29.11.2010

DE FAUTES HISTORIQUES GRAVES DES PARTIS FRANCOPHONES

DE FAUTES HISTORIQUES GRAVES DES PARTIS FRANCOPHONES …

 

Texte de Nézia MAHIEU, ancienne responsable du Parti Féministe Humaniste/ex Parti Féministe Unifié.

 

1. Bruxelles, capitale de la Flandre

En continuant aujourd’hui à tolérer que la Région/Communauté flamande utilise Bruxelles comme sa capitale, les partis francophones se font complices de la négation de Bruxelles comme Région à part entière, et ils continuent à offrir à la Flandre sur un plateau d’argent – ou plutôt en or massif – « la légitimité » de l’utilisation de la capitale du pays comme capitale flamande.

 

2. De la communautarisation de compétences

La communautarisation de compétences permet la division des Bruxellois selon qu’ils s’adressent à des institutions relevant soit de la communauté française, soit de la Communauté flamande. Et depuis les élections fédérales de juin dernier, l’information, la préformation, la clarification et la conciliation en cours, ont successivement prévu la communautarisation de compétences supplémentaires.

La communautarisation prévue des allocations familiales et des soins de santé notamment diviserait davantage encore les Bruxellois entre eux.

…/…

En outre, il s’agit d’un moyen efficace de flamandisation car, d’une part, ¼ de la population bruxelloise est précarisée – il y a notamment plus de 100 000 chômeurs bruxellois, soit approximativement 1/10ème de la population - et, d’autre part, les Bruxellois – Belges d’origine étrangère – ne sont pas nécessairement plus attachés à une Communauté fédérale belge plutôt qu’à une autre.

Dès lors, vu que les avantages sociaux offerts par la Communauté française ne peuvent atteindre ceux de la Communauté flamande, le choix communautaire d’une partie importante de la population bruxelloise sera vite fait.

Face à cette situation, les partis francophones sont-ils prêts, une fois de plus, à s’incliner et à satisfaire la volonté flamande de communautarisation accrue de compétences contre de l’argent accordé sous tutelle à Bruxelles ?

Il est vraiment à souhaiter ardemment qu’un sursaut de responsabilité et de dignité amène les partis francophones à enfin se mettre debout et à résister fermement face à la volonté d’un confédéralisme à la flamande ne garantissant pas les droits et les intérêts des Francophones bruxellois et wallons.

 

02.09.2010

FEDERALISME OU CONFEDERALISME : QUELLE BELGIQUE EN GESTATION ?

 

Qu'est-ce que Elio Di Rupo, président du PS, fédéraliste-unitariste, et Bart De Wever, président de la N.VA, nationaliste-séparatiste, nous concoctent-ils ?  Un fédéralisme qui ne peut être que de coopération, sinon ce n'est qu'un leurre, ou un confédéralisme de transition dans la poursuite des avancées flamandes vers la réalisation de la Flamenpolitik", arrêtée en 1917 avec la collaboration de l'occupant allemand : une division de la Belgique en deux Etats, l'un, une Flandre indépendante, unilingue, avec Bruxelles comme capitale, et l'autre,  une Wallonie satellite, aux services administratifs bilingues, centrée sur Namur ( dans l'esprit de l'occupant allemand : en attendant une intégration de la Belgique dans l'Empire allemand) ?

La tendance penche vers l'étape intermédiaire du confédéralisme.

Depuis que Yves Leterme ait déclaré que "le fédéral a atteint ses limites" et ait laissé entendre qu'il fallait se tourner vers le confédéralisme, le gratin du monde politique tant flamandophone que francophone glisse ce mot dans ses conversations. Du confédéralisme à toutes les sauces…. Elio Di Rupo, préformateur, ne dit pas autre chose en déclarant que "le centre de gravité est déplacé de l'Etat fédéral aux Régions".

Du côté flamand, Herman Van Rompuy, CD&V, à l'époque président de la Chambre des Représentants a fait mention dans une déclaration à la RTBF : "Mon parti, le CD&V, est pour le confédéralisme". Le SP.A et l'Open VLD se sont prononcés "pour"; Groen penche vers le confédéralisme, sans vouloir le dire dans son alliance fraternelle avec Ecolo ; les autres partis flamands,  nationalistes, N-VA, Vlaams Belang, Lijst Dedecker, admettent un confédéralisme de durée transitoire, comme antichambre au séparatisme.

