10.05.2011

TABLE DE DISCUSSION : UNE SOLUTION DU PROBLEME COMMUNAUTAIRE BELGE EST-ELLE ENCORE POSSIBLE

 

 

Jacques CLAESSENS, par courriel - J'ai pris connaissance de votre réflexion au sujet de l'évolution de la situation actuelle des tractations institutionnelles concernant ce pays dit...Belgique.
Personnellement, et je pense comme beaucoup d'autres citoyens, on n'est pas réellement au courant de la teneur des cadeaux faits par les francophones aux nationalistes flamands et encore moins de leur importance car si l'on parle constamment de la discrétion dans laquelle ces prétendues négociations doivent se dérouler, je crains fort que c'est davantage pour dissimuler aux francophones l'importance des concessions faites au Nord sous prétexte de maintenir à tout prix une unité  qui virtuellement n'existe plus.
Oui, il faudrait demander aux habitants des communes jouxtant Bruxelles et sa périphérie s'ils souhaitent faire partie de l'entité bruxelloise permettant ainsi à Bruxelles de se développer au bénéfice de tous ses habitants francophones comme néerlandophones mais... je crois que c'est un leurre et ce n'est pas parce que les Moureaux, Picqué et autres capitulards du passé semblent se rendre compte maintenant qu'ils ont été trop loin dans leurs compromissions passées que cela pourra se faire.
En fait, personnellement, je suis de l'avis de Guy Verhofstadt, libéral et flamand, qui, en parlant des négociations ?? en cours avec la N-VA et Bart De Wever, a dit avec des gens qui ont à leur programme en premier plan l'indépendance de la Flandre "on ne négocie pas" car de fait il n'y a rien à négocier.
Si les politiciens francophones avaient quelque peu le sens de la dignité et la volonté de respecter le droit à la liberté pour leurs électeurs francophones il aurait fallu exiger de la Flandre, AVANT toute négociation, que celle-ci accepte dans l'immédiat :
1° La ratification par la Belgique de la convention européenne actant de la protection du droit et des libertés des minorités.
2° La nomination immédiate et sans conditions des trois bourgmestres des communes à facilités élus démocratiquement.
3° L'éventuelle scission de BHV, oui mais pas sans l'élargissement de Bruxelles aux six communes à facilités et à celles qui opteraient pour cette solution par voie de référendum.
4° Une possibilité pour les minorités linguistiques des deux communautés du pays d'être administrées, jugées et fiscalisées dans leur langue.
Personnellement ce qui précède correspond à mon idéal de liberté pour tous sans quoi qu'avons-nous à faire encore ensemble ? Je ne vois vraiment pas.

Je pars en fin de semaine dans le sud de la France rejoindre notre fils aîné qui est établi là-bas et je quitte pour un temps ce pays que je ne reconnais plus.

Vive l'association Wallonie-Bruxelles, vive la France !

 

* Francis BAUDOUX, par courriel -  1/ Non : on ne va pas vers une solution équitable car les politiciens francophones, dans leur désir d'une solution qui fait persister la Belgique, sont prêts à toutes les concessions sans voir les vices cachés de ces concessions - comme ils le furent d'ailleurs au cours de toutes les (petites) crises passées et des changements à la constitution qui en ont résulté : p. ex. la scission de la province de Brabant qui a engendré le problème BHV, par exemple la découpe de la Belgique en zones linguistiques avec des "facilités" qu'ils pensaient permanentes, mais que la Flandre a remis en question, etc.

Et non aussi parce que les mêmes politiciens accordent beaucoup plus d'importance à Bruxelles qu'aux autres régions où existait la francophonie mais que la Flandre voulait éliminer (la francophonie de Leuven, Brugge, Antwerpen, Gent  ...) ou encore annexer (p. ex. les Fourons )

Chaque négociation se termine par des concessions de la Wallonie plus importantes que celles (lesquelles) concédées par la Flandre.

Rappelez-vous que le bourgmestre de Vilvoorde, si énergique quant à l'exigence de la scission de BHV, est le même qui a présidé à l'établissement du statut spécial de cet arrondissement, statut qui a été remis en question peu après son établissement.

2/ Evidemment les gens doivent être consultés !

Si je considère que toute remise en question des limites territoriales établies est une profonde erreur, [parce que cela entraîne les guerres, cfr la Bosnie dans les années 80, les Sudètes, et Dantzig dans les années 40, l'Alsace et la Lorraine après 1870 ...], il n'en reste pas moins que l'existence des "facilités" traduit le fait que la frontière n'était pas clairement établie.

25.04.2011

UNION WALLONIE-BRUXELLES : NAISSANCE D'UNE PATRIE

BOUGE L’ESPACE WALLONIE-BRUXELLES

 

Union Wallonie-Bruxelles : Naissance d’une Patrie

La conscience est la lumière de l’intelligence

                                                                        pour distinguer le bien du mal.

