28/09/2011

INVITATION ASSEMBLEE DU FDF

De fdfmembres-bounces@fdf.be de la part de fdfmembres@fdf.be

Envoyé : jeudi 22 septembre 2011

INVITATION

 

Chères amies, chers amis,

 

Les événements politiques amènent les Fédéralistes démocrates francophones à rester déterminés afin de faire respecter des engagements essentiels qui ont fondé la confiance des électeurs.

 

Nous aurons l’occasion de vous transmettre prochainement un argumentaire précis et détaillé qui justifie notre refus des mauvais accords concernant Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ces accords mettent en péril les intérêts fondamentaux des Wallons et des Bruxellois et réduisent à une peau de chagrin les droits politiques des 150 000 Francophones de la Périphérie.

 

Nous sommes impressionnés par la confiance que nous expriment de très nombreux Wallons et Bruxellois, notamment en adhérant au parti ou en nous transmettant des messages de soutien.

 

Le dimanche 9 octobre, à 10h30,

nous tiendrons un meeting de rentrée politique

au Centre culturel d’Auderghem,

183, bd du Souverain, à Auderghem

(Métro : Demey ou Hermann-Debroux ligne n° 5

Tram 94 - arrêt Auderghem Shopping

Bus 34 - 42 - arrêt Souverain ou chaussée de Wavre)

 

Vu l’actualité politique, ce rassemblement des membres et sympathisants FDF connaitra un grand retentissement. D’ores et déjà, nous vous invitons à être tous présents à cette assemblée qui sera ouverte à toutes les personnes qui souhaitent nous rejoindre. Dès lors, n’hésitez pas à transmettre cette invitation à vos amis et connaissances.

 

Dans l’attente de vous rencontrer nombreux en la circonstance, nous vous prions d’agréer, chères amies, chers amis, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

 

         Michel COLSON                     Olivier MAINGAIN                    Caroline PERSOONS

        Secrétaire général                         Président                           Trésorière générale

 

17:32 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fédéralistes, wallons, bruxellois |  Facebook |

15/09/2011

BHV : ACCORD EQUILIBRE !

 

Vous avez dit « accord équilibré » ! Bof ! Une victoire des Flamands dans le cadre de leur stratégie. Une capitulation des Francophones, une de plus ! C’est cela la vérité. Guy Spitaels, PS, ancien ministre-président de la Région wallonne, rappelait très justement : « Le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence, et haine, par certains, tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais ».

N’écoutons pas la voix des politiciens ; ils ne défendent que l’intérêt de leur parti ! Ecoutons la voix d’experts extérieurs au monde politique proprement dit.

* Vincent de Coorebyter, directeur général du CRISP, Centre de Recherche et d’information socio-politiques, interrogé par William Bourton, journaliste, attaché au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « La scission de BHV est incontestablement une concession francophone et une victoire flamande ». « La véritable victoire pour les Francophones aurait été qu’il n’y ait plus les occasions de conflits que l’on a connues : c’est-à-dire cette interprétation ultra-restrictive des facilités que le gouvernement flamand a adoptée en 1997-98… Ce qui n’est pas normal c’est que les compétences des communes ou de Communauté peuvent exercer en théorie, ces compétences ne parviennent pas à s’exercer dans des conditions de sérénité et de liberté complètes ».

* Carl Devos, politologue à l’Université de Gand, interrogé par Olivier Mouton, journaliste au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « Je pense que c’est un accord équilibré… Pour les Flamands, c’est un acquis essentiel. Il y a des compensations, c’était inévitable… Ce n’est pas très impressionnant pour le FDF…

* Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « Historique ? Historique ! … C’est une évidence, les Francophones ont fait des concessions majeures pour satisfaire les demandes flamandes… La facture est lourde pour les Francophones qui vivent dans la périphérie hors des six communes à facilités … Di Rupo et les « siens » ont en fait, primo, sauvé – à ce stade – le pays de l’implosion et, secundo, tenté de préserver au maximum les intérêts francophones, dans la perspective de la prochaine demande de réforme flamande, dont personne ne doute qu’elle est au bout du chemin… ».

 

Et le bout du chemin, ce sera Bruxelles. La prophétie de Guy Spitaels s’accomplira. : « Le Mouvement flamand ne s’arrête jamais ».