Du côté francophone,  il y a belle lurette que José Happart, PS ancien président du Parlement wallon, appelle le confédéralisme de tous ses vœux. Philippe Moureaux, PS, sénateur-bourgmestre, président de la Fédération socialiste de Bruxelles, Didier Reynders, MR/PRL, président du MR, et Gérard Deprez MR/MCC, président du MCC, ont publiquement affirmé qu'il fallait "oser le confédéralisme". Olivier Maingain, MR/FDF, député-bourgmestre MR, président du FDF est partisan d'un fédéralisme de coopération ; Joëlle Milquet, CDH, députée, président du CDH, et Jean-Michel Javaux, Ecolo, député-bourgmestre, coprésident de Ecolo, ne se prononcent pas clairement pour l'un ou l'autre système tout en ne se disant pas opposé fermement au confédéralisme avancé par l'ensemble de la classe politique flamande. Un  souci les traverse : maintenir une solidarité nationale".

Qu'est-ce que le confédéralisme ? Au sens du droit international, "le confédéralisme est une association d'Etats indépendants". C'est la gestion en commun de certaines matières par des Etats souverains avec l'alternance de la présidence. Ce concept conditionne donc un éclatement - violent ou doux - de l'Etat Belgique en deux, trois ou quatre Etats, suivi d'une union des "moignons" dans une Confédération. On observera que, dans le monde, aucune confédération ne fonctionne ; celles qui se sont constituées se sont toutes dissoutes après quelques années seulement de fonctionnement et se sont transformées en fédération.

Pour les Flamands, "confédéralisme" signifie un transfert massif de compétences du fédéral aux Régions, l'antichambre au séparatisme.

Pour les Francophones, "confédéralisme" par défaut signifie la préservation de la solidarité nationale dans l'unité du pays.

Et le fédéralisme ? Les spécialistes en la matière disent qu'un fédéralisme à deux ou à trois ne peut être vivable! Il y aura toujours un dominant et un dominé.

Fédéralisme ou confédéralisme ? Un enjeu aux dés pipés !

26.08.2010

L'ADOSSEMENT : UNE IDEE QUI FAIT SON CHEMIN...

« L’adossement », un mot, une idée, qui fait son chemin. Présenté par Claude Thayse, maitre de conférences à l'ULB, sur son blogue-notes.

Ceux qui connaissent ce blog depuis sa création (avec plus d’un million de pages vues depuis le 14 novembre 2005 !) à l’époque où j’ai été amené à reprendre la présidence d’un parti devenu si peu rassembleur auront suivi l’évolution, ou plutôt « l’affinage » de ma vision. Partant rattachiste militant pur et dur, sans trop de nuances, sympathique mais inefficace, cette évolution a été nourrie de divers apports dont l’excellent texte sur «  Le vrai visage des Français ».

 

Du billet militant : « Wallons et Bruxellois francophones, pour en finir avec le syndrome de Stockholm ! » à celui sur «La fin du syndrome de Waterloo ? » et « La Wallonie sauvera-t-elle l'Europe ? » ou encore « La Wallonie sur la voie d'une organisation nouvelle ? » à ceux plus récents, mais nullement contradictoires avec les premiers, sur l’indispensable identité wallonne dont je retrouve une belle synthèse dans ce beau texte d’Arnaud Pirotte qui fait le tour du sujet, je retrouve – modestement - une constante qui me rassure. Celle d’être capable d’intégrer, d’écouter, de continuer à réfléchir, à prendre du recul, bref à évoluer. Ce n’est pas simple dans le milieu politique, fait de croyance ou d’opportunisme ou encore d’hyper-certitude, de continuer à marcher hors des sentiers battus. Une éducation à la pratique du « doute raisonné », si elle n’est pas un handicap n’est certainement pas le meilleur moyen de se faire des « amis » dans ce monde où règnent les croyances parfois irrationnelle qui - précédant et prédéterminant les convictions - s’opposent à la vérification et demeurent inaccessible à la contradiction et aux arguments raisonnables.

 

Ethiquement, ma position, mon message politique ne peut se baser que sur la multitude d’éléments factuels, d’indices, de témoignages, sérieux et souvent concordants recueillis personnellement ou rapportés par d’autres. C’est – je le reconnais, une forme d’intime conviction, qui est une « croyance raisonnable » en quelque sorte.

 

 

