01.12.2008

LE FRANCAIS :UNE LANGUE QUI SE MEURT DANS L'INDIFFERENCE...

En 2006, « Année Senghor », Albert Salon, ancien ambassadeur, président du FFI-France et de « Avenir de la Langue française », lançait un appel aux dirigeants francophones pour la défense du français. Il s’indignait de l’attitude des dirigeants des pays francophones – dont la France – de laisser le français « langue de la République », langue maternelle et de cohésion nationale au Québec, en Wallonie, officielle dans bien d’autres pays, céder chez eux à l’anglais dans des secteurs vitaux : entreprises, brevets, colloques et publications scientifiques. Les ministères, à Paris, travaillent sur des documents envoyés uniquement en anglais par Bruxelles, qui viole sa propre réglementation. = =Albert Salon demandait des actes forts, maintenant. = = « Nous appelons les Chefs d’Etat à décider ensemble de rendre la Francophonie plus visible aux yeux du monde, d’abord à ceux de leurs peuples. De camper son drapeau dans les cérémonies officielles à côté des drapeaux nationaux, fédéraux, européen… = = « Nous appelons la France à introduire dans sa Constitution la phrase élaborée par nos associations après 1992 avec M. Maurice Schumann, et rappelée par M. Claude Hagège : « La République participe à la construction d’un espace francophone de solidarité et de coopération ». A affirmer ainsi sa volonté d’assumer dans l’avenir son double engagement historique de « marcher sur les deux jambes » : Europe et « grand large » dans sa politique extérieure.« Nous appelons les pays francophones membres de l’Union européenne à exiger le respect par Bruxelles de sa propre réglementation linguistique. Le respect passe par son travail en français avec les ministères français, par exemple, auxquels il faut enjoindre de renvoyer à Bruxelles tous documents de travail reçus uniquement en anglais. Le respect passe par le plurilinguisme des brevets. Aussi par l’adoption du français (langue importante à la Cour de Justice) comme langue de référence juridique de l’Union. = =« Nous appelons ces mêmes pays à introduire dans leurs systèmes éducatifs l’apprentissage à égalité de deux langues étrangères vivantes. = =« Nous appelons les pays africains de langue officielle française à exiger le traitement en français de l’aide au développement qu’ils reçoivent de l’Union européenne. = =« Nous appelons les pays les plus riches de la Francophonie à accorder désormais, dans leur aide au développement, une priorité à ses membres, au nom d’une solidarité privilégiée. = =« Nous appelons tous les membres de la communauté francophone à donner chez eux à la langue française, dans leur enseignement, leurs media et leurs communications officielles, diplomatiques, un statut de droit et de fait au moins équivalent à celui de toute autre langue étrangère, non nationale, sur leur sol : clause de « la langue étrangère ; la plus favorisée ». = =A-t-il été écouté ? Il ne semble pas ! Car, cette année, au XIIe sommet de la Francophonie à Québec, le même constat a été fait par les participants : « le français recule au profit de l’anglais ». Indifférence de la France, suivie par ses partenaires francophones ? = =La déception est grande !