OLIVIER MAINGAIN : "BRISER LE CARCAN BRUXELLOIS"

 

Olivier Maingain, président du FDF, député fédéral, ancien échevin de Bruxelles-Ville, actuel bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, juriste, plaide en faveur d’un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie : C’est la manière d’établir une relation équilibrée entre Bruxelles et ses deux régions voisines, le gage d’un Etat stable ». Son combat, sa conviction, sa foi.

Il livre sa stratégie avec clarté dans ses contacts avec la presse et dans le mensuel du FDF « Perspectives francophones » : élargir Bruxelles, ratifier la convention-cadre, étendre les pouvoirs de la Communauté française.

Dans un contact avec David Coppi, journaliste, publié dans Le Soir du 18 août 2011, il rappelle : «  L’existence de l’arrondissement de BHV était une compensation au tracé de la frontière linguistique au début des années soixante. Donc, si d’aucuns du côté flamand estiment aujourd’hui qu’ils sont en droit de remettre en cause l’existence de BHV, nous sommes en droit, nous, de remettre en cause la frontière linguistique… ».

Il éclaire la portée d’une scission de BHV. « … Il est faux de faire croire aux gens, pontifie-t-il, que l’on va stabiliser le pays parce que l’on va scinder le pays. Si on laisse faire les choses aux conditions des partis flamands, la scission sera la préfiguration du confédéralisme voire du séparatisme… Une scission de BHV et l’acceptation d’une frontière linguistique, qui deviendrait une future frontière d’Etat, sont les plus puissants leviers pour nourrir le nationalisme et le séparatisme au Nord du pays. Car, dans ce cas-là, Bruxelles est enfermée en Flandre… Ceux qui n’auront pas le courage de dire non à la scission de BHV n’auront pas davantage le courage demain de dire non à la scission de la Sécu, voire même du pays. C’est la grave erreur des Francophones : ils ne voient jamais dans l’étape d’une négociation institutionnelle ce qui prépare déjà l’étape suivante dans le point de vue des Flamands ».

Il exprime sa détermination dans son analyse livrée au quotidien La Libre Belgique des samedi et dimanche 10 et 11 septembre 2011 : « La meilleure des formules, souligne-t-il, c’est le rattachement à Bruxelles des six communes à facilités…Prenons cette liste de fabuleuses compensations exceptionnelles… Cela ne répond pas au problème fondamental de l’enfermement de Bruxelles… Le projet d’étouffement de Bruxelles est en marche ! Mais c’est cela la scission de BHV : l’accaparement par la Flandre de Bruxelles. Il faut desserrer l’étau territorial qui enferme Bruxelles sinon à terme la Flandre va faire croire au monde entier que Bruxelles est effectivement en Flandre…

Il met en garde. « … Je suis au regret de dire que la Communauté urbaine, c’est une tranche de lasagne supplémentaire et c’est absolument sans intérêt… C’est un début de mise sous tutelle de la Région bruxelloise… Les Flamands nous demandent de préparer la prospérité future de la Flandre qui va nous mettre en difficulté, d’enfermer Bruxelles en Flandre… Le CD&V veut les avantages du séparatisme sans les inconvénients… ».

Il s’ouvre. « … Je suis déterminé… Ceux qui pensent qu’on va stabiliser le pays avec un accord très déséquilibré se trompent et trompent l’opinion publique. Il faut aussi arrêter de nous dire que la ;prospérité d’un pays dépend de la scission d’un arrondissement ? Personne ne réclame cela au niveau européen. C’est honteux. C’est un chantage… ».

16:43 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : david coppi, olivier maingain, bhv, fdf, bruxelles, sécu, lasagne, flandre |  Facebook |

GUY SPITAELS : "JE NE M'INVESTIS PLUS DANS LA BELGIQUE"

 

Guy Spitaels, ancien vice-Premier ministre, ancien ministre-président de la Région wallonne, professeur émérite de l’ULB, surnommé « Dieu », s’est épanché dans une interview accordée à Béatrice Delvaux, directrice au quotidien Le Soir, et publiée dans l’édition du quotidien des samedi et dimanche 10-11 septembre 2011.

Il confesse : «… Je ne m’investis plus affectivement depuis longtemps dans la Belgique. Je vois bien tous les avantages matériels que nous en avons. Mais cela ne suffit pas. Il faut avancer. Il faut aimer son pays pour qu’il ait une existence…J’ai essayé de servir la Belgique comme vice-Premier. Mais y suis-je affectivement attaché ? Je ne cherche pas de subterfuge : ma réponse est non… ».