En mai dernier au premier (et dernier !) congrès de « W+ », je disais que « nous étions les vrais continuateurs du Mouvement wallon, celui de nos grands anciens, les Albert Dubois, Jules Destrée, François Bovesse, Maurice Bologne et tant d’autres qui avaient déjà clairement défini la voie à suivre en parlant de « peuples indépendants et libres ainsi que d’intégrité française de la Wallonie ». J’ajoutais que, dans cette logique, « nous devions réclamer d’urgence l'émergence de quatre Régions autonomes par le transfert de nouvelles compétences et des moyens correspondants de l’Etat fédéral. Dans un souci de cohérence, de simplification de dynamisation et surtout d’efficacité. En particulier le transfert des compétences de l'actuelle Communauté française aux Régions, wallonne et bruxelloise. Régions égales en Droits, libres et autonomes. C’est que, pour la Wallonie, cette maîtrise indispensable de compétences essentielles, comme l’enseignement et la culture, vont renforcer une identité négligée, mais historiquement fondée sur la fraternité et l’égalité, et agiront comme un puissant moteur de changement social, culturel et économique ». J’ajoutais à ces notions de Régions (avec une majuscule car il s’agit d’entités humaines qui ont rang d’Etats, quelle que soit par ailleurs la terminologie utilisée.) libres et égales en Droits, « le droit de s’associer deux à deux en fonction de leurs intérêts propres, mais aussi de s’adosser à un pays voisin pour les mêmes raisons ». Autonome en effet, la Wallonie peut sortir de la logique belge qui veut que son économie soit mise au service des autres. Le monde a changé, les frontières et les relations entre états européens ne sont plus les mêmes. Une Wallonie souveraine pourra – librement – choisir ses alliés ». Ajoutant : «  Par exemple, un pays voisin dont nous partageons tant de chose sans perdre pour autant nos spécificités. Une Wallonie souveraine sera libre de négocier les accords qui lui conviendront avec ses voisins. Sans subir ! »

 

J’ai constaté que ce terme « d’adossement » a été repris à plusieurs reprises dans la presse ou sur des fora politiques.

 

Et confirmant la justesse de ma vision, dans l’interview donnée dans le « Paris-Match – édition Belgique » du 8 juillet dernier, Jean-Pierre Chevènement disait clairement que « si nous le demandions, et si en toute hypothèse les Flamands prenaient leur indépendance – conditions qui ne sont pas aujourd’hui réunies – je trouverais juste de les accueillir dans la République française sous un statut à déterminer. Ce pourrait être le statut actuel avec un simple rattachement de la sécurité sociale wallonne à la sécurité sociale française ».

 

Le confédéralisme n’est donc absolument pas le « fédéralisme des cons » suivant une expression autant malheureuse que ridicule, mais une étape essentielle, la meilleure chose qui puisse arriver à la Wallonie. Je répète : celle-ci, souveraine, sera libre de négocier les accords qui lui conviendront avec - tous - ses voisins. Sans subir !

 

05.07.2010

QUE PEUVENT GAGNER LES FRANCOPHONES LORS D'UNE NEGOCIATION ?

Michel Legrand, président du Gerfa, Groupe d'Etude et de Réforme de la Fonction administrative, organisation syndicale agréée, donne une réponse claire et précise dans le mensuel n° 279, juin 2010, Diagnostic. "Si la négociation porte, souligne-t-il, sur des enjeux limités, elle n'aboutira qu'à retarder de quelques années l'échéance attendue ; si, par contre, elle porte sur des enjeux importants, elle risque de priver les Francophones des atouts dont ils disposent encore. De toute manière, que l'on se situe dans la première hypothèse ou dans la seconde, les "contreparties" effectives se résumeront à de l'argent pour Bruxelles ou à quelques aménagements linguistiques à Bruxelles. Or, alors que la Région bruxelloise se débat dans un sous-financement chronique et doit faire face à des défis démographiques et d'éducation importants, qu'elle contribue à près de 20 % du PIB, qu'elle finance la Flandre à hauteur de plusieurs milliards d'euros, son refinancement est considéré comme une concession faite aux Francophones qui doivent donc la payer ! Le refinancement de Bruxelles ne doit donc pas être monnayé, d'autant que, dans l'optique même de la Flandre en marche vers le séparatisme ou le confédéralisme, ce financement ne posera plus de problème une fois que chaque Région disposera de l'autonomie fiscale et notamment du droit de percevoir les impôts sur le revenu sur le lieu de travail ; à ce moment, Bruxelles pourra organiser sa solidarité avec la Wallonie à l'intérieur d'une nouvelle fédération. + + Quant aux "concessions" linguistiques qui auraient pour effet de réduire le bilinguisme de rente dont profite la Flandre à Bruxelles, elles compteront pour du beurre dès que Bruxelles pourra prendre son destin en mains et fixer ses propres règles linguistiques en respectant sa minorité flamande. + + Ce qui est extraordinaire dans cette affaire, c'est que la Flandre s'inscrit dans une visée séparatiste ou "confédéraliste" qui implique que TOUTES les concessions qu'elle pourrait faire, elle les fait dans des domaines qui relèveront de toute manière des attributions des nouvelles entités, alors que les concessions, en particulier la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, qu'elle veut imposer aux Francophones sont irréversibles. + +Bref, le peuple francophone n'a rien à gagner d'une négociation de dupes qui lui ferait céder des choses importantes contre des concessions fictives dont il aurait de toute manière la maitrise ! " + +Les Flamands connaissent bien les tenants et aboutissants des lois linguistiques. Ils couchent avec elles !

