01.03.2011
FRANCOPHONIE BELGE : PAYER LES AFFRES DE LA FLANDRE...
La Flandre craint de connaître les angoisses que la Wallonie a connues avec le déclin de l’industrie charbonnière, de l’industrie sidérurgique et de l’industrie lainière. La Wallonie s’est retrouvée exsangue. Et la Flandre n’est pas venue à son secours. Bien au contraire¼Elle a créé le port de Zeebruges avec de l’argent du Fédéral donc avec au moins 40 % d’argent de Francophones ; elle a construit une usine sidérurgique Sidmar à Gand avec de l’argent venant de Wallonie ; elle a utilisé des aides européennes destinées à la Wallonie ; le lobbying flamand, par le canal de la représentation belge à l’étranger et avec le concours des services belges du Ministère des Affaires économiques, a attiré les investisseurs étrangers en Flandre¼
La Flandre craint un effondrement sur le plan économique à la suite des fermetures dans les secteurs de l’automobile, de l’industrie lainière, du déclin prévisible du port d’Anvers inadaptable aux tankers de haut tirant d’eau, la flotte de demain¼
La Flandre craint le vieillissement de sa population ; elle a peur des années 2020 et suivantes. Il n’est pas étonnant que les étudiants de l’Université de Gent (Gand), le berceau du Mouvement flamand, manifestent pour une “ Belgïe ” unie. Ce n’est pas contre le nationalisme, le voile, c’est pour leur protection sociale !
La Flandre veut le maintien de son pouvoir d’achat. Elle veut que la Wallonie continue à l’alimenter en attendant de pouvoir s’unir à l’Empire allemand en reconstruction.
La Flandre n’a jamais été fédéraliste tout au plus accepte-t-elle le passage par le concept du confédéralisme qui lui assure le maîtrise de la vie économique, source de son mieux-être.
La Flandre a puisé dans le fédéralisme - voulu et exigé par le Mouvement wallon - les prérogatives utiles pour assurer son économie naissante et son unité culturelle et linguistique. Les diverses réformes de l’Etat de 1962, 1970, 1980, 1988, 1992, 2002 ont été soutenues par le Mouvement flamand par opportunisme pour construire son “ chez soi ”. Ce “ chez soi ” qu’elle a défini en 1917 avec le soutien de l’Empire allemand qui rêvait d’un accès direct à l’Océan ; elle l’a actualisé en 1999 dans les résolutions votées par le Parlement flamand.
La Flandre ne reconnaît pas la “ crise politique ” puisqu’elle ne reconnaît pas l’existence de la Belgique depuis 1847. La fin de la crise politique serait un échec dans son processus d’indépendance si elle n’engrange pas suffisamment d’avantages ; les revirements et les revendications de dernière seconde par l’un des partis flamands avant la signature d’un accord gouvernemental sont mûrement calculés, orchestrés par l’ensemble du monde politique flamand : faire endosser la responsabilité de l’échec aux Francophones, “ ces mendiants, ces fainéants ” qui veulent vivre aux crochets de la Flandre !
Le parti nationaliste flamand, la N-VA joue le jeu, parfaitement baguetté par son président Bart De Wever, historien ; sa maitrise est bien cadrée par Johan Vande Lanotte, SP.A, ancien conciliateur royal, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Gand : “ ¼ La N-VA veut un accord, elle s’est montrée constructive¼ Mais cela ne veut pas dire que la N-VA peut conclure un accord¼ ”
En réalité, à chaque crise, la Flandre étend sa mainmise sur les institutions belges : voyez maintenant l’armée ! La crise durera tant que la Flandre estimera la prochaine avancée insuffisamment assurée. Elle pense à l’après scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et à l’après confirmation de l’enclavement de Bruxelles.
“ Un compromis est possible sur trois thèmes, soit la problématique “ de et autour de ” Bruxelles, la répartition des compétences et la question du financement ” a déclaré Didier Reynders, MR, informateur royal. Un compromis sur les thèmes exigés par la Flandre ? Un compromis qui relancera de nouvelles exigences flamandes dès que l’accord sera signé, et l’encre non encore séchée ? N’oublions pas, les Flamands couchent avec les lois linguistiques !
Les Francophones ne peuvent céder ! Céder, c’est trahir sa communauté, c’est lui faire subir l’humiliation, c’est poignarder la dignité !
