11/07/2011

EXISTER OU DISPARAITRE

 

Le dilemme posé à la Communauté française de Belgique.

Pendant que la Communauté flamande renforce sa puissance économique, occupe les postes ministériels importants, élargit son espace territorial, trace son infrastructure routière, fluviale et ferroviaire tournée vers l’axe économique Gent, Bruxelles, Antwerpen, Amsterdam, Cologne pour capter le trafic à petit tonnage de la Ruhr, la Communauté française devrait être attentive aux potentialités de développement que véhiculent les décrets français ouvrant les ports français aux géants des mers.

Le trafic maritime de demain ouvre, en particulier, à la Wallonie des possibilités de retrouver la grandeur d’antan sur l’axe économique Ruhr, Liège, Charleroi, Lille, Dunkerque. Seuls les ports français seront accessibles aux navires de haut tonnage. Les ports d’estuaire au tirant d’eau trop faible que sont Antwerpen et Rotterdam ne pourront accueillir ces gros navires marchands. Une opportunité à saisir.

Dans cette perspective, La Wallonie et Bruxelles devraient se rencontrer pour mettre au point un projet de développement de zones conurbation, plus ou moins égales en population, susceptibles de gérer ces ensembles, faisant sens à un rapprochement avec la France en alternative à la poussée flamande de reconstitution de la Grande Néerlande englobant la Wallonie. Exister ou disparaître.

04/07/2011

LA FLANDRE S'AFFICHE IMPUNEMENT COMME ETAT...

 

Qui peut encore en douter, après la déclaration - la proclamation, pourrait-on dire - de Kris Peeters, ministre-président du gouvernement de la Région flamande ? Qu’a-t-il dit de si ahurissant ? Devant un parterre de journalistes flamands, réunis pour la circonstance,  en marge de la mission économique belge à New York menée par le Prince Philippe, il a fait part de son souhait de rencontrer des chefs d’Etat  en sa fonction de ministre-président de la Flandre. Or, on sait que cette prérogative est réservée au Premier ministre, ainsi le veut l’étiquette diplomatique.

La Flandre présomptueuse n’a que faire de cette étiquette diplomatique. Cette volonté de partager la préséance au haut niveau, il l’a confirmée dans un entretien avec Bernard Demoulin, journaliste du quotidien Le Soir : « … Je trouve tout à fait normal que, dans mes compétences, je puisse rencontrer qui je veux… Il faut concevoir ces compétences de manière adulte. Vous savez, je peux signer des traités avec des Etats, avec l’Unesco. Cela me paraît logique de pouvoir rencontrer des chefs d’Etat… Rien ne s’y oppose dans la Constitution. »

Pourquoi ce besoin - on pourrait dire cette « obsession » - d’affirmer la Flandre comme Etat devant un parterre de journalistes ? L’entité « Belgique » serait-elle abstraite du langage flamand ? Kris Peeters s’en défend. Mais alors, pourquoi ? Ambigüité.

Interrogé par Eric Defet, journaliste du quotidien Le Soir, Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne estime la « sortie » de Kris Peeters « incompréhensible » d’autant, précise-t-il, « qu’on ne m’a jamais rien interdit… Et je n’ai jamais demandé d’autorisation… Il suffit chaque fois d’informer le Fédéral par loyauté et par courtoisie ». A moins que Kris Peeters, dans son ego démesuré, estime que le Fédéral n’existe plus ! On ne sait…

Mais, voilà, « c’est plus fort qu’elle (la Flandre, ndlr) et elle roule pour elle-même » commente un homme d’affaires flamand. La poussée confédérale en  Flandre explique-t-elle ce type de déclaration surprenante ? Ce serait dès lors naturel !

Mais l’on sait que les représentants de la Flandre ne s’expriment pas pour la galerie. Ils s’expriment dans le sens d’un objectif mûrement réfléchi. Dès lors, la déclaration de Kris Peeters, faite dans un cadre médiatique choisi, anticiperait-elle l’installation transitoire de la « Nouvelle Belgique » de type confédéral, composée de deux Etats-Régions, avant une séparation pure et simple dès le règlement des litiges inhérents à toute séparation ?