12.06.2010

LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES? UNE FUMISTERIE ?,SECRET DEFENSE ?

LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES ? UNE FUMISTERIE ? SECRET DEFENSE ? " Nous prendrons nos responsabilités si la Belgique se sépare " s'est exclamé Elio Di Rupo. Un Plan B ? Remous dans le monde politique. + +Joëlle Milquet, présidente du CDH, enchaine : "Notre Plan A, c'est un fédéralisme rénové… On réussira ce plan A… Mais si un partenaire (Ndlr : la Flandre) veut s'en aller, mais qu'il s'en aille… mais ce sera sans Bruxelles". + +Didier Reynders, président de la Fédération MR, se démarque : "Je ne comprends pas l'attitude des présidents du PS et CDH qui s'inscrivent dans la logique des nationalistes flamands de Bart De Wever en parlant d'un Plan B pour la Belgique en invoquant la fin de la Belgique… C'est une perspective qui n'est voulue ni par les Francophones de Wallonie et de Bruxelles ni par les germanophones". + +Rudy Demotte, PS, ministre-président de la Région wallonne, en accord avec son président Di Rupo, affirme : "La Wallonie n'acceptera jamais qu'on menace l'existence des Bruxellois flamands ou francophones". + +Olivier Maingain, président du FDF, dans la ligne de la Fédération MR, est net : "Sortir de la logique d'Etat fédéral, c'est se mettre en position de faiblesse… Le confédéralisme, c'est le plus grand danger pour Bruxelles… Nous pourrions assurer la continuité de l'Etat belge (Ndlr : création de la Fédération Wallonie-Bruxelles), mais nous n'assumerons ni le poids, ni la responsabilité, ni le désavantage de l'initiative du séparatisme… Les Francophones doivent se ressaisir sur une ligne de conduite claire : ni confédéralisme, ni séparatisme". + +Marcel Cheron, Ecolo, consensuel : " Ce n'est pas notre choix, ce Plan B, mais si la Flandre veut s'en aller, il faut qu'on fasse le choix de maintenir ensemble la Wallonie et Bruxelles, avec une solidarité interrégionale d'Arlon à Bruxelles". + + Le Plan B avancé par Elio Di Rupo, président du PS, serait-il "Secret défense" ou ne serait-il que fumisterie, l'expression de l'aboulie des partis politiques francophones ? En tout cas, à la question posée par la journaliste du JT de la Une sur l'existence d'un Plan B, Elio Di Rupo s'est lancé dans un salmigondis invraisemblable de paroles sans jamais dire oui, ni non, ni prononcé le mot Plan B, ni s'y référer ! Et il remet le couvercle sur le mot Plan B, au JT de Matin Première du mercredi 9 juin 2010 en éludant la question d'un auditeur : "Les francophones ont-ils un Plan B ?" Il répond : "Si un jour on doit arriver au stade de la séparation, alors, bien entendu, faites confiance aux formations politiques ; elles sont capables de répondre à une telle situation. Nous avons toutes les capacités, les talents, la force de travail, la productivité, l'intelligence et une jeunesse qui ne demande qu'à démontrer ses capacités… Nous n'allons pas parler de choses qui pourraient se produire dans 3 ou 5 ans ! + +La grande presse quotidienne s'interroge. "Et si, pour une fois, on n'était pas des nains ? N'y a-t-il pas, dans ce momentum, une formidable opportunité à saisir ? Et si c'était l'occasion qu'il ne faut pas rater ? se demande Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du quotidien Le Soir, dans son édito du jeudi 10 juin 2010. + + Vincent Laborderie, doctorant en sciences politiques de l'UCL, demande que l'on achève la refonte de l'Etat : "Il n'y a aucune raison d'évoquer le scénario d'un éclatement du pays. L'indépendance de la Flandre n'est pas à l'ordre du jour : les partis du Nord du pays ne sont d'ailleurs pas prêts pour franchir le pas… Il serait autrement plus périlleux d'organiser la scission du pays que de réaliser une réforme de l'Etat qui mette en place des structures plus efficaces. A cet égard, la Belgique est encore loin d'être le pays le plus décentralisé de tous les pays fédéraux". + +Le Gewif, Centre d'Etude pour la Wallonie intégrée à la France, est catégorique ; il ne faut pas se leurrer : "Un Etat Wallonie-Bruxelles n'est pas viable" faute de moyens. Mais alors, que devrait faire l'Etat Wallonie-Bruxelles ou la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire suite à l'indépendance de la Flandre ? La seule réponse à la question, selon Gewif, c'est se tourner vers la France. Mais, la France voudra-t-elle de la mini-Belgique ? Nous n'en sommes pas encore là. "Restons, comme dit Olivier Maingain, dans la logique d'un Etat fédéral respectant chacun de ses composants". Le tout est de savoir ce qu'est un Etat fédéral : ses attributions, ses pouvoirs, sa représentation ? Mais qu'est-ce qui nous attend ? + +Marianne Thyssens, présidente du CD&V, un tant soit peu ambiguë : "Pour Bruxelles, nous voulons renforcer le lien avec la Flandre. Nous voulons investir à Bruxelles mais aussi à améliorer la gestion. Bruxelles est une Région, mais pas une Région à part entière". + +Elio Di Rupo, président du PS, est tout aussi ambigu : "Bruxelles est capitale de la Flandre, capitale de la Communauté française de Belgique, capitale de la Belgique, capitale de l'Europe. Nous voulons que Bruxelles soit une Région à part entière… Nous avons été là à toutes les grandes réformes". + +Notre conclusion. + +Rien de bon tout cela ! Enfin, ça se négocie. Nous avons toutefois de grandes craintes pour l'avenir de Bruxelles française, de la Wallonie wallo-française. + +Il n'y a cependant pas lieu d'avoir peur d'une partition du pays. Selon un tout récent sondage effectué par un grand quotidien français, 68 % de Français accueilleraient à bras ouverts les Wallons et les Bruxellois ! Une nouvelle patrie ?

