24/11/2011

CARREFOUR D'ACTION PARTICIPATIVE : LES QUESTIONS

LES QUESTIONS :

 

Dans l’hypothèse d’un éclatement de la Belgique, le problème est la frontière entre la Wallonie et la Flandre autour de Bruxelles.

  • La délimitation doit-elle se faire par une consultation des populations concernées ?
  • La scission de BHV approuvée par les partis traditionnels n’exclut-elle pas une consultation populaire dans le tracé de la frontière entre la Wallonie et la Flandre ?

 

Mauri Villa

 

Osons demander la vérité ! Osons la créativité ! Osons questionner !

Usons de notre liberté d’expression pour crier notre ras-le-bol des simagrées particratiques du PS, du MR, du CDH et d’Ecolo !

Usons de notre liberté d’expression pour exiger la vérité sur l’état des finances publiques !

Usons de notre liberté d’expression pour réclamer le retour au financement des dépenses de l’Etat par l’émission de bons d’Etat, exempts de précompte mobilier, correspondant aux taux des marchés financiers !

16:22 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, bhv, wallonie, flandre, bruxelles, émission, bons d'etat |  Facebook |

21/11/2011

LES MINAUDERIES DES PARTIS TRADITIONNELS OU LA GUERRE DES PARTIS...

 

Ainsi pourrait-on caricaturer les simagrées du MR et du PS : pour les uns prendre le pouvoir en Wallonie et à Bruxelles, pour les autres conserver ce pouvoir. Et Ecolo n’est pas en reste ; ses professions de foi « hypocrites » pour une Belgique unitaire se multiplient en présentant son union avec Groen, le parti flamand écologiste, aussi nationaliste que les autres formations politiques flamandes.

Chacun d’entre eux se montre plus attentif que l’autre aux problèmes sociaux. Le MR affirme que le PS veut taxer les carnets d’épargne, augmenter le prix des titres services, taxer les voitures de société, lever un impôt sur le patrimoine, réformer les intérêts notionnels…Taxer et taxer encore… ! En général les libéraux estiment que les propositions du socialiste Di Rupo sont « indigestes ». Ils se réjouissent, toutefois, des propositions portant sur la réduction des allocations de chômage, sur la réforme des pensions, sur l’augmentation de la quotité exemptée d’impôts, sur la réduction des dépenses des ministères et des administrations publiques, sur la réduction des soins de santé…
Et le marathon continue. Les partis jouent à qui lâchera le premier. La loi de la particratie. Des questions se posent. Le MR fait-il payer au PS l’humiliation de l’avoir écarté des institutions régionales alors qu’il est le premier parti à Bruxelles, (maintenant le second parti à Bruxelles après le retrait du FDF de la fédération MR) et le second parti en Wallonie ? Le PS marque-t-il son arrogance d’être le premier parti en Wallonie et, maintenant, le premier parti à Bruxelles ? Le CDH s’accroche-t-il docilement au PS pour se maintenir au pouvoir régional ? Ecolo développe-t-il une image rouge jaune pour bétonner son avenir ? Dans cette lutte entre les deux Grands, les deux poucets, le CDH et Ecolo, tentent de faire entendre leur voix en l’axant pour le CDH sur les services de sécurité et d’incendie et pour les Verts, interdits de gouvernement fédéral,  sur la carte de l’emploi. « L’austérité ne créera pas d’emploi » déclare Jean-Marc Nollet, député Ecolo.

