28.11.2007

LE "NEE" DE LA N-VA : UN COUP MONTE ? ...

Au bout de la réflexion, le « Neen » de la N-VA n’aurait-il pas été organisé par le cartel CD&V/N-VA ? - L’objectif de la N-VA – elle l’a dit et l’a répété maintes fois et récemment encore – est de mettre fin à la Belgique et de constituer la Nation flamande dans le plus court délai. La scission de la Belgique, appelée pudiquement réforme de l’Etat, « nous la voulons tout de suite », répond Bart De Wever, président de la N-VA à Armand De Decker, réconciliateur, qui annonçait une réforme étalée sur plusieurs années. -Cette notion de « Nation flamande » - le terme figure dans le projet de Constitution flamande – installée au sein de l’Etat belge doit être consolidée et matérialisée dans la vie quotidienne. En 1973, Manu Ruys, ancien éditorialiste réputé du Standaard posait la question dans le titre de son ouvrage La Flandre : « Un peuple en mouvement, une nation en devenir ? ». Un peuple en marche. - Le CD&V épouse sans réserve l’objectif de la N-VA pour restaurer en Flandre la suprématie de la famille chrétienne, écartée du pouvoir fédéral depuis l’été 1999. Les élections régionales de 2004 lui ont redonné des couleurs orange. -La période mature est arrivée à son terme. Il faut veiller à ce que la partie frileuse de la société flamande se fonde dans le creuset « Nation flamande ». Yves Leterme lance la période du conditionnement nationaliste total par un retentissant : « A prendre ou à laisser ». Les politiques franciens foncent dans le panneau : « Nous prenons ». La N-VA, raideur, patience et tranquillité, entre en jeu. Une pose calculée, puis elle hurle : « NEE ». -La N-VA remet sur la table le scénario qui a si bien réussi au groupement indépendantiste flamand en octobre 2000 avec l’accord de la Sainte-Thérèse, finalisé le 23 janvier 2001 avec l’accord de la Polycarpe, déclaré insuffisant par la Volksunie, puis parachevé le 29 avril 2001 par l’accord du Lombard… : refinancement des Communautés, régionalisation de la loi communale, octroi aux régions de compétences dans les secteurs de l’agriculture, du commerce extérieur, de la coopération au développement, des taxes de circulation, d’enregistrement, de donation…, octroi d’un pouvoir d’action sur l’impôt des personnes physiques, octroi d’un meilleur subventionnement des écoles libres catholiques, octroi de la garantie d’au moins un échevin flamand dans les collèges des bourgmestre et échevins bruxellois, fixation à 17 le nombre d’élus néerlandophones quel que soit le résultat des élections régionales bruxelloises …, promesse de ratification de la Convention-cadre protégeant les minorités (promesse, comme par hasard, jamais tenue)… -Le FDF est cocufié ; la Volksunie (V.U.) implose : sa partie dure, la N-VA, s’allie avec le CD&V (formation chrétienne) et sa partie dite modérée s’allie avec le SP.A (formation socialiste). -Aujourd’hui, les dés sont jetés. Le MR et le CDH, partenaires de la CD&V/N-VA, dans la formation d’un gouvernement fédéral, devront payer très cher leur participation aspirée. Ils savent que, sans la N-VA, la majorité parlementaire à la Chambre des Représentants vole en éclats à la suite du jeu des suppléances ; sans la N-VA, les 81 voix sur 150 à la Chambre tomberont à 81 – 5 = 76 voix, auxquelles il faudra soustraire les suppléances N-VA au minimum 3, ramenant le nombre de voix à 73 sur 150 ; adieu la majorité parlementaire ! De même, sans la N-VA, plus de majorité dans le groupe linguistique flamand (43 sièges sur 88) et moins encore avec les suppléances ! - Le MR et le CDH se sont embarqués par aveuglement ou par naïveté ou par égotisme sur une galère… La trahison à l’arrivée au port ; la fondation d’une République flamande, la reconstitution des Pays-Bas méridionaux de 1815 sous régime unilingue flamand… Le menu de la sixième réforme de l’Etat qui sera lancée en 2009 !