Il doute d’un rattachement à la France : «… C’est une solution défendable, dit-il. Mais si on consultait la population wallonne sur cette éventualité, il n’y aurait jamais de majorité. Ni le Brabant wallon, ni les Luxembourgeois, ni les Cantons de l’Est ne seraient pour, ce serait très douteux aussi pour les Namurois… ».

Il lève un voile du contrôle exercé par la Flandre sur la Wallonie, protectorat flamand. « Je me rappelle, souligne-t-il, un investissement possible en Hainaut occidental qui fut refusé par un ministre flamand parce qu’il menaçait des emplois chez Bell au Nord. J’ai connu la Flandre rouleau compresseur ; je ne me crois pas d’une essence supérieure, mais je n’accepte pas qu’on soit traité comme cela… ».

Il invite les Francophones à cesser de faire des concessions. « … Je suis très rétif au discours « Cédez ceci ou cela, sinon cela sera la catastrophe. On va perdre 15 % de notre bien-être ». Mais non ! Ca va recommencer dans un an et demi. Vous achetez l’armistice pour 18 mois : c’est non !... Il n’y a aucune solution dans le fait de céder toujours. Vivre ensemble oui, mais avec des efforts des deux côtés … ».

Il évoque une liaison possible entre Bruxelles et la Wallonie. « … Ce n’est pas mettre de l’huile sur le feu, soutient-il, que de demander qu’il y ait une liaison physique entre Bruxelles et la Wallonie. C’est censé ! Qu’est-ce que cela peut faire de donner 300 m sur 3 km ? En quoi est-ce une provocation si de l’autre côté on est réglo ? Il ne faut même pas 300 m, deux bornes suffisent. Stopper la tache d’huile francophone en Flandre, je peux comprendre mais il faut des choses en échange… ».

FRANCOIS PERIN : "FINISSONS-EN"

 

François Perin,  ancien professeur de droit constitutionnel, historien, écrivain, sénateur fédéral, ministre fédéral, fondateur du Mouvement populaire wallon, du Rassemblement wallon… s’est confié à David Coppi, journaliste dans une interview publiée dans le quotidien Le Soir des samedi et dimanche 6 et 7 août 2011.

Il affirme d’emblée que la Flandre fonctionne comme une Nation. Voyez : « Kris Pieters, président du gouvernement flamand, demande, lui, à être reçu à l’étranger comme un chef d’Etat. Il prend de l’avance si vous voulez. Et il n’est pas N-VA, mais CVP, CD&V si vous voulez, héritier du grand et influent parti catholique flamand. Chef d’Etat… ».

Il se fonde sur l’Histoire. « Il y a quelque chose que la presse et les médias ne rappellent jamais, souligne-t-il, et c’est fondamental : en 1830, à cause de la défaite de Napoléon à Waterloo, les neuf départements du Nord – par sanction – sont enlevés à l’Empire, et là, ce que l’on appellera le « Congrès national belge », alu après la révolution de novembre, est le fruit du vote d’à peine 2 % de la population ! 2 % émanant de la grande bourgeoisie… ».

Il pose la question : « Qui intervient à l’époque pour consolider tout cela ? L’Angleterre, vainqueur, avec Wellington, de Bonaparte. En effet, que se passe-t-il ? Le Congrès national désigne un roi : un collatéral des Bourbons, un prince français. Les Anglais disent »non ». Ils récusent notre candidat… Ils imposent un prince de leur choix… ».

Il prophétise une déclaration d’indépendance de la Flandre. « …C’est, en tout cas, ce que souhaitent les principaux leaders flamands, à commencer par ceux de la N-VA, qui ont une grande influence sur les autres. Et moi, personnellement, je le souhaite aussi !... ».

Il suggère une solution et une seule. « … Il n’y a qu’une issue, affirme-t-il, à laquelle les politiques ne se résolvent pas : devenir une région de France, graduellement. Quel est l’intérêt de s’acharner à vouloir un gouvernement belge ? C’est que cela fournit un grand nombre d’emplois de ministres et de cabinets ministériels. Alors, on tire sur la corde… Bruxelles est une ville internationale. Point. Les Bruxellois, d’ailleurs, sont francophones mais francophobes. Je souhaite donc le scénario suivant : la proclamation d’indépendance de la Flandre, une négociation pacifique de la séparation et du sort de Bruxelles, et la Wallonie en France. C’est mon opinion… ».