Les petites phrases assassines fleurissent. La particratie épanouissante. Un observateur flamand s’exclame : « Pour moi, les libéraux flamands veulent montrer à quel point le prochain gouvernement sera meilleur que le précédent. Et le MR souhaite à tout prix affaiblir Di Rupo ». Didier Reynders, MR, ministre des Finances, assène dans le Morgen : « Le PS doit, à son tour, payer, le MR ayant, lui, déjà payé un lourd tribut sur l’institutionnel. Le poste de Premier ministre, cela a un prix ». Un aveu indirect d’un accord non équilibré sur l’institutionnel : la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde sans contrepartie ! Dans les rangs du MR, on lance des « piques », on répand des « vannes » : « Dans le communautaire, le formateur était au-dessus de la mêlée. Sur le budget, on voit maintenant qu’il est d’abord le président du PS ». Le CDH s’ébroue et adresse des reproches au formateur Elio Di Rupo tout en le poussant à avoir une « attitude plus énergique » : « Il est temps que le formateur tape du poing sur la table… Un formateur lent, passif, manquant de leadership ». Pas moins ! Eric Van Rompuy, CD&V, enfonce le clou sur son blog : « Di Rupo n’a toujours pas prouvé qu’il est un Premier ministre capable de conduire le pays en temps de crise économique… Di Rupo déçoit, c’est ce que j’entends quotidiennement au CD&V et en dehors ». Les syndicats s’impatientent.

Hors l’arène, le PS se donne une image de grand seigneur, de sauveur du pays. Le MR, après avoir perdu le FDF, pour avoir donné son accord sur la scission de BHV et avoir lâché la périphérie bruxelloise, tente en coulisse de nouer un « deal » avec le PS pour bétonner une entrée dans les gouvernements régionaux en proposant, au surplus, la mise en sourdine de ses exigences en matière socio-économique. L’idée d’une entrée du MR dans les majorités régionales fait son chemin dans les partis. Alors, l’annonce d’une prochaine entrée du MR dans les majorités régionales sera-t-elle pour demain, dès avant la mobilisation générale du 2 décembre prochain ? Pour les libéraux, les socialistes, les sociaux-chrétiens, c’est un « oui » voilé. Pour les Verts, c’est « niet » : « Ce ne sont que des manœuvres en « communication » de la part des états-majors bleus et rouges qui s’affrontent », rapporte Le Soir du 17 novembre. La mise en place des grandes manœuvres ! « Le trop à gauche » serait en cours d’être « adouci » par un geste socialiste sur les allocations de chômage, la réforme des pensions et sur l’indexation des salaires… ! Du bleu au programme gouvernemental !

Mais, encore un chouia de dramatisation ! Du côté flamand, les bons mots réapparaissent ! « Le problème se trouve surtout au PS » pontifie Vincent Van Quickenborne, Open VLD. « Le PS ne se comporte pas comme un parti qui doit fournir un Premier ministre » assène le socialiste flamand Bruno Tobback, SP.A. Du côté francophone, on peut lire dans Le Soir du 18 novembre 2011 une flopée de « bons mots » : « A gauche et au centre, on entendait ceci : « Mais à quoi jouent les libéraux ? On dirait qu’ils freinent la négociation. On ne comprend pas cette stratégie ». A droite, on entendait ceci : « Mais qu’attend Elio Di Rupo pour faire un pas dans notre direction ? Il suffit d’un petit geste de sa part, et le budget est bouclé. Cela peut prendre une heure ». Côté MR, on se défend de faire traîner les débats : « Il n’y a pas de petits jeux politiques. Il faut faire un effort historique de 11,3 milliards d’euros et c’est difficile entre le PS et les libéraux. C’est la seule réalité ». Charles Michel ferait payer le prix de son lâchage de la périphérie bruxelloise. Ahurissant ! Côté PS, on répète que, des concessions, Di Rupo en a fait à l’envi : « Ses notes sont déjà des textes de compromis. Et aller encore plus loin, c’est déséquilibré ». Et ça grince, ça grogne, ça gronde du côté de la FGTB ; on y estime que le PS renie ses engagements électoraux de juin 2007 et qu’il perd son âme !

Dramatisation ! La particratie au pouvoir !

Osons demander la vérité ! Osons questionner ! Osons la créativité ! Appelons à une logique de rassemblement des forces wallonnes et bruxelloises, à la naissance d’un parti rassembleur, bâtisseur !

Vouloir un avenir stable. Ouvrir les yeux. Bannir le mirage des privilèges.

