02.02.2009

LA NOUVELLE BELGIQUE, QUELLE FORME ?...

Faut pas rêver aux embrassades entre le coq wallon et le lion flamand, un bouquet d’iris à la « patte ». Il est puéril de croire que l’on reviendra en arrière, à la Belgique de grand-papa et de papa ! Les Flamands l’ont tuée en 1962, lors d’un vote majoritaire à la Chambre des Représentants sur la fixation des frontières linguistiques. Le vote a été obtenu quasi exclusivement par la majorité numérique flamande, seules quelques voix égarées wallonnes se sont jointes aux voix flamandes. Le tracé des frontières linguistiques n’a donc pas été le fruit d’un accord de communauté à communauté ; il est le résultat d’un coup de force des Flamands qui voulaient « s’emparer » des Fourons pour ouvrir une voie vers la région de langue allemande et « endiguer » la tache d’huile francophone qui s’étendait en périphérie bruxelloise. Le coup de force des parlementaires flamandes fut une grande victoire du Mouvement flamand : un élargissement de la Région unilingue flamande. + + Faut pas rêver à un retour géographique d’avant 1962. Pour le Mouvement flamand et pour la Flandre tout entière, les frontières linguistiques sont intangibles dans le sens d’une rétrocession de territoires francisés acquis. + + Faut pas rêver que les Flamands accepteront des compromis forts pour aboutir à une huitième réforme de l’Etat, fondamentale et équilibrée de la Belgique, comme la souhaite Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du quotidien Le Soir : « La solution qui fait concomitamment s’élargir Bruxelles et s’accroître les compétences régionales, en garantissant les droits des minorités et un financement dans chaque région, est tout sauf stupide. Elle a même beaucoup d’allure. Elle demande créativité, courage, mais surtout sens des responsabilités… » + + Faut pas rêver à la (re)constitution d’un véritable espace politique « belge » tel que l’on voulu le définir deux citoyens fédéraux, Charles Bricman et Henri Simons, en partant du constat que « dans sa configuration actuelle, la Belgique est d’ores et déjà en confédération ». La Flandre, forte de sa puissance numérique, ne voudra jamais nipper la « Nouvelle Belgique » avec des costumes que d’autres auront coupés. Elle dote déjà Bruxelles , « sa » capitale, de « cinematek », « bootik », « bozar », « kiosk » et revêt ses moyens de transport d’habits aux couleurs germaniques, le gris, le noir et jaune (quelque peu orangé). Elle « subsidie les Flamands de Bruxelles comme s’ils étaient 300 000 alors qu’ils ne sont que 70 000 » constate Luc Van der Kelen, journaliste au Het Laatste Nieuws. + + Le dialogue Nord-Sud est au point mort. La déclaration de Didier Reynders, M R, vice-Premier ministre, ministre des Finances, président du M R, à la RTBF du dimanche 31 août 2008 : « La réforme de l’Etat n’aura pas lieu avant les élections régionales de 2009 » n’effraie pas Karel De Gucht, Open VLD, ministre des Affaire étrangères : « A terme, la loi du nombre l’emportera toujours ». + + L’arrogante Flandre ! Faut pas rêver à une « Nouvelle Belgique » équilibrée.

30.01.2009

L'OFFENSIVE FLAMANDE SUR BRUXELLES SE PRECISE : NE SOYONS PAS NAIFS...

… Exclamation de l’Echevin de la Ville de Bruxelles, Mohamed Ouriaghli, PS, à la lecture du livre-programme distribué par Pascal Smet, SP.A, ministre bruxellois flamand de la Mobilité et échevin empêché de la Mobilité et de l’Urbanisme à la Ville de Bruxelles. « Ne soyons pas naïfs ; la revendication de suppression des communes est une vieille revendication flamande qui vise à transférer des compétences vers un niveau de pouvoir où les Flamands sont surreprésentés », souligne l’échevin Mohamed Ouriaghli. + + Dans son livre-programme « Une ville, une ambition », Pascal Smet, SP.A, fusionnent les 19 communes pour former le Grand Bruxelles. Une revendication du Mouvement flamand qui a pris corps pendant l’occupation allemande de 1940-1945. Exit la Région bruxelloise, intégration pure et simple de Bruxelles en Flandre – au demeurant capitale de la Flandre – suivie d’une épuration du français. + + L’offensive flamande sur Bruxelles s’exprime par la projection de l’image d’une ville multiculturelle à fondement flamand. Un florilège de néologismes pour désigner les institutions culturelles se propage : « Palais des Beaux-Arts » devenu « Bozar », « Kiosque » devenu « Kiosk », « Boutique » devenue « Bootik », « Cinémathèque » rebaptisée « Cinematek »… Les trams, les bus, le métro, les taxis, les vélos de la ville sont repeints en gris, en noir et jaune(glissant vers l’orange)… La griffe du gentil, du souriant, du modéré, Pascal Smet. + + Ne souriez pas ! Demain, en Wallonie, « Tec » deviendra « Tek. Le temps des « K » ; la « Komedie ». Le tout-au-Flamand.