24.11.2011
CARREFOUR D'ACTION PARTICIPATIVE : LES QUESTIONS
LES QUESTIONS :
Dans l’hypothèse d’un éclatement de la Belgique, le problème est la frontière entre la Wallonie et la Flandre autour de Bruxelles.
- La délimitation doit-elle se faire par une consultation des populations concernées ?
- La scission de BHV approuvée par les partis traditionnels n’exclut-elle pas une consultation populaire dans le tracé de la frontière entre la Wallonie et la Flandre ?
Mauri Villa
Osons demander la vérité ! Osons la créativité ! Osons questionner !
Usons de notre liberté d’expression pour crier notre ras-le-bol des simagrées particratiques du PS, du MR, du CDH et d’Ecolo !
Usons de notre liberté d’expression pour exiger la vérité sur l’état des finances publiques !
Usons de notre liberté d’expression pour réclamer le retour au financement des dépenses de l’Etat par l’émission de bons d’Etat, exempts de précompte mobilier, correspondant aux taux des marchés financiers !
16:22
Écrit par Raymond Watrice
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CARREFOUR D'ACTION PARTICIPATIVE - LES BREVES DE MAURI VILLA...
CE QUE LA FLANDRE FAIT, ELLE LE FAIT BIEN …
Il suffit de suivre les cours de Dexia (ex-Crédit communal) et de KBC, banque flamande, pour se faire une opinion sur la « qualité » de la gestion à la flamande.
Selon la presse financière, KBC est en mauvaise posture entraînant vers le gouffre la coopérative flamande Cera.
Une indication : l’agence de notation Moody’s vient d’abaisser la perspective de la note de KBC Banque et de KBC Groupe, de stable à négative !
Quid du Boerenbond ? Est-il aussi inscrit dans la tourmente ?
CONSEQUENCES DE LA SCISSION DE BHV … DES TRACTATIONS EN PERSPECTIVE…
Quelles seront les conséquences pour les partis flamands et francophones de la scission de BHV ? Elles seront amères pour les parlementaires qui se faisaient élire dans l’ancien arrondissement électoral de BHV. En effet, la scission de BHV va séparer les droits électoraux des six communes à facilités de ceux des 29 communes sans facilités. Des mandats vont tomber !
OSONS DEMANDER LA VERITE !
« Un scénario à l’italienne » s’indigne Didier Gosuin, FDF, député bruxellois, bourgmestre d’Auderghem, ancien ministre régional.
Que reproche-t-il au gouvernement bruxellois PS, CDH, Ecolo ? Une hausse excessive de la dette publique de 82 % pour la période allant de 2007 à 2011, passant de 1,786 milliard d’euros en 2007 à 3,258 milliards d’euros en 2011 ! « L’endettement est le tombeau de notre modèle socio-économique », assène-t-il !
Exagération de la part du bourgmestre d’Auderghem ? Apparemment, non ! Car Didier Gosuin appuie sa critique sur le rapport de la Cour des Comptes : « En 2011, dit-il, le Conseil supérieur des Finances et l’Etat fédéral ont confirmé qu’on acceptait un déficit de 254 millions ; il était de 313 millions. Cette année, les mêmes autorisent un déficit de 172 millions ; le budget en prévoit 254. Ils, (PS, CDH, Ecolo, ndlr), ne respectent donc pas le pacte de stabilité et s’en écartent carrément de près de 82 millions d’euros ».
Laxisme ? Inconscience ? Incompétence ? Composition du gouvernement bruxellois ? Poids de la Flandre ? Il est permis de s’interroger.
Mauri Villa
Message du Carrefour d’Action participative :
Osons demander la vérité ! Osons la créativité ! Osons questionner !
15:33
Écrit par Raymond Watrice
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15.09.2011
BHV : ACCORD EQUILIBRE !
Vous avez dit « accord équilibré » ! Bof ! Une victoire des Flamands dans le cadre de leur stratégie. Une capitulation des Francophones, une de plus ! C’est cela la vérité. Guy Spitaels, PS, ancien ministre-président de la Région wallonne, rappelait très justement : « Le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence, et haine, par certains, tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais ».
N’écoutons pas la voix des politiciens ; ils ne défendent que l’intérêt de leur parti ! Ecoutons la voix d’experts extérieurs au monde politique proprement dit.
* Vincent de Coorebyter, directeur général du CRISP, Centre de Recherche et d’information socio-politiques, interrogé par William Bourton, journaliste, attaché au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « La scission de BHV est incontestablement une concession francophone et une victoire flamande ». « La véritable victoire pour les Francophones aurait été qu’il n’y ait plus les occasions de conflits que l’on a connues : c’est-à-dire cette interprétation ultra-restrictive des facilités que le gouvernement flamand a adoptée en 1997-98… Ce qui n’est pas normal c’est que les compétences des communes ou de Communauté peuvent exercer en théorie, ces compétences ne parviennent pas à s’exercer dans des conditions de sérénité et de liberté complètes ».
* Carl Devos, politologue à l’Université de Gand, interrogé par Olivier Mouton, journaliste au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « Je pense que c’est un accord équilibré… Pour les Flamands, c’est un acquis essentiel. Il y a des compensations, c’était inévitable… Ce n’est pas très impressionnant pour le FDF…
* Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « Historique ? Historique ! … C’est une évidence, les Francophones ont fait des concessions majeures pour satisfaire les demandes flamandes… La facture est lourde pour les Francophones qui vivent dans la périphérie hors des six communes à facilités … Di Rupo et les « siens » ont en fait, primo, sauvé – à ce stade – le pays de l’implosion et, secundo, tenté de préserver au maximum les intérêts francophones, dans la perspective de la prochaine demande de réforme flamande, dont personne ne doute qu’elle est au bout du chemin… ».
Et le bout du chemin, ce sera Bruxelles. La prophétie de Guy Spitaels s’accomplira. : « Le Mouvement flamand ne s’arrête jamais ».
16:50
Écrit par Raymond Watrice
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OLIVIER MAINGAIN : "BRISER LE CARCAN BRUXELLOIS"
Olivier Maingain, président du FDF, député fédéral, ancien échevin de Bruxelles-Ville, actuel bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, juriste, plaide en faveur d’un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie : C’est la manière d’établir une relation équilibrée entre Bruxelles et ses deux régions voisines, le gage d’un Etat stable ». Son combat, sa conviction, sa foi.