 

Mauri Villa

16:48 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, bruxelles, groen, di rupo, ps, mr, cd&v, open vld, fdf, cdh, ecolo |  Facebook |

15/09/2011

OLIVIER MAINGAIN : "BRISER LE CARCAN BRUXELLOIS"

 

Olivier Maingain, président du FDF, député fédéral, ancien échevin de Bruxelles-Ville, actuel bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, juriste, plaide en faveur d’un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie : C’est la manière d’établir une relation équilibrée entre Bruxelles et ses deux régions voisines, le gage d’un Etat stable ». Son combat, sa conviction, sa foi.

Il livre sa stratégie avec clarté dans ses contacts avec la presse et dans le mensuel du FDF « Perspectives francophones » : élargir Bruxelles, ratifier la convention-cadre, étendre les pouvoirs de la Communauté française.

Dans un contact avec David Coppi, journaliste, publié dans Le Soir du 18 août 2011, il rappelle : «  L’existence de l’arrondissement de BHV était une compensation au tracé de la frontière linguistique au début des années soixante. Donc, si d’aucuns du côté flamand estiment aujourd’hui qu’ils sont en droit de remettre en cause l’existence de BHV, nous sommes en droit, nous, de remettre en cause la frontière linguistique… ».

Il éclaire la portée d’une scission de BHV. « … Il est faux de faire croire aux gens, pontifie-t-il, que l’on va stabiliser le pays parce que l’on va scinder le pays. Si on laisse faire les choses aux conditions des partis flamands, la scission sera la préfiguration du confédéralisme voire du séparatisme… Une scission de BHV et l’acceptation d’une frontière linguistique, qui deviendrait une future frontière d’Etat, sont les plus puissants leviers pour nourrir le nationalisme et le séparatisme au Nord du pays. Car, dans ce cas-là, Bruxelles est enfermée en Flandre… Ceux qui n’auront pas le courage de dire non à la scission de BHV n’auront pas davantage le courage demain de dire non à la scission de la Sécu, voire même du pays. C’est la grave erreur des Francophones : ils ne voient jamais dans l’étape d’une négociation institutionnelle ce qui prépare déjà l’étape suivante dans le point de vue des Flamands ».

Il exprime sa détermination dans son analyse livrée au quotidien La Libre Belgique des samedi et dimanche 10 et 11 septembre 2011 : « La meilleure des formules, souligne-t-il, c’est le rattachement à Bruxelles des six communes à facilités…Prenons cette liste de fabuleuses compensations exceptionnelles… Cela ne répond pas au problème fondamental de l’enfermement de Bruxelles… Le projet d’étouffement de Bruxelles est en marche ! Mais c’est cela la scission de BHV : l’accaparement par la Flandre de Bruxelles. Il faut desserrer l’étau territorial qui enferme Bruxelles sinon à terme la Flandre va faire croire au monde entier que Bruxelles est effectivement en Flandre…

Il met en garde. « … Je suis au regret de dire que la Communauté urbaine, c’est une tranche de lasagne supplémentaire et c’est absolument sans intérêt… C’est un début de mise sous tutelle de la Région bruxelloise… Les Flamands nous demandent de préparer la prospérité future de la Flandre qui va nous mettre en difficulté, d’enfermer Bruxelles en Flandre… Le CD&V veut les avantages du séparatisme sans les inconvénients… ».

Il s’ouvre. « … Je suis déterminé… Ceux qui pensent qu’on va stabiliser le pays avec un accord très déséquilibré se trompent et trompent l’opinion publique. Il faut aussi arrêter de nous dire que la ;prospérité d’un pays dépend de la scission d’un arrondissement ? Personne ne réclame cela au niveau européen. C’est honteux. C’est un chantage… ».

16:43 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : david coppi, olivier maingain, bhv, fdf, bruxelles, sécu, lasagne, flandre |  Facebook |

FRANCOIS PERIN : "FINISSONS-EN"

 

François Perin,  ancien professeur de droit constitutionnel, historien, écrivain, sénateur fédéral, ministre fédéral, fondateur du Mouvement populaire wallon, du Rassemblement wallon… s’est confié à David Coppi, journaliste dans une interview publiée dans le quotidien Le Soir des samedi et dimanche 6 et 7 août 2011.

