27/06/2011

QUELLE BELGIQUE VEUT-ON ?

 

Quand aura-t-on la lucidité et le courage de reconnaître que ce pays n’a plus d’avenir ?

Le ballet des machins-eurs qui consultent, depuis un an, toujours les mêmes personnalités est épuisant pour elles-mêmes et pour l’opinion publique. On colle facilement sur ce théâtre l’adjectif « surréaliste » mais ce n’est pas là honorer la mémoire de Magritte et de ses illustres collègues. A moins qu’il s’agisse d’un cauchemar politique qui se raccorderait à leur univers !

Non, l’histoire reprend ses droits et confirme que « la Belgique est un accident de l’Histoire » et la formule exprimée par Gaston Eyskens en 1970 « la Belgique de papa est finie » s’attache encore à la Belgique fédérale d’aujourd’hui même si je concède que le fédéralisme, que j’ai défendu en son temps, était un passage obligé car, sinon, la Wallonie serait devenue une colonie de la Flandre.

Nous perdons du temps et continuerons à en perdre, peut-être jusqu’aux élections communales, pour prolonger des intérêts monarchiques, politiques, affairistes, ceux de l’establishment belgicain rétrograde et conservateur, soutenu par les media à sa solde.

Nous n’avons pas les moyens de relever les grands défis de la société, par exemple de l’économie et de l’emploi. Et le patronat se trompe de cible quand il s’attaque au statut social des travailleurs (quid d’un déficit de la consommation ?) pour compenser son manque de créativité et d’innovation, reproches permanents des autorités européennes à l’égard des entreprises d’ici, et faire oublier que le système capitaliste est responsable d’une crise planétaire. Quelle arrogance ?

Alors s’indigner, oui, s’engager, oui et se révolter, quand ?

Il y a matières…

A se révolter contre ses banquiers, contre ces marchés qui sèment la misère et la mort, contre un Etat moribond qui enferme le peuple francophone dans des frontières du passé et l’empêche de s’épanouir.

Se révolter pourquoi ? Pour une mondialisation et une Europe faites de solidarité et de liberté alors que les intérêts des puissants prévalent, pour une créativité politique inexistante parce que prisonnière des schémas du passé, ceux du capitalisme ravageur.

eau programme pour les jeunes ( ?) bcbg, campeurs et autres, dont les manifestations sont autant d’échecs car la grosse majorité de la jeunesse ne s’y trompe pas, consciente qu’elle est, qu’ils sont les alliés objectifs du nationalisme flamand et de l’ordre établi. Il serait facile, en capitulant, de mettre un terme aux discussions communautaires et obérer ainsi l’avenir de nos enfants francophones. Mais l’honneur et les valeurs de générations de Francophones sombreraient dans ce renoncement.

La Fédération Wallonie-Bruxelles est désargentée alors qu’elle doit promouvoir des compétences essentielles somme l’enseignement, la culture et l’audio-visuel pour rester dans le train de la modernité (Les enquêtes PISA sont catastrophiques et le débat Robin des Bois est un indice de pauvreté). En plus, est patente l’incapacité financière de protéger durablement l’environnement, d’assumer toutes les infrastructures, de rendre nos municipalités agréables à vivre. Ne parlons pas de l’esthétique généralement absente des projets d’où un ressentiment accru de sinistrose.

Pendant ce temps, les ténors de la politique s’usent dans d’interminables caucus, séances, rapports, palinodies, justifications, concertations, explications, etc…etc…etc… (en veut-on encore ?) toujours répétés, débouchant sur le néant.

Un jour viendra où la vérité surgira du puits. Aujourd’hui, chaque état-major de parti n’ose plus prendre la responsabilité de la rupture.

Un jour, elle se produira inévitablement. Je me souviens de ce bureau du PS de 1979 où André Cools mit fin au « PS uni et fort » après des mois d’impossibilité de décider. Nous avons reçu sa décision dans l’estomac, avons réalisé que c’était la sagesse même et puis avons été l’expliquer à notre base socialiste. Il manque d’André Cools !

Le courage politique est de se mettre autour d’une table, de faire sortir les plans B des armoires et étudier les conditions du divorce et de l’après divorce. Pas n’importe quel plan B.

La Fédération Wallonie-Bruxelles indépendante serait un substitut du Royaume de Belgique, survivance du passé alors que la modernisation de l’Etat passe par la République. Cette Fédération, et plus encore la Wallonie seule, signifieront la décroissance économique, une déstabilisation sociale (diminution de 20 % des allocations sociales), le désinvestissement étranger, la fuite des cerveaux, etc… Bref, la pauvreté. On camoufle les chiffres pour maintenir le statu quo. On fait du bois de rallonge. On trompe les gens !

Combien de temps encore les Wallons et les Bruxellois vont-ils subir les complexes identitaires des Flamands ? Il faut arrêter de tergiverser pour éviter la colonisation. La propagande francophone conformiste ment et trahit ses lecteurs quand elle tente d’expliquer que la majorité des Flamands ne sont pas séparatistes et, pour tenter de le démontrer, part à la pêche de minoritaires intellectuels, artistes et autres pour affirmer le contraire. Tout cela n’est qu’un tissu de mensonges. Oui, on n’arrête pas de vous mentir, partout et tout le temps grâce à une machine de propagande bien huilée qui englobe presque tous les média. Nous vivons sous l’égide du GRAND MENSONGE ! J’en profite pour remercier les responsables de ce périodique de me donner librement la parole car, ailleurs, c’eût été impossible.

Pour mes enfants et petits-enfants qui se posent des questions vitales et à qui il faut offrir des tâches exaltantes, je rêve d’être citoyen d’un grand pays, qui en impose sur la scène internationale, où on se bat pour une Europe équitable, une planète vivable, pour la défense d’une démocratie sociale, où on pourra relever les grands défis de la mondialisation et se débarrasser des mesquineries qui encombrent notre quotidien. Et ce pays, nul doute, je le proclame, après mûre réflexion de jour en jour renforcée, offre la solution à tous nos maux et c'est la FRANCE !

 

Willy BURGEON

Président honoraire du Parlement wallon

Président de la section PS de Leval-Trahegnies (Binche)

17:02 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaston eyskens, créativité, magritte, bcbg, willy burgeon |  Facebook |

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