25.03.2009
FRANCOPHONES DE FLANDRE : LA FRANCOPHONIE MUETTE ? ...
Question posée dans « Nouvelles de Flandre », n° 52 mars-avril 2009, par Marcel Bauwens, président honoraire de l’Association générale des Journalistes professionnels de Belgique, AGJPB. ++ Amertume. Les quelque 300 000 Francophones de Flandre, en tout cas, n’entendent pas le son de sa voix, alors que leur sort, et donc celui de la culture française en Flandre, va se jouer dans les mois qui viennent. L’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie, souffrirait-elle d’aphonie ? Certes, l’OIF ne peut faire ingérence dans les affaires intérieures des Etats. La Charte de la Francophonie stipule cependant que la Francophonie « respecte la souveraineté des Etats, leurs langues et leurs cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les questions de politique intérieure ». Tout de même. ++ Alors, la Belgique l’oubliée de la Francophonie ? Cependant, il s’y développe, selon certains observateurs, en Flandre, souligne Marcel Bauwens, un « fascisme non violent ». Pas de violences ? Alors : silence ? On peut, dans un pays démocratique, faire des entorses à la démocratie. La Flandre ne s’en est pas privée… Pourtant, la présence de l’importante minorité francophone en Flandre a été, à la suite du rapport de Madame Nabholz-Heidegger, reconnue par le Conseil de l’Europe. Cette minorité, la Flandre refuse toujours de la reconnaître. La Flandre d’ailleurs n’a toujours pas ratifié la convention-cadre sur la protection des minorités… ++ Les Francophones de Flandre ne demandent vraiment pas grand-chose, rappelle Marcel Bauwens, qu’on leur permette d’organiser leur vie culturelle qui implique, pour certaines manifestations, une aide financière publique. Les autorités flamandes ont interdit à la Communauté française de Belgique de subventionner des activités francophones en Flandre. Et, en même temps, elles annonçaient qu’elles-mêmes n’aideraient pas les associations francophones. C’est l’étranglement entre deux portes… ++ Les instances européennes, dans un rapport rédigé par Michel Guegan (France) et Dobrica Milevanovic (Serbie) relève plusieurs manquements de la Belgique vis-à-vis de la Charte européenne de l’autonomie locale. Les rapporteurs soulignent que la Belgique a signé et ratifié ce texte et que, dès lors, il s’impose à elle. +++ Conséquemment, le Conseil de l’Europe met la Belgique sous tutelle ; il invite sa Commission institutionnelle à entreprendre un monitorage général de la Belgique « sur les questions de démocratie locale ». ++ Marcel Bauwens, en conclusion, interroge : Et maintenant ? Que deviendront les Francophones de Flandre dans une Belgique remodelée ? En enchaînement, posons la question plus généralement : Que deviendra la Communauté française de Belgique après les élections du 7 juin 2009 ? La sixième réforme institutionnelle avortée en 2007, ressuscitera-t-elle ? Avec elle, le chemin de croix de la francophonie belge, affaiblie par les querelles idéologiques entre les partis francophones, M R, PS, CDH, ECOLO et leur indifférence à la survie du français, par des querelles égocentriques démesurées entre leurs dirigeants politiques, par le campanilisme des militants. ++ Il est permis de se demander si les partis politiques francophones ont une conception politique de la langue que parlent les citoyens qu’ils représentent. Ont-ils conscience, dans leurs luttes idéologiques et dans leur indifférence, de ce que signifie le fait d’avoir une conception politique de la langue ? Croient-ils encore dans leur langue française =XXX= Faites partager votre commentaire en l'adressant au courriel de la Ligue wallonne de Bruxelles via : info@liguewallonnebruxelles.be
14:35 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, charte, oif, nouvelles de flandre, marcel bauwens, agjpb |
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