Dans ce contexte, les déclarations répétées de l’annexion de Bruxelles à la Flandre ne sont pas innocentes : imposer insidieusement aux instances internationales une image du futur Etat flamand indépendant avec Bruxelles comme capitale administrative ! Le moment venu de la séparation, la Flandre pourra revendiquer devant les instances internationales, sans aucun problème majeur, l’intégration de Bruxelles dans un territoire dont elle aura défini les contours au préalable.

14:45 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kris peeters, unesco, philippe |  Facebook |

01/07/2011

VERS LA DIVISION DU PAYS...

VERS LA DIVISION DU PAYS

 par Philippe Duvieusart

 

Dans cette perspective, la seule question à impact durable est celle des limites, des frontières - et donc de l’élargissement de Bruxelles au moins aux six communes à facilités, en échange de la « scission » de l’arrondissement  électoral de BHV pour les (29) autres communes. A défaut Bruxelles, encerclée, serait mise en position d’être étouffée et absorbée à terme par la Flandre. La récente déclaration du patron de Voka, l’organe patronal flamand, est claire   « Quelle est l’identité de Bruxelles pour vous ? Bruxelles se situe en Région flamande, il suffit de regarder la carte de Belgique. Parfois, on l’oublie et c’est pour ça qu’on demande le corridor, etc. » Cette position flamande explique l’insistance flamande pour la scission de BHV, scission qui compléterait l’encerclement de Bruxelles. Elle est une des raisons fondamentales pour lesquelles l’acceptation de cette scission sans élargissement serait une capitulation et une trahison que l’Histoire ne pardonnerait pas à leurs auteurs.

 

Elio Di Rupo semble l’avoir bien compris : « A travers la Wallonie, Di Rupo est souvent interpellé par des militants, déconcertés de voir leur parti se battre « pour quelques bourgeois de la périphérie ». Sa réponse est invariable : pour ne pas hypothéquer le sort du pays. La règle coutumière en droit international veut, en effet, qu’en cas d’éclatement d’un pays, les frontières administratives deviennent les frontières des nouveaux Etats indépendants.

D’où l’intérêt de conserver une zone floue, avec un arrondissement transrégional et des communes à facilités. En cas de scission du pays, il y aurait alors des discussions, si pas des consultations populaires, sur l’avenir de ces communes où vivent de nombreux Francophones. Cet argument fut longtemps purement théorique. Il prend toute sa raison d’être maintenant que l’interlocuteur est un parti ouvertement nationaliste et que les indépendantistes représentent ensemble 40 % du corps électoral flamand. Dans ces conditions, les Francophones peuvent-ils sérieusement admettre des concessions qui se retourneront contre eux dans 5, 10 ou 15 ans, au moment du partage de l’Etat belge ? » (L’Echo - 15.06.2010).

 

Les autres questions, notamment sur le plan financier, sont transitoires : elles consistent essentiellement :

- à donner à Bruxelles les moyens financiers dont elle a besoin jusqu’au moment où,  par l’autonomie constitutive, elle imposera les revenus professionnels sur le lieu de l’emploi, et résoudra ainsi plus qu’amplement tous ses problèmes financiers ;

- pour la Wallonie, à maintenir de manière dégressive, les transferts financiers pendant une période inéluctablement limitée, et, pendant cette période, en association avec Bruxelles, à prendre avec réalisme, rigueur, bonne gouvernance et loin d’un clientélisme déprimant, les mesures lui permettant d’assumer avec dignité son destin. Mais le moment viendra inéluctablement où cesseront les transferts financiers venant de Flandre. L’objectif fondamental doit être de s’y préparer. Et que Dieu protège nos responsables politiques de la tentation du « Après nous le déluge ».

 

En bref, il faut faire simple et appétissant :

- Scinder BHV sans élargissement démocratique de Bruxelles, c’est enterrer lâchement la Belgique aux frais des seuls Francophones et c’est enterrer la Fédération Wallonie-Bruxelles.

