21.11.2011

LES MINAUDERIES DES PARTIS TRADITIONNELS OU LA GUERRE DES PARTIS...

 

Ainsi pourrait-on caricaturer les simagrées du MR et du PS : pour les uns prendre le pouvoir en Wallonie et à Bruxelles, pour les autres conserver ce pouvoir. Et Ecolo n’est pas en reste ; ses professions de foi « hypocrites » pour une Belgique unitaire se multiplient en présentant son union avec Groen, le parti flamand écologiste, aussi nationaliste que les autres formations politiques flamandes.

Chacun d’entre eux se montre plus attentif que l’autre aux problèmes sociaux. Le MR affirme que le PS veut taxer les carnets d’épargne, augmenter le prix des titres services, taxer les voitures de société, lever un impôt sur le patrimoine, réformer les intérêts notionnels…Taxer et taxer encore… ! En général les libéraux estiment que les propositions du socialiste Di Rupo sont « indigestes ». Ils se réjouissent, toutefois, des propositions portant sur la réduction des allocations de chômage, sur la réforme des pensions, sur l’augmentation de la quotité exemptée d’impôts, sur la réduction des dépenses des ministères et des administrations publiques, sur la réduction des soins de santé…
Et le marathon continue. Les partis jouent à qui lâchera le premier. La loi de la particratie. Des questions se posent. Le MR fait-il payer au PS l’humiliation de l’avoir écarté des institutions régionales alors qu’il est le premier parti à Bruxelles, (maintenant le second parti à Bruxelles après le retrait du FDF de la fédération MR) et le second parti en Wallonie ? Le PS marque-t-il son arrogance d’être le premier parti en Wallonie et, maintenant, le premier parti à Bruxelles ? Le CDH s’accroche-t-il docilement au PS pour se maintenir au pouvoir régional ? Ecolo développe-t-il une image rouge jaune pour bétonner son avenir ? Dans cette lutte entre les deux Grands, les deux poucets, le CDH et Ecolo, tentent de faire entendre leur voix en l’axant pour le CDH sur les services de sécurité et d’incendie et pour les Verts, interdits de gouvernement fédéral,  sur la carte de l’emploi. « L’austérité ne créera pas d’emploi » déclare Jean-Marc Nollet, député Ecolo.

Les petites phrases assassines fleurissent. La particratie épanouissante. Un observateur flamand s’exclame : « Pour moi, les libéraux flamands veulent montrer à quel point le prochain gouvernement sera meilleur que le précédent. Et le MR souhaite à tout prix affaiblir Di Rupo ». Didier Reynders, MR, ministre des Finances, assène dans le Morgen : « Le PS doit, à son tour, payer, le MR ayant, lui, déjà payé un lourd tribut sur l’institutionnel. Le poste de Premier ministre, cela a un prix ». Un aveu indirect d’un accord non équilibré sur l’institutionnel : la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde sans contrepartie ! Dans les rangs du MR, on lance des « piques », on répand des « vannes » : « Dans le communautaire, le formateur était au-dessus de la mêlée. Sur le budget, on voit maintenant qu’il est d’abord le président du PS ». Le CDH s’ébroue et adresse des reproches au formateur Elio Di Rupo tout en le poussant à avoir une « attitude plus énergique » : « Il est temps que le formateur tape du poing sur la table… Un formateur lent, passif, manquant de leadership ». Pas moins ! Eric Van Rompuy, CD&V, enfonce le clou sur son blog : « Di Rupo n’a toujours pas prouvé qu’il est un Premier ministre capable de conduire le pays en temps de crise économique… Di Rupo déçoit, c’est ce que j’entends quotidiennement au CD&V et en dehors ». Les syndicats s’impatientent.