Confucius  

 

Il y a quelque 55 ans, Henri Putanier, dans un ouvrage intitulé « L’Agglomération Bruxelloise et le Problème Linguistique » publié par les Editions Librairia, posait la question : Un accord wallo-bruxellois est-il souhaitable ? Ecoutons-le !

Pour l’auteur, la réponse est affirmative, et ce, pour trois raisons : la première raison est que les Wallons et les Bruxellois ont comme langue usuelle le français ; la seconde raison est que les Wallons et les Bruxellois sont férus de liberté et d’individualisme ; la troisième raison est que les Wallons et les Bruxellois doivent s’appuyer les uns sur les autres pour leur survie linguistique car en se brocardant, ils font le jeu des flamingants (comme on disait en ce temps-là).

Le « jeu des flamingants » est tout simplement la flamandisation généralisée de la Belgique que lui dicte le pangermanisme dont l’objectif est de réunir les peuples thiois dans un seul ensemble : l’Empire allemand et faire de celui-ci une puissance maritime et coloniale concurrentielle de l’Angleterre par l’accès direct aux Océans ; la clé des portes des Océans est la Belgique.

La griffe du pangermanisme se retrouve dans les déclarations de personnalités flamandes dont celle d’un magistrat flamand, Van Thielen, qui, en 1848, déclare : « Rien ne peut sauver la Belgique de la déchéance si ce n’est une séparation administrative ».En 1857, le mouvement flamand reçoit un appui marquant de l’Empire allemand par la voix du diplomate Fr. Oether qui l’engage à porter la lutte sur le plan politique afin d’écarter le français de Flandre.

Aussi, Henri Putanier met en garde les Francophones contre tout accord avec les flamingants « qui laisserait ceux-ci conquérir Bruxelles. Ce serait les aider à la réalisation de leurs vœux. Se croire à l’abri de toute nouvelle revendication flamingante, c’est faire preuve d’une étrange naïveté ! Même avec le principe fédéraliste, une prédominance flamande basée sur la loi du nombre, aurait tôt fait d’imposer sa volonté à la Wallonie. Au contraire travailler au libre maintien du français à Bruxelles, c’est contribuer à préserver la Wallonie d’un des plus grands dangers qui la menacent ». Ce danger est la vassalité !

Henri Putanier, s’adressant aux Wallons qui affichent peu de sympathie particulière pour Bruxelles et son agglomération, les invite à faire preuve de clairvoyance. Il leur rappelle la portée de la loi von Bissing de 1921, du nom du gauleiter qui dirigea la Belgique occupée jusqu’en avril 1917 pendant la guerre 1914-1918 ; elle délimitait notamment l’agglomération bruxelloise et se voulait une loi d’apaisement linguistique, on dirait hypocritement maintenant « un accord équilibré ». En réalité, elle était une loi flamande, votée par une majorité parlementaire flamande contre une minorité parlementaire francophone. La première application de l'après Grande Guerre de la loi du nombre. Elle était le jalon sur la voie de la flamandisation généralisée de la Belgique, arrêtée dans un décret promulgué en 1917 par le Raad van Vlaanderen, imposé par l’occupant ; ce décret installait la séparation administrative entre la Flandre et la Wallonie rencontrant ainsi les préoccupations linguistiques du mouvement flamand  : suppression du français dans les communes bruxelloises, flamandisation de l’Université de Gand, de l’Administration, de la Justice et de l’Enseignement en Flandre, intégration à la Flandre des communes bilingues situées le long de la frontière linguistique, suppression du français en Flandre et maintien du flamand en Wallonie dans le cadre d’un Royaume Belgique de type confédéral à deux entités subordonnées implicitement à l’Empire allemand : la Flandre avec Bruxelles comme capitale, la Wallonie avec Namur comme capitale administrative et Liège comme centre culturel. Ce plan, Hitler l’a repris à son compte en 1940 en y incorporant tout le Nord de la France d’idiome flamand.

La griffe du pangermanisme se retrouve dans le programme du Mouvement flamand de l’après guerre 14-18. C’est l’établissement scientifique d’une frontière linguistique décidé en décembre 1917 au Raad van Vlaanderen, Conseil de Flandre, sous l’occupation allemande. Il y est déclaré que « le principe suivant lequel on détermine la limite de répartition des communes entre la Flandre et la Wallonie en se basant sur la langue de la majorité serait une calamité, parce qu’il sacrifierait ainsi les colonies flamandes naissant en pays wallon ». C’est pourquoi le Raad van Vlaanderen proposait une solution scientifique qui tenait compte des routes, chemins de fer, etc. ; de sorte que diverses communes wallonnes devenaient flamandes, notamment Waterloo, Braine l’Alleud, Tubize, Clabecq… en raison de leur rattachement à une route, à une voie de chemin de fer…Bruxelles, de son côté, est délibérément rangée dans la partie flamande du pays.

