09.11.2010

FORUM DE NOS LOCUTEURS

 

* Magda DECHESNE-CHARLES, 1410 Waterloo : Ainsi donc, Monsieur Magnette (ministre PS de l'Energie, ndlr) veut ridiculiser le désir tout à fait normal qu'on peut éprouver de se réunir à la France, pays de notre langue et de notre culture. Tout cela rien que pour être "le premier de son village plutôt que le second à Rome"… Il est vraiment pareil aux autres politiciens francophones qui ne pensent qu'aux élections à venir. Je pensais qu'il était vraiment un homme politique brillant, énergique, différent… Encore une illusion perdue !

Cependant, puisque l'Allemagne intéresse Monsieur Magnette, pourquoi ne pense-t-il pas au statut de Berlin, un Land exigu, enclavé, mais capitale fédérale quand même, où les citoyens (mot que j'adore) peuvent voter comme dans toute l'Allemagne au lieu de n'être qu'un district (mot que je déteste), genre Washington DC, où les habitants ne jouissent pas des mêmes droits que les autres Américains ? Voilà bien une idée d'orangiste rusé, n'est-ce pas Monsieur Louis Tobback ?

En outre, pourquoi l'"Europe" ne se préoccupe-t-elle pas davantage de son ancrage réel, officiel à Bruxelles, en tant que capitale d'un vaste territoire ? Qui ne veut pas ? Qui fait la loi ?

14:42 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : magnette, berlin, allemagne |  Facebook |

27.09.2010

BRUXELLES, CAPITALE DE LA FLANDRE, DE QUEL DROIT HISTORIQUE ?

 

De quel droit les Flamands font-ils d'autorité Bruxelles, capitale de leur Région ? Bruxelles n'a jamais été la capitale du Comté de Flandre, ni celle du Brabant. Elle a été fondée au XIe siècle, dans les marais inhabités de la Senne,  par des marchands venant de France et d'ailleurs y faisant une halte de repos dans leurs déplacements vers les marchés de l'Europe centrale. Ce point d'arrêt s'est développé dans la sphère du duché de Bourgogne comprenant les territoires de l'Est de la France, du Luxembourg, du Hainaut, du Brabant…Historiquement donc, la Flandre n'a donc aucun droit sur Bruxelles. Ce serait par un coup d'autorité que la Flandre a installé Bruxelles comme sa capitale administrative et politique . Illégitimité ?  Ce coup d'autorité ne serait-il pas une projection d'avenir d'un regroupement des nations germaniques ?

 

Est-il permis de penser qu'au revers des cartes géopolitiques se trouve la figure de l'Allemagne ? Celle-ci  - l'Empire allemand - ne s'est jamais accommodée de certaines frontières qui lui ont été imposées à la suite de terribles guerres. Les frontières occidentales, qui lui auraient donné un accès aux océans, lui ont toujours été inaccessibles par les manœuvres de l'Empire britannique. La géopolitique anglaise maintenait tant les Français que les Allemands à bonne distance des ports trop proches de l'Angleterre. C'est pourquoi, il ne nous étonnerait pas que le "foyer" belge soit activé par l'Allemagne. L'invariant stratégique de l'Empire allemand.

La tragédie est "l'évaporation" de la Pensée française par la montée en puissance de la particratie et de la parcellisation de l'instinct grégaire dès qu'un avantage en nature se développe sur un point du "territoire". La Flandre utilise cette évolution de la société.

Entendons-nous bien, ! La Flandre ne veut pas d'une scission de la Belgique. Cela ne lui rapporterait rien ! Elle serait toujours isolée du monde germanique. Ce que veut la Flandre, c'est la mainmise sur l'ensemble du territoire belge.  Du reste, le mouvement, qui prend corps dans la Région germanophone par un vouloir exprimé d'une autonomie pleine et entière, peut s'inscrire dans cette logique. Il est la suite normale de l'abandon, par les socialistes, par intérêt particratique, des communes des Fourons à un jet d'un point d'attache avec l'Allemagne.