Il affirme d’emblée que la Flandre fonctionne comme une Nation. Voyez : « Kris Pieters, président du gouvernement flamand, demande, lui, à être reçu à l’étranger comme un chef d’Etat. Il prend de l’avance si vous voulez. Et il n’est pas N-VA, mais CVP, CD&V si vous voulez, héritier du grand et influent parti catholique flamand. Chef d’Etat… ».

Il se fonde sur l’Histoire. « Il y a quelque chose que la presse et les médias ne rappellent jamais, souligne-t-il, et c’est fondamental : en 1830, à cause de la défaite de Napoléon à Waterloo, les neuf départements du Nord – par sanction – sont enlevés à l’Empire, et là, ce que l’on appellera le « Congrès national belge », alu après la révolution de novembre, est le fruit du vote d’à peine 2 % de la population ! 2 % émanant de la grande bourgeoisie… ».

Il pose la question : « Qui intervient à l’époque pour consolider tout cela ? L’Angleterre, vainqueur, avec Wellington, de Bonaparte. En effet, que se passe-t-il ? Le Congrès national désigne un roi : un collatéral des Bourbons, un prince français. Les Anglais disent »non ». Ils récusent notre candidat… Ils imposent un prince de leur choix… ».

Il prophétise une déclaration d’indépendance de la Flandre. « …C’est, en tout cas, ce que souhaitent les principaux leaders flamands, à commencer par ceux de la N-VA, qui ont une grande influence sur les autres. Et moi, personnellement, je le souhaite aussi !... ».

Il suggère une solution et une seule. « … Il n’y a qu’une issue, affirme-t-il, à laquelle les politiques ne se résolvent pas : devenir une région de France, graduellement. Quel est l’intérêt de s’acharner à vouloir un gouvernement belge ? C’est que cela fournit un grand nombre d’emplois de ministres et de cabinets ministériels. Alors, on tire sur la corde… Bruxelles est une ville internationale. Point. Les Bruxellois, d’ailleurs, sont francophones mais francophobes. Je souhaite donc le scénario suivant : la proclamation d’indépendance de la Flandre, une négociation pacifique de la séparation et du sort de Bruxelles, et la Wallonie en France. C’est mon opinion… ».

Il réaffirme, comme d’autres personnalités, que « le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence et haine par certains,  tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais… ».

Sa conclusion : « Finissons-en ».

 

 

 

16:27 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois perin, kries pieters, n-va, cd&v, bruxelles, nationalisme |  Facebook |

13/08/2011

LWRB - TABLE DE REFLEXION PORTANT SUR L'AVENIR DU FRANCAIS (suite n° 2)

En complément d’une analyse de l’avenir du français en Belgique, nous avons posé les questions suivantes  à nos locuteurs :

-         La fin de la francophonie belge se dessine-t-elle ?

-         La Flandre veut-elle la scission de BHV ?

-         Ne fait-elle pas monter les enchères pour étendre sa tutelle sur l’ensemble du territoire belge ?

Nous vous présentons, ci-dessous, la suite n°2 des réflexions de nos lecteurs.

Le but de notre Table de réflexion est de développer entre les locuteurs un échange d’idées sur le devenir de la Belgique et de la francophonie belge

 

TABLE DE REFLEXION. L’AVENIR DU FRANÇAIS EN Belgique, suite n° 2

 

* BOULARD J.G., par courriel  -  Je reçois régulièrement vos courriers et donc les informations diverses relatives au combat que vous menez à Bruxelles pour la défense des droits francophones. Je vous en remercie et vous félicite pour cette constance dans l’idéal.

Vous sollicitez mon opinion ainsi que, je le présume, mon appui. C’est peut-être accorder beaucoup d’importance à quelqu’un qui, bien certainement se sent interpellé par une situation inquiétante, mais se trouve fort en peine d’exprimer un avis très lucide sur la question.