- En contrepartie d’une solution démocratique de cet élargissement, et moyennant des mesures transitoires, la Flandre peut décider et réaliser démocratiquement le degré d’autonomie ou d’indépendance qu’elle souhait.

- Aucune autre voie ni solution ne sont discutables par Bruxelles et la Wallonie. POINT.

 

Philippe DUVIEUSART

15:40 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bhv, voka, l'echo |  Facebook |

DES ELECTIONS EN AUTOMNE ? ...

 

Plus que certain ! Les signes.

Côté flamand : La N-VA le veut

Côté francophone : Le M R Le veut

Objectif de la N-VA : Faire sauter la Belgique.  Création de la Grande Flandre, une Belgique à visage flamand.

Objectif du M R : Torpiller la mission du formateur PS. Mesquinerie politicienne.

Technique de la N-VA : Pourrissement interne par des ultimatums variables successifs. Le 13e avertissement est lancé.

Technique du M R : Se définir plus social que le socialisme. Le programme est vaste : autoriser les retraités à travailler plus longtemps s’ils le veulent, supprimer le plafond des revenus des retraités pour ceux et celles qui le souhaitent, réduire les impôts pour les bas et moyens salaires, réforme du chômage, réforme des retraites…

 

La Flandre entame la procédure du dépeçage du territoire belge. Tous les partis flamands, sans exception, y compris le Vlaams Belang (le cordon sanitaire écartant le Vlaams Belang est dénoué, ndlr), ont signé une proposition de résolution au Parlement flamand demandant l’établissement d’un calendrier de négociations avec l’Allemagne et les Pays-Bas sur le lancement du projet « Rhin de fer » assurant une liaison Bruxelles-Anvers-Amsterdam-Ruhr sans passer par la Wallonie.

         

Et notre avis ? Mais que voulons-nous ? Que sommes-nous ?

Sommes-nous encore de gauche ? de droite ? du centre ? de l’extrême gauche ? de l’extrême droite ? du centre gauche ? du centre droite ? Nous nous cherchons ! Nous entrons dans la Résistance au régime flamand. La fierté exprimée de notre appartenance à la culture française.

« Ma patrie est ma langue », écrivait Albert Camus.

« Sur les sentiers éveillés, sur les routes déployées, sur les places qui débordent. J’écris ton nom. Liberté, Paul Eluard.

15:31 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : n_va, m r, vlaams belang, albert camus, paul eluard |  Facebook |

VACANCES GACHEES ? L'EUROPE VOUS AIDE

COMMMUNIQUE DE PRESSE TRANSMIS PAR BELGA MEDIA SUPPORT

Sender:

COMMISSION EUROPEENNE
 

Vacances gâchées? L'Europe vous aide!

Avion en retard? Vol annulé? Bagages perdus? Oui, cela peut arriver. Que faire? En 2010, les Centres Européens des Consommateurs (CEC) ont été contactés par plus de 71.000 consommateurs et 33.2 % des plaintes reçues concernaient les droits des passagers. En Belgique, le CEC a aidé 4648 consommateurs,  21 % des demandes se rapportaient au transport aérien.
Or, en vertu de règles européennes, les citoyens ont des droits et les Centres Européens des Consommateurs peuvent les aider gratuitement à les faire respecter.
Un exemple ?
Une famille belge de 5 personnes qui se rendait à Barcelone a dû descendre de l'avion en raison d'un problème technique. Après 14 heures d'attente sans information, ils prennent la décision de rentrer chez eux. Le lendemain, ils demandent par courrier le remboursement des billets d’avion et des nuits d’hôtel perdues. Ne recevant pas de réponse, ils transmettent leur plainte au CEC Belgique. L’intervention du CEC Belgique et du CEC Espagne a permis d’obtenir le remboursement des cinq billets d’avion ainsi qu’une compensation de 250€ par passager, soit un peu plus de 2.200€.

La Commission européenne avec le CEC Belgique organisent le 7 JUILLET PROCHAIN A 11H  dans le hall de départ de l'AEROPORT DE BRUXELLES-NATIONAL UNE CONFERENCE DE PRESSE et une action "grand public" pour informer les citoyens de leurs droits.