Quelle est la stratégie de la Flandre ? Sa stratégie est tout simplement l'appauvrissement des régions francophones accentuant leur dépendance à son bon vouloir. La grosse pression est actuellement sur Bruxelles.

Bruxelles est au bord de l'asphyxie financière, en position de basculement,  fragilisée par la distillation pernicieuse de prétendues intentions wallonnes, la Wallonie "socialiste",  de profiter de la richesse bruxelloise. Les pressions, les "mesquineries" sont de plus en plus soutenues dans tous les domaines de la vie quotidienne en région bruxelloise et en sa zone périphérique : les restrictions routières sur les accès à Bruxelles, les interdictions de parler français sur les marchés, les terrains de sport, dans les salles de spectacles, dans les cours de récréation, la flamandisation et l'anglicisation des services publics, des secteurs de l'énergie, des télécommunications,  de la publicité, le spectre de la Wallonie "rouge" profiteuse…

C'est pourquoi, il est naïf de penser que la Flandre lâchera Bruxelles au cours des négociations entre partis politiques pour la formation d'un gouvernement ; elle continuera avec persévérance et par tous les moyens de circonvenir le fait français à Bruxelles jusqu'à la débandade francophone. Bart De Wever,  président de la N-VA, le meneur actuel de la Flandre, l'a clairement dit : " Nous procéderons étape par étape". Historien,  il s'appuie sur l'Histoire.

Les politiciens francophones connaissent la stratégie flamande. Pourquoi, dès lors, se réfugient-ils sur une position défensive à reculons, dépourvue de fondement ? Pour gagner du temps ? Mais, quel temps ? Pourquoi ? Nous ne voulons pas croire que c'est pour des carrières personnelles  et des ambitions particratiques. Alors, pourquoi les Wallons et les Bruxellois ne demandent-ils pas à l'Europe d'organiser une consultation populaire dans l'agglomération bruxelloise, dans les Fourons et dans les diverses communes de la frontière linguistique sur le choix de la région ? Le respect de la souveraineté populaire.

Cela nous amène, au moment où le PS amorce un repli à reculons sur la Wallonie,  à ressortir des bibliothèques la péroraison du discours prononcé par Charles Plisnier au Congrès national wallon tenu à Liège le 21 octobre 1945 : " Lorsque nous aurons fait cette expérience ultime (*) et si, comme je le crains, cette expérience avorte - j'entends le dire aujourd'hui  - nous serions justifiés à nous tourner vers la France et aucun reproche ne pourrait nous être adressé, car cette expérience,  nous la ferons en toute loyauté et sans arrière-pensée d'aucune sorte". (*) le fédéralisme. Nous enchainons sur trois questions.

Comment pouvoir vivre encore dans un pays où la communauté majoritaire, la majorité flamande, veut sa fin ? "België barst", "Que la Belgique crève !". Son cri.

Comment pouvoir vivre encore dans un pays où la communauté majoritaire, la communauté flamande, veut remplacer le français par l'anglais comme deuxième langue dans son enseignement ? "Walen buiten ", "Wallons dehors !". Son slogan.

Comment pouvoir vivre encore dans un pays où la communauté majoritaire, la communauté flamande, veut imposer la loi du nombre comme règle fondamentale de gestion du pays en déposant une nouvelle proposition de loi sur la scission unilatérale de BHV ?  "Ce que fait la Flandre,  elle le fait mieux". Son leitmotiv.

 

Raymond WATRICE

23.04.2010

OFFENSIVE DU MONDE GERMANIQUE SUR L'EUROPE ?