Il livre sa stratégie avec clarté dans ses contacts avec la presse et dans le mensuel du FDF « Perspectives francophones » : élargir Bruxelles, ratifier la convention-cadre, étendre les pouvoirs de la Communauté française.
Dans un contact avec David Coppi, journaliste, publié dans Le Soir du 18 août 2011, il rappelle : « L’existence de l’arrondissement de BHV était une compensation au tracé de la frontière linguistique au début des années soixante. Donc, si d’aucuns du côté flamand estiment aujourd’hui qu’ils sont en droit de remettre en cause l’existence de BHV, nous sommes en droit, nous, de remettre en cause la frontière linguistique… ».
Il éclaire la portée d’une scission de BHV. « … Il est faux de faire croire aux gens, pontifie-t-il, que l’on va stabiliser le pays parce que l’on va scinder le pays. Si on laisse faire les choses aux conditions des partis flamands, la scission sera la préfiguration du confédéralisme voire du séparatisme… Une scission de BHV et l’acceptation d’une frontière linguistique, qui deviendrait une future frontière d’Etat, sont les plus puissants leviers pour nourrir le nationalisme et le séparatisme au Nord du pays. Car, dans ce cas-là, Bruxelles est enfermée en Flandre… Ceux qui n’auront pas le courage de dire non à la scission de BHV n’auront pas davantage le courage demain de dire non à la scission de la Sécu, voire même du pays. C’est la grave erreur des Francophones : ils ne voient jamais dans l’étape d’une négociation institutionnelle ce qui prépare déjà l’étape suivante dans le point de vue des Flamands ».
Il exprime sa détermination dans son analyse livrée au quotidien La Libre Belgique des samedi et dimanche 10 et 11 septembre 2011 : « La meilleure des formules, souligne-t-il, c’est le rattachement à Bruxelles des six communes à facilités…Prenons cette liste de fabuleuses compensations exceptionnelles… Cela ne répond pas au problème fondamental de l’enfermement de Bruxelles… Le projet d’étouffement de Bruxelles est en marche ! Mais c’est cela la scission de BHV : l’accaparement par la Flandre de Bruxelles. Il faut desserrer l’étau territorial qui enferme Bruxelles sinon à terme la Flandre va faire croire au monde entier que Bruxelles est effectivement en Flandre…
Il met en garde. « … Je suis au regret de dire que la Communauté urbaine, c’est une tranche de lasagne supplémentaire et c’est absolument sans intérêt… C’est un début de mise sous tutelle de la Région bruxelloise… Les Flamands nous demandent de préparer la prospérité future de la Flandre qui va nous mettre en difficulté, d’enfermer Bruxelles en Flandre… Le CD&V veut les avantages du séparatisme sans les inconvénients… ».
Il s’ouvre. « … Je suis déterminé… Ceux qui pensent qu’on va stabiliser le pays avec un accord très déséquilibré se trompent et trompent l’opinion publique. Il faut aussi arrêter de nous dire que la ;prospérité d’un pays dépend de la scission d’un arrondissement ? Personne ne réclame cela au niveau européen. C’est honteux. C’est un chantage… ».
16:43
Écrit par Raymond Watrice
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13.08.2011
LWRB - TABLE DE REFLEXION PORTANT SUR L'AVENIR DU FRANCAIS (suite n° 2)
En complément d’une analyse de l’avenir du français en Belgique, nous avons posé les questions suivantes à nos locuteurs :
- La fin de la francophonie belge se dessine-t-elle ?
- La Flandre veut-elle la scission de BHV ?
- Ne fait-elle pas monter les enchères pour étendre sa tutelle sur l’ensemble du territoire belge ?
Nous vous présentons, ci-dessous, la suite n°2 des réflexions de nos lecteurs.
Le but de notre Table de réflexion est de développer entre les locuteurs un échange d’idées sur le devenir de la Belgique et de la francophonie belge
TABLE DE REFLEXION. L’AVENIR DU FRANÇAIS EN Belgique, suite n° 2
* BOULARD J.G., par courriel - Je reçois régulièrement vos courriers et donc les informations diverses relatives au combat que vous menez à Bruxelles pour la défense des droits francophones. Je vous en remercie et vous félicite pour cette constance dans l’idéal.
Vous sollicitez mon opinion ainsi que, je le présume, mon appui. C’est peut-être accorder beaucoup d’importance à quelqu’un qui, bien certainement se sent interpellé par une situation inquiétante, mais se trouve fort en peine d’exprimer un avis très lucide sur la question.
Évidemment, de manière un peu viscérale et sentimentale, je rejoins votre cause. En effet, je me sens philosophiquement chatouilleux sur la question des droits humains d’une part, et d’autre part je reste attaché à l’idée d’une Belgique unie, aux symboles qui la représentent comme telle pour en avoir prêté le serment de fidélité comme enseignant et, jadis, comme officier de la Réserve.
Ceci dit. Il est assez remarquable que notre pays, qui n’a jamais constitué, à proprement parler une « nation », n’ait jamais été un État que par la volonté des puissants États voisins. Les succès « historiques » remportés contre Guillaume d’Orange (plus que contre les Pays-Bas) ne doivent être perçus et compris qu’en tant qu’expression de causes communes momentanées, à l’instar des multiples révoltes locales précédentes contre les occupants successifs.
Cet État politiquement artificiel approche son bicentenaire grâce à des alchimies diverses et imposées (économique, militaire, politique, religieuse) qui ont contribué à la mise au point d’une méthode de gouvernement fondée sur le « consensualisme », et aussi grâce à la présence, à la tête de l’État, du symbole monarchique imposé lui aussi, et de premiers ministres assez visionnaires qui avaient l’ambition de forger l’unité nationale, ayant une carrure d’hommes d’État de niveau européen nonobstant certaines faiblesses.
Ce n’était pas une « Nation » à proprement parler car il n’y a jamais eu de profond sentiment d’appartenance socio-historique qu’au niveau des provinces ( malencontreusement remises en cause), qu’au niveau de la religion (en déliquescence), et sur un plan nuancé, au niveau socio-économique lors des grandes luttes ouvrières (totalement anesthésiées). Tout cela sans compter le travail de sape qui, avec une lente et sournoise efficacité, a vu disparaître l’un après l’autre les grands organismes et institutions publiques ou privées de l’État (douanes, Société Générale, industries, communications, etc.) auxquels le personnel était assez fier d’appartenir, ce qui pouvait favoriser un sentiment de « citoyenneté ». De tout cela il ne reste que des bribes éparpillées entre Régions et Communautés…
Pour le reste, il a failli y avoir une « cause » wallonne, mais on la chercherait en vain aujourd’hui. Il y a autant de distance sociale entre les Lorrains d’Arlon et les Hainuyers de Mons et Charleroi qu’entre les Borains du Centre et les Liégeois principautaires. La distance entre les Ostendais et les Bastognards n’est pas plus grande…
Cela est vrai aussi pour les Flandres et autres provinces flamandes. À cette différence près que la « cause » linguistique néerlandophone se révèle être beaucoup plus sensible là-bas que la sensibilité francophone ici.