17.05.2010

13 JUIN 2010 : LE FEDERALISME DE COOPERATION EST MORT,VIVE LE FEDERALISME DE RESPONSABILITE ?

… Etape obligée du confédéralisme voulu par la Flandre. = = =Rappelons-nous la carte blanche signée Yves Leterme, CD&Vlaams, ministre-président de la Région flamande, publiée dans le quotidien Le Soir du 11 juillet 2005 : "Fini le fédéralisme de coopération vive le fédéralisme de responsabilité". Rappelons-nous les propos de Bart Somers, président de l'Open VLD, au quotidien Le Soir en 2005 : "La Flandre veut des avancées autonomistes : emploi, fiscalité, BHV… Mon identité flamande est plus importante que mon identité belge. Mais je ne veux pas liquider le pays. L'objectif, c'est vivre ensemble en Europe". Décodées, ces déclarations signifient : "Nous voulons une Belgique flamande".+ + +La Belgique est née avec le fédéralisme ; elle mourra avec l'écornement du fédéralisme : le confédéralisme ! La voie ouverte à la Belgique flamande. + + Au demeurant, début décembre 2005, le groupe flamand de réflexion "In de Warande" réclame la scission de la Belgique. Dans le même temps, le Vlaams Belang renouvelle son appel à la scission. Dans la foulée, fin décembre 2005, le groupe "Pavia", rassemblement de politologues francophones et flamands, s'inquiète : "Que veut-on faire de ce pays ?" + + Poser la question, c'est la poser à la Flandre. Les partis flamands, ouvertement confédéralistes ou séparatistes, sont largement majoritaires en Flandre car dans tous les grands partis flamands, CD&Vlaams, Open VLD, SP.A, figurent d'anciens Volksunie. Et la Flandre marque une volonté ferme d'imposer SA volonté sur l'ensemble du territoire belge. + + En juin 2007, le directeur général du Centre de Recherche et d'information socio-politique, Crisp, Vincent de Coorebyter, a souligné dans Le Vif/L'Express le danger d'un déchirement de la Belgique que constitue la maitrise du jeu fédéral par la Flandre : "Pour la première fois, constate Vincent de Coorebyter, les partis flamands veulent imposer une réforme institutionnelle à des partis francophones qui ne sont pas demandeurs. Et le cartel CD&V ne demandera pas une réforme cosmétique. Il aura beaucoup de monde contre lui s'il ne l'obtient pas, et se battra comme un beau diable pour trouver les voix nécessaires aux avancées institutionnelles voulues en Flandre…" Il enchérit : "… Pour la première fois, la situation arithmétique postélectorale peut mener à la fin de la Belgique…"+ + +Une évidence : le sentiment national flamand vers son accession au statut d'Etat-nation devient irrépressible. L'enjeu des élections du 13 juin 2010, ce n'est pas tant le social, les pensions, la sécurité, la fiscalité… ceux-ci sont des activités naturelles de tout Etat ; le vrai enjeu est celui de la survie de la Belgique française, la survie du français et de la culture française à Bruxelles et en Wallonie. + + L'Europe ne pourra rester indifférente à la situation qui sortira du scrutin. Aux Francophones à bien gérer l'après-scrutin : rester unis et fermes. Un appel pressant aux grands et aussi aux petits partis qui ont pour programme le respect de l'identité française, le respect de la culture et de la langue françaises. + +Nous invitons les petits partis à rechercher dans l'après-élections une unité politique et une culture politique; nous les invitons à élier les fondements de cette unité de vie; la reconnaissance des particularismes dans un bloc solidaire.

