12/08/2011

TABLE DE REFLEXION : L'AVENIR DU FRANCAIS EN BELGIQUE

SUITE N° 1 DES AVIS DES PARTICIPANTS A LA TABLE DE REFLEXION

 

* NISSE Louis, par courriel  -  Si la Flandre obtient la scission de BHV, elle aura ce qu'elle désire : des frontières nationales. Hélas ! d'aucuns sont prêts à encourir la honte de s'exhiber la corde au cou et en pan de chemise dans le vain espoir d'éviter la scission du pays. De toute façon, ils l'auront, la scission. Sans atouts à faire valoir et dans le déshonneur. Malgré l'omerta des médias bruxellois, il est vital pour la démocratie, pour notre avenir et notre dignité d'avoir un projet autre que purement défensif, de débattre des scénarios possibles de l'après-Belgique. De tous les scénarios, y compris de celui d'une union à définir avec la France. Sans cela, ce sera la force nue qui devra parler, c'est-à-dire la guerre.

Haut les cœurs !

 

Louis Nisse, auteur de L'Homme qui arrêtait les trains, L'Harmattan, 2011.

 


* PICOCHE Jacqueline, Professeur honoraire à l’Université de Picardie, par courriel - Je suis sensible à l’honneur que vous me faites en me demandant mon avis sur des questions aussi délicates, mais il m’est bien difficile de vous donner un avis précis, vu que je suis française et non belge, que je ne suis la politique belge que dans la faible mesure où les médias français nous en instruisent, et que je ne connais pas la signification des sigles que vous employez.
Bien entendu je ne peux que souhaiter que les Belges francophones ne soient pas brimés par les Belges flamingants, mais ce que vous dites de l’enseignement dans les deux régions semble bien montrer que s’il existe encore un Etat belge, bien fragile puisqu’il n’arrive plus à former un gouvernement, il n’existe plus de Patrie commune à tous les Belges.
Dans l’hypothèse d’une survie de l’Etat belge, il dépend des francophones d’être assez unis et assez combatifs pour imposer aux Flamands leur volonté de conserver l’usage de leur langue dans tous les domaines. Dans l’hypothèse d’une scission de la Belgique et d’une Flandre indépendante, il faudrait envisager soit la constitution d’un petit Etat wallon (tout de même plus grand que le Luxembourg), soit le rattachement de la Wallonie à la France. Le statut des francophones de Bruxelles et de sa périphérie au sein d’un Etat flamand serait, dans les deux cas, bien difficile à maintenir. La partie de la population bruxelloise la plus attachée à sa langue se trouverait-elle dans le cas des Alsaciens dont beaucoup s’expatrièrent quand l’Alsace fut annexée par les Allemands en 1870 ? Il est douloureux d’avoir seulement à poser la question.
Je ne vois pas ce que je pourrais vous dire d’autre et je vous prie de croire à ma sympathie pour la résistance des Belges de langue française qui font beaucoup, et plus que les Français eux mêmes, pour en préserver l’usage national et international.
Je transmets ce courrier à des gens mieux placés que moi pour vous répondre : M. Salon, président de l’association Avenir de la langue française, et MM. Hubert et Goose, respectivement secrétaire général et président du Conseil International de la langue française.

Jacqueline Picoche Auteur d’une Histoire de la langue française

 

* SECHE Jean-Claude, par courriel - La Belgique unitaire et francophone n'existe plus. L'objectif est maintenant d'approfondir le fédéralisme, en donnant plus de compétence aux entités fédérées. Il ne saurait être d'escompter une improbable scission de la Belgique pour créer une Belgique composée et de la Wallonie et de BXL, élargie ou dotée d'un "couloir".

Vous trouverez des soutiens à votre thèse et pourrez les communiquer aux partis francophones (en période de négociation !). Je doute que des points de vue différents, comme celui que je vous ai adressé il y a quelque temps, bénéficient du même accueil.

 

1. L'anglais est maintenant la langue incontournable, pour l'activité professionnelle et les voyages, et, en Belgique  pour tous les expatriés non francophones. Les médias francophones ont supprimé la chanson française au profit des "albums" en anglais.