Des personnes ayant bénéficié de l'aide du CEC Belgique témoigneront de leur expérience et pourront être interviewées.

Monsieur Vincent Van Quickenborne Ministre pour l’Entreprise et la Simplification, Madame Paola Testori Coggi, Directeur Général de la Santé et des Consommateurs, Commission européenne, et Madame Edith Appelmans, Directrice du CEC Belgique, participeront à l'événement.

Personne de contact:
Mary Heneghan
Responsable médias – Consommateurs (langues de travail: français, néerlandais, anglais)
Commission européenne
Téléphone: 02 295 71 52
Email: mary.heneghan@ec.europa.eu

15:23 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cec, consommateurs, van quickenborne, appelmans, testori |  Facebook |

27/06/2011

QUELLE BELGIQUE VEUT-ON ?

 

Quand aura-t-on la lucidité et le courage de reconnaître que ce pays n’a plus d’avenir ?

Le ballet des machins-eurs qui consultent, depuis un an, toujours les mêmes personnalités est épuisant pour elles-mêmes et pour l’opinion publique. On colle facilement sur ce théâtre l’adjectif « surréaliste » mais ce n’est pas là honorer la mémoire de Magritte et de ses illustres collègues. A moins qu’il s’agisse d’un cauchemar politique qui se raccorderait à leur univers !

Non, l’histoire reprend ses droits et confirme que « la Belgique est un accident de l’Histoire » et la formule exprimée par Gaston Eyskens en 1970 « la Belgique de papa est finie » s’attache encore à la Belgique fédérale d’aujourd’hui même si je concède que le fédéralisme, que j’ai défendu en son temps, était un passage obligé car, sinon, la Wallonie serait devenue une colonie de la Flandre.

Nous perdons du temps et continuerons à en perdre, peut-être jusqu’aux élections communales, pour prolonger des intérêts monarchiques, politiques, affairistes, ceux de l’establishment belgicain rétrograde et conservateur, soutenu par les media à sa solde.

Nous n’avons pas les moyens de relever les grands défis de la société, par exemple de l’économie et de l’emploi. Et le patronat se trompe de cible quand il s’attaque au statut social des travailleurs (quid d’un déficit de la consommation ?) pour compenser son manque de créativité et d’innovation, reproches permanents des autorités européennes à l’égard des entreprises d’ici, et faire oublier que le système capitaliste est responsable d’une crise planétaire. Quelle arrogance ?

Alors s’indigner, oui, s’engager, oui et se révolter, quand ?

Il y a matières…

A se révolter contre ses banquiers, contre ces marchés qui sèment la misère et la mort, contre un Etat moribond qui enferme le peuple francophone dans des frontières du passé et l’empêche de s’épanouir.

Se révolter pourquoi ? Pour une mondialisation et une Europe faites de solidarité et de liberté alors que les intérêts des puissants prévalent, pour une créativité politique inexistante parce que prisonnière des schémas du passé, ceux du capitalisme ravageur.

eau programme pour les jeunes ( ?) bcbg, campeurs et autres, dont les manifestations sont autant d’échecs car la grosse majorité de la jeunesse ne s’y trompe pas, consciente qu’elle est, qu’ils sont les alliés objectifs du nationalisme flamand et de l’ordre établi. Il serait facile, en capitulant, de mettre un terme aux discussions communautaires et obérer ainsi l’avenir de nos enfants francophones. Mais l’honneur et les valeurs de générations de Francophones sombreraient dans ce renoncement.

La Fédération Wallonie-Bruxelles est désargentée alors qu’elle doit promouvoir des compétences essentielles somme l’enseignement, la culture et l’audio-visuel pour rester dans le train de la modernité (Les enquêtes PISA sont catastrophiques et le débat Robin des Bois est un indice de pauvreté). En plus, est patente l’incapacité financière de protéger durablement l’environnement, d’assumer toutes les infrastructures, de rendre nos municipalités agréables à vivre. Ne parlons pas de l’esthétique généralement absente des projets d’où un ressentiment accru de sinistrose.