Ce fut une énorme erreur politique de matérialiser cette notion-là en l’identifiant à une Région. Nous en payons lourdement les conséquences aujourd’hui. Qui plus est, cette question est vectrice d’unité au nord, elle ne l’est pas au sud.
La langue est une cause particulièrement sensible au niveau individuel comme au niveau social : elle est un ciment culturel séculaire, elle est un lien psychologique essentiel de l’expression de soi et du partage des joies, des peines et des révoltes. Cette force est très vive au Nord. Ce n’est pas le cas au Sud puisque les dialectes wallons appartiennent à un folklore tombé en désuétude dont la survie n’est qu’artificielle puisqu’ils ne sont plus intégrés dans le quotidien. Quant à la langue française, sa gloire, comme l’attractivité de Paris et de la France, nous dépassent si largement, que sa sensibilité (avec tout ce que cela représente de filiation et de projet) n’est plus que l’affaire de quelques intellectuels et quelques spécialistes.
Dans une thèse que j’ai eu l’occasion de rédiger, il m’a bien fallu constater que les grandes idées révolutionnaires et libertaires véhiculées par la langue française, même si de grandes individualités wallonnes y sont allées participer, ces grandes idées donc restent affaires « de France »… Elles ne seraient nôtres, pensent certains, que si nous devenions nous-mêmes Français…
La relation Bruxelles-Wallonie n’a pas non plus la solidité qu’on voudrait lui voir afficher…
Il faut relire le très important ouvrage sur l’identité wallonne, publié par l’Institut Jules Destrée, sous la signature de Philippe Destatte, pour comprendre combien la suspicion, l’amertume, l’incompréhension sont grandes entre la Wallonie et Bruxelles – et donc la distance – et se rendre compte ainsi qu’une cause commune est quasi illusoire.
Dès avant la guerre 14/18, la capitale (par son centralisme administratif, financier et celui des affaires) a vidé la Wallonie de toutes ses forces, de ses ressources aussi, ne laissant sur place qu’un gisant décharné. D’une part, ce qui restait a été dépecé par des rapacités de tous bords et de toutes nationalités (Luxembourg, France, Hollande, etc.), et d’autre part, ce pillage a offert au « nationalisme » flamand l’ennemi idéal, faible et désorganisé, comme adversaire, responsable de tous les maux, en cause commune. Et cela sur tous les plans : historique, social, politique… et même fiscal (ce qui est encore plus sensible !).
S’il y a eu, voici un siècle, le début d’une conscience wallonne (plus que francophone), mise à mal par le charisme du roi Albert Ier après la « Grande Guerre », mise à mal par le centralisme bruxellois et, de même, par la montée en puissance de la « flamandisation », il faut reconnaître qu’elle n’a pu renaître qu’épisodiquement avec A. Renard lors de la résurgence de luttes ouvrières, dont elle était d’ailleurs issue. À part Destrée en son temps, il n’y a jamais eu une intelligentsia francophone qui ne soit en grande partie bruxelloise et donc plutôt indifférente à ce qui touchait le malheur économique wallon.
Il ne faut donc pas trop espérer, aujourd’hui, voir la naissance d’une approbation inconditionnelle wallonne à la cause bruxelloise, et moins encore d’une vraie fraternité. Jadis, pour prendre un exemple dans l’histoire récente, seuls les Polonais eux-mêmes étaient prêts à « mourir pour Dantzig ». Je ne crois pas que les Namurois, les Liégeois, les Carolos et autres Wallons francophones ou germanophones soient prêts à « mourir » pour Bruxelles…
Enfin, on pourrait encore disserter longtemps sur les multiples aspects de ce problème… et additionner les raisons de désaccord. .. au point d’en arriver à la conclusion que la seule chose qui rapproche encore aujourd’hui la Flandre et la Wallonie, c’est un sujet… de discorde : Bruxelles.
Je ne peux entrevoir pour cela qu’un avenir très sombre.
À court terme, des compromis aléatoires pour prolonger l’agonie.
On utilise largement le vocabulaire de la scénographie pour parler de la situation belge : drame, tragédie, scène, pitrerie, histrion, etc. Restons dans ce type de langage pour imaginer la suite. Au théâtre l’action n’avance que par rebondissements ou coups de théâtre. Il faut constater que les rebondissements (par la volonté des personnages) n’aboutissent guère, malgré l’imagination royale…
Alors il faut un coup de théâtre (Deus ex machina) venu de l’extérieur : par exemple que M. Sarkozi et Mme Merckel réclamant le titre et les moyens de capitale de l’Europe pour Strasbourg ou Bonn ; ou alors que les instances financières mondiales déclarent une banqueroute totale de l’État belge… On verrait, à ce moment-là, les choses avancer, tant au Nord qu’au Sud… dans une certaine panique…
On peut également imaginer un sursis dans une adaptation des possibilités électorales : l’extension du FDF à toute la Wallonie, une circonscription électorale nationale… Mais il faudrait y arriver par un coup de force qui n’aurait jamais l’assentiment flamand… Et je crains que tôt ou tard, on ne se retrouve au même point.
À long terme, l’éclatement du pays et, y compris, l’éclatement de la Wallonie, en départements différents, rattachés à diverses « Grandes Régions » existantes de France, d’Allemagne et même du GD de Luxembourg. Ce qui existe déjà de façon embryonnaire. Encore une fois, il y a plus d’affinités entre Arlon, Luxembourg et Metz, entre Tournai et Lille, qu’entre Bruxelles et Namur.
Et Bruxelles alors, dans tout cela ? Progressivement annexée, dévorée de l’intérieur par une zizanie interne qui donne le champ libre aux rongeurs, la vieille grande ville flamande, peu à peu désertée, se vide de toute substance. Une défroque qui deviendra un chancre d’immigration en « Terre de Flandre » !
Les exemples millénaires ne manquent pas.