Les Flamands n'ont aucun problème en France et en Ardenne, puisqu'ils font l'effort de parler français. Dans la périphérie de BXL, les commerçants, corps de métier, professions libérales parlent aussi français, voire anglais et allemand. Les Français n'ont pas de problème sur la Côte. Les Belges unilingues peut-être davantage. Mais les jeunes, francophones et Flamands, ont compris que, outre l'anglais, ils trouvent plus facilement un emploi en connaissant les deux langues.

 

2. Les Flamands veulent la scission de BHV, système aberrant dans un Etat fédéral qui n'existe dans aucun autre Etat fédéral, pas même au Canada ou en Suisse.

 

3. Ceci n'a rien à voir avec une soi-disant recherche de tutelle sur l'ensemble de la Belgique, supposition sans fondement agitée par certains politiques Bruxellois, qui font leur fonds de commerce de la démagogie francophone. Les Flamands, qui à 85%, veulent rester Belges, souhaitent le plus d'autonomie possible dans un Etat fédéral, ce que les partis francophones semblent avoir maintenant enfin compris pour La Wallonie et Bruxelles. Ils ne cherchent pas pour cela à assimiler le reste de la Belgique. Ils savent, du reste, fort bien qu'ils n'y parviendraient pas.

 

 

* Jacques CLAESSENS, par courriel - La Belgique unitaire et francophone n'existe plus. L'objectif est maintenant d'approfondir le fédéralisme, en donnant plus de compétence aux entités fédérées. Il ne saurait être d'escompter une improbable scission de la Belgique pour créer une Belgique composée et de la Wallonie et de BXL, élargie ou dotée d’un "couloir".

Vous trouverez des soutiens à votre thèse et pourrez les communiquer aux partis francophones (en période de négociation !). Je doute que des points de vue différents, comme celui que je vous ai adressé il y a quelque temps, bénéficient du même accueil.

 

1. L'anglais est maintenant la langue incontournable, pour l'activité professionnelle et les voyages, et, en Belgique pour tous les expatriés non francophones. Les médias francophones ont supprimé la chanson française au profit des "albums" en anglais.

Les flamands n'ont aucun problème en France et en Ardenne, puisqu'ils font l'effort de parler français. Dans la périphérie de BXL, les commerçants, corps de métier, professions libérales parlent aussi français, voire anglais et allemand. Les Français n'ont pas de problème sur la Côte. Les Belges unilingues peut-être davantage. Mais les jeunes, francophones et Flamands, ont compris que, outre l'anglais, ils trouvent plus facilement un emploi en connaissant les deux langues.

 

2. Les Flamands veulent la scission de BHV, système aberrant dans un Etat fédéral qui n'existe dans aucun autre Etat fédéral, pas même au Canada ou en Suisse.

 

3. Ceci n'a rien à voir avec une soit-disant recherche de tutelle sur l'ensemble de la Belgique, supposition sans fondement agitée par certains politiques bruxellois, qui font leur fonds de commerce de la démagogie francophone. Les Flamands, qui à 85%, veulent rester Belges, souhaitent le plus d'autonomie possible dans un Etat fédéral, ce que les partis francophones semblent avoir maintenant enfin compris pour La Wallonie et Bruxelles. Ils ne cherchent pas pour cela à assimiler le reste de la Belgique. Ils savent, du reste, fort bien qu'ils n'y parviendraient pas.

 

* NASTASI Agathe, par courriel - La fin de la langue française en Belgique ne me paraît pas possible, ou alors dans plusieurs générations de domination flamande sans réaction. Mais la domination économique et politique des Flamands sur les Francophones est déjà révoltante et mérite une résistance acharnée. Pour le moment, hormis le FDF, la Ligue Wallonne, Denis Ducarme au sein du MR et le colonel Luc Gennart, on ne voit pas grand-monde s'opposer à la progressive colonisation flamande de Bruxelles et de la Wallonie.