Henri Putanier demande aux Wallons de réfléchir quelque peu en sachant que ces annexions, par la Flandre, doivent se faire, en outre, au point de vue économique. Il leur dit : « Que ceux qui veulent nous faire cadeau d’une frontière linguistique définitivement fixée, scientifiquement ou non, veuillent bien réfléchir à ces extraits de boulimie flamingante, et qu’ils veuillent bien se rendre compte que chaque fois que les flamingants ont obtenu satisfaction sur un point, le lendemain même ils recommencent la bataille pour avoir plus. Pour eux, la frontière linguistique ne restera jamais longtemps fixée, surtout s’ils sont les plus forts et si leurs intérêts sont en jeu … ». Il fustige les Wallons qui ont marqué, en 1954, leur accord sur le programme flamingant concernant Bruxelles et son agglomération : « Peu importe que la population y soit en grosse majorité d’expression française ; peu leur importe que cette population doive s’étendre au-delà des 19 communes formant l’actuelle agglomération. Ce qu’ils craignent, disent-ils, c’est que s’ils acceptent de sauvegarder les droits des minorités françaises de la périphérie bruxelloise, les flamingants exigeront les mêmes règles pour sauvegarder les minorités flamandes de Wallonie. Ils tombent ainsi sous l’influence des sirènes flamingantes du centre Harmel (PSC, ndlr) qui leur administrent, à haute dose, la formule : « Vous ne supporteriez jamais en Wallonie ce que nous subissons en Flandre et à Bruxelles ! ». Ils font le jeu des Flamands dans leur attitude négative à l’égard de l’usage de la langue française à Bruxelles et dans sa périphérie.

« Laisser les flamingants, écrit Henri Putanier dans son livre, conquérir Bruxelles, c’est aider à la réalisation de leurs vœux. Se croire ainsi à l’abri de toute nouvelle revendication flamingante, c’est faire preuve d’une étrange naïveté ! Même avec le principe fédéraliste, une prédominance flamande basée sur la loi du nombre, aurait tôt fait d’imposer sa volonté à la Wallonie ». Il n’a pas été écouté par ses concitoyens de l’époque ; il ne l’est toujours pas actuellement. La Flandre poursuit inlassablement le rêve pangermanique d’un regroupement des peuples de langue germanique.

Qu’est-ce qui peut encore guider les Wallons ? Toujours cette peur d’une « bilinguisation » de la Wallonie ? Se posent-ils des questions sur ce que font leurs dirigeants actuels en matière linguistique ? N’incitent-ils pas au bilinguisme néerlandais/français ? Ne réalisent-ils pas le rêve du Roi Guillaume d’Orange d’avant 1830 ? Celui d’asseoir la prédominance du néerlandais en Flandre : c’est fait ! ; à Bruxelles et sa périphérie : c’est en bonne voie ! ; en Wallonie : cela se met en place avec la bienveillance de la classe politique ! ; au niveau national : c’est chose faite dans les institutions nationales, dans les représentations au niveau international, à l’armée, dans la répartition des ministères avec six ministères régaliens sur sept dirigés pas des Flamands … Ne vont-ils pas accepter d’étendre le Benelux au puissant land industriel allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie de près de 20 millions d’habitants ?

Il ne reste plus à Bart De Wever, N-VA, historien, après le pourrissement de la situation politique, à faire sauter le « bouchon Wallonie » pour réaliser le rêve pangermanique : la réunion de l’ethnie thioise à l’Empire allemand reconstitué et l’accès aux Océans.

La marche du Voorpost du dimanche 27 mars 2011 dans les communes jouxtant la Flandre française : Comines, Mouscron, Ploegsteert, Tournai… est indicative sur l’orientation politique du Mouvement flamand : la récupération des territoires « volés » aux cris de « Het lied der Vlaamse zonen », « Edingen Vlaams ». Le problème bruxellois est considéré comme réglé par le Mouvement flamand : Bruxelles est entre ses mains. Dès lors, l’effort peut être porté sur la Wallonie par un mouvement de tenailles : du côté de l’est, sur Plombières, du côté de l’Ouest sur les communes frontalières hennuyères !

Les Francophones sont-ils conscients que leurs divisions nourrissent le flamingantisme ? Le Mouvement wallon doit s’interroger. Etienne Duvieusart, ancien député, ancien sénateur, s’interroge sur le devenir de la Wallonie dans son livre « Pour l’Indépendance de la Wallonie » : « Dans quelle mesure ces individualistes patentés que sont les Wallons résoudront-ils la crise de société et la crise de leur économie en faisant appel au dynamisme collectif ou en restaurant sous des formes modernes l’initiative de chacun d’eux ? Je ne sais ».

Le citoyen francophone d’en bas s’interroge lui aussi. Qui donc déclenchera une dynamique collective mobilisatrice des forces francophones unifiées ? Qui donc fera souffler sur l’Espace Wallonie-Bruxelles un courant nationaliste d’appartenance à la Communauté française de Belgique ? Qui donc fera battre dans le cœur de chaque citoyen l’amour de l’Espace Wallonie-Bruxelles ? Qui donc libérera l’Espace Wallonie-Bruxelles de la colonisation flamande ? Qui donc s’investira dans une campagne axée sur des thèmes forts, reflets de l’aspiration de la Communauté française de Belgique, tels que : maillage des liens culturels, sociaux et économiques qui unissent déjà Bruxelles et la Wallonie dans l’espace francophone de Belgique ; élargissement de la Région bruxelloise à son véritable hinterland constitué par les communes à facilités, ainsi que son désenclavement  par des voies d’échanges directes et contigües ; inviolabilité de l’article 30 de la Constitution instituant l’unilinguisme ; préservation de l’identité linguistique ; ratification de la Convention-cadre du Conseil de l’Europe relative à la protection des minorités nationales ?

