15.09.2008

INTERVENTION D'ELIO DI RUPO A LA CHAMBRE LE 8 MAI 2008...

La situation que nous vivons aujourd’hui est absurde, incompréhensible et grave. ++ Absurde car nos concitoyens ont manifestement d’autres préoccupations que celles de nos collègues (…) Ils attendent des responsables politiques qu’ils concentrent toute leur énergie pour résoudre leurs vrais problèmes. ++ Incompréhensible, car huit partis démocratiques flamands et francophones ont ensemble signé un accord institutionnel qui créait une dynamique positive de dialogue, un dialogue respectueux de chacun (…) Et pourtant, aujourd’hui, vous engagez à nouveau notre pays dans une crise communautaire. + + La situation est grave, car malgré les nombreux Collègues modérés, les partis flamands choisissent de s’engager dans la voie de l’affrontement (…) Ils modifient les règles de base de la démocratie belge en utilisant le rapport de force linguistique. En ce faisant, ils franchissent le Rubicond de l’aventure irresponsable… + + Mais soyons honnêtes, s’exclame Elio Di Rupo, courroucé, si certains partis démocratiques flamands veulent la fin de la Belgique, eh bien, qu’ils le disent clairement aux francophones, aux Flamands et aux germanophones… + + Les Wallons et les Bruxellois sont preneurs d’un approfondissement du fédéralisme quand il s’agit d’améliorer la vie des gens… Mais ils considèrent simplement qu’on ne peut être à la fois dans une logique de dialogue et dans une logique d’affrontement. Les francophones considèrent simplement qu’on ne peut signer des accords et puis faire comme s’ils n’existaient pas… Les francophones veulent simplement que les Wallons et les Bruxellois soient respectés… + + A l’adresse des parlementaires flamands, il leur lance : Je ne comprends pas votre attitude. Vous avez choisi aujourd’hui, le 8 mai 2008, de tenter le coup de force. Les francophones utiliseront tous les moyens légaux et réglementaires pour éviter que vous commettiez le pire : le vote de la scission de BHV ! Nous utiliserons tous les moyens pour éviter que vous jouiez avec les intérêts de tous nos concitoyens. Pour éviter que vous jouiez avec l’avenir de notre pays. Pour éviter que vous entraîniez tous nos concitoyens dans la voie de l’insécurité et de l’aventure… + + Et Elio Di Rupo conclut : Je veux croire que la raison peut l’emporter. Je veux croire qu’un dialogue respectueux de chacun est encore possible. Je veux croire que nous sommes encore capables de surmonter nos divergences pour œuvrer, au départ du Gouvernement fédéral et de ce Parlement, au bien commun des Flamands, des Wallons et des Bruxellois. Il faut arrêter la surenchère politicienne… Soyons clair, on ne peut plus vivre avec le chantage permanent de BHV. Dans le cadre des discussions institutionnelles, BHV doit être prioritairement résolu. Dans solution négociée de BHV, ni le premier paquet ni me deuxième paquet ne peuvent aboutir. Je veux discuter du fond du dossier BHV… + + Dans l’interview accordée au quotidien Le Soir du week-end des 13 et 14 septembre 2008, il rappelle son credo : la solidarité et la complémentarité de ses éléments la composant : la solidarité légale, organisée et la solidarité spontanée, locale, impersonnelle. « Nous nous disons : oui, il faut soutenir l’initiative, qu’elle soit privée ou collective ; soutenir les talents, l’imagination ; récompenser l’effort… Oui, il faut une société dynamique, être derrière ceux qui travaillent, et qui doivent avoir plus. Est-ce à dire qu’il faut laisser tomber les autres, et en arriver à un système à l’américaine ? Non ! Voilà pourquoi, souligne-t-il, il faut préserver la Sécu ».