Évidemment, de manière un peu viscérale et sentimentale, je rejoins votre cause. En effet, je me sens philosophiquement chatouilleux sur la question des droits humains d’une part, et d’autre part je reste attaché à l’idée d’une Belgique unie, aux symboles qui la représentent comme telle pour en avoir prêté le serment de fidélité comme enseignant et, jadis, comme officier de la Réserve.

Ceci dit. Il est assez remarquable que notre pays, qui n’a jamais constitué, à proprement parler une « nation », n’ait jamais été un État que par la volonté des puissants États voisins. Les succès « historiques » remportés contre Guillaume d’Orange (plus que contre les Pays-Bas) ne doivent être perçus et compris qu’en tant qu’expression de causes communes momentanées, à l’instar des multiples révoltes locales précédentes contre les occupants successifs.

Cet État politiquement artificiel approche son bicentenaire grâce à des alchimies diverses et imposées (économique, militaire, politique, religieuse) qui ont contribué à la mise au point d’une méthode de gouvernement fondée sur le « consensualisme », et aussi grâce à la présence, à la tête de l’État, du symbole monarchique imposé lui aussi, et de premiers ministres assez visionnaires qui avaient l’ambition de forger l’unité nationale, ayant une carrure d’hommes d’État de niveau européen nonobstant certaines faiblesses.

Ce n’était pas une « Nation » à proprement parler car il n’y a jamais eu de profond sentiment d’appartenance socio-historique qu’au niveau des provinces ( malencontreusement remises en cause), qu’au niveau de la religion (en déliquescence), et sur un plan nuancé, au niveau socio-économique lors des grandes luttes ouvrières (totalement anesthésiées). Tout cela sans compter le travail de sape qui, avec une lente et sournoise efficacité, a vu disparaître l’un après l’autre les grands organismes et institutions publiques ou privées de l’État (douanes, Société Générale, industries, communications, etc.) auxquels le personnel était assez fier d’appartenir, ce qui pouvait favoriser un sentiment de « citoyenneté ». De tout cela il ne reste que des bribes éparpillées entre Régions et Communautés…

Pour le reste, il a failli y avoir une « cause » wallonne, mais on la chercherait en vain aujourd’hui. Il y a autant de distance sociale entre les Lorrains d’Arlon et les Hainuyers de Mons et Charleroi qu’entre les Borains du Centre et les Liégeois principautaires. La distance entre les Ostendais et les Bastognards n’est pas plus grande…

Cela est vrai aussi pour les Flandres et autres provinces flamandes. À cette différence près que la « cause » linguistique néerlandophone se révèle être beaucoup plus sensible là-bas que la sensibilité francophone ici.

Ce fut une énorme erreur politique de matérialiser cette notion-là en l’identifiant à une Région. Nous en payons lourdement les conséquences aujourd’hui. Qui plus est, cette question est vectrice d’unité au nord, elle ne l’est pas au sud.

La langue est une cause particulièrement sensible au niveau individuel comme au niveau social : elle est un ciment culturel séculaire, elle est un lien psychologique essentiel de l’expression de soi et du partage des joies, des peines et des révoltes. Cette force est très vive au Nord. Ce n’est pas le cas au Sud puisque les dialectes wallons appartiennent à un folklore tombé en désuétude dont la survie n’est qu’artificielle puisqu’ils ne sont plus intégrés dans le quotidien. Quant à la langue française, sa gloire, comme l’attractivité de Paris et de la France, nous dépassent si largement, que sa sensibilité (avec tout ce que cela représente de filiation et de projet) n’est plus que l’affaire de quelques intellectuels et quelques spécialistes.

