21/09/2009

COMMUNAUTE FRANCAISE : A LA RECHERCHE DE L'EQUILIBRE FINANCIER...

Par la grâce des effets de la Saint-Polycarpe, le budget 2005 affiche une marge politiquement satisfaisante, ce qui réjouit le ministre des Finances de la Communauté française, Michel Daerden, PS. <><>Mais, il n’en reste pas moins que, selon le rapport de la Cour des Comptes, la Cocof prend petit à petit l’eau. La Cour des Comptes estime même que la Cocof ne pourra atteindre l’équilibre budgétaire en 2005 ! <><>Un effet solidarité s’est levé : la Communauté française et la Région wallonne ont décidé de créer un « Conseil commun du Trésor ». Ils en attendent une économie de pas mal d’euros.<><>Le budget 2006 peut être annoncé en équilibre. Un équilibre contesté par Ecolo, dans l’opposition : « Cet équilibre budgétaire, dit Marcel Cheron, Ecolo, fait l’impasse sur des dépenses inéluctables ». Et Marcel Cheron de citer des dépenses découlant d’accords dans le non marchand et de la convention sectorielle dans l’enseignement...<><>Vaille que vaille les budgets 2007 et 2008 se sont clôturés en équilibre. Ô horreur ! les caisses sont vides ! L’année budgétaire de 2009 s’annonce difficile. Des coupes sombres devront être opérées. Des mesures impopulaires devront être prises ? <><>Le nouveau gouvernement de la Communauté française, PS, CDH, ECOLO, a tranché : « Oui à la rigueur, non à l’austérité ». Qu’est-ce que cela veut dire ? <><>Pas de laxisme. Cela doit se traduire par des économies tous azimuts. C’est le message que André Antoine, CDH, nouveau ministre du budget a fait passer à l’administration de la Communauté française : « Aucun crédit supplémentaire en dépenses ne sera accordé, y compris pour des années antérieures, sauf propositions de compensations intégrales ou décisions préalables du gouvernement ». On se reverra début octobre ! <><>Le concept « rigueur » planera sur les conclaves du début d’octobre. De belles joutes en perspective avec le MR. Dura lex, sed lex ! <><>Alors, « Rigueur » ou « Austérité » ?

08/07/2009

finances : QUELLE EST LA COTE DE LA BELGIQUE ?...

Nous avons un ministère des Finances bien muet sur la cote de la Belgique sur les marchés obligataires. Quelle cote ? AAA ? La cote serait-elle mauvaise, si mauvaise que le Ministre des Finances n’en parle pas ? + + Il serait cependant logique, normal que nos édiles ministériels soient pédagogues et fassent le point , trimestriellement, de la situation de l’Etat. Ils devraient nous dire, notamment, à quel taux la Belgique emprunte, nous parler de l’évolution des taux d’intérêts demandés... + + Il est de règle que les Etats les moins bien considérés par les investisseurs paient des intérêts élevés. C’est un poids plus lourd à supporter parles contribuables. Le citoyen a la droit de savoir où se situe la Belgique, son pays, à l’échelle de la confiance. + + Qu’observons-nous chez nous actuellement ? Une difficulté d’établir les budgets. Le budget de l’Etat vient d’être recalé par la Commission européenne. Les déficits de l’Etat et des entités fédérées sont énormes, abyssaux. La Flandre, qui claironnait une santé financière florissante, « on fait mieux en Flandre », lève le voile sur l’état réel de ses finances : un gouffre de plus de 2 milliards d’euros de déficit. On est loin d’une Flandre aux finances saines. Conséquence, la Flandre devra emprunter entrainant un effet dévastateur au niveau des entreprises lesquelles devront payer le crédit plus cher si elles ne disposent pas d’une trésorerie et des fonds propres fournis... La Wallonie et Bruxelles trainent également le boulet des déficits budgétaires. + + Le spectre de licenciements, de suppression d’emplois, voire même d’un dépôt de bilan, se profile... Le réflexe du politique est de sauver l’emploi. Logique. D’où le gouvernement fera pression pour abaisser le cout du crédit (la sève de l’entreprise). Une emplâtre sur une jambe de bois ne fera qu’aggraver la récession. Tous les citoyens, et particulièrement les plus faibles économiquement et socialement, subiront durement les effets négatifs. + + Que faire ? Rendre la confiance ! Comment ? Aucune recette miracle sinon celle d’une forte baisse de la fiscalité, allant de pair avec une baisse drastique des dépenses publiques ! Le gouvernement fédéral, les gouvernement régionaux oseront-ils ? + + Où se situera la « bonne gouvernance » ? Au niveau de la hauteur du déficit à combler ? L’Etat fédéral et les entités fédérées sont exsangues. Et en septembre, la Belgique devra rentrer une copie corrigée de son budget à la Commission européenne ! Dans la première quinzaine d’octobre, le gouvernement fédéral, les Régions et les Communautés devront conclure un accord de coopération fixant la participation des Régions et des Communautés dans le comblement du déficit du budget fédéral... + + La dette de la Belgique – qui remonte dangereusement – deviendra-t-elle une « obligation pourrie », une « junkbond » dans le jargon financier ? + + Le citoyen a besoin d’une information claire. Une gouvernance transparente, réelle. Plus que des mots. C’est ce que nous demandons à Elio Di Rupo, Joëlle Milquet, Didier Reynders, Jean-Michel Javaux. Parleront-ils ? Espérons qu’ils le fassent !

