10.08.2009

COMMUNAUTAIRE // LA FLANDRE VA DE L'AVANT...

La Flandre annonce la couleur jaune et noire de ses décisions. « Tout se fera dans un cadre légal et constitutionnel que les réformes de l’Etat antérieures ont tracé ». + + Sa nouvelle stratégie repose sur la doctrine élaborée par le politologue de la KUL, Bart Maddens : « mise en veilleuse du dialogue communautaire dans l’attente du retour des francophones, désargentés, à la table des négociations venant quémander une aide financière ». Fini l’affrontement direct. Un déploiement des propres compétences communautaires. + + Objectif : l’autonomie régionale + + Cela n’a pas tardé. Sous l’impulsion de Bart De Wever, président de la N-VA, revenu au pouvoir, le gouvernement flamand est invité à faire « un usage intensif et maximal » des leviers politiques dont elle dispose. + + A partir de 2011 les allocations familiales seront majorées de manière forfaitaire pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 3 ans, puis en fonction des revenus jusqu’à l’âge de 6 ans. Dès 2012, la prime scolaire pour les enfants de 3 à 6 ans sera étendue à tous les jeunes âgés entre 6 et 18 ans lorsque la Flandre pourra libérer 350 millions d’euros. Autre nouveauté : l’instauration d’une assurance publique d’hospitalisation octroyée à chaque citoyen flamand. + + +Il va sans dire que ces nouvelles initiatives flamandes énervent la gent politicienne francophone. Et pour cause : en organisant certains dispositifs sociaux en marge de la sécurité sociale, la Flandre reste dans la légalité constitutionnelle tout en s’inscrivant dans une autonomie de type confédéraliste. Ce qu’elle veut. Elle l’aura par la bande sans devoir passer par une négociation communautaire. + + Les francophones, dans leur naïveté, ont tout donné à la Flandre. Pourquoi se priverait-elle des dividendes qui lui ouvrent des horizons ensoleillés ? D’autant que la Wallonie va s’enliser inévitablement dans le Plan Marshall.2 Vert imposé par Ecolo et par le CDH. Ce ne sont pas les « jolies » envolées des présidents du PS, du CDH et de Ecolo – le président du MR est resté étrangement muet – qui infléchiront la Flandre imprégnée de la doctrine Maddens. Le patronat flamand s’est même permis de « flinguer » Michel Daerden. + + Pour mémoire, citons les déclarations, les mises en garde, les « pleurnicheries » de trois présidents francophones : + +- Elio Di Rupo, président du PS, professe : « ... Tout ce qui crée des tensions au sein de la sécurité sociale est mauvais pour le pays. Le pays tient parce qu’il y a notamment une sécurité interpersonnelle... La Flandre a aujourd’hui des moyens financiers qu’elle peut distribuer mais il y a des situations qui pourraient s’avérer irréversibles... » .+ +- Joëlle Milquet, présidente du CDH, hoquette: « ... Les allocations familiales, c’est une compétence fédérale. Nous, on souhaite que l’on augmente les allocations familiales pour tous les enfants... ».+ +- Jean-Michel Javaux, coprésident de Ecolo, pontifie : « ... Il faut garder le socle commun de notre sécurité sociale le plus large possible. Pas nécessairement pour des raisons communautaires mais aussi pour des raisons économiques : plus la base est large, plus la solidarité s’exerce efficacement... ».+ +Pourquoi pleurez-vous maintenant ? Vous avez tout donné à la Flandre, en parfaite connaissance de cause. Maintenant, elle se prépare à vous pendre avec la corde que vous lui avez vendue à bas prix.+ + Vous pouvez vous racheter. Les citoyens d’en bas seront à vos côtés. Rendez la fierté à l’Union Wallonie-Bruxelles en la dotant d’un vaste plan d’investissements en voies de communications routière, fluviale et ferroviaire, orientées vers les ports français de haute mer, à grand tirant d’eau.Qu’attendez-vous ? N’attendez pas que la Flandre vous passe autour du cou la corde que vous leur avez vendue ; il sera trop tard !