Dans une thèse que j’ai eu l’occasion de rédiger, il m’a bien fallu constater que les grandes idées révolutionnaires et libertaires véhiculées par la langue française, même si de grandes individualités wallonnes y sont  allées participer, ces grandes idées donc restent affaires « de France »… Elles ne seraient nôtres, pensent certains, que si nous devenions nous-mêmes Français…

La relation Bruxelles-Wallonie n’a pas non plus la solidité qu’on voudrait lui voir afficher…

Il faut relire le très important ouvrage sur l’identité wallonne, publié par l’Institut Jules Destrée, sous la signature de Philippe Destatte, pour comprendre combien la suspicion, l’amertume, l’incompréhension sont grandes entre la Wallonie et Bruxelles – et donc la distance – et se rendre compte ainsi qu’une cause commune est quasi illusoire.

Dès avant la guerre 14/18, la capitale (par son centralisme administratif, financier et celui des affaires) a vidé la Wallonie de toutes ses forces, de ses ressources aussi, ne laissant sur place qu’un gisant décharné. D’une part, ce qui restait a été dépecé par des rapacités de tous bords et de toutes nationalités (Luxembourg, France, Hollande, etc.), et d’autre part, ce pillage a offert au « nationalisme » flamand l’ennemi idéal, faible et désorganisé, comme adversaire, responsable de tous les maux, en cause commune. Et cela sur tous les plans : historique, social, politique… et même fiscal (ce qui est encore plus sensible !).

S’il y a eu, voici un siècle, le début d’une conscience wallonne (plus que francophone), mise à mal par le charisme du roi Albert Ier après la « Grande Guerre », mise à mal par le centralisme bruxellois et, de même, par la montée en puissance de la « flamandisation », il faut reconnaître qu’elle n’a pu renaître qu’épisodiquement avec A. Renard lors de la résurgence de luttes ouvrières, dont elle était d’ailleurs issue. À part Destrée en son temps, il n’y a jamais eu une intelligentsia francophone qui ne soit en grande partie bruxelloise et donc plutôt indifférente à ce qui touchait le malheur économique wallon.

Il ne faut donc pas trop espérer, aujourd’hui, voir la naissance d’une approbation inconditionnelle wallonne à la cause bruxelloise, et moins encore d’une vraie fraternité. Jadis, pour prendre un exemple dans l’histoire récente, seuls les Polonais eux-mêmes étaient prêts à « mourir pour Dantzig ». Je ne crois pas que les Namurois, les Liégeois, les Carolos et autres Wallons francophones ou germanophones soient prêts à « mourir » pour Bruxelles…

 

Enfin, on pourrait encore disserter longtemps sur les multiples aspects de ce problème… et additionner les raisons de désaccord. .. au point d’en arriver à la conclusion que la seule chose qui rapproche encore aujourd’hui la Flandre et la Wallonie, c’est un sujet… de discorde : Bruxelles.

Je ne peux entrevoir pour cela qu’un avenir très sombre.

À court terme, des compromis aléatoires pour prolonger l’agonie.

On utilise largement le vocabulaire de la scénographie pour parler de la situation belge : drame, tragédie, scène, pitrerie, histrion, etc. Restons dans ce type de langage pour imaginer la suite. Au théâtre l’action n’avance que par rebondissements ou coups de théâtre. Il faut constater que les rebondissements (par la volonté des personnages) n’aboutissent guère, malgré l’imagination royale…

Alors il faut un coup de théâtre (Deus ex machina) venu de l’extérieur : par exemple que M. Sarkozi et Mme Merckel réclamant le titre et les moyens de capitale de l’Europe pour Strasbourg ou Bonn ; ou alors que les instances financières mondiales déclarent une banqueroute totale de l’État belge… On verrait, à ce moment-là, les choses avancer, tant au Nord qu’au Sud… dans une certaine panique…

On peut également imaginer un sursis dans une adaptation des possibilités électorales : l’extension du FDF à toute la Wallonie, une circonscription électorale nationale… Mais il faudrait y arriver par un coup de force qui n’aurait jamais l’assentiment flamand… Et je crains que tôt ou tard, on ne se retrouve au même point.

