27.09.2010

BHV : UNE PISTE POUR UN "COMPROMIS A LA BELGE" ?

BHV :  UNE PISTE POUR UN "COMPROMIS A LA BELGE " ?

 

C'est la piste que le professeur émérite de l'ULB, Marcel Bolle de Bal, a proposée il y a un certain temps. Une solution intermédiaire entre les positions flamande et francophone. A-t-elle été examinée par les experts des partis politiques ? Ne peut-on pas y revenir ? Permettons-nous de la représenter à votre attention !

 

Les positions flamande et francophone

Position flamande : Scission pure et simple de BHV en deux arrondissements : l'arrondissement Hal-Vilvorde et l'arrondissement Bruxelles

Position francophone : Scission de BHV accouplée à un élargissement de Bruxelles en y intégrant les six communes à facilités : Crainhem, Drogenbos, Linkebeek, Rhode-St-Genèse, Wemmel, Wezembeek-Oppem

 

Proposition du professeur émérite Marcel Bolle de Bal : Une solution médiane

Faire des communes à facilités "une région de contact", "un arrondissement communautaire", bénéficiant d'un régime bilingue (une tutelle fédérale, bi-régionale, bi-communautaire ?) au sein duquel l'égalité entre les deux communautés  serait garantie par la loi ?

Pour le professeur Marcel Bolle de Bal, cet arrondissement serait, symboliquement et concrètement, le lieu de rencontre, de dialogue, d'échanges entre nos deux cultures, la consolation du "chagrin des Belges", le fondement d'un nouveau "pacte des Belges".

Il pose la question : Une telle solution ne pourrait-elle constituer un bel exemple de "compromis à la belge" : pas d'élargissement de Bruxelles (demande flamande),  une tutelle bilingue (demande francophone) ? Pouvons-nous rêver à une "paix des braves" de cet ordre ?

La voie que je viens d'esquisser ne pourrait-elle être utilement explorée par tous ceux qui ont à cœur le devenir de nos concitoyens au sein d'un pays pacifié, s'interroge-t-il ? Tel est mon vœu le plus cher.

14:43 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : piste, bolle de bal, solution médiane, bhv |  Facebook |

02.06.2010

BHV : UNE PISTE POUR UN COMPROMIS A LA BELGE...