OFFENSIVE DU MONDE GERMANIQUE SUR L’EUROPE ?Il est surprenant que le durcissement de la Flandre vis-à-vis des Francophones coïncide avec le durcissement de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce et son évolution au sein de l’Europe. <><>Faut-il voir une résurgence de la politique de l’Empire germanique du siècle passé de vouloir être une puissance maritime par la disposition de ports de haute mer ? Une persévérance. <><>L’Allemagne est florissante. Elle est devenue la première puissance économique européenne, dans le sillage des puissances économiques mondiales que sont les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon… <><>Et l’Allemagne s’affirme avec une certaine virulence. Elle donne le « la » à l’Europe. La faiblesse de la Grèce lui donne la possibilité d’avoir un point d’attache en Méditerranée. Une ouverture vers le Moyen-Orient en snobant le Détroit de Gibraltar ! Elle saisit l’opportunité en forçant la Grèce, et les autres pays européens, à passer par « ses » conditions. <><>Il est peu douteux que les regards de l’Allemagne ne se posent pas sur la Belgique. Celle-ci lui donne, par ses ports de Anvers, Zeebruges, Gand, une possibilité d’accès aux océans. <><>Au cours de la Grande Guerre 1914-1918, la Chancellerie allemande a soutenu le Mouvement flamand dans ses vues de territorialité et l’a encouragé dans le développement de la Flamenpolitik qui lui aurait permis, dans l’accord d’un armistice qui se négociait en secret, d’avoir un accès direct au port d’Anvers par l’intermédiaire de la Flandre à défaut d’une annexion, comme elle l’envisageait, de la Belgique.<><>La Flamenpolitik est toujours bien vivante dans les milieux flamands ! N’incitait-elle pas en 1918 la transformation de l’Etat unitaire en un Etat fédéral composé de deux Régions, la Flandre avec Bruxelles comme capitale, et la Wallonie centrée sur Namur ? C’est-ce qui s’est passé quelque 45 ans plus tard ! Bruxelles, par compromis, devenant une région-croupion, limitée à un territoire exigu et enclavé en Flandre, appelée à disparaître à terme dans des réformes de l’Etat futures. <><>Le renouvellement des traités du Benelux est appelé à prendre en considération une extension du Benelux au Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie, un puissant Land industriel plus grand que la Belgique et peuplé de 18 millions d’habitants, centré sur la région industrielle et de services de la Ruhr. Est-il permis de s’étonner de la virulence actuelle du Mouvement flamand qui agite tous les partis politiques de Flandre ? Se positionner dans le « Benelux » de demain ?

15.04.2009

LE GOUT DU COMMENTAIRE

A travers le prisme d’un Français de Belgique+++J.-B. QUICHERON, par courriel - Lorsque je suis arrivé en Belgique en 1966, comme la moyenne des Français de l’époque, je ne connaissais guère ce petit royaume bien sympathique. Je n’en connaissais surtout pas les problèmes linguistiques ni l’histoire. Je débarquais d’Allemagne où je m’étais assez bien intégré et mon avenir allait probablement se dessiner à Bruxelles. Je me rappelle les émissions radiophoniques de l’époque où l’on vous ressassait les oreilles des questions communautaires que j’ignorais totalement. Ceci avait le don de m’irriter, car ayant vu la richesse des Belges d’alors – à faire pâlir d’envie nombre de Français – je ne comprenais pas pourquoi on s’enquiquinait dans ce pays de cocagne de ces questions qui me semblaient somme toute secondaires. + + +Voilà maintenant 40 ans que je réside dans une commune à facilités et vis avec une charmante épouse belge francophone. Tous les quatre – nos deux fils compris – parlons couramment le néerlandais et pourtant nous ne fréquentons guère la communauté flamande. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi il en est ainsi. Peut-être que le fait de parler une langue de grande diffusion nous rend moins sensible à la culture néerlandophone. En y réfléchissant de plus en plus et surtout en voyant les problèmes linguistiques s’exacerber, je m’aperçois de la grande différence entre le fait d’être ‘vlaamssprekend’ et ‘vlaamsvoelend’. Je me sens parfaitement à l’aise dans ce pays et dans notre commune flamande qui est finalement francophone à 60% et néerlandophone à 40%. Mais même si ma culture est internationale (je suis interprète de conférence allemand-anglais-néerlandais), je continue à respirer en français et à m’alimenter (culturellement et dans le quotidien) en français. Je ne vois pas bien qui pourrait s’arroger le droit de me faire penser ou agir autrement, d’autant que le français est une des langues officielles de la Belgique... +++Vous avez la faculté de lire la suite sur le site de la Ligue Wallonne de Bruxelles via www.liguewallonnebruxelles.be