Dans l’attente de celui qui viendra nous libérer de nos complexes, ne baissons pas les bras ; ne nous laissons pas envahir par la pusillanimité ; résistons ; ne nous résignons pas ! Osons dire et répéter à l’Espace Wallonie-Bruxelles : je t’aime. La naissance d’une Patrie.

Raymond WATRICE

01.03.2011

LA CRISE GOUVERNEMENTALE : LE POINT DE VUE DE LOUIS MICHEL...

 

Dans une interview accordée au périodique Le Vif/Express du 24 décembre 2010, Louis Michel, MR, député européen, l’homme fort du MR, estime : « quand on est à la veille d’une profonde réforme de l’Etat, il est bon d’associer toutes celles et tous ceux qui y participeront. Pour bétonner son démarrage ». Il est critique à l’égard de la manière dont Elio Di Rupo, PS, président du PS, a participé et mené les négociations pour la formation d’un gouvernement depuis la mi-juin 2010. « En avançant, dit-il, dans la direction de Bart De Wever, en acceptant d’emblée certaines demandes de la N-VA, il a cru pouvoir boucler rapidement un accord. Estimant dès lors inutile, voire contreproductif, d’associer les quatre partis francophones, y compris le MR… Sa méthode a été d’entrer dans un processus qui présentait le risque de faire des cottes mal taillées sur tout. De conduire ainsi à des mécanismes très complexes à mettre en œuvre sur le plan organisationnel, ainsi qu’à un flou artistique … ». Le président du PS, Elio Di Rupo a-t-il fait preuve d’un manque de psychologie ou a--il commis une erreur politique ? Les deux, peut-être ! Absence d’un concept !

Louis Michel appuie une autre méthode d’approche de la réforme en profondeur de l’Etat, celle avancée par son parti, le MR : « Définir ce que nous voulons encore en commun entre le Nord et le Sud ». Il pontifie : « Au moins pourra-t-on vérifier si tout le monde est d’accord de consolider le niveau fédéral, de le rendre capable d’assumer ses missions. Depuis 2007, les vieilles recettes de négociations ne fonctionnent plus. La grande divergence se situe à présent entre le fédéralisme consumériste et le fédéralisme responsable ? »

Le Roi a entendu, semble-t-il, le message de Louis Michel puisque après le nouvel échec de Bart De Wever, il a fait appel à Didier Reynders, MR, président sortant, ministre des Finances ; il lui confie une mission d’information de 15 jours expirant le 16 février. Une mission de vérification, souligne Didier Reynders.

 

Note. Voulez-vous bien adresser votre avis à l’adresse courriel : « info.liguewallonnebruxelles@skynet.be » pour sa diffusion sur le Forum de la Ligue wallonne ou dans « 4 Millions 7 », périodique mensuel de la Ligue Wallonne.

 

30.11.2010

LES PARTIS FRANCOPHONES NEGOCIATEURS : AVANCEE DANS LE… RECUL

Selon Laurette Onkelinx, PS, peu importe le nom « spit rate » ou autre nom, en matière d’autonomie fiscale, ce qui est important c’est que « chaque entité puisse avoir les moyens d’exercer sa politique ».

Serait-ce un virage à 270° du PS ? Certes ! Rappelons-nous les fermes déclarations de Elio Di Rupo, président du PS : « Nous ne sommes demandeurs de rien ». Mais alors, pourquoi donne-t-il tout aux Flamands, tout ce qu’ils demandent : autonomie des Régions et leurs compétences, notamment en matière de santé, de justice avec la scission de l’arrondissement judiciaire de BHV, en matière d’emploi, l’autonomie fiscale… Bruxelles reste cadenassée dans un enclos de 19 communes sous tutelle de la Flandre qui en fait SA capitale ! Dans la bouche de nos responsables politiques francophones, cela s’appelle une « réforme équilibrée ». Pourquoi dès lors accepte-t-il les miettes que la Flandre lui présente ? Un recul francophone humiliant. Une nette et triomphante avancée flamande.

Est-ce la raison pour laquelle le Voka, l’organisation patronale flamande, invite les responsables politiques et particulièrement les politiques de la N-VA à faire une pause, à conclure les négociations et à passer à la formation d’un gouvernement ? Le Voka estime l’avancée flamande suffisante, dans un premier temps. Engrangement de l’étape remportée, tout en préparant l’étape suivante dans l’objectif de la mainmise totale sur la Belgique. Le Voka sera écouté par le monde politique flamand. Bart De Wever n’a-t-il pas dit un jour : « le Voka est mon patron » ?