Hors l’arène, le PS se donne une image de grand seigneur, de sauveur du pays. Le MR, après avoir perdu le FDF, pour avoir donné son accord sur la scission de BHV et avoir lâché la périphérie bruxelloise, tente en coulisse de nouer un « deal » avec le PS pour bétonner une entrée dans les gouvernements régionaux en proposant, au surplus, la mise en sourdine de ses exigences en matière socio-économique. L’idée d’une entrée du MR dans les majorités régionales fait son chemin dans les partis. Alors, l’annonce d’une prochaine entrée du MR dans les majorités régionales sera-t-elle pour demain, dès avant la mobilisation générale du 2 décembre prochain ? Pour les libéraux, les socialistes, les sociaux-chrétiens, c’est un « oui » voilé. Pour les Verts, c’est « niet » : « Ce ne sont que des manœuvres en « communication » de la part des états-majors bleus et rouges qui s’affrontent », rapporte Le Soir du 17 novembre. La mise en place des grandes manœuvres ! « Le trop à gauche » serait en cours d’être « adouci » par un geste socialiste sur les allocations de chômage, la réforme des pensions et sur l’indexation des salaires… ! Du bleu au programme gouvernemental !

Mais, encore un chouia de dramatisation ! Du côté flamand, les bons mots réapparaissent ! « Le problème se trouve surtout au PS » pontifie Vincent Van Quickenborne, Open VLD. « Le PS ne se comporte pas comme un parti qui doit fournir un Premier ministre » assène le socialiste flamand Bruno Tobback, SP.A. Du côté francophone, on peut lire dans Le Soir du 18 novembre 2011 une flopée de « bons mots » : « A gauche et au centre, on entendait ceci : « Mais à quoi jouent les libéraux ? On dirait qu’ils freinent la négociation. On ne comprend pas cette stratégie ». A droite, on entendait ceci : « Mais qu’attend Elio Di Rupo pour faire un pas dans notre direction ? Il suffit d’un petit geste de sa part, et le budget est bouclé. Cela peut prendre une heure ». Côté MR, on se défend de faire traîner les débats : « Il n’y a pas de petits jeux politiques. Il faut faire un effort historique de 11,3 milliards d’euros et c’est difficile entre le PS et les libéraux. C’est la seule réalité ». Charles Michel ferait payer le prix de son lâchage de la périphérie bruxelloise. Ahurissant ! Côté PS, on répète que, des concessions, Di Rupo en a fait à l’envi : « Ses notes sont déjà des textes de compromis. Et aller encore plus loin, c’est déséquilibré ». Et ça grince, ça grogne, ça gronde du côté de la FGTB ; on y estime que le PS renie ses engagements électoraux de juin 2007 et qu’il perd son âme !

Dramatisation ! La particratie au pouvoir !

Osons demander la vérité ! Osons questionner ! Osons la créativité ! Appelons à une logique de rassemblement des forces wallonnes et bruxelloises, à la naissance d’un parti rassembleur, bâtisseur !

Vouloir un avenir stable. Ouvrir les yeux. Bannir le mirage des privilèges.

 

Mauri Villa

16:48 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique, bruxelles, groen, di rupo, ps, mr, cd&v, open vld, fdf, cdh, ecolo |  Facebook |

15.09.2011

FRANCOIS PERIN : "FINISSONS-EN"

 

François Perin,  ancien professeur de droit constitutionnel, historien, écrivain, sénateur fédéral, ministre fédéral, fondateur du Mouvement populaire wallon, du Rassemblement wallon… s’est confié à David Coppi, journaliste dans une interview publiée dans le quotidien Le Soir des samedi et dimanche 6 et 7 août 2011.

Il affirme d’emblée que la Flandre fonctionne comme une Nation. Voyez : « Kris Pieters, président du gouvernement flamand, demande, lui, à être reçu à l’étranger comme un chef d’Etat. Il prend de l’avance si vous voulez. Et il n’est pas N-VA, mais CVP, CD&V si vous voulez, héritier du grand et influent parti catholique flamand. Chef d’Etat… ».

