12/08/2011

L'ASSAUT FLAMAND FINAL SUR BRUXELLES EST BEL ET BIEN LANCE...

 

Le CD&V, à qui la N-VA a passé la main, a donné le signal de l’assaut final le mardi 9 août 2011,  J + 424 sans gouvernement. Wouter Beke, président du CD&V, a sonné l’hallali !

Dans une interview au Laatse Nieuws, Wouter Beke embouche la trompe : « « Un accord est un accord. J’exige que tout le monde s’y tienne. On ne doit pas me convaincre que la situation financière est sérieuse, mais dans la négociation gouvernementale, la séquence a été décidée : d’abord BHV… Je n’accepterai pas que Elio Di Rupo ouvre parallèlement une deuxième table de négociation… S’il le fait, ce sera sans le CD&V ». C’est clair, c’est net : une capitulation sans condition imposée par le CD&V, par la Flandre.

Et les genoux francophones se plient. Di Rupo, président du PS, formateur, selon le porte parole du CD&V, a dit à Wouter Beke « qu’il honorera l’accord de juillet » ; Joëlle Milquet, présidente du CDH,  dit la même chose : « Nous respecterons l’accord passé avec Wouter Beke ». Au demeurant, le secrétaire d’Etat au Budget Melchior Wathelet, CDH, a clairement résolu le dilemme en trois temps : « 1. Régler BHV dans la seconde quinzaine du mois d’août et éventuellement début septembre. 2. Formation d’un gouvernement en septembre. 3. Elaboration du budget 2012 durant la première quinzaine d’octobre. Ecolo, adroitement et hypocritement, passe par un petit crochet : « …On ne peut pas laisser passer un mois ou attendre une solution sur un autre sujet pour aborder le budget par une voie sûre et rapide, peu importe laquelle ». Charles Michel, président du MR,  ne pipe mot… Serait-il embarrassé par le fait que c’est son allié flamand naturel, l’Open VLD, qui a fait tomber le gouvernement Leterme ? Optera-t-il pour la formule : « le budget ou rien » ? Une constatation inquiétante : tout le monde se tait au M R.

« Bruxelles français », le cri de ralliement de 1964 s’éteint !

Une bonne conscience : la scission de BHV sans frontière d’Etat ! Elle est offerte au PS, au CDH et à Ecolo par le politologue à l’UCL, Vincent Laborderie, spécialiste des opérations d’Etats et de la reconnaissance internationale. Dans une étude, Vincent Laborderie, souligne que la règle « Uti possidetis » selon laquelle les frontières administratives se transforment en frontières ne s’applique pas en cas de scission d’un pays ; cette règle ne s’appliquerait qu’aux frontières externes des Etats qui se séparent (ex. la Tchéquie et la Slovaquie qui formaient la Tchécoslovaquie). Le politologue appuie ses dires par la confirmation, par Eric David, professeur de droit international à l’ULB, que « cette règle, (frontières externes, ndlr), figurait dans les manuels de droit international. Pour les frontières internes des Etats, il n’y a pas de règle ». Vincent Laborderie se réfère aussi au rapport de la Commission Badinter : « Ceci était écrit dans le rapport de la Commission Badinter, qui avait réglé les frontières entre les pays de l’ex-Yougoslavie en guerre civile. Il n’est pas concevable de scinder la Belgique autrement, précise-t-il, que par la négociation des frontières avec une médiation ou un encadrement de l’Union européenne ».  En conclusion de son étude, Vincent Laborderie affirme que « la scission de BHV n’aurait aucun impact sur la fixation des futures frontières en cas d’indépendance flamande ».

Du pain bénit pour la Flandre, qui peut asseoir sa prospérité sur le vasselage de la Wallonie. Du pain bis pour les cellules wallonnes du PS, du CDH et d’Ecolo qui peuvent se délester des boulets périphériques tout en soulignant le « sauvetage » de la Belgique. Du pain suret pour le M R, qui se tait, tiraillé par ses branches LB, FDF, MCC.

Imaginons et posons-nous la question : « Quelles seraient les frontières des nouveaux Etats issus de l’éclatement de la Belgique ? » Les frontières externes des nouveaux Etats seront celles que l’Union européenne imposera aux Flamands et aux Francophones sur la base du principe « Uti possidetis » dans le cadre de frontières internes fixées par la consultation des populations concernées. Il est douteux que la Flandre accepte ce scénario. Elle perdrait la périphérie et Bruxelles, les Fourons et plusieurs communes tout au long de la frontière linguistique actuelle… Elle mise sur la rivalité entre les socialistes et les libéraux pour s’accaparer les postes ministériels importants et la région bruxelloise, plaçant la Wallonie sur son vasselage.

15:45 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ps, cdh, cd&v, fdf, fourons, bruxelles |  Facebook |

Commentaires

C'est le mal de l'humanité : être dominant.
Pourquoi ne pas cultiver la fraternité et la solidarité ?

Écrit par : watrice Raymond | 13/08/2011

"Pourquoi ne pas cultiver la fraternité et la solidarité ?"

Disait un francophone belge...

Écrit par : Peter | 22/08/2011

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