Au demeurant, la tactique de Bart De Wever est d’aller le plus loin possible dans les exigences, puis de lâcher du lest, si la résistance de l’adversaire se raidit. Donner l’illusion d’un choix cornélien ; en réalité un arrêt naturel dans sa tactique de procéder étape par étape !

Ce que nous voulons, c’est connaître la vérité, c’est d’être correctement informés, ce n’est pas devoir entendre, écouter, lire un tas de mystifications de nos responsables politiques sur notre avenir.

19.11.2010

PROBLEME DE GOUVERNEMENT : QUE SE PASSE-T-IL ?

 

Amis, voyez-vous s'élever une fumée blanche ?

 

13 juin 2007, Wallons et Bruxellois se relaient au haut de la Tour Belgique ; ils scrutent l'horizon. La relève transmet chaque jour le même message : "Rien à signaler".

10 juin 2010, trois ans plus tard, au haut de la Tour Belgique, Wallons et Bruxellois se repassent le même message "Rien à signaler". Aucune fumée blanche ne s'élève dans le ciel en surcharge d'électricité.

Dans le monde politique, les responsables se réunissent en catimini dans des lieux super secrets ; les entrées et les sorties se font par des portes secrètes… "Discrétion" ; "Aucun commentaire" ; "Aucune communication"… Le jeu du "Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien…"

Le Roi fait appel à des législateurs, spécialistes des fonctions en "eur" : informateur, clarificateur, préformateur, médiateur, conciliateur... qui font appel à des experts officiels (Banque Nationale, Bureau du Plan) pour assister les experts des centres d'études des partis politiques… Et les sentinelles, wallonnes et bruxelloises, du haut de la Tour Belgique, ne voient désespérément rien venir, pas de fumée blanche à l'horizon. Elles se relaient, jour après jour, avec la mine des jours de deuil ; elles se passent et repassent les mêmes lettres "R.A.S.".

Le front francophone est aux abonnés absents ; une brève rencontre furtive sur une stratégie à développer en cas d'un coup de force flamand, à la Chambre des Représentants, scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Le black-out complet. Tout ce que le citoyen reçoit, le mandant cependant, ce sont les éclats des invectives que les responsables politiques lancent à la tête de l'un et de l'autre. La N-VA est catégorique : "Pour nous, tout est fini si le PS ne change pas de position… Le vrai problème est que le PS a peur de l'autonomie fiscale pour les entités fédérées. Pour le PS, la réforme ne peut rien couter à la Wallonie, il faut un refinancement de Bruxelles et du fédéral. Il est clair que c'est la Flandre qui recevra la note." Le PS, un zeste de mépris, pontifie : "Pour ce qui concerne la N-VA, adressez-vous à la N-VA…"

Ces responsables politiques ne doivent-ils pas rendre des comptes aux citoyens ? S'ils sont dans une logique de "séparation", qu'ils le disent. S'ils sont dans une logique de "nation ethnique", qu'ils le disent. S'ils sont dans une logique de "nation citoyenne", qu'ils le disent. S'ils sont dans logique d'une "Belgique féodale", qu'ils le disent. S'ils sont dans une logique d'une "Belgique évanescente", qu'ils le disent. Qu'ils aient le courage politique de poser la question aux citoyens dans une consultation populaire !

C'est l'appel de Olivier Maingain, président du FDF : "Il n'y a aucune raison que les francophones renoncent à une demande constante et unanime : l'élargissement de Bruxelles. Une consultation permettrait d'expliquer à la population l'enjeu et de lui demander son avis… Si affirmer ses positions dans une proposition de loi est une provocation, autant mettre la démocratie entre parenthèses".

C'est l'appel d'un collectif des jeunes venant de différents horizons politiques ; il évoque la primauté du principe de solidarité "pour permettre de surmonter les difficultés qui touchent la Belgique, mais également pour restaurer la confiance aujourd'hui  malmenée des citoyens envers leurs élus". Un participant appel à "l'actuelle redéfinition du paysage institutionnel belge".

C'est l'appel du citoyen : savoir ce qui se négocie.

C'est l'appel pressant de nos adhérents à travers leur soutien actif au credo de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles.

09.11.2010

"JE VIS EN FLANDRE", "JE VIS EN WALLONIE " DEPUIS 1889…

 

Et nulle part ailleurs ! C'est le tracé linguistique de la Belgique depuis 1889. En tout cas, la Flandre le soutient et s'y accroche depuis la loi décrétant l'égalité de la langue flamande et de la langue française.

Un brin d'histoire. Qu'est-ce que la Belgique ? La Belgique, c'est un pays artificiel créé artificiellement par la Grande Bretagne, puissance économique et maritime, hégémonique, pour maintenir la France loin du port d'Anvers et l'Allemagne loin des côtes de la Mer du Nord. La Belgique fruit de l'égoïsme économique des Anglais.