Il se fonde sur l’Histoire. « Il y a quelque chose que la presse et les médias ne rappellent jamais, souligne-t-il, et c’est fondamental : en 1830, à cause de la défaite de Napoléon à Waterloo, les neuf départements du Nord – par sanction – sont enlevés à l’Empire, et là, ce que l’on appellera le « Congrès national belge », alu après la révolution de novembre, est le fruit du vote d’à peine 2 % de la population ! 2 % émanant de la grande bourgeoisie… ».

Il pose la question : « Qui intervient à l’époque pour consolider tout cela ? L’Angleterre, vainqueur, avec Wellington, de Bonaparte. En effet, que se passe-t-il ? Le Congrès national désigne un roi : un collatéral des Bourbons, un prince français. Les Anglais disent »non ». Ils récusent notre candidat… Ils imposent un prince de leur choix… ».

Il prophétise une déclaration d’indépendance de la Flandre. « …C’est, en tout cas, ce que souhaitent les principaux leaders flamands, à commencer par ceux de la N-VA, qui ont une grande influence sur les autres. Et moi, personnellement, je le souhaite aussi !... ».

Il suggère une solution et une seule. « … Il n’y a qu’une issue, affirme-t-il, à laquelle les politiques ne se résolvent pas : devenir une région de France, graduellement. Quel est l’intérêt de s’acharner à vouloir un gouvernement belge ? C’est que cela fournit un grand nombre d’emplois de ministres et de cabinets ministériels. Alors, on tire sur la corde… Bruxelles est une ville internationale. Point. Les Bruxellois, d’ailleurs, sont francophones mais francophobes. Je souhaite donc le scénario suivant : la proclamation d’indépendance de la Flandre, une négociation pacifique de la séparation et du sort de Bruxelles, et la Wallonie en France. C’est mon opinion… ».

Il réaffirme, comme d’autres personnalités, que « le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence et haine par certains,  tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais… ».

Sa conclusion : « Finissons-en ».

 

 

 

12.08.2011

L'ASSAUT FLAMAND FINAL SUR BRUXELLES EST BEL ET BIEN LANCE...

 

Le CD&V, à qui la N-VA a passé la main, a donné le signal de l’assaut final le mardi 9 août 2011,  J + 424 sans gouvernement. Wouter Beke, président du CD&V, a sonné l’hallali !

Dans une interview au Laatse Nieuws, Wouter Beke embouche la trompe : « « Un accord est un accord. J’exige que tout le monde s’y tienne. On ne doit pas me convaincre que la situation financière est sérieuse, mais dans la négociation gouvernementale, la séquence a été décidée : d’abord BHV… Je n’accepterai pas que Elio Di Rupo ouvre parallèlement une deuxième table de négociation… S’il le fait, ce sera sans le CD&V ». C’est clair, c’est net : une capitulation sans condition imposée par le CD&V, par la Flandre.

Et les genoux francophones se plient. Di Rupo, président du PS, formateur, selon le porte parole du CD&V, a dit à Wouter Beke « qu’il honorera l’accord de juillet » ; Joëlle Milquet, présidente du CDH,  dit la même chose : « Nous respecterons l’accord passé avec Wouter Beke ». Au demeurant, le secrétaire d’Etat au Budget Melchior Wathelet, CDH, a clairement résolu le dilemme en trois temps : « 1. Régler BHV dans la seconde quinzaine du mois d’août et éventuellement début septembre. 2. Formation d’un gouvernement en septembre. 3. Elaboration du budget 2012 durant la première quinzaine d’octobre. Ecolo, adroitement et hypocritement, passe par un petit crochet : « …On ne peut pas laisser passer un mois ou attendre une solution sur un autre sujet pour aborder le budget par une voie sûre et rapide, peu importe laquelle ». Charles Michel, président du MR,  ne pipe mot… Serait-il embarrassé par le fait que c’est son allié flamand naturel, l’Open VLD, qui a fait tomber le gouvernement Leterme ? Optera-t-il pour la formule : « le budget ou rien » ? Une constatation inquiétante : tout le monde se tait au M R.

« Bruxelles français », le cri de ralliement de 1964 s’éteint !