Et même, il y a eu « Bruges-la-morte »…
Bien sûr qu’il faut lutter contre cet apocalypse. Vous le faites assurément. Mais avec quelle vision ambitieuse ? Quels moyens ? Quelles grandes pointures susceptibles de mobiliser une population de plus en plus hétéroclite, socialement et culturellement ?
Le Bruxelles d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la ville de 1940 qui aurait été capable de prendre les armes contre l’occupant… Et même, à supposer que par la seule force des lois, on puisse faire refluer la marée flamande, il n’y a rien d’assez « grand », d’assez ambitieux, d’assez séduisant à mettre à la place.
Hélas !
Maintenant, en ce qui concerne la langue française, c’est une autre question. J’ai pu, lors de plusieurs voyages, constater sa bonne santé. Il faut un langage élémentaire pour qu’il y ait une compréhension minimale entre les peuples ; l’anglo-américain abâtardi semble faire l’affaire, mais cela reste une coquille vide qui ne détrônera jamais les grands langages de cultures.
14:49
Écrit par Raymond Watrice
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11.08.2011
L.W.R.B. - TABLE DE REFLEXION
TABLE DE REFLEXION - JUILLET 2011
En complément à une analyse de l'avenir du français en Belgique, nous avons posé les questions suivantes à nos locuteurs :
La fin de la francophonie se dessine-t-elle ?
La Flandre veut-elle la scission de BHV ?
Ne fait-elle pas monter les enchères pour étendre sa tutelle sur l'ensemble du territoire belge ?
Faites-nous connaitre votre opinion sur notre courriel : info@liguewallonnebruxelles.be
Nous vous remercions de votre participation. Bien à vous.
* TIRMARCHE André, par courriel - Nous vivons des moments historiques mais paraissons bien seuls à nous en rendre compte. Même les médias tiennent encore et toujours un langage belgicain, empreint de la plus grande mauvaise foi, qui m'est particulièrement insupportable dans cette dernière ligne droite.
Car nous y sommes, en effet !
Comment encore douter de ce que la Flandre exige la scission de BHV, sans compensation territoriale pour Bruxelles ? Or, BHV est la dernière citadelle protégeant la francophonie belge de la colonisation flamande intégrale de ce "pays" !
Bien que le joug flamand soit dénoncé par le Gerfa, le Colonel Luc Gennart, par la Ligue wallonne et de multiples autres organisations, nos mandataires font la sourde oreille à ces appels de détresse, pour préférer laisser pourrir la situation et s'accrocher à leurs prébendes, en faisant "oeuvre" de soumission totale.
Cette attitude est invraisemblable et inqualifiable !
Le jour est sans doute proche qui verra la loi de la rue se substituer à la rue de la Loi ! Car les Bruxellois et les Wallons ne passeront JAMAIS sous les fourches caudines flamandes !
* SALON Albert, par courriel - Sur le fond, en ce qui concerne le devenir de la langue française en Belgique, je crois qu’elle mérite d’être défendue activement, vigoureusement, jusque dans la rue, par tous vos compatriotes. Je vais vous envoyer dans quelques instants un aperçu de ce que nous envisageons d’organiser au printemps 2012 dans divers pays francophones.
En attendant, veuillez prendre connaissance du compte rendu - joint au présent message - de notre récente marche internationale du 18 juin 2011 dans le Quartier latin, pour le français, la Francophonie et la diversité linguistique et culturelle en Europe et dans la monde. Environ 80 de vos compatriotes venus spécialement de Wallonie et de Bruxelles y ont participé.
Veuillez me dire ce que vous pensez de la résistance, et s’il vous paraît souhaitable et possible d’associer votre mouvement aux manifestations qui pourraient être envisagées au printemps 2012 en Wallonie et à Bruxelles.
* DARLOT Christian, par courriel - C'est toujours avec grand intérêt que je lis vos billets éclairants. Comme je vous l'ai déjà écrit, je suis de famille franco-belge mais français de nationalité, de coeur et d'esprit. Je ne diffuse donc mon avis qu'à titre indicatif, sans prétendre avoir voix au chapitre.
L'avenir de la Belgique est clair pour quiconque observe son évolution du dehors. Il n'y a plus de peuple belge, s'il y en eut jamais, mais deux peuples différents dont les destins se séparent. Certes, il y a encore des Belgicains, nombreux de part et d'autre de la limite des langues, peut-être même majoritaires, mais la question principale n'est pas sentimentale. Elle est politique.
La question est : un Etat belge fonctionnel peut-il être reconstruit ? A l'évidence, la réponse est négative.
En effet, même si les limites des régions étaient redessinées en tenant compte des voeux des habitants -ce que le parti majoritaire refuse-, la prépondérance numérique et le sentiment national des Flamands ne permettraient pas de retrouver un équilibre entre les régions.
Ce n'est pas tragique ; la violence peut être facilement évitée. Les Flamands, les Wallons et les Bruxellois resteront voisins quoiqu'il arrive, et garderont de leur passé commun des coutumes semblables, comme on en observe dans les pays qui furent jadis parties de l'empire d'Autriche-Hongrie.
Mais puisqu'un Etat commun ne peut plus fonctionner, il faut séparer calmement les parties. Pour cela, il faut avant tout clarifier la discussion, engluée dans un faux juridisme. Le plus nocif des faux principes est énoncé dans un des commentaires de votre site : "La règle coutumière en droit international est qu’en cas d’éclatement d’un pays, les frontières administratives deviennent les frontières des nouveaux Etats indépendants."
Un énoncé aussi péremptoire mériterait d'être nuancé : cette règle est récente ; elle a été choisie lors des décolonisations afin d'éviter les contestations, puis lors de la dissolution de l'URSS par les dirigeants mêmes des Etats fédérés. Elle a ensuite été appliquée à la Yougoslavie à l'initiative de l'Allemagne, contre la volonté des Serbes et des Bosniaques, et avec les résultats les plus funestes. Elle a été malheureusement avalisée par la commission Badinter et reconnue par les pays d'Europe, mais ce n'est pas pour autant qu'elle soit devenue un principe supérieur de droit international, universellement reconnu et intangible.
Une règle plus ancienne existe, et elle est plus raisonnable lorsque des populations ne sont pas mêlées mais réparties de part et d'autre d'une limite presque continue.