05.04.2010

FEDERALISME DE COOPERATION...

…Un nouveau fédéralisme est né : le fédéralisme de coopération enfanté par Yves Leterme, CD&Vlaams, Premier ministre. <><>Si nous ouvrons notre petit dictionnaire Larousse, celui-ci nous enseigne que 1) le mot « fédéralisme » signifie un « mode de regroupement de collectivités tendant à accroitre leur solidarité tout en préservant leur particularisme ; 2) le mot « coopération » signifie, dans son acception économique, une « méthode d’action par laquelle des personnes ayant des intérêts communs constituent une entreprise où les droits de chacun à la gestion sont égaux et où le profit est réparti entre les seuls associés au prorata de leur activité ». <><>Deux mots se détachent : solidarité, égalité. Retournons dans notre dictionnaire de notre enfance ; il nous précise que le mot « solidarité » suscite un « sentiment qui pousse les hommes à s’accorder une aide mutuelle », et que le mot « égalité » établit ce « rapport entre individus, citoyens égaux en droits et soumis aux mêmes obligations ».<><>Une symbiose, une « union étroite entre des personnes et des choses ». <><>Une symbiose entre les présidents des éléments constitutifs institutionnels : Yves Leterme, CD&Vlaams (Fédéral), Ingrid Lieten, SP.A, (Flandre), Kart-Heinz Lambertz, socialiste (Communauté germanophone), Rudy Demotte, PS, (Wallonie), Charles Picqué, PS (Bruxelles).<><>Première rencontre euphorisante. Premier sourire béat. Première résolution inébranlable. La naissance d’un grand projet « BE2020 », le nom de baptême du fédéralisme de coopération. <><>Devant les fonts baptismaux, un engagement formel, un engagement divin. « Je n’avais jamais espéré une réaction aussi positive de mes collègues. Je suis content, jubile Yves Leterme… 50 à 60 dossiers socio-économiques ont été identifiés ; une dizaine pourra être sur la table dès avril, mai… On travaille dans le cadre actuel de répartition de compétences et dans le cadre budgétaire aussi… Le fédéralisme de coopération est essentiel et le sera encore après la réforme de l’Etat. Nous essayons de trouver des solutions par une meilleure coopération … ». « Des dossiers sur lesquels nous sommes d’accord de travailler ensemble, surenchérit Rudy Demotte… C’est une modification dans l’approche institutionnelle ; tant qu’on n’a pas de réforme de l’Etat, c’est la meilleure manière de progresser… ». Benoitement, Charles Picqué observe : « Le Premier ministre utilise la présidence belge de l’Union pour pousser la coopération. Il n’a pas tort, car si la présidence belge prouve que le pays ne fonctionne plus, tant il y a une cacophonie sur les points de vue à exprimer, ce sera nuisible à tous… ». Ingrid Lieten, pragmatique, voit les convergences : « Sur certains thèmes comme la lutte contre la pauvreté, les politiques d’innovation ou les leviers de relance de la croissance, les entités fédérales sont souvent sur la même longueur d’ondes. On peut parfaitement, dans le respect des compétences de chacun, collaborer dans le cadre de la Stratégie UE2020 ». <><>Un rêve. Tout est beau ; tout le monde est gentil. Le monde des Bisounours ! Pendant combien de temps ? <><>La Flandre arrogante, la Flandre impérialiste, la Flandre autoritaire balise. Son ministre-président Kris Peeters, CD&Vlaams, accepte de « s’engager dans cette voie à condition qu’elle génère des améliorations concrètes ». Bart De Wever, président de la N-VA, plombe les bonnes résolutions : « Le gouvernement tente, par cette grand-messe inutile, de masquer son impuissance à réaliser la moindre avancée institutionnelle ». Philippe Muytens lui donne la main : « Nous nous voyons déjà au comité de concertation. Et le fédéral connaît nos revendications. Ce n’est pas dans ce grand pow wow que l’on avancera ». <><>Tout est déjà dit. La Flandre des partis, la Flandre institutionnelle veut peser sur la politique belge. La Flandre veut une reconnaissance pleine et entière. Un approfondissement de la réforme institutionnelle de 1993. Une Flandre dominante dans une Belgique aux compétences fédérales minimales. <><>Jean-Luc Dehaene, CD&Vlaams, démineur désigné par le Roi, donnera sa réponse dans quelques semaines : BHV sera-t-il ou ne sera-t-il pas scindé ? La Belgique de 1830 aura-t-elle vécu ? Bruxelles aura-t-elle des compétences institutionnelles ou sera-t-elle dotée d’un statut sui generis ? Les Régions seront-elles égales en droits ? Autrement dit : le concept « coopération » s’imposera-t-il ? <><>Au bout du chemin : Fédéralisme ? Confédéralisme ? Séparatisme ? Indépendantisme ? Résignation ? Soumission ? <><>Ne nous illusionnons pas… Les Flamands dorment avec les lois linguistiques ; elles façonnent leurs rêves d’hégémonie conçus dans la Flamenpolitik d’une autre époque.