La problématique géopolitique qui a prévalu de 1830 à 1940 s'est estompé par la création en 1943-1944 de l'Union monétaire et douanière Belgique-Nederland-Luxembourg, Benelux, élargie en Union économique par la suite - il est question actuellement d'adosser le Benelux au Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie -, de l'extension en 1951 à la Communauté européenne du charbon et de l'acier, CECA, de la création en 1957 de la Communauté économique européenne, CEE, communément appelée Marche commun, en 1992 de l'Union européenne, UE.

A partir de ces unions, la Belgique, du point de vue géostratégique, a perdu son rôle de champ de bataille de l'Europe et d'Etat-tampon neutre. Le cœur de la souveraineté est déplacé de l'économique vers les compétences en matière de fiscalité et du social. La Belgique n'a donc plus sa raison d'être ! Une révision du découpage artificiel de la Belgique s'impose. Le moment est venu de rectifier la "coupure" de 1830 qui a séparé les Pays-Bas du Sud des Pays-Bas du Nord en réunissant dans un même Etat deux peuples de langue et de sensibilité différentes : au Nord la Flandre de langue flamande, au Sud la Wallonie de langue française. Deux peuples qui n'ont rien de commun.

Bart De Wever, historien, président de la N-VA, sait  qu'un actuel éclatement de la Belgique bouleverserait l'ordre établi en Europe, notamment, par le jeu des dominos, en France, en Grande Bretagne, en Espagne, en Italie, dans les pays balkaniques. Il sait aussi que le maintien de deux langues et de culture différentes dans un même Etat n'empêchera pas l'effacement de la langue la plus faible, en l'occurrence la langue flamande. Il inscrit dès lors sa Région dans la mouvance des "nouveaux Etats en puissance". Son option souverainiste l'incite à étendre le territoire de "sa" Région vers la Wallonie, une région qui dispose d'une imposante réserve de ressources humaines, intellectuelles et économiques : terrains, eau, main d'œuvre, savoir-faire…, une région véritable plaque tournante de l'Europe économique ouverte vers les ports  de haute mer, Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, Le Havre.

Le temps presse pour la Flandre. Elle doit impérativement s'étendre… "Le compromis des Belges" de 1929 décrétant que l'on parle néerlandais sur le territoire flamand, français sur le territoire wallon, et les deux langues à Bruxelles, est bousculé par la progression continue du français en Flandre ; la frontière linguistique, arrêtée en 1962-1963, corsetant Bruxelles de par un abus de pouvoir unilatéral flamand, ne change rien à la francisation de la Flandre…"Je vis en français" à Bruxelles et dans les communes jouxtant la frontière linguistique

"Trop, c'est trop" pour le Mouvement flamand qui va provoquer des coups de force et des mesures de contrainte pour enrayer la progression de la langue française : révolte des bourgmestres flamands contre le recensement linguistique suivie de la suppression du volet linguistique, intégration des Fourons en Flandre, scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, non-signature de la Convention-cadre de protection des minorités linguistiques nationales, non-nomination de bourgmestres francophones dans trois communes de la périphérie bruxelloise, décrets excluant les personnes ne connaissant pas le flamand à l'accès à la propriété d'un logement, visant la suppression des facilités linguistiques…, anglicisation de Bruxelles… Le Mouvement flamand poursuit ainsi son travail de sape pour contenir la progression de la langue française, pour conquérir Bruxelles et pour vassaliser la Wallonie.

Bart De Wever, président de la N-VA, sait qu'il doit aller vite au regard de l'évolution de l'Europe. Aussi applique-t-il la méthode Maddens d'appauvrissement des Régions bruxelloise et wallonne en exigeant le transfert des compétences fiscales et sociales vers les Régions. La Flandre est largement gagnante à terme : en argent, en flatterie du courant nationaliste wallon ; la Flandre souveraine par la dévolution des ministères régaliens sous le slogan : "Ce que fait la Flandre, elle le fait mieux", aura le pouvoir réel sur la totalité du territoire belge et soumettra la Wallonie au régime du bilinguisme avant de lui imposer le flamand comme langue unique. La révolution copernicienne, la réforme en profondeur de l'Etat, copie flamande.

Bart De Wever, président de la N-VA, nous force à la question de savoir si nous voulons rester dans le cadre d'une nation citoyenne ou si nous voulons nous inscrire dans le cadre d'une nation ethnique, hors de tout lien de solidarité. Or, Bart de Wever s'inscrit nettement dans le cadre d'une nation ethnique au sentiment d'identité propre. Le problème,  c'est qu'il est attaché, nous semble-t-il, à la doctrine pangermanique poussant l'Allemagne à s'installer aux portes des océans. Il veut dès lors que la Flandre ait des liens frontaliers avec l'Allemagne par la mainmise du territoire wallon… Et l'Allemagne, petit à petit, supplante l'hégémonie française en Europe continentale… Ne fut-il pas question, l'année dernière, d'un transfert du siège de l'Otan à Bonn, en Allemagne ? Les pays de l'Europe de l'Est ne se rapprochent-ils pas de l'Allemagne ?