Une bonne conscience : la scission de BHV sans frontière d’Etat ! Elle est offerte au PS, au CDH et à Ecolo par le politologue à l’UCL, Vincent Laborderie, spécialiste des opérations d’Etats et de la reconnaissance internationale. Dans une étude, Vincent Laborderie, souligne que la règle « Uti possidetis » selon laquelle les frontières administratives se transforment en frontières ne s’applique pas en cas de scission d’un pays ; cette règle ne s’appliquerait qu’aux frontières externes des Etats qui se séparent (ex. la Tchéquie et la Slovaquie qui formaient la Tchécoslovaquie). Le politologue appuie ses dires par la confirmation, par Eric David, professeur de droit international à l’ULB, que « cette règle, (frontières externes, ndlr), figurait dans les manuels de droit international. Pour les frontières internes des Etats, il n’y a pas de règle ». Vincent Laborderie se réfère aussi au rapport de la Commission Badinter : « Ceci était écrit dans le rapport de la Commission Badinter, qui avait réglé les frontières entre les pays de l’ex-Yougoslavie en guerre civile. Il n’est pas concevable de scinder la Belgique autrement, précise-t-il, que par la négociation des frontières avec une médiation ou un encadrement de l’Union européenne ».  En conclusion de son étude, Vincent Laborderie affirme que « la scission de BHV n’aurait aucun impact sur la fixation des futures frontières en cas d’indépendance flamande ».

Du pain bénit pour la Flandre, qui peut asseoir sa prospérité sur le vasselage de la Wallonie. Du pain bis pour les cellules wallonnes du PS, du CDH et d’Ecolo qui peuvent se délester des boulets périphériques tout en soulignant le « sauvetage » de la Belgique. Du pain suret pour le M R, qui se tait, tiraillé par ses branches LB, FDF, MCC.

Imaginons et posons-nous la question : « Quelles seraient les frontières des nouveaux Etats issus de l’éclatement de la Belgique ? » Les frontières externes des nouveaux Etats seront celles que l’Union européenne imposera aux Flamands et aux Francophones sur la base du principe « Uti possidetis » dans le cadre de frontières internes fixées par la consultation des populations concernées. Il est douteux que la Flandre accepte ce scénario. Elle perdrait la périphérie et Bruxelles, les Fourons et plusieurs communes tout au long de la frontière linguistique actuelle… Elle mise sur la rivalité entre les socialistes et les libéraux pour s’accaparer les postes ministériels importants et la région bruxelloise, plaçant la Wallonie sur son vasselage.

15:45 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ps, cdh, cd&v, fdf, fourons, bruxelles |  Facebook |

31.03.2011

BELGIQUE SANS ISSUE : UN ROYAUME EN PERDITION !

BELGIQUE SANS ISSUE : UN ROYAUME EN PERDITION !

 

par Paul-Henry GENDEBIEN, coprésident du R.W.F.

A la une du journal Le Soir, il y a quelques semaines, s’étalait ce titre, en lettres énormes : « la Belgique sans issue » Nous le savions et nous l’annoncions depuis longtemps ! Cependant, contre toute évidence, la presse francophone, à la suite des vieux partis francophones, fait preuve d’un acharnement thérapeutique douteux en cherchant à n’importe quel prix à faire accepter la soumission de ses lecteurs, à concilier l’inconciliable, à inventer une belgitude qui n’a jamais existé, à nier l’échec irréversible du fédéralisme. Que de temps et surtout que d’énergies et d’argent dilapidés au détriment des intérêts de la Wallonie et de Bruxelles !

Nous avions pensé que le chaos durable était l’ultime invention belge. En vérité le régime finissant vient de mettre au point une autre innovation : la roulette belge. Celle-ci a quelque chose de remarquable : cinq balles dans le barillet. Le Royaume est en perdition, il est fasciné par son propre vide et s’avance imperturbablement vers son autodestruction. Les partis officiels se sont toujours vantés de se préoccuper des « vrais problèmes ». On sait bien que ceux-ci sont les cadets de leurs soucis. Ce sont les allocataires sociaux, les sans-emploi, les usagers des services publics qui paieront les pots cassés de l’incurie de la classe politique institutionnelle.

