16.03.2009

LE M R : QUEL CHEMIN, LE BIEN ? OU LE MAL ? ...

Juin 2007 : Le triomphe ; il devient le premier parti de Wallonie ; le PS est envoyé sur une voie de garage + + + Septembre 2007 : L’orange bleue éclate… Le PS revient aux affaires… Le M R attend le train bleu…qui ne vient pas.+ + +Mars 2008 : Neuf mois se sont écoulés depuis le déboulonnage du PS de la première place en Wallonie... Le M R est toujours sur le quai. Rien n’est engrangé… Le train bleu de la victoire politique ne siffle pas…La voie royale ne s’ouvre pas ! + + A-t-il trop voulu ? A-t-il trop voulu être différent des autres ? A-t-il trop voulu être libéral ? A-t-il trop voulu muter le M R en parti présidentiel ? + + Un des pontes libéraux donne une réponse à ces questions : « Didier Reynders joue le M R seul contre tous, le M R différent des autres. Cela a bien marché électoralement ». Mais les plats ne repassent pas deux fois ! + + Le nom du Président est lâché. Le M R ne serait-il pas au bout du chemin de la réflexion malade de son président, malade de l’ego de son président ? Il irrite ses collègues politiques. Il ne voit pas. Il ne sent pas les turbulences politiciennes autour de sa personne, enfermé dans sa bulle égocentrique de Messie, de l’Homme providentiel que le Monde des Rêves modèle. Il serait tenté de provoquer des élections générales pour le 7 juin prochain. Mais, ce n’est pas le choix de la Flandre ; son partenaire privilégié, le CD&V, n’en veut pas…+ + + Février 2009. Près d’un an plus tard. Le M R attend toujours sur le quai…La crise financière a éclaté, violente. Les banques sont dans la tourmente : Fortis, Dexia, Ethias, KBC, ING… L’Etat doit les secourir…Des décisions sont prises dans la précipitation… La presse flamande fulmine ; elle fusille Didier Reynders dans le dossier Fortis. Elle répercute la voix de la Flandre qui veut détenir le seul poste régalien qui lui échappe : le ministère des Finances.Dans le Nieuwsblad, Simoens, éditorialiste, tempête : « Au moins de par sa fonction, il endosse l’entière responsabilité du fiasco ». Dans le Standaard, De Ruyter, éditorialiste, va dans le même sens : « Il porte une responsabilité écrasante dans la débâcle ». Dans De Morgen, Walter Pauli, journaliste, le vitriole : « Comment Reynders a pu plumer l’Etat… Après dix ans de règne, l’organisation fiscale a tourné à la catastrophe, démantelant les leviers d’intervention de l’Etat ». Dans le magazine Knack, Rik Van Cauwelaert, analyste, fustige l’arrogance de Didier Reynders lequel jurait ses grands dieux que le budget serait en équilibre : « Dans les pays voisins, la révélation par la propre administration du ministre de tutelle, celui des finances, de la falsification des rentrées fiscales aurait mené à la démission du ministre ». Dans Het Laatste Nieuws, Van Der Keulen, analyste, n’est pas tendre : « Erreur dans les recettes ? Chaos dans l’administration ? Nominations annulées ? Rentrés surestimées, dépenses sous-estimées ? Reynders est toujours dans les parages, mais il s’en sort à chaque fois. On l’appelle Monsieur Téflon, celui qui résiste à tout ». Dans Gazet Van Antwerpen, Paul Geudens, éditorialiste, souligne sa suffisance : « Du wonderboy à Gaston Lagaffe ! ». Pour Groen, Didier Reynders n’a plus sa place au gouvernement fédéral : « Le cynisme du vice-Premier ministre contamine le gouvernement fédéral ». La Flandre a dit ! + + + Le rêve de Didier Reynders, de vouer la direction de la Wallonie au grand destin du M R, s’évanouit. Le CD&V ne veut pas des élections au niveau fédéral. Kris Peeters, CD&V, ministre-président du gouvernement flamand, coprésident du « dialogue de communauté à communauté », refuse de voter des accords communautaires avant juin 2009 ! Le dialogue de communauté à communauté est enterré ! Herman Van Rompuy, CD&V, Premier ministre, poursuivra jusqu’après le 7 juin … + + + Le destin du M R se plombe. La personnalité de Didier Reynders en prend un coup. D’autant que le Conseil d’Etat, dans un arrêt daté du 13 février 2009, annule la composition du Comité de Direction de l’Administration des Finances. Cette Administration se trouve, ainsi depuis plus de deux ans, privée d'un véritable top manager ! Pour Michel Legrand, président du Groupe d’Etude et de Réforme de la Fonction administrative, Gerfa, « la réforme Copernic n’a jamais commencé aux Finances. Elle a juste permis d’engager des top managers parasitaires qui touchent un traitement pour des postes qui n’ont même pas été créés ».Les nuages noirs s’amoncellent au-dessus de la tête de Didier Reynders. Sale temps. Deux des trois composantes, le FDF et le MCC, de la Fédératioon M R menacent de se retirer s’il continue à flirter avec Rudy Aernoudt, ex-haut fonctionnaire flamand qui veut se présenter à Bruxelles et en Wallonie aux élections régionales de juin 2009. Le mariage M R-LiDé, orchestré par Didier Reynders, dure l’espace d’une nuit. Didier Reynders plie devant la détermination du FDF et du MCC ; le malaise s’installe à l’intérieur de la composante PRL directrice du M R. Un mandataire libéral cadre la crise interne : « Reynders a sous-estimé l’hostilité que suscitait Aernoudt. Il a été incapable de mesurer la colère du FDF et du MCC. Pour un président de parti, cela peut avoir des conséquences graves ». + + + Vincent de Coorebyter, directeur général du Crisp, estime que le M R sort fort affaibli de l’ « aventure Aernoudt » : « Le FDF et le MCC ont permis de renflouer les libéraux. Le M R ne pouvait pas se priver de ses alliés pour les quelques pour cent apportés par Aernoudt… C’est le feuilleton politique de l’hiver. Je pense que même si Aernoudt était resté, avec le FDF, l’image aurait été brouillée aux yeux d’une partie de l’électorat. C’est celle d’un parti prêt à encaisser les reproches de populisme pour gagner des points supplémentaires aux élections. Cela lui donne paradoxalement une image de fragilité ». + + + Le M R redressera-t-il la barre ? Rendra-t-il confiance à son électorat composite ? Pour l’heure, les sondages ne sont pas alarmistes, mais la campagne électorale vient seulement d’être lancée. L’ego largement hors démesure de son président ne le handicape pas (trop) mais le nordé peut se lever à tout moment !… Bonjour les dégâts ! Un témoin de l’époque de Jean Gol, en quelques coups de pinceau, offre une photographie tourmentée d’un ciel M R virant au gris-bleu : « On dirait que Didier Reynders n’éprouve pas le besoin de mettre un peu d’humanité dans ses relations politiques. On dirait qu’il a élevé un mur entre la politique et le relationnel. C’est une grande erreur. Il est en train de se marginaliser et, du coup, de marginaliser son parti comme l’a été un temps, sous Gol, le PRL ». Didier Reynders, un conquistador, au destin écorné ! + + + Quel avenir du FDF au sein du M R ? Quel avenir de Bruxelles au regard des « amours » de la branche libérale du M R pour un ex-haut fonctionnaire de l’administration flamande, partisan d’une scission de BHV et du non-élargissement de Bruxelles, et au vécu de l’obsession du M R de devenir le premier parti de Wallonie au prix d’un copinage avec la Flandre ? + + +Des questions à poser ! Des questions à se poser ! Des questions existentielles !