01/07/2009

FINANCES - LES TRIBULATIONS DES BUDGETS... AUX ABYSSES !

On n’est guère bavard du côté des Finances fédérales. Cela va-t-il si mal ? Laisse-t-on pourrir le problème ? L’équipe pentapartite gouvernementale se désintéresse-t-elle de la récession ? Est-elle partisane de la méthode Coué : tout va très bien... ? L’autosuggestion. + +Nous opterions pour un pourrissement de la situation de façon à provoquer des élections législatives en automne. N’oublions pas que l’axe CD&V/NV-A est sorti renforcé des élections régionales du 7 juin 2009. + + Un petit retour en arrière. Il nous force à nous contenter des déclarations des uns et des autres.Le secrétaire d’Etat au Budget, Melchior Wathelet, CDH, n’est guère loquace : « Nous avons adopté un plan de relance, pour tenter de limiter au maximum les effets de la crise pour le citoyen... Ce serait de la folie d’en faire davantage vu le contexte budgétaire... ». + + Le Premier ministre, Herman Van Rompuy, CD&V, masque le malaise qui plombe la majorité gouvernementale : « Si nous n’en faisons pas davantage, c’est pour ne pas dépenser davantage. L’immobilisme apparent procède en fait d’une politique prudente et raisonnable ».En fait, le gouvernement se tâte. Ivan Van de Cloot, économiste en chef du Centre de réflexion Itinera, observe : « Le gouvernement table encore pour son budget sur une baisse du PIB de 1,9 % cette année. Mais dans ses prévisions, le FMI avance plutôt le double, soit 3,8 % ». + + Se voiler la face ! La non-prise en compte de la réalité ! Ne pas heurter l’électeur ! Duper le citoyen ! Le gouvernement fédéral attend que les élections régionales soient passées. Mais, la « temporisation » politicienne du gouvernement a énervé la Commission européenne. Le Commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, sermonne la Belgique pour une transmission tardive du budget – six mois de retard – et le recale pour un manque d’informations : « Très, très peu d’information ont été incluses ». + + Les élections sont passées. Nous sommes le 25 juin 2009, Herman Van Rompuy, CD&V, Premier ministre, veut accélérer la confection d’un budget pluriannuel 2010-2011. Un budget de deux ans . Il presse les entités fédérées à lui communiquer des chiffres ; il est lui-même sous la pression de la Commission européenne. A la Chambre des Représentants, il déclare : « Cela n’a rien à voir avec un diktat du fédéral, mais il n’y a pas de place pour un fédéralisme d’opposition, il y a va de notre bien-être à tous ». + + Les données budgétaires des entités fédérées et de la Communauté française ne sont pas enthousiasmantes. Bien au contraire. Glaciales. Didier Reynders, MR, ministre des Finances – le MR ne fera pas partie des gouvernements bruxellois, wallon et de la Communauté française – boit du petit lait ! Il interpelle les gouvernements fédérés et les presse de contribuer à l’effort budgétaire commun. Et il réclame de lourds sacrifices aux Régions. + + On avance des déficits budgétaires 2009 qui donnent le tournis : 200à 400 millions d’euros pour la Région bruxelloise, 220 millions d’euros pour la Région wallonne, 511 millions d’euros pour la Communauté française, 1,9 milliard d’euros pour la Région flamande. A ajouter les accommodements communautaires qui découleront d’un « accord de coopération entre gouvernement fédéral et entités fédérées. Ce qui ne sera pas chose aisée avec l’arrivée de la NV-A dans le gouvernement régional flamand. Et Ecolo remet une couche avec son « durable ». + + Fermons les yeux et bouchons les oreilles pour 2010. Abyssaux. De lourds nuages noirs, chargés de glaçons, s’amoncellent au-dessus du gouvernement fédéral ! + + D’emblée, Elio Di Rupo, PS, député-bourgmestre, président du PS, agite ses banderille : « Je suis tenté de dire qu’il faudra faire le minimum minimorum. Mais je suis lucide : tout le monde devra accomplir des efforts, mais de façon très modérée vu la situation qui est la nôtre ». Par tout le monde, il vise notamment les bénéficiaires des intérêts notionnels. + + Charles Picqué, PS, ministre-président pressenti du gouvernement bruxellois, pose ses balises en raison des charges particulières que l Région de Bruxelles doit assumer : « A un moment donné, il sera peut-être question d’une diminution des dépenses à Bruxelles, mais faut-il que Bruxelles soit plus sanctionnée que les autres alors qu’elle assume les charges de capitale nationale et internationale (et de la Flandre, Ndlr) et qu’elle est moins bien financée ? Ou bien, elle reçoit un financement plus important – mais c’est un vaste débat – ou, pour le court terme, on l’autorise à s’écarter un peu des trajectoires imposées aux entités fédérées ». + + Pour ne pas être en reste, Melchior Wathelet, CDH, secrétaire d’Etat au Budget, fixe l’effort budgétaire global d’ici 2015 à quelque 20 milliards d’euros à entamer dès le budget bisannuel 2010-2011. Il prévient que tout le monde contribuera = les entités fédérées, les pouvoirs locaux, les citoyens. + +On est prévenu. Sombres, sombres les journées de septembre ! Dures, dures, seront les années 2009, 2010 et 2011 ! Car tous ces chiffres négatifs n’augurent rien de bon. Pour faire passer la pilule, il nous administrée une recette de grand-mère : le gargarisme avec l’éthique et le durable ! Et après l’effort, nous dit-on, plus belle sera la vie ! + +Mais au fait, les parlementaires et mandataires à tous les niveaux se serreront-ils la ceinture : plus de voiture de fonction, plus de chauffeur, plus d’attachés de Cabinet, plus de secrétaire particulière, plus d’avantages de toute nature... La question mérite d’être posée !

