l’initiative d’une rencontre entre les deux Parlements vienne du côté du CDH, cela surprend d’autant que la présidente du Parlement bruxellois, Julie De Grote n’est certainement pas sans savoir que le Brussel Kunstenoverleg a dans le paquet de ses revendications en matière culturelle la régionalisation de la culture à Bruxelles.

Naïveté francophone ? Ou les prémisses d’un lâchage de la périphérie et de Bruxelles qui nous poussent à nous poser une question sur les raison de l’essaimage des FDF vers la Wallonie. Une fuite de Bruxelles ?

La mollesse de la réplique des partis francophones à la décision flamande de refuser, au nom du dogme « wonen in eigen streek »,  à une jeune femme francophone de Rhode St Genèse d’acheter une propriété dans sa commune suscite nos craintes dans une « réelle fermeté » des partis francophones. Nos craintes sont multipliées à la suite de la déclaration de Rudy Demotte, Ministre-président de la Région flamande, à la VRT de ne pas avoir d’objections à la régionalisation de la culture, de l’enseignement ! Les craintes de la marginalité de la langue française, du vasselage de la Wallonie, de la cogestion de Bruxelles avec dominance flamande se précise !  

ENTRE NOUS - REFLEXION D'UN LOCUTEUR...

 

ENTRE NOUS - REFLEXION D’UN A. BAUCY,  6280 Loverval - … Vous avez raison de dire que les nouveaux compromis ne doivent plus être acceptés car chacun d’eux présuppose une nouvelle avancée flamande. Flamandisation en 14/18 ; flamandisation de Bruxelles, devenue capitale de Flandre… Comme vous le dites, le politique flamand relève du pangermanisme … Je n’oublie pas que les prisonniers de guerre (42/45) de Flandre et de Hollande ont été libérés dès 1942. Tandis que mon père, francophone, a attendu le 12 mai 1945.

Le F.D.F. avance depuis quelques années la possibilité d’une Région bruxelloise à part entière, une union entre Région bruxelloise et Wallonie. Je ne suis que trop conscient du danger que risque la Wallonie (et la francophonie).

Cependant nos hommes politiques wallons me paraissent un peu laxistes. De très beaux textes paraissent régulièrement mais je ne vois aucune avancée efficace. Et les politiciens flamands nous accusent avec raison, me semble-t-il, de n’avoir aucune requête à déposer sur la table des négociations. Et ce sont les mêmes politiciens qui nous administrent inlassablement des coups de boutoir ! Il est vrai que nos édiles francophones ne paraissent pas réagir.

Pour ne plus dépendre de la Flandre, notre Sécurité sociale wallonne ne pourrait-elle pas tenir le coup unilatéralement ? Puisque, selon Monsieur De Wever, la Flandre veut être plus riche, une scission de la Sécurité sociale leur ferait plaisir. Dès lors, nous serions libérés de ce sarcasme politique et vive la Région bruxelloise … !

Lorsque j’entre au syndicat d’initiative bruxellois ou dans n’importe quel musée, pourquoi la documentation française est-elle toujours épuisée ? Pour mieux nous présenter la documentation flamande ? Quel beau jeu !

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