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Un florilège de déclarations qui souligne l’ambigüité de la Flandre :
* Laurette ONKELINX, PS, vice-Première ministre : “ Je constate que le CD&V est devenu le plus grand ennemi de Bruxelles. C’est fou, leurs arguments ! Obliger les gens à choisir une caisse d’allocations familiales, une mutualité flamande ou francophone ! Introduire une pomme de discorde entre les Bruxellois, ce n’est pas défendre Bruxelles ! C’est le CD&V, encore, qui a dit non à l’idée de négocier sur la base de la note Vande Lanotte ”.
* Johan Vande Lanotte, SP.A, ex-conciliateur royal : “ Je déconseille d’ailleurs vivement à la Flandre de vouloir abandonner Bruxelles¼ Dans le dossier BHV, les partis flamands sont d’accord d’accorder un droit d’inscription aux habitants des six communes à facilités ”.
* Caroline Gennez, présidente du SP.A : “ ¼ Ecoutez, si le MR vient avec l’élargissement de Bruxelles alors Didier Reynders peut prendre ses valises et partir en vacances. Ca n’a pas de sens ”.
* Mark Demesmaeker, parlementaire N-VA : “ Vous, Francophones, considérer les facilités comme un privilège, comme la liberté de ne pas utiliser le néerlandais en territoire flamand ”
* Johan Vande Lanotte, SP.A, professeur de droit constitutionnel : “ Mettez de côté les concepts de fédération et de confédération. Nous devons aller vers une union belge comptant quatre entités : la Flandre, Bruxelles, la Wallonie et les cantons germanophones ”.
* Steve Vanackere, CD&V, ministre des Affaires étrangères : “ Bruxelles est une Région à part entière et encore plus que cela ! Parce qu’elle est aussi lieu d’accueil des deux grandes communautés¼ Nous ne voulons pas de nouvelle cogestion, nous voulons garder l’équilibre actuel ”.
* Elio Di Rupo, président du PS : Les propositions de Bart De Wever sont une attaque frontale contre l’Etat fédéral et les Francophones ”.
* Olivier Maingain, président du FDF : “ Nous sommes confrontés à une crise existentielle de la Belgique ”.
* Dave Sinardet, politologue, professeur à l’Université d’Anvers : “ ¼Le paradoxe flamand : d’un côté, ils veulent beaucoup défédéraliser, de l’autre, ils ne veulent pas renforcer Bruxelles. Or, sur certains points, c’est impossible à concilier : si on veut scinder, il faut renforcer Bruxelles ; si on ne veut pas renforcer Bruxelles, on ne peut pas scinder ”.
17:01 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : wallonie, flandre, lobbying, sidmr, zeebruges, empire allemand |
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LA CRISE GOUVERNEMENTALE : LE POINT DE VUE DE LOUIS MICHEL...
Dans une interview accordée au périodique Le Vif/Express du 24 décembre 2010, Louis Michel, MR, député européen, l’homme fort du MR, estime : « quand on est à la veille d’une profonde réforme de l’Etat, il est bon d’associer toutes celles et tous ceux qui y participeront. Pour bétonner son démarrage ». Il est critique à l’égard de la manière dont Elio Di Rupo, PS, président du PS, a participé et mené les négociations pour la formation d’un gouvernement depuis la mi-juin 2010. « En avançant, dit-il, dans la direction de Bart De Wever, en acceptant d’emblée certaines demandes de la N-VA, il a cru pouvoir boucler rapidement un accord. Estimant dès lors inutile, voire contreproductif, d’associer les quatre partis francophones, y compris le MR… Sa méthode a été d’entrer dans un processus qui présentait le risque de faire des cottes mal taillées sur tout. De conduire ainsi à des mécanismes très complexes à mettre en œuvre sur le plan organisationnel, ainsi qu’à un flou artistique … ». Le président du PS, Elio Di Rupo a-t-il fait preuve d’un manque de psychologie ou a--il commis une erreur politique ? Les deux, peut-être ! Absence d’un concept !