L’Etat belge, de plus en plus grotesque, chétif et impuissant,  a été transformé en atelier de découpe par la « Bande des Sept ». A l’heure où ces lignes sont écrites (10 février), les négociateurs sont toujours au point mort et s’ils ont avancé ce n’est sue d’un demi-pas de nain de jardin. Alors que la méfiance des marchés internationaux et la crise rampante de l’euro sont plus que jamais présentes, le « cul-de-sac belge » se con firme et se précise. De toute manière, un éventuel compromis entre Flamands et Francophones ne sera - demain comme hier - qu’une misérable somme de mécontentements et de frustration.       

Une réforme de l’Etat, la sixième en quarante ans, n’aura pour effet que d’appeler la suivante et de préparer un nouveau tour de carrousel ; pour d’autres capitulations francophones. Et si un gouvernement de plein exercice se formait, il ne vaudrait pas mieux que les précédents et ne réunirait que des chiens de faïences attendant une chut prématurée avant la fin de la législature. Un Leterme III n’offrirait à la Belgique qu’un sursis provisoire . Pour la Belgique, il n’aurait que le goût de la cigarette du condamné.

Pendant ce temps, les Di Rupo, Milquet et Javaux ont mauvaise mine. Ils sont anxieux. Ils scient la branche vermoulue sur laquelle ils sont encore assis, alors qu’ils ont tout fait pour déguiser leurs reculs et leurs abandons en œuvre de salut public. Ils ont mis beaucoup d’eux-mêmes pour plaire à la Flandre. Ils ont mis le genou dans la neige deux fois plutôt qu’une devant ses exigences. Pour sauver leur « chère Belgique », ils ont été très loin et très bas pour amadouer et assouplis le N-VA et le CD&V. En vain. C’était toujours trop peu et trop tard aux yeux des séparatistes avoués ou masqués.

A vrai dire, les négociateurs wallo-bruxellois se sont placés sur le terrain même de ma Flandre en acceptant de traiter de la communautarisation et/ou régionalisation de pans entiers de la sécurité sociale et de la fiscalité en échange d’un « refinancement » de Bruxelles (les euros de Judas), ils ont laissé entendre qu’ils étaient prêts à lâcher la périphérie et à scinder BHV sans contrepartie. Pour le dire en un seul mot, les trois présidents francophones se sont comportés en mollusques.

Personne aujourd’hui n’est capable de citer une seule concession flamande un tant soit peu significative que les francophones auraient arrachée. La faible, la naïveté, la pusillanimité du PS, du CDH et d’Ecolo sont, paradoxalement, une des causes de l’échec des négociations : e cédant ils n’ont pas apaisé l’appétit des nationalistes flamands, ils l’ont aiguisé et augmenté ! La Flandre en veut toujours plus, d’où l’emballement de la machine à perdre.

La Pax Belgica (la paix belge) n’est qu’une illusion. Les Wallons et les Bruxellois s’humilient dans une posture de mendicité permanente. Et la Flandre se moque des « plans B » pseudo-séparatistes inventés par le Parti socialiste. Ce ne sont que des rodomontades. Chacun voit bien que l’Etat indépendant « Wallo-Brux » de M. Di Rupo n’aura pas de consistance nationale ni de crédibilité financière et qu’il sera encore plus ridicule que la Belgique. Quant au rattachement à l’Allemagne évoqué par le Ministre Magnette, il faut y voir un pied de nez au bon sens et une insulte à notre mémoire collective.

Les partis officiels, libéraux compris, n’ont pas de stratégie. Ils se dirigent les yeux bandés vers l’inconnu. Cela promet pour le jour où le désordre et l’anarchie présideront à la fin du Royaume.

Nous persistons et nous signons : plus que jamais, c’est le « plan F », la solution française qui s’impose avec une évidence de plus en plus lumineuse.