QUEL AVENIR POUR UN ETAT EN FAILLITE (PLUS QUE !) VIRTUELLE ? ...

On en a très peu parlé avant les élections. Depuis, les langues se sont déliées. Tout le monde (enfin, surtout les politiques et les journalistes qui étaient pourtant au courant…) affiche une surprise de bon aloi devant les déficits des budgets (mais aussi surtout des comptes) fédéraux et régionaux. + + Mais tout le monde reste calme. On nous promet de « ne pas sacrifier l’investissement » et de traquer tous les « gaspillages » d’argent public… comme d’habitude. + + De toute façon, nous annonce-t-on, « les Etats-Unis ont déjà redémarré », la relance est pour très bientôt. Evidemment, on ne vous dit pas que quand on parle de « reprise américaine », ce sont les grands établissements financiers qui recommencent à spéculer, avec l’argent que leur a fourni l’Etat sans contrôler l’usage qui en est fait ! Depuis le 1er janvier, le nombre de chômeurs officiels a augmenté là-bas de 2,9 millions. Les ménages sont endettés jusqu’au cou et le taux d’épargne est insignifiant. Ceux qui parlent de « reprise » se moquent donc du monde. D’ailleurs, on ne parle plus des responsabilités à l’origine de la crise. Le « Nouveau Bretton Woods » que d’aucun appelaient de leurs vœux (pieux, finalement…) a bel et bien été enterré au G20 de Londres qui s’est simplement attaqué aux effets secondaires sans remonter aux causes réelles. + + Le prochain stade, c’est le retour de « la politique de la rigueur ». Gageons que les arguments qu’on va nous vendre très bientôt seront classiques, nous contraignant à nous adapter à la règle du jeu de l’oligarchie financière mondiale. Vieille tradition des gouvernements belges quels qu’ils soient : « évoquer le bien commun et l’intérêt général » sans définir de politique. En tous cas pas de politique claire et volontaire, évoluer au jour le jour en tenant deux fers au feu. Comme pendant le période 40-45 où le gouvernement réfugié à Londres donnait des gages aux Alliés, tout demandant aux Secrétaires généraux de tout faire pour ne pas déplaire à l’occupant. + + Quels arguments ? Simples… Réduire les moyens de vivre et la population à la mesure de ressources limitées parce que le pouvoir financier ne crée plus rien. Et donc annoncer que « nos concitoyens – comme qui diraient ceux qui ont annoncé qu’ils ne veulent pas de bain de sang social - doivent bien se rendre compte que la dette devra être remboursée, avec de l’argent pris essentiellement sur leurs salaires et leurs pensions ». + + Tiens, serais-je lucide ou pessimiste ? De toute façon quand on sait qu’un optimiste n’est jamais qu’un pessimiste très mal informé…