24.04.2009
LA PERIPHERIE BRUXELLOISE : A L'AUNE DE LA SOLIDARITE...
Les habitants de la périphérie bruxelloise – et ceux des Fourons – ont-ils été grugés à une certaine époque par les partis francophones ? Le sont-ils encore maintenant ? + + + Nous sommes au début des années 1960, en 1962 plus précisément, les limites de la Région de Bruxelles sont fixées arbitrairement contre le vote d'une majorité de parlementaires francophones. Les Flamands réussissent leur coup de force : périphérie bruxelloise bridée, Bruxelles muselée. Le dogme flamand de l'homogénéité linguistique et la transformation des limites administratives des entités communautaires en "frontières d'Etat" tracent la carte territoriale de la Flandre … + + +Année 2000. - Pour les politiques francophones, la défense des francophones de la périphérie bruxelloise ne paraît pas constituer un thème de négociation. Leur préoccupation est matérielle : Va-t-on perdre le financement des communautés pour protéger mieux les francophones de la périphérie ? Va-t-on sacrifier l'existence plus ou moins réussie de la Région bruxelloise contre des droits pour les francophones en périphérie ? Le ballon du troc, des promesses fallacieuses et des reniements se gonfle ! + + +Année 2001. – Faux espoirs présentés par Olivier Maingain (FDF), président du FDF et par Joëlle Milquet (CDH), président du CDH ; ils annoncent solennellement la promesse du gouvernement de signer la Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités nationales contre quoi ils diront oui à la Saint-Polycarpe. Ils diront oui à la régionalisation intégrale de la loi communale sans aucune garantie pour la périphérie, les Fourons et les communes à facilités de la frontière linguistique ; ils diront oui à l'octroi d'un échevin à la minorité flamande dans toutes les communes bruxelloises; ils diront oui à la surreprésentation flamande au Parlement régional bruxellois ; ils diront oui au refinancement au rabais de la Communauté française. En échange d'une promesse de signature de la Convention-cadre qui n'engageait en rien la Flandre ! Olivier Maingain et Joëlle Milquet devaient cependant savoir que la signature, en juin 2001, de Louis Michel (M R), ministre des Affaires étrangères, était assortie de réserves qui privaient la Convention de tout effet réel dans l'ordre juridique belge : pas question de modifier les lois linguistiques. Or, la ratification de la Convention doit recevoir l'agrément des assemblées parlementaires dont celui du gouvernement flamand, adversaire irréductible à la ratification ! Les accords de la Saint-Polycarpe votés … le gouvernement fédéral Verhofstadt encommissionne le dossier. Le FDF et le CDH sont cocufiés ! Une avancée substantielle et stratégique de la Flandre vers la réalisation de son objectif : l’épuration linguistique du territoire flamand et la mise sous sa tutelle de Bruxelles et de la Wallonie.+ + + Année 2002. – L'Assemblée du Conseil de l'Europe adopte le rapport Nabholz, députée suisse au Conseil de l'Europe ; le rapport constate l'existence d'une minorité francophone en Flandre et recommande que cette minorité soit respectée. Guy Verhofstadt (Open Vld), Premier ministre, s'énerve ; irrité, il s'exclame : "Ce n'est pas à quelqu'un qui vient de Suisse de définir ce qui est une minorité nationale en Belgique". Il renie sa promesse de ratification de la Convention-cadre. Faisant amende honorable à la Flandre, Louis Michel (MR), ministre des Affaires étrangères, admet : "… Il n'y a pas de majorité en Flandre pour appliquer la résolution du Conseil de l'Europe, ni pour ratifier la Convention-cadre. Il nous reste à prendre acte". Un coup de poignard. Louis Michel guignait vers de hautes destinées ! + + + L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe n'accepte pas la réserve faite par la Belgique lors de la signature et insiste sur la signature et la ratification de la Convention-cadre. + + + Année 2003. – Les francophones sont divisés sur la procédure d'approbation d'un décret d'assentiment de la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales. Le gouvernement wallon, présidé par Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), renvoie la balle à la