Quel destin pour la fédération Wallonie-Bruxelles,  si elle voit le jour ? Entrer dans le giron germanique en se fondant dans le Benelux agrandi au Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie ou entrer dans le giron roman ? Un choix à faire ! Tout en sachant que la France - 66 %, selon un sondage - serait prête à accueillir la Communauté romane de Belgique si celle-ci en exprimait le souhait.

"Je vis en Francophonie". Faisons entendre la voix des Francophones. Continuons à croire fermement à notre identité française. Se sentir chez soi. Etre nous-mêmes.

25.10.2010

TABLE DE DISCUSSION : LES WALLONS DE BRUXELLES ONT-ILS RENIE LEURS RACINES WALLONNES ?

A. DECHEF, 1360 La Hulpe - Je me fais un devoir de répondre,  point par point, au courriel de M Fabrice MEURANT-PAILHE dont question dans le Forum de votre périodique du mois d'octobre 2010.

 

Je ne sais pas si des dizaines de milliers de Bruxellois, comme l'écrit l'intéressé, ont oublié ou renié leurs "racines" wallonnes. Je ne le crois pas mais pour certains, peut-être, la chose ne les intéresse pas ou plus. Sont-ils devenus amnésiques ? Je n'en sais rien ; je ne suis ni médecin, ni psychiatre. Ce que je constate, par contre, c'est que la prose de ce Monsieur est partisane, outrageante voire mensongère quand il parle de "condescendance" dans le chef de ces Bruxellois, quand il prétend, notamment, que la presse bruxelloise, tant écrite et radiophonique que télévisuelle se "moquerait" des spécificités et des revendications wallonnes, tout en se gardant bien de citer des exemples. Et d'apporter son appui à ces régionalistes que l'on pourrait, dit-il, appeler nationalistes (là, il est dans le vrai) que je qualifierais, moi, d'adeptes d'un repli frileux sur leurs terres. Il nous invite, par surcroît, à méditer quelques lignes écrites jadis par Jules Destrée, certes un Wallon des plus remarquables de son époque dans bien des domaines mais qui fut aussi, dans certaines circonstances, il faut le reconnaître, le champion du "dérapage" et le mot est faible.

En effet, lecteurs de "4 millions 7", lisez très attentivement, relisez-les même, ces lignes reprises entre guillemets, depuis "une seconde espèce de Belges" jusqu'à "agglomérat de métis", propos immondes s'il en est, proféré par cet illustre personnage et qui s'apparentent presque à du racisme du plus mauvais aloi qui, de nos jours, serait sanctionné par les Tribunaux. Il n'est d'ailleurs qu'à parcourir la lettre qu'il adressa au roi sur la séparation des Wallons et des Flamands, dans laquelle on pouvait lire : "Sire, il n'y a pas de Belges" qui démonte, si besoin en était, que des séparatistes sévissaient aussi au sud du pays, déjà à cette époque. Quel duo de choc il aurait fait avec Bart De Wever pour disloquer notre territoire s'ils eussent été contemporains !

Et M Meurant-Pailhe de, quand même, nous inviter à constater la "dureté" des termes utilisés par le Grand Jules. Moi, je parlerais plutôt de l'ignominie qui transpire dans tout ce texte qu'il nous invite à méditer ! Je ne puis décrire la honte que je ressens à la lecture de ce pamphlet raciste, nationaliste, séparatiste et pour tout dire écoeurant.

D'autre part, vous écrivez, M Meurant-Pailhe, que "pour certains Wallons, les Bruxellois… ont accepté la domination flamande" ! Vraiment, quand on prend connaissance des déclarations de la plupart des responsables politiques bruxellois ? Il n'est pour s'en convaincre qu'à s'en référer à leurs propos, qu'ils s'agisse de MM Olivier Maingain ou Didier Gosuin, en toute première ligne quant à la défense des Francophones, de M Charles Picqué, de Mme "Non" et de bien d'autres. Quant à la population bruxelloise, presque quotidiennement victime de tracasseries flamandes en tout genre, je la vois mal accepter la domination flamande ou une quelconque domination d'ailleurs. Il suffit d'écouter ce qui se dit en rue pour se rendre compte que les Bruxellois sont bien conscients des menaces de cogestion qui pèsent sur leur ville, voire de la remise en question du statut de celle-ci comme troisième Région à part entière.