Pendant ce temps, les ténors de la politique s’usent dans d’interminables caucus, séances, rapports, palinodies, justifications, concertations, explications, etc…etc…etc… (en veut-on encore ?) toujours répétés, débouchant sur le néant.

Un jour viendra où la vérité surgira du puits. Aujourd’hui, chaque état-major de parti n’ose plus prendre la responsabilité de la rupture.

Un jour, elle se produira inévitablement. Je me souviens de ce bureau du PS de 1979 où André Cools mit fin au « PS uni et fort » après des mois d’impossibilité de décider. Nous avons reçu sa décision dans l’estomac, avons réalisé que c’était la sagesse même et puis avons été l’expliquer à notre base socialiste. Il manque d’André Cools !

Le courage politique est de se mettre autour d’une table, de faire sortir les plans B des armoires et étudier les conditions du divorce et de l’après divorce. Pas n’importe quel plan B.

La Fédération Wallonie-Bruxelles indépendante serait un substitut du Royaume de Belgique, survivance du passé alors que la modernisation de l’Etat passe par la République. Cette Fédération, et plus encore la Wallonie seule, signifieront la décroissance économique, une déstabilisation sociale (diminution de 20 % des allocations sociales), le désinvestissement étranger, la fuite des cerveaux, etc… Bref, la pauvreté. On camoufle les chiffres pour maintenir le statu quo. On fait du bois de rallonge. On trompe les gens !

Combien de temps encore les Wallons et les Bruxellois vont-ils subir les complexes identitaires des Flamands ? Il faut arrêter de tergiverser pour éviter la colonisation. La propagande francophone conformiste ment et trahit ses lecteurs quand elle tente d’expliquer que la majorité des Flamands ne sont pas séparatistes et, pour tenter de le démontrer, part à la pêche de minoritaires intellectuels, artistes et autres pour affirmer le contraire. Tout cela n’est qu’un tissu de mensonges. Oui, on n’arrête pas de vous mentir, partout et tout le temps grâce à une machine de propagande bien huilée qui englobe presque tous les média. Nous vivons sous l’égide du GRAND MENSONGE ! J’en profite pour remercier les responsables de ce périodique de me donner librement la parole car, ailleurs, c’eût été impossible.

Pour mes enfants et petits-enfants qui se posent des questions vitales et à qui il faut offrir des tâches exaltantes, je rêve d’être citoyen d’un grand pays, qui en impose sur la scène internationale, où on se bat pour une Europe équitable, une planète vivable, pour la défense d’une démocratie sociale, où on pourra relever les grands défis de la mondialisation et se débarrasser des mesquineries qui encombrent notre quotidien. Et ce pays, nul doute, je le proclame, après mûre réflexion de jour en jour renforcée, offre la solution à tous nos maux et c'est la FRANCE !

 

Willy BURGEON

Président honoraire du Parlement wallon

Président de la section PS de Leval-Trahegnies (Binche)

17:02 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaston eyskens, créativité, magritte, bcbg, willy burgeon |  Facebook |

LA PLACE DES MARTYRS DE 1830

 

Nous sommes régulièrement interpellés par des Wallons sur le pourquoi de la « non-installation » d’une antenne wallonne à la Place des Martyrs de 1830. Nos compatriotes nous interrogent également sur le pourquoi du « laissé-installation » du siège de la Région flamande à la Place des Martyrs.

Des questions toujours restées sans réponse de la Communauté française. Indifférence, insouciance, manque de repères identitaires, égotisme basé sur une supériorité de la culture française, belgicanisme, mise au second plan de la culture française par l’introduction de classes d’immersion en langue néerlandaise, suffisance… ? Des interrogations frappées de résignation dans la perspective d’un « Bruxelles français » perdu ! Les Wallons soumis au tempo marqué par la Flandre !

La Flandre s’est fixé un objectif nourri par une mystique nationaliste s’appuyant sur les écrits d’historiens tels que Godefroid Kurth qui présente le Brabant comme une préfiguration de la Belgique par sa résistance à l’influence française satanique, et Henri Pirenne, qui, dans sa remarquable Histoire de Belgique en sept volumes, présente la Flandre au passé prestigieux.