Il réaffirme, comme d’autres personnalités, que « le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence et haine par certains,  tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais… ».

Sa conclusion : « Finissons-en ».

 

 

 

16:27 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois perin, kries pieters, n-va, cd&v, bruxelles, nationalisme |  Facebook |

02/09/2011

LE BIEN ETRE DES ANIMAUX

COMMUNIQUE DE PRESSE de l’AFSCA  TRANSMIS PAR BELGA MEDIA SUPPORT

Compétences de l'AFSCA en matière de bien-être des animaux  
En réaction à une série de déclarations dans la presse, l'AFSCA souhaite préciser une nouvelle fois ses compétences en ce qui concerne les contrôles du respect de la législation en matière de bien-être des animaux.

C'est le Service fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement - DG Animaux, Végétaux et Alimentation – Service Bien-être animal, qui est compétent pour le respect de la réglementation en matière de bien-être des animaux.

L'Agence alimentaire ne procède à des contrôles concernant le bien-être des animaux que sur les lieux où ses collaborateurs sont compétents pour accomplir leurs autres missions.

Lorsqu'elle constate des infractions à la législation sur le bien-être des animaux, l'AFSCA ne peut prendre que des mesures provisoires en vue d'améliorer le plus rapidement possible la situation des animaux. Ces mesures peuvent notamment consister à désigner un vétérinaire, à ordonner d'autres contrôles, etc.  

C'est seulement lorsque la situation est grave que l'AFSCA peut procéder à une saisie provisoire des animaux en attendant un complément d'enquête et des mesures définitives prises par le service d’inspection du bien-être animal du SPF Santé publique.

Ni l'AFSCA ni le service d’inspection du bien-être animal du SPF Santé publique ne sont compétents pour interdire la détention d'animaux. Une telle interdiction ne peut découler que d'une décision judiciaire.  

16:44 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afsca, spf santé, saisie, service inspection |  Facebook |

13/08/2011

LWRB - TABLE DE REFLEXION PORTANT SUR L'AVENIR DU FRANCAIS (suite n° 2)

En complément d’une analyse de l’avenir du français en Belgique, nous avons posé les questions suivantes  à nos locuteurs :

-         La fin de la francophonie belge se dessine-t-elle ?

-         La Flandre veut-elle la scission de BHV ?

-         Ne fait-elle pas monter les enchères pour étendre sa tutelle sur l’ensemble du territoire belge ?

Nous vous présentons, ci-dessous, la suite n°2 des réflexions de nos lecteurs.

Le but de notre Table de réflexion est de développer entre les locuteurs un échange d’idées sur le devenir de la Belgique et de la francophonie belge

 

TABLE DE REFLEXION. L’AVENIR DU FRANÇAIS EN Belgique, suite n° 2

 

* BOULARD J.G., par courriel  -  Je reçois régulièrement vos courriers et donc les informations diverses relatives au combat que vous menez à Bruxelles pour la défense des droits francophones. Je vous en remercie et vous félicite pour cette constance dans l’idéal.

Vous sollicitez mon opinion ainsi que, je le présume, mon appui. C’est peut-être accorder beaucoup d’importance à quelqu’un qui, bien certainement se sent interpellé par une situation inquiétante, mais se trouve fort en peine d’exprimer un avis très lucide sur la question.

Évidemment, de manière un peu viscérale et sentimentale, je rejoins votre cause. En effet, je me sens philosophiquement chatouilleux sur la question des droits humains d’une part, et d’autre part je reste attaché à l’idée d’une Belgique unie, aux symboles qui la représentent comme telle pour en avoir prêté le serment de fidélité comme enseignant et, jadis, comme officier de la Réserve.

Ceci dit. Il est assez remarquable que notre pays, qui n’a jamais constitué, à proprement parler une « nation », n’ait jamais été un État que par la volonté des puissants États voisins. Les succès « historiques » remportés contre Guillaume d’Orange (plus que contre les Pays-Bas) ne doivent être perçus et compris qu’en tant qu’expression de causes communes momentanées, à l’instar des multiples révoltes locales précédentes contre les occupants successifs.