Quant à votre "preuve" d'acceptation dune domination flamande, elle ne tient absolument pas la route. Le nombre d'enfants francophones inscrits dans des écoles flamandes - et croyez que je déplore vivement ce fait - n'est pas du tout à attribuer, comme vous l'écrivez à ce que leurs parents auraient "renoncé à leurs origines" ou exprimeraient la volonté d'assurer à leur progéniture un "idéal confortable…médiocre" (ce verbiage-là, à relents méprisants, il faudra que vous nous l'expliquiez !). Non, ces parents sont simplement bernés ; ils sont victimes d'arguments fallacieux, tant de la part de journalistes que de politiciens ou simples citoyens qui leur débitent que seules les écoles flamandes sont à même de former de vrais bilingues, la connaissance du français étant de toute façon acquise au foyer et par la rue ; c'est simpliste et faux, bien évidemment, mais c'est ce qu'on a réussi à leur faire croire après les avoir convaincus que l'avenir professionnel de leurs enfants était conditionné par la connaissance des deux langues nationales du fait que la plupart des employeurs ne recrutaient plus que des éléments bilingues, ce dernier argument n'étant pas tout à fait dépourvu de pertinence ; toutefois, pour ce faire, il y a bien d'autres techniques à envisager que de les confier aux écoles flamandes mais ce n'est pas l'objet de la présente controverse. Ce que je voulais simplement vous dire, c'est que ces parents agissent de bonne foi, soucieux seulement de ce qu'ils croient, bien à tort certes mais très sincèrement toutefois, être de l'intérêt de leurs enfants, loin de toute considération de racines…

Vous vous posez, en outre, la question de savoir qui pourrait vous indiquer pourquoi le sentiment wallon, naguère répandu chez les Wallons qui se sont installés à Bruxelles, s'est progressivement étiolé à ce point. Vous pouvez vous-même y répondre en regardant dans le rétroviseur de l'Histoire ; vous constateriez que le temps a fait son oeuvre en ce sens que les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants de ces Wallons venus habiter à Bruxelles sont devenus des Bruxellois. Il en va ainsi partout de par le monde ; on s'intègre peu à peu là où l'on vit et les racines finissent parfois par disparaître. En outre, tous ces descendants sont-ils encore de purs Wallons ? Il faut bien reconnaître qu'à Bruxelles, avec l'extraordinaire foisonnement de populations, de plus en plus prononcé chaque jour, entrainant un brassage des populations tel qu'il n'est plus possible aujourd'hui d'encore s'identifier en fonctions de racines ancestrales.

Bruxellois d'origine, Wallons d'origine, Flamands d'origine et immigrés venus pratiquement de tous les coins de la planète se sont à ce point mélangés que finalement un troisième peuple a vu le jour au fil des ans, le peuple bruxellois. Jadis, on ne parlait que de Wallons et de Flamands en Belgique. Ce peuple bruxellois n'a fatalement plus le mode de vie, de pensée, de comportement que le peuple wallon ou le peuple flamand. C'est un constat, ni plus, ni moins. Il a toutefois largement donné priorité à la langue française, langue de la clarté, de la pureté, de l'élégance et qui, par sa grande précision, apparaît comme la langue de communication par excellence, le phare dans la formulation de la pensée. Puisse cette belle langue française jouer le rôle de ciment entre la Wallonie et Bruxelles.

Pour terminer, je dirai que si, effectivement, il n'y a plus de sentiment wallon à Bruxelles, à quelques exceptions près, il y a lieu cependant de mentionner quelques cercles et associations de caractère wallon bien présents et actifs dans la Capitale  (Cercle royal borain de Bruxelles, Association royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie, Cercle couvinois de Bruxelles, Cercle royal gaumais de Bruxelles, etc…). Rassurez-vous, Monsieur, il n'y a pas davantage de "sentiment" flamand, ou espagnol, ou africain, ou tout ce que vous voulez. Seule, semble se dessiner une prise de conscience bruxelloise (ce n'est pas vraiment un "sentiment" bruxellois), fonction des préoccupations multiples du moment.

En effet, les Bruxellois sont présentement très préoccupés, tant par leurs problèmes d'ordre socio-économique (taux de chômage de plus en plus élevé, d'où un état de pauvreté qui gagne du terrain, manque de terrains industriels qui pourraient accueillir de nouvelles entreprises, etc…) que par les agressions flamandes permanentes dont ils font l'objet. Ils sont particulièrement inquiets du sort que voudraient leur réserver les gens du Nord, du style Bart De Wever et autres extrémistes (il n'en manque pas). Ils ont vraiment l'impression d'EXPIER ils ne savent trop quelle faute, de par le joug de lois liberticides imposées par une majorité parlementaire flamande qui use et abuse déjà  et abuserait bien davantage encore, à l'avenir, de cette force numérique pour les soumettre à leurs vues ; cette inquiétude est ressentie aussi bien par les Bruxellois intra-muros (les assiégés confinés et encerclés dans leurs 19 communes) que par les Bruxellois extra-muros (les laissés pour compte de la périphérie bruxelloise, nonobstant le fait qu'une véritable Région bruxelloise viable se devrait de correspondre à son aire socio-économico-culturelle, grosso modo l'étendue de la zone téléphonique 02, c'est-à-dire à ce quelle est dans les faits à défaut de l'être de droit).

Je ne peux que me réjouir de cette prise de conscience bruxelloise laquelle, au demeurant, n'implique nullement, cher Monsieur, d'avoir à renier ou … conserver ses racines ou même, tout compte fait, à y être indifférent. Ce devrait être finalement comme chacun le ressent, non ?

 

DECHEF A.