L'attribution de territoires à un Etat a résulté souvent, aux XIXe et XXe siècles, de négociations ratifiées par référendum (on disait "plébiscite" à ces époques). C'est ainsi que fut tracée la frontière en Haute Silésie et en Poméranie (cas anciens, annulés par les conséquences de la deuxième guerre mondiale). Plus récemment, les habitants de Tende et de Brigue se prononcèrent commune par commune pour le rattachement à la France en 1945. Ceux de Vintimille ne participèrent pas à cette votation, le caractère italien de cette ville n'étant pas contesté. Quant aux habitants du Val d'Aoste, ils ne durent de rester Italiens qu'à la volonté des gouvernements anglo-saxons, qui refusèrent un référendum. Selon l'opinion unanime des observateurs, dans les circonstances de l'époque, les habitants, s'ils eussent été consultés, se seraient prononcés à une très large majorité pour le rattachement à la France.
Le cas de la Belgique est simple, contrairement à ce qu'affirment ceux qui ont intérêt à l'embrouiller. En effet :
- Une seule nationalité existe. Se sentir Flamand, Bruxellois, Wallon, Germanophone ou Schtroumpf n'est qu'un sentiment personnel.
- Une seule souveraineté existe. Ce fait est incontestable, puisque la souveraineté s'incarne en la personne du roi.
- La volonté librement exprimée des citoyens est le fondement de toute légalité, et le droit des personnes prime sur celui des entités administratives, comme il est de règle dans les démocraties fondées sur la souveraineté populaire.
Les limites internes à la Belgique, modèles de complication, valent certes en politique intérieure belge, mais n'ont pas de pertinence en politique internationale. Elles ne sauraient prévaloir sur la volonté des citoyens. Par conséquent la situation est limpide, pourvu que la hiérarchie des règles de droit soit respectée.
- Tant que les Belges gardent l'espoir de reconstruire un Etat fonctionnel, leurs bisbilles ne regardent qu'eux seuls. Il leur est parfaitement loisible de perdre autant de temps qu'ils veulent, et de se faire toutes les chausses-trappes possibles et imaginables, ce qui met de l'animation dans le plat pays.
- Lorsque l'évidence s'imposera, lorsque reconstruire un Etat fonctionnel paraîtra une chimère à tous, les Belges devront bien se résoudre à partager le pays. Et les pays voisins auront un intérêt légitime à vérifier le bien-fondé des règles de partage.
La seule procédure valable sera celle de la décision collective des habitants. Commune par commune, voire par anciennes communes lorsque des communes ont été fusionnées, les habitants décideront de l'appartenance de leur commune à une région ou une autre : Flandre, Bruxelles, Wallonie, région allemande, qui choisiront ensuite leur destin. Quant aux personnes, elles choisiront leur nationalité indépendamment de leur lieu de résidence, où elles auront la garantie de pouvoir demeurer. Et des droits linguistiques seront accordés aux minorités, de part et d'autre de la nouvelle frontière qui aura été démocratiquement tracée.
Cette solution, évidemment seule conforme au droit des gens, pourrait être mise en oeuvre dès maintenant afin de fixer les limites des régions. Mais selon le sentiment de nombreux observateurs, elle ne sera pas mise en oeuvre avant que la Belgique n'éclate.
Conforme au droit et au bon sens, cette solution est évidemment l'intérêt des gens de raison, et celui des Francophones. C'est pourquoi les Belges soucieux de régler au mieux les affaires de leur pays -qu'il dure ou non- devraient sans tarder abandonner tout projet de découpage barguigné et se rallier au seul mot d'ordre logique et équitable : référendum.
* BAUDOUX Francis , par courriel - 1 Le MR va t il violer l'accord ....
Non, tous les partis signataires vont se déculotter ensemble et jetteront cet accord aux oubliettes, tant ils ont peur de perdre leurs prébendes quand la scission arrivera - ce qui est inéluctable, à ceci près que plus longtemps la Belgique tient, plus leur pension d'homme d'etat sera élevée.
2 Nouvelle avancée flamande
Il y a longtemps que les tambours marquent la mort de notre pays. L'ennui c'est qu'il n'y avait pour les entendre que ceux que les sourds ne voyaient que comme des excités-rouges-wallons- .... Je dois reconnaître que j'ai été parmi les sourds jusqu'il y a trop peu de temps !
3 Exister ou disparaître
Je suis d'accord quant au fait que la Wallonie a trop longtemps compté sur Anvers, qu'elle a même financé le canal Albert dans ce but.
Mais je ne vois pas ce que la communauté Française a à voir dans la liaison Dunkerke Liège Ruhr, c'est un problème qui regarde essentiellement la région wallonne.
La communauté Française même si on l'appelle Wallonie Bruxelles est un substitut à des traités entre deux régions (Wallonie et région Bruxelloise). Et puisque c'est un ersatz elle doit disparaître si on veut que la région Bruxelloise ait sa propre autonomie.
Confondre ainsi les capacités politiques de la population d'un territoire avec la langue principale que parle la population est une aberration dont nous devrions laisser le monopole aux flamands. Pensez vous qu'au Canada (ou en Suisse) il y ait besoin une fédération des états anglophones (cantons germanophones) ?
Il s'agit donc d'exister (région brux) ET disparaître (l'ersatz qui, par ailleurs bouffe la Wallonie: p ex pourquoi est elle installée à Bruxelles alors que ....
- 1 million de personnes contre 3.5 millions en Walonnie,
- trop d'emploi à bruxelles alors qu'il y en a trop peu p ex à Charleroi
- des centaines de km de bouchon chaque jour en direction de Bruxelles
- l'atteindre de Wallonie suppose passer par la région flamande qui entretient des goulots sur tous les accès autoroutiers venant de Wallonie - il n'y a pas si longtemps que le seul feu rouge entre Copenhague et Naples était situé entre le carrefour Léonard et le pont de Groenendael.
4 Fête nationale flamande : tout à fait d'accord avec ce texte - qui oublie pourtant de rappeller
- que le programme d'histoire pour les petits flamands précise qu'il faut étudier les luttes sociales consécutives à l'exploitation de la Flandre par les francophones (on ne précise pas francophones de Flandre !)
- que les soldats wallons sur l'Yser étaient commandés par des officiers qui ne parlaient pas plus le wallon qu'ils ne parlaient le flamand
* LES ANNONCIADES DE LOUVAIN-LA-NEUVE, Pionnières de l’école du Biéreau et du Lycée Martin V, par courriel - Nous qui avons vécu le "wallen buiten" nous sommes entièrement d'accord avec vous.
Nous ne savons que trop bien et nous avons retenu les slogans flamingants: " Na Leuven- Brussel" -"Waalse ratten buiten", enz...
Nous comptons sur chacun de nos politiciens et politiciennes pour sauver Bruxelles et notre cher pays wallon.