Cet État politiquement artificiel approche son bicentenaire grâce à des alchimies diverses et imposées (économique, militaire, politique, religieuse) qui ont contribué à la mise au point d’une méthode de gouvernement fondée sur le « consensualisme », et aussi grâce à la présence, à la tête de l’État, du symbole monarchique imposé lui aussi, et de premiers ministres assez visionnaires qui avaient l’ambition de forger l’unité nationale, ayant une carrure d’hommes d’État de niveau européen nonobstant certaines faiblesses.

Ce n’était pas une « Nation » à proprement parler car il n’y a jamais eu de profond sentiment d’appartenance socio-historique qu’au niveau des provinces ( malencontreusement remises en cause), qu’au niveau de la religion (en déliquescence), et sur un plan nuancé, au niveau socio-économique lors des grandes luttes ouvrières (totalement anesthésiées). Tout cela sans compter le travail de sape qui, avec une lente et sournoise efficacité, a vu disparaître l’un après l’autre les grands organismes et institutions publiques ou privées de l’État (douanes, Société Générale, industries, communications, etc.) auxquels le personnel était assez fier d’appartenir, ce qui pouvait favoriser un sentiment de « citoyenneté ». De tout cela il ne reste que des bribes éparpillées entre Régions et Communautés…

Pour le reste, il a failli y avoir une « cause » wallonne, mais on la chercherait en vain aujourd’hui. Il y a autant de distance sociale entre les Lorrains d’Arlon et les Hainuyers de Mons et Charleroi qu’entre les Borains du Centre et les Liégeois principautaires. La distance entre les Ostendais et les Bastognards n’est pas plus grande…

Cela est vrai aussi pour les Flandres et autres provinces flamandes. À cette différence près que la « cause » linguistique néerlandophone se révèle être beaucoup plus sensible là-bas que la sensibilité francophone ici.

Ce fut une énorme erreur politique de matérialiser cette notion-là en l’identifiant à une Région. Nous en payons lourdement les conséquences aujourd’hui. Qui plus est, cette question est vectrice d’unité au nord, elle ne l’est pas au sud.

La langue est une cause particulièrement sensible au niveau individuel comme au niveau social : elle est un ciment culturel séculaire, elle est un lien psychologique essentiel de l’expression de soi et du partage des joies, des peines et des révoltes. Cette force est très vive au Nord. Ce n’est pas le cas au Sud puisque les dialectes wallons appartiennent à un folklore tombé en désuétude dont la survie n’est qu’artificielle puisqu’ils ne sont plus intégrés dans le quotidien. Quant à la langue française, sa gloire, comme l’attractivité de Paris et de la France, nous dépassent si largement, que sa sensibilité (avec tout ce que cela représente de filiation et de projet) n’est plus que l’affaire de quelques intellectuels et quelques spécialistes.

Dans une thèse que j’ai eu l’occasion de rédiger, il m’a bien fallu constater que les grandes idées révolutionnaires et libertaires véhiculées par la langue française, même si de grandes individualités wallonnes y sont  allées participer, ces grandes idées donc restent affaires « de France »… Elles ne seraient nôtres, pensent certains, que si nous devenions nous-mêmes Français…

La relation Bruxelles-Wallonie n’a pas non plus la solidité qu’on voudrait lui voir afficher…

Il faut relire le très important ouvrage sur l’identité wallonne, publié par l’Institut Jules Destrée, sous la signature de Philippe Destatte, pour comprendre combien la suspicion, l’amertume, l’incompréhension sont grandes entre la Wallonie et Bruxelles – et donc la distance – et se rendre compte ainsi qu’une cause commune est quasi illusoire.

Dès avant la guerre 14/18, la capitale (par son centralisme administratif, financier et celui des affaires) a vidé la Wallonie de toutes ses forces, de ses ressources aussi, ne laissant sur place qu’un gisant décharné. D’une part, ce qui restait a été dépecé par des rapacités de tous bords et de toutes nationalités (Luxembourg, France, Hollande, etc.), et d’autre part, ce pillage a offert au « nationalisme » flamand l’ennemi idéal, faible et désorganisé, comme adversaire, responsable de tous les maux, en cause commune. Et cela sur tous les plans : historique, social, politique… et même fiscal (ce qui est encore plus sensible !).