 

Partout autour de moi, les témoignages vont tous dans la même direction : personnel de l'aéroport "national" de Zaventem 100% flamand, flamandisation du jardin botanique de Meise ainsi que des grands musées bruxellois, DRH flamands qui n'engagent que des Flamands, agences de voyage où le personnel francophone est progressivement remplacé par des flamands, idem à la poste (pardon : b-post !), entreprises wallonnes rachetées par des grands groupes flamands ou hollandais puis fermées ... tous les secteurs sont touchés, fonction publique, entreprises privées, culture, transports, tourisme et je me demande quel boulot pourront bien décrocher les jeunes qui sortent aujourd'hui de l'école.

 

Concernant la scission de BHV et la tutelle flamande sur tout le pays, je pense qu'il existe 2 tendances en Flandre:

- Celle du CD&V et des autres partis classiques qui visent la tutelle flamande sous couvert de confédéralisme et jouent la surenchère en menaçant de scission à chaque demande francophone en négociation, s'offusquent devant l'exigence de l'élargissement de Bruxelles en jurant qu'ils n'ont pas de mauvaises intentions (mon oeil).

- Celle de la N-VA et du Vlaams Belang qui visent l'indépendance mais "pas tout de suite": tant qu'aucun front francophone ne se dresse pour défendre nos intérêts, ils ne voient pas l'utilité de faire sécession avec le risque de n'être pas reconnus au niveau international (surtout si la Flandre ne signe pas la convention de protection des minorités) et préfèrent profiter à fond de toutes les ressources de l'Etat belge en volant leur part aux Francophones.

Ils sont assez semblables dans le fond.

 

C'est pourquoi je suis assez inquiète de voir perdurer les négociations malgré l'incompatibilité évidente des modèles politiques au Nord et au Sud. La note Di Rupo cède beaucoup trop aux Flamands et ouvre une voix royale à notre relégation à une vie de sous-citoyens misérables face aux riches Flamands qui continuent de profiter de leur majorité pour tout prendre. Les quatre partis francophones ont beau avoir signé une position commune sur BHV en 2007, aujourd'hui on n'entend qu'Olivier Maingain défendre l'élargissement de Bruxelles et les droits des habitants de la périphérie. Il est décrit par la presse comme celui qui "provoque", qui "met le feu aux négociations communautaires" alors qu'il n'exprime que nos revendications légitimes. La francophonie ne peut se défendre efficacement que si les quatre partis soutiennent la position du FDF et j'espère qu'ils le feront après le 15 août dans les "vraies" négociations.

 

* MONTENAY Yves, par courriel  -  Mon avis : S'il doit y avoir marchandage, c'est indépendance de la Flandre contre rattachement de Bruxelles et d'au moins six communes de banlieue à la Wallonie (quitte à ce qu'il y ait des minorités flamandes protégées). 

 

Je sais que les Wallons ont peur de perdre ainsi des transferts financiers. Mais l'économie évolue plus facilement que les frontières, et je ne suis pas certain que la Flandre se portera longtemps mieux que la Wallonie si cette dernière est bien gouvernée. Il vaut donc mieux de meilleures frontières et une moins bonne économie que l'inverse. Les Flamands pourraient être tentés par une diminution de leurs impôts. Je pense qu'elle ne serait que provisoire mais il ne faut pas le dire !

 

* EVRARD Jean, par courriel  -  Rappel ...  tout à fait vrai. « Exister ou disparaître »    montre bien que l'on doit se séparer pour que les Francophones soient maîtres des discussions avec la France et l'Allemagne, en particulier pour l'axe Dunkerque, Mons, Namur, Liège, Aix la Chapelle.  A ce propos, je vous rappelle que les Flamands noyautent les ministères depuis fort longtemps et sont parvenus à "diriger" les investissements étrangers vers Vlaanderen :  General Motors Antwerpen, Ford Genk, Sidmar, ...  Deux exceptions importantes, Caterpillar Gosselies et Dow Corning Seneffe, ont été possibles par ce que le fonctionnaire flamand était absent le jour où les investisseurs sont venus et le Wallon de service les a orientés vers la Wallonie.

L'avancée flamande    il s'agit de Wouter Beke, pas Walter Beke.  Pour le reste, je ne partage pas votre pessimisme mais je note la duplicité et les mensonges des politiciens flamands.  Comme d'habitude.

 

15:00 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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