06.10.2009

BELGIQUE : UN PLAN DE PAIX POUR 30 ANS...

... Un grand armistice. C’est le vœu de Charles-Ferdinand Nothomb, ancien président du PSC, exprimé dans un livre intitulé « Un plan de paix pour la Belgique », édité aux Editions Racine. Un essai de 180 pages pour dire à la gent politique belge : « on est au bout de la polarisation... Le système traditionnel du dialogue de Communauté à Communauté est à bout de souffle ! » <><>« Mon plan à moi, dévoile Charles-Ferdinand Nothomb, n’a qu’une importance limitée ; ce qui compte, c’est que ça fasse réfléchir, que d’autres plans voient le jour ». <><>Une profession de foi postunitariste avant la mise sur chantier de l’énième réforme de l’Etat ! Un rappel nostalgique du passé où l’on se parlait, où l’on discutait. C’est ce que souligne Christian Laporte, journaliste à la Libre Belgique, dans son interview de Charles-Ferdinand Nothomb : « Il est important de se mettre à table entre hommes de bonne volonté, comme ce fut le cas il y trente ans, en 1979, pour le Pacte d’Egmont, qui avait échoué à la fin mais où l’on avait été très loin dans les discussions entre Belges, et cela avec, dans les négociations, des partis comme la Volksunie et le FDF ».<><>Des propos nullement contredits par Wilfried Martens, ancien Premier ministre CVP, actuellement CD&V : « Les présidents des partis flamands et francophones ne se parlent plus, ils ne se connaissent pas, ça ne va pas... En quelque sorte, heureusement pour notre pays qu’il y a eu la crise financière et économique, ce qui a permis une prise de conscience d’autres réalités, et ouvre peut-être une possibilité de dialogue... » <><>Mais que dire alors de l’empressement de Herman Van Rompuy, CD&V, Premier ministre, à s’éclipser, soucieux, semble-t-il, de ne pas prendre une position qui déforcerait son parti dans les prochaines négociations institutionnelles ? Un CD&Vlaams, dont l’objectif, il ne s’en cache plus, est le confédéralisme avec une Flandre dominatrice.

02.09.2009

LA FLANDRE : TRES FRAGILE ...

L’arrogance de la Flandre, signe de faiblesse, de doute. La Flandre a peur de son vieillissement, de la perte de son bien-être actuel. Elle sait qu’après 2010 – et 2010, c’est demain – il y aura chez elle plus d’inactifs que d’actifs. Elle a besoin de sécurité. Elle pense trouver la sécurité dans l’autonomie de gestion en gérant elle-même son argent pour les pensions, la santé, la formation...D’où un réflexe d’une bête aux abois : faire de la musculation pour se rassurer. + + + La voie confédéraliste. <><>La Flandre veut assurer sa survie. Elle est bien décidée, éperonnée par le CD&V, à emprunter la voie du confédéralisme. Son credo sera : plus d’autonomie. Une Flandre en quête de nouvelles compétences inscrites dans la ligne tracée par Gaston Geens, CD&V, ministre-président du gouvernement flamand, qui déclarait, au milieu des années 80 : « Wat we zelf doen, doen we beter » ( Ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux ).<><>Une Flandre arrogante qui a les mains libres pour faire sa politique. Une Flandre qui s’exprime à travers les propos de sa nouvelle génération d'intellectuels, personnalisée par Matthias Storme, président du Verbond der Vlaamse Academici, l’association des universitaires flamands : Je n’aime pas l’appellation de Région flamande, parce que pour nous, les régions sont les régions de la Flandre. La Flandre n’est pas une Région, c’est un pays... Le minimum que nous exigeons pour Bruxelles, c’est que tous les Bruxellois qui le veulent soient des citoyens à part entière de la Flandre... ». <><>La Flandre, et c’est sa force, place l’intérêt général flamand au-dessus des intérêts partisans. Elle va s’appuyer sur les résolutions votées par le Vlaams Parlement, le Parlement flamand, en 1999. Les saintes résolutions, la bible de la Flandre.+ + + Les résolutions flamandes.Le leitmotiv : Les Communautés doivent devenir responsables de leurs dépenses. Etre responsable sur son territoire. Des pistes : = =- Octroi d’une Constitution = = - Renforcement de l’ancrage régional dans les secteurs de l’économie et de l’emploi ; régionalisation plus profonde de la politique socio-économique = = - Décentralisation de la mobilité ; régionalisation du rail et de l’aéroport national (Zaventem) = = - Régionalisation de la sécurité sociale = = - Renforcement de l’autonomie fiscale = = - Représentation de la Flandre à la Cour d’Arbitrage, au Conseil d’Etat, à la Cour de Cassation = = - Scission électorale de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde = = - Affirmation de la Flandre comme Région européenne autonome. Avoir son mot à dire dans la prise de décision européenne = = Dans cet état d’âme, la Flandre s’affiche indépendante. Les manifestations se multiplient. Le Comité pour la Flandre indépendante, créé en mai 2002, déclare à tout vent que : « la Flandre, séparée de la Wallonie mais en bonne entente de voisinage avec celle-ci, serait une plus-value pour l’Europe ». <><>Les patrons flamands, regroupés au sein de l’Unizo, ne sont pas à la traîne. Au contraire. Ils appuient ostensiblement les revendications des politiques. Ils insistent sur une régionalisation de la fiscalité. « La fiscalité des entreprises, affirment-ils, c’est l’instrument économique le plus efficace. La régionaliser a une raison philosophique : celui qui dépense doit aussi être celui qui engrange les recettes. C’est une question de responsabilité. On a déjà régionalisé une partie de l’impôt des personnes physiques. Celui des sociétés doit suivre... ».