Présentée par Marcel BOLLE de BAL, professeur émérite de l'ULB+ + + Une idée répandue aujourd’hui, partout répétée dans les médias et le monde politique : la « frontière linguistique » aurait été définitivement fixée en 1962-63. Cette affirmation ne correspond pas à la réalité historique. En ce temps-là, il existait, en dehors d’elle, un « arrondissement spécial » réunissant notamment les communes dites « à facilités ». Freddy Terwagne, ministre des Réformes Institutionnelles, l’a reconnu : par écrit : ces communes « étaient juridiquement en l’air », ni en Flandre, ni intégrées à Bruxelles, mais dépendant d’une autorité nationale. Le ministre Gilson, artisan du compromis de 1962, a redit, peu avant sa mort , que la fixation de la « frontière » n’était alors pas définitive dans l’esprit des signataires (tout au moins francophones). + + +Ce n’est qu’en 1988 que cette « frontière » est devenue (provisoirement ?) définitive : ces communes ont été placées sous la tutelle de la région flamande, source de tous les problèmes actuels : non nomination de trois bourgmestres démocratiquement élus, grignotage des facilités, tracasseries administratives, circulaires Maertens et Peeters, pratiques discriminatoires en matière d’accès à la culture et au logement social, inspection scolaire, blocage de dossiers communaux, contestation de l’envoi de convocations électorales dans la langue de l’électeur, etc. + + +Du point de vue de l’observateur scientifique, le nœud du problème réside dans le fait que la réalité institutionnelle et politique ne correspond pas en l’occurrence à la réalité sociologique bilingue de ces entités à fortes majorités francophones. Tant que ce hiatus ne sera pas supprimé, tant que ces deux réalités ne seront pas remises en concordance, les problèmes continueront à prospérer : les habitants de ces communes ne se sentent ni bruxellois, ni flamands, mais tiennent à vivre dans un environnement bilingue au sein duquel les relations de voisinage sont amicales et cordiales ; Scinder BHV sans reconnaître à ces communes leur ancien statut bilingue de fait (avant 1962) ne fera que nourrir de futurs et interminables conflits. + + +Alors, que faire ? Elargir Bruxelles en y intégrant au moins les six communes à facilités : tel est le désir des francophones, exprimé à maintes reprises par des motions votées par les conseils communaux de ces entités. Opposition flamande. Scinder purement et simplement BHV : tel est le désir des politiques flamands. Opposition francophone. Pourquoi ne pas envisager une solution médiane : faire de ces communes une « région de contact », un « arrondissement communautaire », bénéficiant d’un régime bilingue (une tutelle fédérale, bi-régionale ou bi-communautaire ?), au sein duquel l’égalité entre les deux communautés serait garantie par la loi ? Une telle solution ne pourrait-elle constituer un bel exemple de « compromis à la belge » : pas d’élargissement de Bruxelles (demande flamande), une tutelle bilingue (demande francophone). Pouvons-nous rêver à une « paix des braves » de cet ordre ? Cet arrondissement serait, symboliquement et concrètement, le lieu de rencontre, de dialogue, d’échanges entre nos deux cultures, la consolation du « chagrin des Belges », le fondement d’un nouveau « pacte des Belges » …+ + +Intellectuel politiquement libre et surtout citoyen engagé, inquiet pour l’avenir de ce pays que j’aime, chaud partisan d’une Belgique fédérale unie, j’éprouve le désir d’en appeler à tous les candidats aux élections du 13 juin et aux futurs élus, pour qu’ils résolvent – si possible une fois pour toutes - la question de BHV par la conclusion d’un compromis honorable où chaque communauté et chaque région trouveront de réelles satisfactions : la voie que je viens d’esquisser ne pourrait-elle être utilement explorée par tous ceux qui ont à cœur le devenir de nos concitoyens au sein d’un pays pacifié ? Tel et mon vœu le plus cher.

19.05.2010

FORUM : nos locuteurs sur la toile

CONTROVERSE SUR LES MINORITES MAJORITAIRES ET SUR LA FRONTIERE LINGUISTIQUE + + +Réponse à Philippe Van Parijs + + +Sans vouloir exagérément couper les cheveux en quatre, " minorité" me paraît également contestable ou tout au moins insuffisant, mais sous un autre angle. Nous sommes des "minorités majoritaires" ou, si vous préférez, des "majorités minorisées". C'est l'un des paradoxes que j'ai mis en évidence dans mon livre "Surréaliste et paradoxale Belgique. Mémoires politiques d'un sociologue engagé, immigré chez soi et malgré soi" (Paris, l'Harmattan, 2003) ... plus que jamais d'actualité ! + + +Je saisis cette occasion pour vous signaler et mettre en évidence une erreur répétée par beaucoup, et donc en passe de devenir "vérité". Ce n'est pas en 1962/1963, contrairement à une affirmation ressassée aujourd'hui, que la frontière linguistique a été "définitivement" fixée. A l'époque, il existait un "arrondissement spécial" en dehors d'elle et les communes à facilités étaient "en l'air" (expression écrite de Freddy Terwagne, ministre des Réformes institutionnelles).. Ce n'est qu'en 1988 que la frontière est devenue (provisoirement ? ) définitive et que nos communes ont été soumises à la tutelle flamande, base de tous les problèmes actuels. + + + Marcel BOLLE de Bal

16.08.2008

OUI, J'AI PEUR. APPEL DE MARCEL BOLLE DE BAL, SOCIOLOGUE...