À long terme, l’éclatement du pays et, y compris, l’éclatement de la Wallonie, en départements différents, rattachés à diverses « Grandes Régions » existantes de France, d’Allemagne et même du GD de Luxembourg. Ce qui existe déjà de façon embryonnaire. Encore une fois, il y a plus d’affinités entre Arlon, Luxembourg et Metz, entre Tournai et Lille, qu’entre Bruxelles et Namur.

Et Bruxelles alors, dans tout cela ? Progressivement annexée, dévorée de l’intérieur par une zizanie interne qui donne le champ libre aux rongeurs, la vieille grande ville flamande, peu à peu désertée, se vide de toute substance. Une défroque qui deviendra un chancre d’immigration en « Terre de Flandre » !

Les exemples millénaires ne manquent pas.

Et même, il y a eu « Bruges-la-morte »…

Bien sûr qu’il faut lutter contre cet apocalypse. Vous le faites assurément. Mais avec quelle vision ambitieuse ? Quels moyens ? Quelles grandes pointures susceptibles de mobiliser une population de plus en plus hétéroclite, socialement et culturellement ?

Le Bruxelles d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la ville de 1940 qui aurait été capable de prendre les armes contre l’occupant… Et même, à supposer que par la seule force des lois, on puisse faire refluer la marée flamande, il n’y a rien d’assez « grand », d’assez ambitieux, d’assez séduisant à mettre à la place.

Hélas !

Maintenant, en ce qui concerne la langue française, c’est une autre question. J’ai pu, lors de plusieurs voyages, constater sa bonne santé. Il faut un langage élémentaire pour qu’il y ait une compréhension minimale entre les peuples ; l’anglo-américain abâtardi semble faire l’affaire, mais cela reste une coquille vide qui ne détrônera jamais les grands langages de cultures.

 

 

14:49 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bhv, français, bruxelles |  Facebook |

12/08/2011

L'ASSAUT FLAMAND FINAL SUR BRUXELLES EST BEL ET BIEN LANCE...

 

Le CD&V, à qui la N-VA a passé la main, a donné le signal de l’assaut final le mardi 9 août 2011,  J + 424 sans gouvernement. Wouter Beke, président du CD&V, a sonné l’hallali !

Dans une interview au Laatse Nieuws, Wouter Beke embouche la trompe : « « Un accord est un accord. J’exige que tout le monde s’y tienne. On ne doit pas me convaincre que la situation financière est sérieuse, mais dans la négociation gouvernementale, la séquence a été décidée : d’abord BHV… Je n’accepterai pas que Elio Di Rupo ouvre parallèlement une deuxième table de négociation… S’il le fait, ce sera sans le CD&V ». C’est clair, c’est net : une capitulation sans condition imposée par le CD&V, par la Flandre.

Et les genoux francophones se plient. Di Rupo, président du PS, formateur, selon le porte parole du CD&V, a dit à Wouter Beke « qu’il honorera l’accord de juillet » ; Joëlle Milquet, présidente du CDH,  dit la même chose : « Nous respecterons l’accord passé avec Wouter Beke ». Au demeurant, le secrétaire d’Etat au Budget Melchior Wathelet, CDH, a clairement résolu le dilemme en trois temps : « 1. Régler BHV dans la seconde quinzaine du mois d’août et éventuellement début septembre. 2. Formation d’un gouvernement en septembre. 3. Elaboration du budget 2012 durant la première quinzaine d’octobre. Ecolo, adroitement et hypocritement, passe par un petit crochet : « …On ne peut pas laisser passer un mois ou attendre une solution sur un autre sujet pour aborder le budget par une voie sûre et rapide, peu importe laquelle ». Charles Michel, président du MR,  ne pipe mot… Serait-il embarrassé par le fait que c’est son allié flamand naturel, l’Open VLD, qui a fait tomber le gouvernement Leterme ? Optera-t-il pour la formule : « le budget ou rien » ? Une constatation inquiétante : tout le monde se tait au M R.

« Bruxelles français », le cri de ralliement de 1964 s’éteint !