23.04.2008

MATCH VLAANDERENLAND-BELGIQUE FRANCAISE

lA BATAILLE EST LANCEE...Le premier combat entre dans l'arène : Enjeu BHV : scission ou pas scission ? Les lâchages de chacun des deux adversaires ? ++Les fondations, c'est-à-dire le tracé des frontières, des Régions vont-elles enfin tre creusées et bétonnées avant toutes les autres matières linguistiques, communautés, sociales... ? +++ La construction d'une maison commence par des fondations et finit par le toit puis c'est l'habillage, la tuyauterie dirait certain.Une nouvelle Belgique se construit d'abord à partir de frontières préétables ! Ou bien il n'y a plus de Belgique : une Belgique rattachée à l'Allemagne ? Une Belgique rattachée à la France ? Des choix ! Un choix ?

15.12.2007

LA WALLONIE A LA CROISEE DE CHEMINS...

La Wallonie a jadis été la deuxième région la plus prospère du monde. Après un long déclin, elle est aujourd’hui une des régions les moins riches (ou les plus pauvres) du cœur de l’Europe. Comment rebondir ? Notre région dispose de nombreux atouts. Sa situation géographique au centre de l’Europe, ses infrastructures (routes, canaux, aéroports), sa proximité de Bruxelles, capitale de l’Europe, une démographie acceptable, une faible taille qui rend les réformes plus faciles que dans de grands Etats comme la France et l’Allemagne. - Encore faut-il regarder la réalité du monde ! Des régions plus périphériques comme la Finlande, l’Irlande ou l’Espagne, sans parler des pays de l’Europe de l’Est progressent davantage. La croissance y est nettement plus forte. Au Danemark, le chômage est de 3,6%. En quinze ans, en Espagne, il a été divisé par trois passant de 24 à 8%. Comment de tels succès sont-ils possibles ? En réalité tous les pays qui ont le mieux réussi ont mené des réformes semblables : favoriser la croissance par tous les moyens, enseignement de qualité, baisse provisoire des dépenses publiques par rapport au PIB (pour relancer la machine les dépenses réelles augmentant elles rapidement comme en Irlande ou au Royaume Uni), réformes de l’administration. Certains auteurs estiment que chez nous l’Etat pourrait obtenir les mêmes résultats avec seulement 66% des moyens alloués actuellement. De fait, des pays comme la Suède ou le Canada ont prouvé qu’il était possible d’améliorer les services publics en y consacrant moins de moyens. - Dans ces pays, il y eut souvent un moment clé, soit une crise (le PIB de la Finlande chute de 6% en un an après la fin de l’URSS), soit un sentiment d’urgence et de contraste (l’Irlande voyant l’effet des réformes Thatcher au Royaume Uni voisin). Les options politiques peuvent être plutôt libérales (Irlande) ou sociale démocrate (Finlande). Dans tous les cas des réformes importantes sont mises en oeuvre (de la gouvernance, de l’administration, du marché du travail). La Suède, par exemple, fait le choix de moderniser radicalement l’administration (privatisation, agences autonomes) afin de préserver l’Etat social et des prestations sociales de haut. Dans tous les pays, il règne surtout un assez grand consensus de la société sur ce qu’il faut faire. Consensus politique entre les grands partis (voir les réformes du social démocrate Schröder approuvées par la droite allemande), mais souvent plus large impliquant les syndicats, les entrepreneurs, la presse et l’université. Chez nous, ce consensus fait défaut ; à mon avis, parce que les problèmes sont abordés de façon trop régionalistes ou belgo-belges, sans les voir dans une perspective européenne ou mondiale. Les débats n’étant pas correctement posés, le citoyen ne perçoit pas toujours l’urgence des réformes. Faute de comparaisons pertinentes, il ne comprend pas toujours que, dans un contexte similaire, certains s’en sortent beaucoup mieux que d’autres. Et que la mondialisation n’est pas que source de menaces, mais aussi de fantastiques opportunités. - Alain DESTEXHE - Sénateur