Dans un émouvant courrier, adressé il y a déjà un certain temps au quotidien Le Soir, Marcel Bolle de Bal, professeur émérite de sociologie de l’ULB, lançait un cri d’alarme « Oui, j’ai peur ». Voici des extraits.… J’ai peur. Notre pays traverse une très grave crise. La N-VA – séparatiste et indépendantiste à moyen et long terme – tire les ficelles de l’actuelle politique belge, a pris le CD&V en otage, à travers lui toute la Flandre, puis tout le pays.Oui, j’ai peur. N’est-il pas absurde, vain de vouloir négocier une réforme de l’Etat fédéral avec un groupe qui a pour vocation de supprimer cet Etat, faute de pouvoir le flamandiser totalement ? …Oui, j’ai peur : pour la première fois de ma vie (déjà longue), je doute du bon sens belge, je me sens devenir anti-flamand, je commence à ne plus croire en l’avenir de notre chère Belgique, terre de compromis et du célèbre « Pacte des Belges », à m’éprouver enclin à envisager favorablement (mais avec résignation) l’idée du séparatisme : laissons la Flandre à ses démons nationalistes et oeuvrons à la construction d’une nouvelle Belgique, fondée sur une association étroite entre Bruxelles et la Wallonie.Oui, j’ai peur, je suis en colère… et profondément triste, Francophones, rappelons-nous la célèbre adjuration de Paul-Henri Spaak : « Il n’est pas trop tard, mais il est temps », de réagir… et d’agir ! Unis ! (Marcel Bolle de Bal, Linkebeek)Des raisons d’avoir peur. La N-VA n’entraîne-t-elle pas dans son délire la LDD, Lijst Dedecker, qui monte en puissance ? Yves Leterme, CD&V, Premier ministre, adoube la N-VA : « Je suis le père du cartel CD&V/N-VA. Un père n’abandonne pas son enfant ». Les Flamands sont bloqués sur la symbolique du terrain. Ils sont imperméables à toute discussion.

06.11.2007

LE VRAI PROBLEME DE LA PERIPHERIE...

Marcel Bolle De Bal, professeur émérite de l’ULB, conseiller communal de Linkebeek de 1965 à 1973 et de 1989 à 2000, a écrit naguère un ouvrage au titre ô combien prémonitoire et d’une cruelle actualité : « Surréaliste et paradoxale Belgique. Mémoires politiques d’un sociologue engagé, immigré chez soi et malgré soi » (Paris, l’Harmattan, 2003). Il y décrit les avatars, tribulations et difficultés d’une commune à facilités qui depuis 42 ans réclame inlassablement un statut bilingue, voire son rattachement à la région bruxelloise … sans avoir jamais pu obtenir la satisfaction de cette légitime revendication. Dans ce livre, il profite de sa double expérience de sociologue et d’acteur politique pour élargir son propos, analyser les contradictions et atouts de cette nation écartelée en infra-nationalités (régions et communautés) et supra-nationalité (l’Europe en gestation) pour finalement nous exposer ses raisons de croire en la survie de ce pays-carrefour de civilisations. Nous lui avons demandé son avis sur la situation politique actuelle. -C’est bien volontiers que je réponds à votre sollicitation. A cette fin, je ne puis mieux faire, me semble-i-il, que de reprendre, en les développant quelque peu, les idées essentielles que j’ai esquissées dans un courrier de lecteur adressé au Soir, à la Libre Belgique et au Vif-l’Express. Voici ce que j’exprimais dans ce bref texte :Le vrai problème de la périphérie et de BHV - Il est de bon ton, aujourd'hui, de nous faire croire que le problème essentiel, pour ne pas dire unique, des habitants francophones de la périphérie et de BHV est celui de leurs droits électoraux (le président du CD&V sur les ondes de la RTBF ... et même certains négociateurs francophones ?). La réalité est bien plus complexe : ce qui est en cause est la pesante tutelle flamande et ses abus de pouvoir, le grignotage des facilités, nos droits judiciaires, les tracasseries administratives, l'enclavement de Bruxelles. La scission d'accord, mais pas sans qu'une solution soit trouvée pour ces problèmes cruciaux (pourquoi pas la création d'un arrondissement intercommunautaire, bi-communautaire et bi-culturel dépendant de l'Etat fédéral, comme solution de compromis?). -Ces trois médias ont rapidement publié ce courrier (il convient de les en remercier), lequel m’a valu plusieurs marques d’approbation et de soutien … mais, assez curieusement tous trois ont gommé la première parenthèse ! Je ne veux point y voir machiavélique malice politique … mais n’est-ce point étrange quand même cette convergence médiatique ? Aujourd’hui – 7 novembre 2007 – mon appel au secours est plus justifié que jamais : le refus de nommer quatre bourgmestres démocratiquement élus est la douloureuse illustration de ces abus de pouvoir que je dénonçais. Leur « crime » ? Avoir, comme cela se pratique sans problème depuis près d’un demi-siècle, adressé des convocations électorales dans la langue des électeurs ! La source de cette tracasserie – en passe de mettre à mal la gestion de ces communes, en fait privées d’un échevin – n’est autre que la tristement célèbre circulaire Peeters, jamais entérinée par les autorités juridiques ... Dans ces conditions, exigeons de nos « négociateurs » - présents et à venir – qu’ils imposent ces nominations sans contrepartie et qu’ils imaginent les moyens d’empêcher une tutelle flamande anti-francophone d’ainsi entraver la bonne gestion de communes où vivent de fortes majorités francophones. Plus généralement : puissent nos amis wallons ne pas sacrifier Bruxelles et sa périphérie pour de fallacieux compromis avec une Flandre complexée, avide de revanche sur les ex-riches Wallons ! Bruxelles n’est rien sans la Wallonie et la Wallonie n’est rien sans Bruxelles … dans l’Europe de demain !