25.08.2009

BRUXELLES : ANNEXION PAR LA FLANDRE...

L’AVENIR DE BRUXELLES ANNEXION A LA FLANDRE...L’évolution vers le confédéralisme est le vouloir de la Flandre. Compréhensible dans le sens que, dans une configuration confédérale, Bruxelles, enclavée dans le territoire flamand, s’y fonderait. Tout naturellement. Bruxelles serait, à la fois, capitale du territoire flamand et capitale de la communauté flamande ; la communauté française serait indésirable et priée de déménager vers Mons, capitale culturelle de la Wallonie. <><>Dès lors, Bruxelles la française à 90 % serait flamandisée à 100 % à coup de décrets très légaux. L’affirmation flamande, selon laquelle il n’y a aucune minorité nationale en Flandre, serait confirmée. Tous les obstacles seraient écartés pour une annexion pure et simple de Bruxelles par la Flandre, en toute légalité. <><>Le scénario de l’annexion, de force ou larvée, de Bruxelles par la Flandre est-il plausible ? Pour Vincent de Coorebyter, directeur du Crisp, c’est non ! « Je ne vois pas, dit-il, sur quelles bases juridiques la Flandre pourrait dire : « Ce territoire nous appartient ». Que je sache, dans la Constitution, la Flandre a pour territoire les cinq provinces flamandes. Il est vrai que Bruxelles n’est pas tout à fait une Région comme les autres puisque c’est la seule qui ne voit pas son territoire défini dans la Constitution ; on renvoie à une loi qui, elle-même, dit que le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale correspond à l’arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale, qui lui-même se compose de 19 communes... Même « en creux », Bruxelles, c’est ce qui n’est pas couvert par la Région flamande ou par la Région wallonne... Si un mouvement d’annexion de Bruxelles se dessinait, je crois que nombre de Bruxellois se mobiliseraient dans la rue ». <><>C’est aussi la pensée de Benoît Cerexhe, CDH, ministre bruxellois de l’Emploi qui lance une mise en garde à la Flandre : « La Flandre doit comprendre qu’elle ne partirait pas avec Bruxelles. Les Régions wallonne et bruxelloise feraient cause commune ». <><>La bataille de Bruxelles est lancée ! La population bruxelloise attend mieux que la passivité de ses dirigeants, si l’on excepte la position de Benoît Cerexhe. Elle est la garante de la pérennité de la langue française en Belgique. <><>Au demeurant, Véronique Lamquin, journaliste, dans un édito publié dans le quotidien Le Soir du lundi 17 septembre 2001, sous le titre « Bruxelles, mérite mieux qu’un long silence » exhortait les dirigeants bruxellois à ne pas se résigner ; elle s’exprimait ainsi : « Bruxelles vaut bien un projet ambitieux ? Qui lui permette d’assumer toutes les hypothèses, du fédéralisme renforcé à la partition de la Belgique. Surtout, un projet qui définisse l’avenir de la ville plutôt que de le laisser dicter de l’extérieur... Ce n’est que de cette manière que les Bruxellois susciteront désir et envie. Chez les Wallons comme chez les Flamands. Leur attentisme résigné ne leur vaudra que concupiscence et cupidité ».

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