Louis Michel appuie une autre méthode d’approche de la réforme en profondeur de l’Etat, celle avancée par son parti, le MR : « Définir ce que nous voulons encore en commun entre le Nord et le Sud ». Il pontifie : « Au moins pourra-t-on vérifier si tout le monde est d’accord de consolider le niveau fédéral, de le rendre capable d’assumer ses missions. Depuis 2007, les vieilles recettes de négociations ne fonctionnent plus. La grande divergence se situe à présent entre le fédéralisme consumériste et le fédéralisme responsable ? »
Le Roi a entendu, semble-t-il, le message de Louis Michel puisque après le nouvel échec de Bart De Wever, il a fait appel à Didier Reynders, MR, président sortant, ministre des Finances ; il lui confie une mission d’information de 15 jours expirant le 16 février. Une mission de vérification, souligne Didier Reynders.
Note. Voulez-vous bien adresser votre avis à l’adresse courriel : « info.liguewallonnebruxelles@skynet.be » pour sa diffusion sur le Forum de la Ligue wallonne ou dans « 4 Millions 7 », périodique mensuel de la Ligue Wallonne.
16:53 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : louis michel, elio di rupo, bart de wever, recettes, didier reynders |
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ECHEC DU COMPROMIS A LA BELGE ?
C’est ce que nous découvrons en lisant l’entretien entre Vincent de Coorbyter, directeur général du Crisp, et Pierre Havaux, journaliste, publié dans Le Vif/L’Express du 31.12.2010. « … Le génie que nous nous prêtons de résoudre tous les conflits par des compromis est un échec manifeste, en tout cas sur le plan communautaire » dit Vincent de Coorbyter. Et de citer la tentative avortée de la scission de BHV, un accord sur la scission à une circonscription électorale, la réforme de l’Etat : « On fait du surplace » souligne-t-il.
Cette position irrite la Flandre profonde, non seulement la Flandre politique, mais également la Flandre profonde : un constat confirmé par le score de 28 % réalisé le 13 juin 2010 par la N-VA, parti nationaliste, devenant le premier parti de Flandre loin devant le CD&V. Un parti nationaliste devenant incontournable et conscient de sa force.
Une réforme profonde de l’Etat - c’est-à-dire installer la primauté de la Flandre sur la conduite des affaires de l’Etat - dans un premier temps, préparatoire à la liquidation de la Belgique inscrite à l’article premier des statuts de la N-VA. Bart De Wever, président de la N-VA, historien, mettra le temps qu’il faudra : réaliser, étape par étape, l’évaporation de la Belgique ! Il agit selon l’instinct du parfait communicateur et du fin négociateur. « Sa force, relève Vincent de Coorbyter, est de rester fidèle à son discours, de le répéter sans cesse… L’initiative qu’il prend le 4 octobre dernier est un morceau de virtuose : il fait table rase des négociations, renverse l’échiquier et décrète qu’il faut repartir à zéro, tout en brûlant la politesse à tout le monde, y compris aux médiateurs royaux en fin de mission… il reprend donc la main quand la partie risque de s’ensabler, il reste celui qui dénonce la mauvaise volonté des Francophones tout en montrant sa disponibilité ». Du grand art ! souligne Vincent de Coorbyter.
Et Bart De Wever mène la Belgique à la baguette à la manière d’un chef d’orchestre ! Il ramène le M R, parti avec lequel il a des affinités, dit-il, à la table des négociations pour la formation d’un gouvernement. Le Roi Albert II charge le 1er février 2011 Didier Reynders, MR, Vice premier ministre, ministre des Finances, d’une mission d’information d’une dure de 15 jours portant sur trois points : a) BHV et le refinancement de Bruxelles ; b) le transfert de compétences aux entités fédérées, leur financement et leur responsabilisation ; c) le financement dans la durée de l’Etat fédéral. Rien de nouveau !
Un rien plus loquace que les « négociateurs » précédents, Didier Reynders a annoncé le 12 février la possible constitution d’un gouvernement à six : N-VA, CD&V, Open VLD, MR, PS, CDH, tout en laissant la porte ouverte pour l’entrée d’autres partis. A moins d’un nouveau revirement de la N-VA par le dépôt d’une nouvelle exigence s’appuyant sur la position « Less is more », les Belges pourront dans les prochains jours voir apparaître sur les écrans de la télévision la tête du Premier ministre.