Une bonne conscience : la scission de BHV sans frontière d’Etat ! Elle est offerte au PS, au CDH et à Ecolo par le politologue à l’UCL, Vincent Laborderie, spécialiste des opérations d’Etats et de la reconnaissance internationale. Dans une étude, Vincent Laborderie, souligne que la règle « Uti possidetis » selon laquelle les frontières administratives se transforment en frontières ne s’applique pas en cas de scission d’un pays ; cette règle ne s’appliquerait qu’aux frontières externes des Etats qui se séparent (ex. la Tchéquie et la Slovaquie qui formaient la Tchécoslovaquie). Le politologue appuie ses dires par la confirmation, par Eric David, professeur de droit international à l’ULB, que « cette règle, (frontières externes, ndlr), figurait dans les manuels de droit international. Pour les frontières internes des Etats, il n’y a pas de règle ». Vincent Laborderie se réfère aussi au rapport de la Commission Badinter : « Ceci était écrit dans le rapport de la Commission Badinter, qui avait réglé les frontières entre les pays de l’ex-Yougoslavie en guerre civile. Il n’est pas concevable de scinder la Belgique autrement, précise-t-il, que par la négociation des frontières avec une médiation ou un encadrement de l’Union européenne ».  En conclusion de son étude, Vincent Laborderie affirme que « la scission de BHV n’aurait aucun impact sur la fixation des futures frontières en cas d’indépendance flamande ».

Du pain bénit pour la Flandre, qui peut asseoir sa prospérité sur le vasselage de la Wallonie. Du pain bis pour les cellules wallonnes du PS, du CDH et d’Ecolo qui peuvent se délester des boulets périphériques tout en soulignant le « sauvetage » de la Belgique. Du pain suret pour le M R, qui se tait, tiraillé par ses branches LB, FDF, MCC.

Imaginons et posons-nous la question : « Quelles seraient les frontières des nouveaux Etats issus de l’éclatement de la Belgique ? » Les frontières externes des nouveaux Etats seront celles que l’Union européenne imposera aux Flamands et aux Francophones sur la base du principe « Uti possidetis » dans le cadre de frontières internes fixées par la consultation des populations concernées. Il est douteux que la Flandre accepte ce scénario. Elle perdrait la périphérie et Bruxelles, les Fourons et plusieurs communes tout au long de la frontière linguistique actuelle… Elle mise sur la rivalité entre les socialistes et les libéraux pour s’accaparer les postes ministériels importants et la région bruxelloise, plaçant la Wallonie sur son vasselage.

15:45 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ps, cdh, cd&v, fdf, fourons, bruxelles |  Facebook |

11/07/2011

EXISTER OU DISPARAITRE

 

Le dilemme posé à la Communauté française de Belgique.

Pendant que la Communauté flamande renforce sa puissance économique, occupe les postes ministériels importants, élargit son espace territorial, trace son infrastructure routière, fluviale et ferroviaire tournée vers l’axe économique Gent, Bruxelles, Antwerpen, Amsterdam, Cologne pour capter le trafic à petit tonnage de la Ruhr, la Communauté française devrait être attentive aux potentialités de développement que véhiculent les décrets français ouvrant les ports français aux géants des mers.

Le trafic maritime de demain ouvre, en particulier, à la Wallonie des possibilités de retrouver la grandeur d’antan sur l’axe économique Ruhr, Liège, Charleroi, Lille, Dunkerque. Seuls les ports français seront accessibles aux navires de haut tonnage. Les ports d’estuaire au tirant d’eau trop faible que sont Antwerpen et Rotterdam ne pourront accueillir ces gros navires marchands. Une opportunité à saisir.

Dans cette perspective, La Wallonie et Bruxelles devraient se rencontrer pour mettre au point un projet de développement de zones conurbation, plus ou moins égales en population, susceptibles de gérer ces ensembles, faisant sens à un rapprochement avec la France en alternative à la poussée flamande de reconstitution de la Grande Néerlande englobant la Wallonie. Exister ou disparaître.