15.09.2008

INTERVENTION D'ELIO DI RUPO A LA CHAMBRE LE 8 MAI 2008...

La situation que nous vivons aujourd’hui est absurde, incompréhensible et grave. ++ Absurde car nos concitoyens ont manifestement d’autres préoccupations que celles de nos collègues (…) Ils attendent des responsables politiques qu’ils concentrent toute leur énergie pour résoudre leurs vrais problèmes. ++ Incompréhensible, car huit partis démocratiques flamands et francophones ont ensemble signé un accord institutionnel qui créait une dynamique positive de dialogue, un dialogue respectueux de chacun (…) Et pourtant, aujourd’hui, vous engagez à nouveau notre pays dans une crise communautaire. + + La situation est grave, car malgré les nombreux Collègues modérés, les partis flamands choisissent de s’engager dans la voie de l’affrontement (…) Ils modifient les règles de base de la démocratie belge en utilisant le rapport de force linguistique. En ce faisant, ils franchissent le Rubicond de l’aventure irresponsable… + + Mais soyons honnêtes, s’exclame Elio Di Rupo, courroucé, si certains partis démocratiques flamands veulent la fin de la Belgique, eh bien, qu’ils le disent clairement aux francophones, aux Flamands et aux germanophones… + + Les Wallons et les Bruxellois sont preneurs d’un approfondissement du fédéralisme quand il s’agit d’améliorer la vie des gens… Mais ils considèrent simplement qu’on ne peut être à la fois dans une logique de dialogue et dans une logique d’affrontement. Les francophones considèrent simplement qu’on ne peut signer des accords et puis faire comme s’ils n’existaient pas… Les francophones veulent simplement que les Wallons et les Bruxellois soient respectés… + + A l’adresse des parlementaires flamands, il leur lance : Je ne comprends pas votre attitude. Vous avez choisi aujourd’hui, le 8 mai 2008, de tenter le coup de force. Les francophones utiliseront tous les moyens légaux et réglementaires pour éviter que vous commettiez le pire : le vote de la scission de BHV ! Nous utiliserons tous les moyens pour éviter que vous jouiez avec les intérêts de tous nos concitoyens. Pour éviter que vous jouiez avec l’avenir de notre pays. Pour éviter que vous entraîniez tous nos concitoyens dans la voie de l’insécurité et de l’aventure… + + Et Elio Di Rupo conclut : Je veux croire que la raison peut l’emporter. Je veux croire qu’un dialogue respectueux de chacun est encore possible. Je veux croire que nous sommes encore capables de surmonter nos divergences pour œuvrer, au départ du Gouvernement fédéral et de ce Parlement, au bien commun des Flamands, des Wallons et des Bruxellois. Il faut arrêter la surenchère politicienne… Soyons clair, on ne peut plus vivre avec le chantage permanent de BHV. Dans le cadre des discussions institutionnelles, BHV doit être prioritairement résolu. Dans solution négociée de BHV, ni le premier paquet ni me deuxième paquet ne peuvent aboutir. Je veux discuter du fond du dossier BHV… + + Dans l’interview accordée au quotidien Le Soir du week-end des 13 et 14 septembre 2008, il rappelle son credo : la solidarité et la complémentarité de ses éléments la composant : la solidarité légale, organisée et la solidarité spontanée, locale, impersonnelle. « Nous nous disons : oui, il faut soutenir l’initiative, qu’elle soit privée ou collective ; soutenir les talents, l’imagination ; récompenser l’effort… Oui, il faut une société dynamique, être derrière ceux qui travaillent, et qui doivent avoir plus. Est-ce à dire qu’il faut laisser tomber les autres, et en arriver à un système à l’américaine ? Non ! Voilà pourquoi, souligne-t-il, il faut préserver la Sécu ».