Un compromis ripoliné noir et jaune. Une pause de quelques mois, le temps à la Flandre de se requinquer, à la KBC - la banque flamande qui a fait la grandeur de la Flandre, le fleuron de la puissance économique et financière de la Flandre - de reprendre des couleurs, le temps à Bart De Wever de préparer une nouvelle étape après avoir engrangé les « pas de nain de jardin » consentis par les Francophones, le temps de rassurer les agences de notation, les experts du FMI et la Commission européenne, le temps à la N-VA de capitaliser « 35 % des voix flamandes pour faire plier les Francophones ». Le temps de la reprise de la marche en avant de la Flandre vers la mainmise totale sur le territoire belge.
Que restera-t-il aux Francophones ? L’usage misérable des quatre verrous de blocage « momentané » ! La sonnette d’alarme : effet suspensif , décision par consensus du Conseil des ministres ; le conflit d’intérêt : effet suspensif, la procédure retardataire successivement auprès du Parlement wallon, du Parlement bruxellois, du Parlement de la Communauté française, de la Cocof, et, en final, décision par consensus et sans partie contraignante du Comité de concertation ; la composition paritaire du Conseil des ministres : décision par consensus ; les lois spéciales. Procédure utilisée dans les matières institutionnelles et linguistiques. Adoption par 2/3 des élus et à la majorité simple dans chaque groupe linguistique. Droit de veto conféré au Parlement.
La Flandre attendra. « Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme ! » Jules Destée.
16:46 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : de coorbyter, de wever, cd&v, évaporation, fmi, n-va, open vld, ps, cdh |
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24.02.2011
LA TENACITE FLAMANDE
La ténacité flamande est légendaire. Jules Gheude, essayiste politique, dans le Forum des lecteurs de Le Vif/L’express du 14 février 2011 le rappelait en citant un extrait de la « Lettre au Roi » de Jules Destrée de 1912 : « L’œuvre maudite se poursuit lentement, par degrés, sans brusque éclat, outre la patiente opiniâtreté qu’ils apportent à leurs conquêtes […] Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme ».
Au demeurant, un proverbe flamand dit « de aanhouder wint ». Pourquoi les Flamands abandonneraient-ils une vertu de la tradition ancestrale ? Doit-on les blâmer de continuer à demander plus à partir du moment où les partis francophones, le PS en particulier, finissent par tout leur céder, principalement, les parties du territoire à forte densité francophone qui ne leur sont pas favorables ? Pensons aux Fourons. Le PS n’est-il pas allé très loin dans les présentes négociations en vue de la formation d’un gouvernement en acceptant ce que les Flamands exigeaient : une vraie grande réforme de l’Etat, et ce, dans le but d’éliminer le MR ? Elio Di Rupo ne cessait-il pas de déclarer : « Nous sommes demandeurs de rien » ?
Certes, le concept d’une réforme copernicienne cale. Parce que les Flamands veulent un peu plus et parce qu’ils ne sont pas encore arrivés au seuil du dernier millième de seconde fatal. Ils viennent de poser la revendication du « Less is more », c’est-à-dire le transfert d’un secteur entier du Fédéral vers les Régions et non plus le transfert partiel de compétences dépendant de divers secteurs.
La stratégie du cartel CD&V/N-VA, le « Less is more », revendication moins large mais plus profonde, est simple : on va jusqu’au point de rupture dans la revendication du transfert complet des compétences d’un secteur déterminé ; on s’arrête et on prend. On ne va pas plus loin… jusqu’au prochain round !
LessBart De Wever a souvent dit que le chevauchement de compétences freinait toute réalisation systémique d’une réforme de l’Etat. « Ne rêvons plus, déclare-t-il, d’une réforme de l’Etat profonde d’une dizaine de compétences ; limitons-nous à quelques chapitres essentiels… Nous sommes disposés à lâcher des exigences mais en échange nous demandons une régionalisation complète d’un paquet homogène comme la politique de l’emploi… Forcer la décision sur un ou deux dossiers majeurs ». Cette stratégie est la phase finale de l’assaut flamand sur la Belgique entière vers la réalisation du rêve pangermanique de reconstitution de l’empire austro-hongrois. Il ira jusqu’au maximum de l’engrangement de concessions francophones. Espérons que les Francophones ne tomberont pas dans le piège et qu’ils refuseront catégoriquement toute concession, dans un accord soi-disant « équilibré », qui renforcerait la mainmise flamande sur ce qui reste de la vraie Belgique.