J’en appelle une fois de plus au soutien de ceux qui pensent comme nous. Qu’ils le fassent savoir. Il est temps que chacun répande autour de lui la bonne parole pour la bonne cause. Le R.W.F., pour l’instant, ne doit compter que sur ses propres forces. Ses analyses sont justes et son projet est salutaire. A l’heure où le régime belge est devenu une nuisance pour les Wallons et les Bruxellois, il n’est plus permis de tergiverser.

Il est urgent de nous soustraire à  la domination de la majorité flamande si nous voulons préserver nos intérêts et notre honneur.

Texte publié dans Trait d’Union, bulletin du Rassemblement Wallonie-France, mars 2011, présenté par Raymond Watrice.

22.03.2011

UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES : UNE UTOPIE ?

 

Pour Olivier Maingain, président des FDF, c’est non : « Bien au contraire, c’est la réponse au nationalisme flamand ». Il s’en exprimé dans un débat sur BEL-RTL animé par Pascal Vrebos et dans une interview de Bertrand Henne sur les ondes de la RTBF, après deux tentatives avortées, faites par des politiciens francophones, d’une réflexion avancée sur un avenir commun aux Francophones de Bruxelles et de Wallonie. Guy Debisschop, rédacteur en chef de Perspectives francophones, centre la pensée de Olivier Maingain : « Il est indispensable de créer un lien territorial entre Bruxelles et Wallonie ». Ecoutons Olivier Maingain :

- Sur les ondes de BEL-RTL : « Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise existentielle de la Belgique. Il faut constater que les négociations à 7 constituent un échec, qu’elles ont poussé le pays au bord du précipice »

- Sur les ondes de la RTBF : « Il faut répondre de manière forte à ce nationalisme flamand. Comment ? Une première réponse constructive est le désenclavement de Bruxelles, en créant un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie. Mais la réponse la plus forte que nous puissions apporter est la fédération Wallonie-Bruxelles face à des Flamands qui sont entrés dans la logique de l’aventure institutionnelle et qui veulent préparer l’indépendance de la Flandre à leurs conditions ». Olivier Maingain met en garde les Francophones en cas d’acception de la scission de BHV : « … Et si un jour la Flandre prend son indépendance et que nous avons accepté une scission de BHV sans élargissement, en application du droit international, Bruxelles sera en Flandre… avec l’accord des Francophones ».

- Au forum des F.D.F. : Nous ne servirons pas les plats à ceux qui veulent le séparatisme à leur avantage en emportant dans leurs bagages Bruxelles et la périphérie. Ceux qui accepteront la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, accepteront la scission de la sécurité sociale… Si le CD&V veut, comme il le dit, que Bruxelles soit mise sous tutelle, d’une manière ou d’une autre, qu’il fasse clairement le choix d’une Flandre indépendante avec la N-VA, nous construirons un avenir commun aux Wallons et Bruxellois ».

Utopie ? Ces déclarations nous paraissent utopiques, chimériques. Des déclarations sans lendemain. Du verbalisme. Nous attendons toujours un plan concret de construction émanant des bureaux des partis de la Région wallonne, des collèges communaux bruxellois… Nous attendons l’organisation d’un congrès destiné à poser les fondations et les murs porteurs d’une véritable union entre la Wallonie et Bruxelles, régions de langue et de culture françaises.

 

01.03.2011

ECHEC DU COMPROMIS A LA BELGE ?

 

C’est ce que nous découvrons en lisant l’entretien entre Vincent de Coorbyter, directeur général du Crisp, et Pierre Havaux, journaliste, publié dans Le Vif/L’Express du 31.12.2010. « … Le génie que nous nous prêtons de résoudre tous les conflits par des compromis est un échec manifeste, en tout cas sur le plan communautaire » dit Vincent de Coorbyter. Et de citer la tentative avortée de la scission de BHV, un accord sur la scission à une circonscription électorale, la réforme de l’Etat : « On fait du surplace » souligne-t-il.