Conférence interministérielle de politique étrangère, CIPE, présidée par Louis Michel (M R), ministre des Affaires étrangères, pour dégager une définition du concept de minorité nationale. Une commission en mal de réunion ; son président, Louis Michel (M R) temporise pour la réunir. + + + Les parlementaires bruxellois, de leur côté, ne parviennent pas à adopter une position commune sur une définition de la notion de minorité ni pour activer les travaux de la Conférence interministérielle qui doit traiter de ce problème, bien que le rapport Nabholz définit clairement ce qu'est une minorité nationale. Il suffit de tirer le meilleur parti d'un rapport bien équilibré et respectueux des droits de chacune des communautés du pays. + + + La solidarité francophone établie en décembre 2002 est maintenue au réfrigérateur. Le carpocapse communautaire vermillonne et parasite le monde politique et le monde judiciaire.Année 2004. – Le processus de ratification de la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales est dans les oubliettes, enterré on ne sait où dans les marécages de Flandre. La Conférence interministérielle de politique étrangère, CIPE, plus que jamais embourbée dans les eaux stagnantes des marais flandriens avec le nouveau ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open Vld). Quelques soubresauts – de circonstance ? – agitent quelques politiques francophones. Benoît Cerexhe (CDH), ministre-président du collège de la Commission communautaire francophones (COCOF) interpelle le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht ; il l'invite à réunir dans les plus brefs délais la CIPE et à mettre à son ordre du jour la ratification de la Convention-cadre. Christophe Doulkeridis (Ecolo), président de l'assemblée de la Cocof s'engage à organiser "dans les plus brefs délais" une première rencontre entre les chefs de groupe de la Cocof et des représentants de chaque famille politique francophone de la périphérie…Paroles, paroles…+ + + Fin décembre 2004, une Chambre flamande du Conseil d'Etat refuse d'annuler les circulaires Martens du 09 février 1998 et Peeters du 16 décembre 1998. La réaction des partis francophones de la majorité du gouvernement francophone est affligeante, pitoyable ; CDH, Ecolo, PS, expriment hypocritement leur "douloureuse surprise devant cette décision de justice". + + + Année 2005. – La majorité, (CDH, Ecolo, PS), du Parlement francophone bruxellois rejette une proposition de résolution du groupe M R – dans l'opposition – incitant le gouvernement francophone bruxellois à déposer sans autre délai un projet de décret portant assentiment à la Convention-cadre de protection des minorités nationales. Les groupes parlementaires de la majorité objectent que la solution du problème revient au gouvernement fédéral ! Or, ces partis savent très bien que le Fédéral est dominé par les Flamands lesquels ne veulent absolument pas ratifier la Convention-cadre ! On en est là. + + + Pauvre francophonie, tes partis préfèrent cultiver la particratie, la coterie partisane que cultiver les valeurs de dignité, de respect du citoyen ! + + + Année 2006-2007.– La non-nomination de trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise engendre un durcissement des partis francophones dans les discussions de communauté à communauté ; ils posent le problème de l’élargissement de Bruxelles aux communes à facilités. Un espoir renaît. + + + Année 2008. – La culture du clanisme et la culture de l'incohérence et de l’ego démesuré restent cependant les mamelles de la classe politique francophone, tandis que les slogans flamands fleurissent et se propagent : "Franse ratten, vol uw matten", (rats francophones, pliez bagages) ; "faciliteiten, stommiteit", (facilités, bêtise) ; "faciliteiten uitdiving", (facilités, extinction). Intolérable, choquant. + + + Année 2009. – Rien ne change. Attendre et voir… après les élections régionales du 7 juin !
15:10 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guy verhofstadt, louis michel, joelle milquet, decret, olivier maingain, convention-cadre, cocof, p eripherie bruxelloise, homogeneite, saint-polycarpe, nabholz, cioe |
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