Mais l’historien Bart De Wever sait que la France n’abandonnera pas la partie francophone de Belgique y compris Bruxelles. Aussi est-il permis de penser que Bart De Wever a son Plan B dans son objectif d’indépendance de la Flandre ? Son Plan B ne serait-il pas le repli vers l’ouverture d’un couloir reliant la Flandre avec l’Allemagne, créé du côté des Fourons, en faisant sauter le « bouchon » de Plombières ? Il lui suffirait de proposer un troc entre la zone de Plombières et la périphérie bruxelloise. Ipso facto, le problème BHV serait résolu par la scission automatique qu’entraine le troc dans son sillage et les Régions auraient des frontières d’Etat. Le transfert de compétences aux entités fédérées, leur financement et leur responsabilisation ainsi que le financement de la durée de l’Etat ne seraient qu’accessoires ! Une Belgique fédérale survivrait tout en laissant à chacune des entités fédérées la possibilité de façonner son destin.
La mission d’information, prolongée, que le Roi Albert II a confié à Didier Reynders, MR, ministre des Finances, est capitale, dans les orientations qu’elle suggérera, pour l’avenir de la francophonie belge.
17:03 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ténacité, gheude, destrée, less is more, plan b, plombières |
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ABANDON DE BRUXELLES PAR LES NATIONALISTES FLAMANDS ?
Le Voorpost, groupe nationaliste flamand, annonce une marche le 27 mars en riposte à la déclaration de Olivier Maingain, président du FDF, député-bourgmestre : « Les Flamands n’auront pas Bruxelles ni la périphérie ».
Le Voorpost admoneste, sans ambages, les Francophones : « Nous avertissons Maingain comme ses collègue présidents de partis francophones et flamands : oubliez votre « axe Wallo-Brux », l’élargissement de Bruxelles, l’annexion francophone de la périphérie ; oubliez l’idée que vous pourriez livrer les habitants du Brabant flamand à Bruxelles, la francophile ». Et il menace d’une marche le 27 mars prochain ! A Bruxelles ? dans la périphérie bruxelloise ? ou à Antwerpen (Anvers) ?
Notre pragmatisme nous fait déceler dans les propos du Voorpost une tendance à l’abandon de Bruxelles en qualifiant Bruxelles de francophile, et conséquemment totalement ou partiellement des communes à facilités. Une reconnaissance de Bruxelles, ville française. Dès lors, ce serait la ville d’Anvers qui recevrait les « marcheurs ». Au demeurant, on sait que Bart De Wever envisage sérieusement de conquérir le mayorat à Anvers. Alors, un changement d’orientation de la politique flamande pour l’axer sur Anvers qui, par le canal Albert qui lui ouvre de grandes possibilités de drainer via le port de Liège le trafic rhénan, aurait une voie directe au bassin industriel de la Ruhr, renforcé par le projet d’un adossement du puissant Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie au Benelux, n’étonnerait pas. Bruxelles perdait toute son attractivité d’autant que la perspective de l’abandon de Bruxelles comme capitale de l’Europe d’ici une vingtaine d’années, ne serait pas étrangère au revirement du mouvement flamand.
16:55 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voorpost, bruxelles, maingain, ruhr, liège, de wever |
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REPRISE DE CONTACT
Après une interruption de plus de deux mois à la suite d'un accident, je reprends le contact avec vous. J'espère que nous pourrons échanger une riche information sur la politique belge.
Merci de m'excuser pour le long silence.
16:40 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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13.12.2010
Titre de la note : L’IRRESISTIBLE MARCHE FLAMANDE DE GENT VERS AACHEN…
LA MARCHE PERSEVERANTE DE LA FLANDRE...
Depuis la révolution culturelle de 1840, la Flandre est partie à la conquête de Bruxelles et du Sud de la Belgique mariant le pacifisme et le bellicisme. Les étapes.