Cet objectif débouche sur le concept Nation : un peuple, un territoire, une langue. Il est atteint.

Et ce peuple veut étendre son territoire vers l’Allemagne. Il estime que l’Histoire l’a placé en dehors de ses terres originelles de culture germanique. Il a réussi du côté Est une avancée par l’intégration des Fourons avec l’appoint de la majorité des parlementaires socialistes francophones. La consolidation est assurée par l’installation massive de Hollandais. Il peut donc entreprendre une percée vers le Sud… avec le concours des partis francophones engagés dans une lutte fratricide pour la conquête éphémère du titre de « premier parti de Wallonie ».

Remémorons-nous les inquiétants propos tenus par Rudy Demotte, PS, ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française, au début de sa présidence du gouvernement wallon, le 13 septembre 2007, lors de la présentation, à la presse francophone et… flamande, des mesures « d’ajustement » du plan Marshall 1.0 : « Nous allons imposer, dit Rudy Demotte, qu’en matière d’immersion linguistique, les décisions soient prises de manière absolument prioritaire en faveur de l’apprentissage du néerlandais au détriment de destinations plus prisées en Angleterre ou aux Etats-Unis ». Autrement dit : l’imposition du bilinguisme en Wallonie ! La flamandisation assurée de la Wallonie à plus ou moins court terme.

Pas un parlementaire wallon et pas un parlementaire bruxellois n’ont marqué leur réprobation à ces propos de soumission au Mouvement flamand. Que pourrait penser Jules Destrée de l’imposition de la connaissance du flamand, lui qui combattait avec détermination ce qu’il appelait « le bilinguisme obligé » ?

Interrogeons-nous sur la dilution de la Wallonie dans la nouvelle entité économico-sociale composée des Pays-Bas, de la Flandre, du Grand-Duché de Luxembourg et du Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie, dominée par une langue germanique. Une réalisation d’un des objectifs de la Flamenpolitik appliquée par l’Empire allemand durant l’occupation de la Belgique en 1914-1918. La Flandre avance ! Elle s’affirme ! « La Flandre demande tous les pouvoirs », déclare en septembre 2007 Bart Somers, libéral, ancien président de l’Open VLD. Et elle ne s’arrêtera pas ! Elle ira jusqu’au bout ! Son leitmotiv : «  Minder België, meer Vlaanderen ». Kris Peeters, CD&V, ministre-président du gouvernement flamand souligne le tempo marqué par la Flandre, dans une carte blanche publiée dans le quotidien Le Soir du jeudi 15 juillet 2010 : « La Flandre veut se profiler et se rendre reconnaissable en qu’Etat fédéral, fédéré, chaleureux, solidaire, accueillant et démocratique… ». Il rappelle la portée du décret de 1999, ce document de base réunissant les fondements des relations politiques flamandes : « cet engagement politique du Gouvernement et du Parlement est donc important pour quiconque a un lien avec la Flandre ».

 

Un besoin de vérité.

En 2004, Paul-Henry Gendebien, coprésident du Rassemblement Wallonie-Bruxelles France, invitait les partis francophones à dire enfin la vérité. Il leur disait : « Les concessions n’arrêteront pas le processus de séparation ». Il leur rappelait ce que disait Winston Churchill en 1938 : « … Les reculades face à un adversaire déterminé reviennent à nourrir le crocodile avec l’espoir d’être mangé le dernier… ». Paul-Henry Gendebien les priait d’avoir l’extrême courage de la lucidité : « Plutôt que de vous faire jeter à la porte ou d’être contraints de faire vos valises dans la précipitation, choisissez dès aujourd’hui la dignité. Préparez un autre avenir pour la jeunesse de Wallonie et de Bruxelles … Etudiez les procédures et les modalités d’un arrangement avec la France… ».

Les Francophones qu’ils fassent partie des grands partis politiques ou qu’ils soient partisans des mouvances du Mouvement wallon, doivent cesser de s’entre-déchirer.

L’éveil des consciences. Le vrai amour de son terroir, de sa langue, de sa culture.

Raymond WATRICE