Que la langue française vive et soit respectée.
Que le vrai patriotisme soit encore inculqué dans nos écoles et que les enfants estiment et comprennent le rôle important joué par la famille royale.
Nos jeunes connaissent-ils encore l'hymne national ? Arborent-ils fièrement notre drapeau ?
Elu français de longue date,
ancien député européen,
* CAUDRON G, Maire de Villeneuve d'Ascq , ville jumelée à Tournai, par courriel -
Amis de toujours des Wallons. Je crois en la force, aux potentiels et à l'avenir de la Wallonie picarde.
* GENOT Jacques, par courriel - Tout se passe comme si les flamingants voulaient mettre la main sur Bruxelles (avec la complicité de certains "démocrates flamands") et y installer leur dictature. Et ils osent parler de démocratie.
17:10
Écrit par Raymond Watrice
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01.07.2011
VERS LA DIVISION DU PAYS...
VERS LA DIVISION DU PAYS
par Philippe Duvieusart
Dans cette perspective, la seule question à impact durable est celle des limites, des frontières - et donc de l’élargissement de Bruxelles au moins aux six communes à facilités, en échange de la « scission » de l’arrondissement électoral de BHV pour les (29) autres communes. A défaut Bruxelles, encerclée, serait mise en position d’être étouffée et absorbée à terme par la Flandre. La récente déclaration du patron de Voka, l’organe patronal flamand, est claire « Quelle est l’identité de Bruxelles pour vous ? Bruxelles se situe en Région flamande, il suffit de regarder la carte de Belgique. Parfois, on l’oublie et c’est pour ça qu’on demande le corridor, etc. » Cette position flamande explique l’insistance flamande pour la scission de BHV, scission qui compléterait l’encerclement de Bruxelles. Elle est une des raisons fondamentales pour lesquelles l’acceptation de cette scission sans élargissement serait une capitulation et une trahison que l’Histoire ne pardonnerait pas à leurs auteurs.
Elio Di Rupo semble l’avoir bien compris : « A travers la Wallonie, Di Rupo est souvent interpellé par des militants, déconcertés de voir leur parti se battre « pour quelques bourgeois de la périphérie ». Sa réponse est invariable : pour ne pas hypothéquer le sort du pays. La règle coutumière en droit international veut, en effet, qu’en cas d’éclatement d’un pays, les frontières administratives deviennent les frontières des nouveaux Etats indépendants.
D’où l’intérêt de conserver une zone floue, avec un arrondissement transrégional et des communes à facilités. En cas de scission du pays, il y aurait alors des discussions, si pas des consultations populaires, sur l’avenir de ces communes où vivent de nombreux Francophones. Cet argument fut longtemps purement théorique. Il prend toute sa raison d’être maintenant que l’interlocuteur est un parti ouvertement nationaliste et que les indépendantistes représentent ensemble 40 % du corps électoral flamand. Dans ces conditions, les Francophones peuvent-ils sérieusement admettre des concessions qui se retourneront contre eux dans 5, 10 ou 15 ans, au moment du partage de l’Etat belge ? » (L’Echo - 15.06.2010).
Les autres questions, notamment sur le plan financier, sont transitoires : elles consistent essentiellement :
- à donner à Bruxelles les moyens financiers dont elle a besoin jusqu’au moment où, par l’autonomie constitutive, elle imposera les revenus professionnels sur le lieu de l’emploi, et résoudra ainsi plus qu’amplement tous ses problèmes financiers ;
- pour la Wallonie, à maintenir de manière dégressive, les transferts financiers pendant une période inéluctablement limitée, et, pendant cette période, en association avec Bruxelles, à prendre avec réalisme, rigueur, bonne gouvernance et loin d’un clientélisme déprimant, les mesures lui permettant d’assumer avec dignité son destin. Mais le moment viendra inéluctablement où cesseront les transferts financiers venant de Flandre. L’objectif fondamental doit être de s’y préparer. Et que Dieu protège nos responsables politiques de la tentation du « Après nous le déluge ».
En bref, il faut faire simple et appétissant :
- Scinder BHV sans élargissement démocratique de Bruxelles, c’est enterrer lâchement la Belgique aux frais des seuls Francophones et c’est enterrer la Fédération Wallonie-Bruxelles.
- En contrepartie d’une solution démocratique de cet élargissement, et moyennant des mesures transitoires, la Flandre peut décider et réaliser démocratiquement le degré d’autonomie ou d’indépendance qu’elle souhait.
- Aucune autre voie ni solution ne sont discutables par Bruxelles et la Wallonie. POINT.
Philippe DUVIEUSART
15:40
Écrit par Raymond Watrice
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16.05.2011
LE BELGICANISME NUISIBLE AUX FRANCOPHONES WALLONS ET BRUXELLOIS...
LE BELGICANISME - OU NATIONALISME BELGICAIN - EST NUISIBLE AUX FRANCOPHONES WALLONS ET BRUXELLOIS
En effet, les partis francophones qui sont tous belgicains - et donc aussi monarchistes -, alors qu’ils n’étaient demandeurs de rien en 2007, se sont, depuis lors, faits à l’idée d’accepter une Belgique confédérale coquille vide qu’ils imaginent durer, 10, 20, ou même 30 ans…
Mais pour les partis flamands, tout accord institutionnel implique au minimum :
- la scission de BHV sans élargissement, de la Région bruxelloise,
- un transfert important de compétences fédérales aux Régions et Communautés,
- un renforcement de la tutelle de l’Etat central sur la Région bruxelloise contre son refinancement.
Et, lorsque l’encre de l’accord ne sera pas encore sèche, les revendications et attaques flamandes recommenceront de plus belle, notamment :
- pour supprimer ce qu’il resterait comme « facilités » en périphérie bruxelloise,
- pour diviser davantage les Bruxellois selon leur appartenance à la Communauté française ou à la Communauté flamande,
- pour faire avancer le néerlandais et l’anglais en Région bruxelloise afin de nier le fait francophone majoritaire,
- pour transférer la perception de l’impôt aux Régions et Communautés avec attribution d’une « dotation » à l’Etat confédéral devant lui permettre d’assumer les quelques compétences qui lui resteraient.
L’évolution institutionnelle de la Belgique s’est faite selon les exigences du Mouvement flamand et selon les réactions à ces exigences des Wallons et des Bruxellois. Contrairement aux Francophones, le Mouvement flamand, lui, ne recule jamais, et son objectif à terme est l’indépendance de la Flandre . Et cet objectif imprègne tous les partis flamands.
