24.09.2010

COMMISSION EUROPEENNE ET JOURNEE EUROPEENNE DES LANGUES, DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Je vous livre cette dépêche de l’AFP.

 

La Commission européenne a célébré jeudi « la Journée européenne des langues »... essentiellement en anglais, même si l'UE compte 23 langues officielles et plus de 40 langues régionales.

« Je voudrais attirer votre attention sur le fait que ce dimanche 26 septembre sera la Journée européenne des langues », a annoncé, en anglais, le porte-parole de la commissaire européenne chargée du multilinguisme, Androulla Vassiliou.

 

« Une multitude d'événements seront célébrés partout en Europe à cette  occasion », a-t-il poursuivi, toujours en anglais, devant des journalistes originaires de toute l'Europe.

 

Quand les soupirs des non-anglophones sont devenus un peu bruyants, le porte-parole s'est essayé brièvement à l'allemand, au français, à l'espagnol, à l'italien et au polonais, recueillant des applaudissements pour louer ses efforts et des rires bienveillants pour sa prononciation approximative.

 

Interrogé, en français, pour savoir si la Commission reconnaissait le romani, la langue parlée des Roms, comme une des langues minoritaires de l'UE, le porte-parole a montré combien il était parfois difficile pour les Européens de se comprendre entre eux.

« Le romani n'est pas une langue minoritaire, mais une langue officielle de l'UE », a dit, visiblement surpris par la question, le porte-parole qui a confondu romani et roumain.

 

A l'issue de l'exercice, la porte-parole de la Commission Pia Ahrenkilde Hansen a chaudement remercié les interprètes de la Commission mis à rude épreuve pour aider à une meilleure compréhension mutuelle.

 

Mais des efforts sont encore nécessaires. Le communiqué de presse annonçant  la Journée européenne des langues a été publié sur le site officiel de la  Commission dans toutes les langues officielles de l'Union, mais le programme  des festivités n'est disponible qu'en anglais. On apprend ainsi que le 30  septembre, la Maison de l'Europe à Paris va organiser une « round table on multilingualism and enterprise » sous l'égide de « l'European Commission ».

 

En conséquence, le ridicule finit, heureusement, par être perçu par pas mal de monde. Les Français d'Europe ne doivent rien attendre des Anglais sinon leur volonté de faire de l'Europe un continent de langue anglaise, ce dont ils ont toujours rêvé de faire en Amérique du nord où seule la résistance du peuple Canadien-français , du Québec surtout, a permis que ce rêve ne se soit pas encore réalisé.

 

L’AFP rejoindrait-elle le camp des défenseurs du français ?

 

En courrier réexpédié avec l'aimable autorisation de Monsieur Claude Thayse, Maitre de conférences à l'ULB. Texte publié sur son blogue-note.

15:41 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : romani, europe, français, roumain, ue, commission, afp |  Facebook |

17.06.2009

LE PARLEMENT BRUXELLOIS FRANCOPHONE A VINGT ANS ...

LE PARLEMENT FRANCOPHONE BRUXELLOIS A VINGT ANS...Editorial de Serge Moureaux, président de la Maison de la Francité, publié dans « Francité », numéro 58, 2e trimestre 2009, 18 rue Joseph II 1000 Bruxelles. + + + C’est le 14 juillet 1989, jour où se fêtait – quel symbole – le bicentenaire de la révolution française que j’ai eu l’immense honneur et le très grand bonheur, récompense de plus de vingt années de combat pour Bruxelles, de présider la séance d’installation de l’assemblée qu’on nomme aujourd’hui Parlement francophone bruxellois. En réalité, celui-ci est le seul qui représente démocratiquement Bruxelles. Car, on le sait, le Parlement régional est affublé de règles non démocratiques qui imposent l’association des néerlandophones (soit 10 % de la population environ) à la gestion de Bruxelles, de façon automatique et quel que soit le résultat des élections, leur assurant même un tiers des mandats et emplois en son sein. + + + Cette situation est certes le fruit d’un compromis accepté par les francophones bruxellois dans le cadre d’un Etat fédéral bâti notamment sur trois régions, où Bruxelles acceptait de jouer un rôle de trait d’union entre les deux principales communautés culturelles. Mais elle ne peut se justifier que dans le mesure où le compromis fédéral est respecté par tous, ce qui est de moins en moins le cas et risque sous la pression d’une majorité hypernationaliste se dessinant au Nord du pays de ne plus l’être du tout. Dans une telle occurrence, le rôle de la seule véritable assemblée démocratique à Bruxelles, le Parlement francophone, représentatif de l’immense majorité de la population, sera décisif ou, en tout cas, devra le devenir. Il incarnera en effet la légitimité populaire au regard du droit international. C’est dire si ceux qui, sous couleur de simplification institutionnelle, veulent dissoudre la commission communautaire française et son parlement dans la région bilingue et/ou dans la communauté Wallonie-Bruxelles sont, en réalité, consciemment ou non des complices de la destruction d’une région vivant au sein de sa francophonie ouverte une multiculturalité qui lui évite de stagner dans un identitaire communautarisme réducteur. + + + Le Parlement francophone est et doit rester le symbole de la seconde région francophone du pays. + + + Dans le contexte actuel, il est, en outre le seul véritable protecteur de milliers d’emplois francophones à Bruxelles, menacés par un bilinguisme régional et fédéral de pacotille, qui réserve le plus souvent les emplois bilingues à des néerlandophones qui ne le sont pas et évince francophones et immigrés du marché du travail. Bruxelles, région la plus créatrice d’emplois du pays, procure à des centaines de milliers de personnes qui résident et paient leurs impôts en Flandre, des situations professionnelles enviables qui échappent à nos concitoyens. Si la commission communautaire était absorbée par la région, cette situation s'aggraverait encore. Notre parlement francophone est donc tout à la fois un recours irremplaçable pour les tempêtes qui nous attendent et un très réel acteur de la protection de tous nos concitoyens qui ne relèvent pas de la communauté majoritaire du pays. + + + Fêter notre vingtième anniversaire en le liant intimement aux valeurs portées par une révolution historique toujours à recommencer relève donc du réalisme et pas seulement de la rhétorique des discours convenus dont le creux masque mal l’imposture. + + + Serge Moureaux = =Président