S’il y a eu, voici un siècle, le début d’une conscience wallonne (plus que francophone), mise à mal par le charisme du roi Albert Ier après la « Grande Guerre », mise à mal par le centralisme bruxellois et, de même, par la montée en puissance de la « flamandisation », il faut reconnaître qu’elle n’a pu renaître qu’épisodiquement avec A. Renard lors de la résurgence de luttes ouvrières, dont elle était d’ailleurs issue. À part Destrée en son temps, il n’y a jamais eu une intelligentsia francophone qui ne soit en grande partie bruxelloise et donc plutôt indifférente à ce qui touchait le malheur économique wallon.

Il ne faut donc pas trop espérer, aujourd’hui, voir la naissance d’une approbation inconditionnelle wallonne à la cause bruxelloise, et moins encore d’une vraie fraternité. Jadis, pour prendre un exemple dans l’histoire récente, seuls les Polonais eux-mêmes étaient prêts à « mourir pour Dantzig ». Je ne crois pas que les Namurois, les Liégeois, les Carolos et autres Wallons francophones ou germanophones soient prêts à « mourir » pour Bruxelles…

 

Enfin, on pourrait encore disserter longtemps sur les multiples aspects de ce problème… et additionner les raisons de désaccord. .. au point d’en arriver à la conclusion que la seule chose qui rapproche encore aujourd’hui la Flandre et la Wallonie, c’est un sujet… de discorde : Bruxelles.

Je ne peux entrevoir pour cela qu’un avenir très sombre.

À court terme, des compromis aléatoires pour prolonger l’agonie.

On utilise largement le vocabulaire de la scénographie pour parler de la situation belge : drame, tragédie, scène, pitrerie, histrion, etc. Restons dans ce type de langage pour imaginer la suite. Au théâtre l’action n’avance que par rebondissements ou coups de théâtre. Il faut constater que les rebondissements (par la volonté des personnages) n’aboutissent guère, malgré l’imagination royale…

Alors il faut un coup de théâtre (Deus ex machina) venu de l’extérieur : par exemple que M. Sarkozi et Mme Merckel réclamant le titre et les moyens de capitale de l’Europe pour Strasbourg ou Bonn ; ou alors que les instances financières mondiales déclarent une banqueroute totale de l’État belge… On verrait, à ce moment-là, les choses avancer, tant au Nord qu’au Sud… dans une certaine panique…

On peut également imaginer un sursis dans une adaptation des possibilités électorales : l’extension du FDF à toute la Wallonie, une circonscription électorale nationale… Mais il faudrait y arriver par un coup de force qui n’aurait jamais l’assentiment flamand… Et je crains que tôt ou tard, on ne se retrouve au même point.

À long terme, l’éclatement du pays et, y compris, l’éclatement de la Wallonie, en départements différents, rattachés à diverses « Grandes Régions » existantes de France, d’Allemagne et même du GD de Luxembourg. Ce qui existe déjà de façon embryonnaire. Encore une fois, il y a plus d’affinités entre Arlon, Luxembourg et Metz, entre Tournai et Lille, qu’entre Bruxelles et Namur.

Et Bruxelles alors, dans tout cela ? Progressivement annexée, dévorée de l’intérieur par une zizanie interne qui donne le champ libre aux rongeurs, la vieille grande ville flamande, peu à peu désertée, se vide de toute substance. Une défroque qui deviendra un chancre d’immigration en « Terre de Flandre » !

Les exemples millénaires ne manquent pas.

Et même, il y a eu « Bruges-la-morte »…

Bien sûr qu’il faut lutter contre cet apocalypse. Vous le faites assurément. Mais avec quelle vision ambitieuse ? Quels moyens ? Quelles grandes pointures susceptibles de mobiliser une population de plus en plus hétéroclite, socialement et culturellement ?

Le Bruxelles d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la ville de 1940 qui aurait été capable de prendre les armes contre l’occupant… Et même, à supposer que par la seule force des lois, on puisse faire refluer la marée flamande, il n’y a rien d’assez « grand », d’assez ambitieux, d’assez séduisant à mettre à la place.

Hélas !

Maintenant, en ce qui concerne la langue française, c’est une autre question. J’ai pu, lors de plusieurs voyages, constater sa bonne santé. Il faut un langage élémentaire pour qu’il y ait une compréhension minimale entre les peuples ; l’anglo-américain abâtardi semble faire l’affaire, mais cela reste une coquille vide qui ne détrônera jamais les grands langages de cultures.

 

 

14:49 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bhv, français, bruxelles |  Facebook |