Alors, ça suffit. Indignons-nous. Cessons de nous accrocher à l’Etat belgo-flamand et à la Communauté française, à laquelle ne peuvent s’identifier ni les Wallons, ni les Bruxellois. Que la Wallonie et la Région bruxelloise se mettent debout et prennent leur destin en mains.
Au lieu de négocier un projet de survie temporaire d’une Belgique à la sauce flamande, allons résolument et sans peur vers le divorce à l’amiable et vers la mise en place d’une république confédérale Wallonie-Bruxelles :
- qui garantira l’autonomie de chaque Région,
- qui garantira la solidarité et la coopération entre les deux Régions dans les domaines qu’elles détermineront en commun et sur base égalitaire,
- qui garantira les droits des Néerlandophones en Région bruxelloise et des Germanophones en Wallonie par la signature et la ratification par chacune des deux Régions de la Convention-cadre du Conseil de l’Europe pour la protection des minorités nationales.
Et j’ajoute pour terminer que la Communauté germanophone doit être libre de prendre son indépendance, si tel est son souhait.
Nézia MAHIEU
ancienne responsable
du Parti Féministe Humaniste,
ex Parti féministe Unifié.
Note de la rédaction : La Ligue wallonne de la Région de Bruxelles est une association de réflexion sur le destin de la Belgique, de résistance à la maltraitance de Bruxelles, de solidarité envers la Wallonie, de conviction dans la formation d’une Communauté homogène entre les Wallons et les Bruxellois. Une Communauté de partage et de destin, fière et digne.
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Courriel : info@liguewallonnebruxelles.be
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10.05.2011
BOUGE L'ESPACE WALLONIE-BRUXELLES : BHV SOLUTE ?
BOUGE L’ESPACE WALLONIE-BRUXELLES
BHV soluté ? Fédération Wallonie-Bruxelles plombée ? Creuser des tranchées ?
Le CD&V, par son député régional Walter Vandenbossche, vice-Premier président du parlement bruxellois, lâche sur le plateau de Télé Bruxelles, le jeudi 5 mai 2011, que les matières personnalisables (allocations familiales, soins de santé…) pourraient être transférées pour les Bruxellois à la Commission communautaire commune, Cocom, instance qui gère les matières communautaires. Il exige la confirmation du rôle de la Cocom dans la gestion des matières communautaires avec le maintien de tous les acquis flamands à Bruxelles.
Un pas vers la cogestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie ? L’on sait que la Cocom est composée paritairement de néerlandophones et de francophones. Il n’y a pas dessin. Une certitude qui s’affermit par l’annonce de création d’une communauté métropolitaine cogérée englobant des communes de l’ancienne province du Brabant. Une proposition qui plombe brutalement la création d’une Fédération Wallonie-Bruxelles, qui neutralise la Communauté Wallonie-Bruxelles.
Une méfiance renforcée à la suite de la déclaration spontanée de Philippe Moureaux, PS, sénateur-bourgmestre de Molenbeek-St-Jean à l’écoute des propos de Walter Vandenbossche : « … C’est une déclaration très importante que vous faites là. Jusqu’ici, le CD&V a toujours refusé, cette solution. Je peux vous dire que c’est loin d’être négligeable… ». Il est permis d’être méfiant quand on voit le résultat désastreux du compromis qu’il a négocié avec les Flamands en 1988 pour le fonctionnement de la Région de Bruxelles, plaçant Bruxelles sous tutelle larvée de la Flandre contre un retour des socialistes aux affaires de l’Etat fédéral.
La déclaration de Charles Picqué, PS, ministre-président de la Région de Bruxelles, affirmant « qu’il faut s’amadouer progressivement… dans l’élaboration d’un plan stratégique concerté pour l’hinterland… » suscite également la méfiance. Autrement dit, Charles Picqué demande aux Bruxellois de faire le deuil d’un désenclavement de Bruxelles et d’admettre une forme de cogestion de l’enclave bruxelloise !
Que valent dès lors les déclarations musclées de politiciens francophones ? Paroles de propagande électorale ? Dans une interview publiée dans le journal Le Soir du 5 mai 2011, Didier Gosuin, FDF, chef de file du groupe M R-FDF au Parlement bruxellois et membre de la Commission Wallonie-Bruxelles, s’exprime sur l’existence des Communautés : « Toute culture a besoin d’une institution qui les représente… Vouloir supprimer les Communautés, ce serait créer le blocage total. On n’arrivera pas à une solution aussi radicale ! Par contre, vu les exigences du Nord, il y a un risque qu’on accroisse les compétences des Communautés ; là le danger est énorme pour Bruxelles. Ce serait la mort lente de la Région, avec le développement de nationalismes communautaires… Les Régions sont le centre de gravité, il faut maintenir le rôle actuel des Communautés. »
Le 1er mai 2004, Elio Di Rupo, président du PS, faisait le serment devant ses troupes : « Qu’on ne compte pas sur le PS pour détricoter l’Etat belge, pour scinder l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, pour régionaliser la sécurité sociale. »
En 2005, Jean-Claude Van Cauwenbergh, PS, ministre-président de la Région wallonne à l’époque, était catégorique : « … Quand on touche à un symbole, les Wallons sont toujours très forts. Bruxelles-Hal-Vilvorde, c’est un symbole, comme les Fourons. Si on y touche, nous monterons donc sur nos ergots. Nous serons solidaires … »
Laurette Onkelinx, PS, vice-Première ministre fédérale, conseillère communale à Schaerbeek, frappait fort : « … Les Flamands veulent une réforme de l’Etat. Ce qu’ils n’obtiennent pas dans une grande négociation, ils l’arrachent par petites touches sournoise es et discrètes… Les francophones ne veulent pas une fédéralisation de la Justice ? Qu’à cela ne tienne, on va déjà confier aux Communautés le soin de former les magistrats. Les francophones refusent l’éclatement de la SNCB ? Qu’à cela ne tienne, des représentants des Régions sont entrés dans le conseil d’administration, et on acceptera l’argent flamand pour des voies ferrées flamandes, et il n’y aura pas d’argent pour les voies ferrées wallonnes… Il ne faut pas être naïfs. Les Flamands savent ce qu’ils veulent et rien ne les arrêtera. Ce qui se passe aujourd’hui est bien plus grave et bien plus inquiétant qu’une discussion institutionnelle. Parce que les francophones, et au premier titre le M R, … cèdent unilatéralement sur toute une série de questions et que celles-ci ne feront donc pas partie de la grande discussion… »
Olivier Maingain, FDF, député-bourgmestre, président des FDF, tenait des propos fermes et catégoriques ; en juin 2002, il disait à propos de Bruxelles : « Je ne veux ni d’une Région croupion par rapport aux communes, ni de communes réduites à des mairies d’arrondissements ou à des guichets administratifs de la Région ». En avril/mai 2004, il faisait le serment : « Je dis clairement que nous n’avons plus rien à payer au plan institutionnel à Bruxelles et en périphérie. Jamais nous n’accepterons les plans flamands visant à mettre Bruxelles sous tutelle ». Il affirmait : « … S’ils (les Flamands, ndlr) veulent la scission, on parlera de l’élargissement de la Région, ce qui mettra enfin Bruxelles en conformité avec sa réalité socio-économique et brisera le carcan, en faisant le lien avec la Wallonie… ». Octobre 2007, Olivier Maingain ponctuait la mise en garde du monde politique francophone contre la naïveté à l’égard des paroles mielleuses des partis flamands : « Les élus francophones dans les communes à facilités s’exprimeront en français lors des conseils communaux… Ce qu’on accorde aux Flamands de Bruxelles doit l’être aussi aux 150 000 francophones de la périphérie… L’enjeu le plus évident est de briser le carcan enfermant Bruxelles en Flandre, pour qu’elle ne soit pas emportée dans les bagages des nationalistes flamands ».