Cette position irrite la Flandre profonde,  non seulement la Flandre politique, mais également la Flandre profonde : un constat confirmé par le score de 28 % réalisé le 13 juin 2010 par la N-VA, parti nationaliste, devenant le premier parti de Flandre loin devant le CD&V. Un parti nationaliste devenant incontournable et conscient de sa force.

Une réforme profonde de l’Etat - c’est-à-dire installer la primauté de la Flandre sur la conduite des affaires de l’Etat - dans un premier temps, préparatoire à la liquidation de la Belgique inscrite à l’article premier des statuts de la N-VA. Bart De Wever, président de la N-VA, historien, mettra le temps qu’il faudra : réaliser, étape par étape, l’évaporation de la Belgique ! Il agit selon l’instinct du parfait communicateur et du fin négociateur. « Sa force, relève Vincent de Coorbyter, est de rester fidèle à son discours, de le répéter sans cesse… L’initiative qu’il prend le 4 octobre dernier est un morceau de virtuose : il fait table rase des négociations, renverse l’échiquier et décrète qu’il faut repartir à zéro, tout en brûlant la politesse à tout le monde, y compris aux médiateurs royaux en fin de mission… il reprend donc la main quand la partie risque de s’ensabler, il reste celui qui dénonce la mauvaise volonté des Francophones tout en montrant sa disponibilité ». Du grand art ! souligne Vincent de Coorbyter.

Et Bart De Wever mène la Belgique à la baguette à la manière d’un chef d’orchestre ! Il ramène le M R, parti avec lequel il a des affinités, dit-il, à la table des négociations pour la formation d’un gouvernement. Le Roi Albert II charge le 1er février 2011 Didier Reynders, MR, Vice premier ministre, ministre des Finances, d’une mission d’information d’une dure de 15 jours portant sur trois points : a) BHV et le refinancement de Bruxelles ; b) le transfert de compétences aux entités fédérées, leur financement et leur responsabilisation ; c) le financement dans la durée de l’Etat fédéral. Rien de nouveau !

Un rien plus loquace que les « négociateurs » précédents, Didier Reynders a annoncé le 12 février la possible constitution d’un gouvernement à six : N-VA, CD&V, Open VLD, MR, PS, CDH, tout en laissant la porte ouverte pour l’entrée d’autres partis. A moins d’un nouveau revirement de la N-VA par le dépôt d’une nouvelle exigence s’appuyant sur la position « Less is more », les Belges pourront dans les prochains jours voir apparaître sur les écrans de la télévision la tête du Premier ministre.

Un compromis ripoliné noir et jaune. Une pause de quelques mois, le temps à la Flandre de se requinquer, à la KBC - la banque flamande qui a fait la grandeur de la Flandre, le fleuron de la puissance économique et financière de la Flandre - de reprendre des couleurs, le temps à Bart De Wever de préparer une nouvelle étape après avoir engrangé les « pas de nain de jardin » consentis par les Francophones, le temps de rassurer les agences de notation, les experts du FMI et la Commission européenne, le temps à la N-VA de capitaliser « 35 % des voix flamandes pour faire plier les Francophones ». Le temps de la reprise de la marche en avant de la Flandre vers la mainmise totale sur le territoire belge.

Que restera-t-il aux Francophones ? L’usage misérable des quatre verrous de blocage « momentané » ! La sonnette d’alarme : effet suspensif , décision par consensus du Conseil des ministres ; le conflit d’intérêt : effet suspensif, la procédure retardataire successivement auprès du Parlement wallon, du Parlement bruxellois, du Parlement de la Communauté française, de la Cocof, et, en final, décision par consensus et sans partie contraignante du Comité de concertation ; la composition paritaire du Conseil des ministres : décision par consensus ; les lois spéciales. Procédure utilisée dans les matières institutionnelles et linguistiques. Adoption par 2/3 des élus et à la majorité simple dans chaque groupe linguistique. Droit de veto conféré au Parlement.

La Flandre attendra. «  Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme ! » Jules Destée.