29.10.2007

LA VOIX DES CITOYENS D'EN BAS

A travers le Courrier des Lecteurs du quotidien Le Soir. - • Carl DEVOS, professeur à l’université de Gand : …Les francophones promettent qu’ils ne refuseront aucune question, qu’il n’y aura pas de réformes non discutables. Ce n’est pas créatif, c’est facile. Une demi-menace n’est pas constructive.• HERMAN : … La Belgique aurait tout à gagner d’un confédéralisme pur jus !… Dans un Etat confédéral, on reste dans le même lit mais chacun avec sa couverture.• Anne PEYRAC : …On a mis tout le pourtour de Bruxelles en Flandre en échange de facilités pour les francophones… Laissez cette périphérie tranquille.• GUILLAUME : … quand on lit certaines réactions et certains éditoriaux, il y a de quoi se poser des questions… Mais bon, dans cinq ou dix ans, il n’y aura plus de Belgique. Alors, à quoi ça sert ?• MAXSTA : … Il en ressortira probablement ceci : une scission (ndlr de BHV) sans élargissement avec une longue série de peccadilles plus ou moins vendables devant l’électorat francophone et destinées à cacher le fait que les Flamands auront obtenu la scission et que les francophones n’auront pu décrocher l’élargissement… Je ne vois pas les politiciens francophones risquer la scission du pays, qui arrivera de toute façon, pour BHV.• Jean DEBUYST : Les frontières linguistiques n’ont rien d’intangibles : ce ne sont pas des frontières d’Etat.• Marcel BOLLE de BAL : … Le vrai problème des habitants francophones de la périphérie et de BHV est : la pesante tutelle flamande et ses abus de pouvoir, le grignotage des facilités, nos droits judiciaires, les tracasseries administratives, l’enclavement de Bruxelles… Une solution : pourquoi pas la création d’un arrondissement intercommunautaire, bi-communautaire et bi-culturel dépendant de l’Etat fédéral comme solution de compromis ?• Michel DUSART : La seule solution possible, eu égard au statut et au rayonnement international de Bruxelles, ne pourrait être que l’élargissement à son hinterland socio-économique naturel, allant jusqu’à Braine-l’Alleud – Waterloo vers le sud. Autant rêver ! Je suis intimement convaincu que la seule façon de poursuivre l’aventure belge sera pour les francophones à nouveau de « baisser leur pantalon »… Ne vaut-il pas mieux en terminer avec cette union caduque ?Paul SMET : La frontière linguistique avait, en 1963, comme seul but de cesser définitivement les disputes engendrées par des changements linguistiques de certaines communes, ce qui agaçait tant la Flandre. La frontière fixée et tout sera résolu, disait-on ! … Nous revivons le même scénario. Il faut « approfondir » la fédéralisation pour garantir la sauvegarde de l’Etat belge. C’est le slogan flamand. C’est de l’arnaque… Cessons d’avoir peur ! La Belgique, sans la Flandre, c’est le « schéma » qu’il faut suivre, c’est l’avenir de la Belgique. Soyons « proactifs » au lieu de subir la séparation