Avril 2011, Philippe Moureaux, vice-président du PS, confessait : « Moi, j’ai toujours été de ceux qui pensaient qu’il fallait trouver un compromis acceptable, certainement avec des reculs francophones. Mais je constate que tout ce que nous avons mis sur la table, tout ce que nous accepté est non seulement jugé insuffisant, mais que, à chaque fois, on veut aller plus loin en face. Dès lors, les francophones, y compris ceux qui comme moi qui étaient favorables à un compromis audacieux, même partiellement déséquilibré, ne peuvent aller plus loin. Ils sont allés au bout de leurs possibilités. Il faut creuser les tranchées… Bloquer l’offensive flamande. Ne plus accepter d’entrer dans des concessions supplémentaires. Nous sortirons des tranchées quand nous verrons qu’il y a une volonté de l’autre côté de négocier quelque chose de valable. »
Philippe Moureaux s’aligne sur la position de Olivier Maingain qui, dans une interview publiée dans le journal Le Soir du 21 février 2011, relançait sa mise garde au monde politique : « Scinder Bruxelles, redisait-il, c’est précipiter la scission du pays… Croire qu’on peut résoudre BHV sans avoir l’architecture globale du pays, c’est une erreur ! On ne peut pas prendre le risque d’enfermer Bruxelles en Flandre… ». Et, nouveauté, Olivier Maingain suggérait « d’interroger les habitants du Brabant flamand et du Brabant wallon sur un élargissement de Bruxelles. »
La Fédération Wallonie-Bruxelles a sa bible : le Manifeste pour l’unité francophone rédigé par Antoinette Spaak, FDF, ministre d’Etat, et Serge Moureaux, PS, député honoraire, ancien président de la Maison de la Francité.
La Flandre a son catéchisme : les résolutions du Parlement flamand de 1999. Greffons-y le diagnostic de Bart De Wever, historien, président de la N-VA, publié dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel : « Aujourd’hui l’Allemagne est redevenue la locomotive de l’Europe et la Belgique après des querelles politiques interminables est devenue le malade de l’Europe… La Belgique ne fonctionne plus ! La Belgique est une nation qui a échoué… »
On en est là !
16:35
Écrit par Raymond Watrice
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15.04.2011
LA PRESSION FLAMANDE SUR BRUXELLES...
LA PRESSION FLAMANDE SUR BRUXELLES…
frappe tous les secteurs avec pour objectif la cogestion de Bruxelles… dans un premier temps. Qui dit cogestion, dit répartition 50/50 des fonctions entre la Communauté flamande (qui représente quelque 9 % de la population bruxelloise) et la Communauté française (qui représente quelque 90 % de la population bruxelloise). Le Ministre-président de la Région flamande l’a encore tout récemment répété : « Bruxelles ne sera jamais une Région à part entière ».
Actuellement bon nombre de dossiers à coloration communautaire sont gérés séparément par la Cocof, Commission communautaire française, et la VGC, Vlaamse Gemeenschap Commissie. Certains de ces dossiers concernent une importante tranche des habitants, notamment en haut de l’échelle : l’enseignement, la culture, le tourisme, les personnes handicapées…
Assez bizarrement, les deux parties, francophone et néerlandophone, ont exprimé le souhait de se rencontrer au niveau des Parlements pour traiter en commun du secteur culturel.
Bizarre, disons-nous, car les députés des deux Parlements ne s’étaient jamais rencontrés ! Assouplissement de la position flamande à l’égard de Bruxelles ? Que non ! Dans le même temps, la Flandre renouvelle son exigence de la scission de BHV ! Il faut plutôt voir une opération camouflage des manœuvres de prise en force de la périphérie et d’une consolidation de la pénétration en Région bruxelloise : régionalisation de la culture, scission de BHV, contrôle de l’enseignement francophone et neutralisation des facilités linguistiques.
Que l’initiative d’une rencontre entre les deux Parlements vienne du côté du CDH, cela surprend d’autant que la présidente du Parlement bruxellois, Julie De Grote n’est certainement pas sans savoir que le Brussel Kunstenoverleg a dans le paquet de ses revendications en matière culturelle la régionalisation de la culture à Bruxelles.
Naïveté francophone ? Ou les prémisses d’un lâchage de la périphérie et de Bruxelles qui nous poussent à nous poser une question sur les raison de l’essaimage des FDF vers la Wallonie. Une fuite de Bruxelles ?
La mollesse de la réplique des partis francophones à la décision flamande de refuser, au nom du dogme « wonen in eigen streek », à une jeune femme francophone de Rhode St Genèse d’acheter une propriété dans sa commune suscite nos craintes dans une « réelle fermeté » des partis francophones. Nos craintes sont multipliées à la suite de la déclaration de Rudy Demotte, Ministre-président de la Région flamande, à la VRT de ne pas avoir d’objections à la régionalisation de la culture, de l’enseignement ! Les craintes de la marginalité de la langue française, du vasselage de la Wallonie, de la cogestion de Bruxelles avec dominance flamande se précise !
15:36
Écrit par Raymond Watrice
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