1847 : Le Manifeste flamand
1898 : Fin de la Belgique française ; la langue flamande est reconnue comme langue nationale au même titre que la langue française
1917 : La Flamenpolitik, élaborée à Gand avec la collaboration des services du gouverneur allemand Moritz von Bissing, trace les contours d’un Etat flamand rattaché à l’Empire allemand
1921 : Première ébauche d’une frontière linguistique entre la Flandre et la Wallonie
1931 : Flamandisation de l’Université de Gand et instauration de l’unilinguisme en Flandre et en Wallonie et du bilinguisme à Bruxelles dans les services administratifs
1951 : Emergence d’un Etat-CVP
1961 : Première marche flamande sur Bruxelles
1962 : Les lois Gilson-Larock amorcent le découpage de la Belgique. Les Fourons sont transférés en Flandre
1968 : Soulèvement de Louvain aux cris de « Walen buiten ». Louvain devient Leuven.
1970 : L’émergence d’un Etat-nation flamand va se concrétiser par la première réforme de l’Etat belge. L’Etat-nation flamand va se renforcer au cours des réformes successives de 1980, 1988, 1992, 2001 et de la mainmise flamande sur les ministères régaliens fondée sur le slogan « Ce que fait la Flandre, elle le fait mieux ».
2008 : Le lancement du plan Start, dénommé aussi Plan Leterme, portant sur la création d’une « Ville-business » à Zaventem-Machelen, marque la volonté flamande de s’emparer de la Région bruxelloise. Le plan Start n’a, du reste, de sens, de valeur que si la Région bruxelloise est intégrée dans la Région flamande. Le taux de vacance des bâtiments du plan Start sera très élevé nonobstant le transfert très large des sièges sociaux d’entreprises établis en Région bruxellois ; la « Ville business » de Zaventem-Machelen sera, pour la Flandre, un abyme sans Bruxelles. Déjà, actuellement, alors que le plan Start démarre à peine, la zone de l’aéroport de Zaventem accuse un taux de vacance des bâtiments-bureaux de plus de 20 % selon l’Observatoire des bureaux, établi conjointement par la Région de Bruxelles et sa Société de Développement, la SDRB. Un poids que la Flandre, seule, ne pourra supporter, car à partir de 2025 viendra se greffer le poids du vieillissement de sa population. Bruxelles et par extension le territoire wallon sont nécessaires à la Flandre. Les visées flamandes sur Bruxelles sont de plus en plus pressantes.
Charles Picqué, PS, ministre-président de la Région bruxelloise, libéré, semble-t-il, de la tutelle négative de Philippe Moureaux, est conscient du danger potentiel que représente le plan Start. Il s’en est exprimé dans une interview signée Benoît Mathieu, publiée dans le quotidien Le Soir des samedi 11 et dimanche 12 décembre 2010 ; il confiait ses sentiments sur le projet flamand : « … Cela a toujours été le projet de la Flandre de s’adosser à la réputation internationale de Bruxelles afin de développer dans la zone de Zaventem un centre de business qui soit le prolongement de Bruxelles… C’est une logique basée sur la recherche d’atouts pour sa région. L’objectif n’est pas d’appauvrir le voisin, juste de s’enrichir soi… Le danger existe de « casser » Bruxelles, de mettre en danger l’effet de levier, Bruxelles pèse 20 % du PIB, cela monte à un tiers si l’on ajoute les deux Brabant. Il ne faudrait pas oublier que le noyau de cela, c’est Bruxelles ».
Une vérité. Si Bruxelles tombe, ce sera demain, un demain très proche, au tour du Brabant wallon de tomber sous les griffes du lion de Flandre. Et le reste de la Belgique suivra tout naturellement « étape par étape » en plagiant Bart De Wever.
Au demeurant, Bart De Wever, dans l’interview accordée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel et relayé par extraits dans la presse quotidienne belge, accélère l’évanescence de la Belgique : « … Aujourd’hui, l’Allemagne est redevenue la locomotive de l’Europe, et la Belgique après des querelles politiques interminables est devenue le malade de l’Europe ». Autrement dit l’arrimage de la Belgique en évanescence à l’Allemagne la sauvera, ou le triomphe du pangermanisme du prince Otto von Bismarck : donner à l’Empire allemand u, accès aux Océans. La Grande Guerre gagnée par l’Allemagne.
L’Angleterre, qui a imposé la création de la Belgique en 1815, et la France, qui en 1831 a sauvé la Belgique et fermé l’accès du port d’Anvers à l’Empire allemand, resteront-elles passives ?
15:04 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : de wever, marche flamande, flandre, wallonie, von bissing |
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