29.07.2008

MESSAGE DE PHILIPPE DUVIEUSART AUX MEDIATEURS...

Messieurs, ++ La recherche de garanties d’aboutissement concret des négociations communautaires est dessinée comme l’élément fondamental de votre mission. Il a été très vite souligné que si garantie il doit y avoir, cela doit être le cas des deux côtés. ++ S’il doit y avoir atteinte au statu quo de BHV, la seule garantie de quelque valeur pour les Francophones serait une modification territoriale de la région de Bruxelles ; la toute récente décision d’une chambre flamande du Conseil d’Etat sur l’interprétation de la législation linguistique en a apporté une nouvelle et éclatante démonstration. Au nom d’un groupe de réflexion auquel j’appartiens, j’avais adressé à ce sujet le 10 juillet dernier aux Présidents des partis francophones le message suivant que Le Soir a publié le 15 juillet sous le titre :« Bruxelles, dernier rempart ». ++Mesdames, Messieurs les Présidents et co-Présidents,++ Les négociations auxquelles vous participez actuellement couvrent nombre de points importants : communautaires, institutionnels, pouvoir d’achat etc. . . ++ La presse prend de plus en plus conscience de la montée du nationalisme flamand au cours des dernières décennies, plus particulièrement des derniers mois, et de l’évolution de l’électorat flamand (selon la KUL la moitié de la jeunesse flamande vote nationaliste-populiste). Cette vague nationaliste entend balayer toutes les contreparties obtenues dans le passé par les Francophones : ces contreparties sont soit sans valeur, soit toujours remises en question : décrets, circulaires, wooncode, non-nomination de bourgmestres élus, « gifles », « loi du nombre », actions du TAK etc. . . ; même les facilités « bétonnées dans la Constitution » sont agressivement menacées et les droits humains élémentaires sont bafoués malgré condamnations des Nations-Unies, de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe, et aux yeux scandalisés de l’étranger. ++ L’expérience du passé et la large prise de conscience de cette situation par l’opinion francophone imposent l’impérieuse exigence morale et politique d’agir en « Hommes – ou en Femmes – d’Etat » c’est à dire d’être fermes sur le seul point sur lequel la conclusion des négociations sera solide : les limites territoriales. Vous vous êtes engagés devant vos électeurs par accord signé le 29 mars 2007 à conditionner toute concession éventuelle sur BHV, là où la demande flamande d’une scission vise en fait l’amputation territoriale de Bruxelles électoral et judiciaire, à une contrepartie démocratique d’élargissement territorial de Bruxelles régional. Tout ce qui sera décidé sur ces points aura valeur définitive, dans un sens comme dans l’autre, et sera ressenti à juste titre par le public comme déterminant tant pour le quotidien des citoyens que pour la survie du pays. Les assurances que vous obtiendriez en matière de solidarité, de structure de l’Etat etc . . . resteront dans l’esprit de la Flandre toujours renégociables et seront à n’en pas douter remises en question par des pratiques unilatérales des autorités flamandes ou dans des négociations ultérieures. Les rounds précédents et les concessions unilatérales des Francophones censées conduire à l’apaisement définitif prouvent trop chèrement qu’il n’en n’est rien. ++ Votre engagement de considérer l’élargissement de Bruxelles comme la seule contrepartie réelle est le seul rempart auquel l’opinion puisse encore croire. » ++ Veuillez croire, Messieurs les Médiateurs, aux vœux que je formule pour le succès de votre mission dans la voie d’un accord équilibré tenant compte de tout ce que le passé, comme le présent, ont enseigné – souvent très chèrement – aux Francophones. ++ Philippe Duvieusart