08.03.2011

LA BELGIQUE DE PLUS EN PLUS FLAMANDISEE ?l

 

C’est le cri d’alarme que nous lançons depuis des lustres. Une question que nous posons sans cesse aux partis politiques francophones depuis des années : « Que font les ministres francophones au sein du Kern et au sein du Conseil des Ministres ? ». Une question qui reste sans réponse. Pas un des partis politiques qui sont au pouvoir n’a daigné nous répondre ! Pas un ! Ne feraient-ils que de la figuration ?

Certes six ministères régaliens sur sept sont entre les mains de Flamands. Mais, les décisions ne doivent-elles pas être prise par consensus ? Donc, avec l’accord des ministres francophones ! Certains de nos interlocuteurs nous font cependant observer qu’on voit nos ministres et secrétaires d’Etat francophones les bras chargés de dossiers. Camouflage ?

C’est le cri d’alarme que le Gerfa, Groupe d’Etude et de Réforme de la Fonction administrative, ne cesse de lancer chaque mois dans son mensuel Diagnostic. Tous les postes principaux dans les Services publics  ainsi que dans les Institutions publiques sont occupés par des Néerlandophones. « Il y a là, clairement un déséquilibre en faveur des Flamands…Le problème se pose surtout au niveau des fonctions stratégiques dans chaque administration … Les Flamands sont largement majoritaires aux postes clés que sont le budget ou les ressources humaines… » dénonce Michel Legrand, président du Gerfa. Faut-il s’en étonner lorsqu’on apprend que l’organisme chargé du recrutement du personnel, Selor, est dirigé par un « apparatchik  flamand acquis à la  réforme Copernic » ? ( Diagnostic n° 285 de février 2011).

Et que va-t-il se passer à la Police fédérale à la suite de la démission du Commissaire général, Fernand Koekelberg , un francophone ? On sait que la parité linguistique doit être de 50-50 au niveau du cadre linguistique pour le premier degré de la hiérarchie policière : 1 commissaire général et 3 directeurs généraux dont 2 néerlandophones et l francophone, avant la démission du francophone Koekelberg. Or, celui-ci est remplacé ad interim par le néerlandophone Paul Van Thielen en qualité de commissaire général tout en conservant sa fonction de directeur général. Le poste de Commissaire général sera-t-il confié à un Francophone ? La bonne question !

Il suffit de voir ce qui se passe dans l’armée : 78 % des généraux sont Flamands, « et ils occupent toutes les fonctions importantes, les généraux francophones étant réduits aux tâches secondaires », précise Denis Ducarme, député MR. Et d’illustrer son propos : « En 2009-2010, sur huit colonels nommés généraux, et majors généraux nommés lieutenants généraux, sept étaient Néerlandophones ». En outre, la concentration des principaux systèmes d’armes en Flandre s’accélère.

La fameuse règle de la parité linguistique (50-50) est bafouée et remplacée par la règle (60-40), 60 % de Néerlandophones, 40 % de Francophones. Et les Francophones occupent le plus souvent des fonctions secondaires !

Un exemple de l’image d’une Belgique flamande présentée à l’étranger nous est détaillée par Gerfa dans son périodique mensuel Diagnostic n° 282 de novembre 2010 : « … La mainmise flamande sur les grandes ambassades (3 sur 4), sur les ambassades de l’Afrique centrale (sur 3) et sur les représentations permanentes (3 sur 3)… Ainsi donc sur 10 postes stratégiques à l’extérieur, neuf sont dans des mains flamandes. Seul Paris échappe encore à la voracité du Nord ».

Mais, bon Dieu, que font donc nos ministres et secrétaires d’Etat au Kern et au Conseil des Ministres ? Défendent-ils les intérêts des membres de notre communauté française ? 

06.12.2010

UNE IMAGE FLAMANDE DE LA BELGIQUE A L’ETRANGER…

 

C’est le thème que développe le Gerfa, organisation syndicale agréée, dans son magazine mensuel Diagnostic n° 282 de novembre 2010.

Selon Gerfa : « Le poids du nord du pays dans les rouages de l’Etat fédéral est impressionnant. Dans les relations extérieures,  il ne s’agit pas d’un déséquilibre ponctuel ou conjoncturel, mais bien d’une mainmise flamande particulièrement efficace ».

Comment pourrait-il en être autrement ? La Flandre détient tous les postes régaliens au sein du gouvernement et la majorité en poids de pouvoir au sein du Conseil des Ministres ! Evidemment, « dans les partis politiques, on rétorquera, souligne Gerfa, que cela n’est pas vrai, car les règles de parité sont globalement respectées ». C’est vrai, mais il y a une différence d’influence entre un poste de premier rang et un poste de second rang à grade égal.

Gerfa donne pour exemple les grandes ambassades : Berlin, Londres, Paris, Washington ; trois d’entre elles, Berlin, Londres et Washington,  échoient aux Néerlandophones ; une, celle de Paris, revient aux Francophones. Au niveau des ambassades de second rang,  la parité paraît équilibrée. Il n’en reste pas moins que toutes les ambassades belges en Afrique centrale : République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi, Congo (ex-français),Gabon, Cameroun, Côte d’Ivoire, pays de langue française, sont occupées  par un Flamand, seule l’ambassade belge au Sénégal a été attribuée à un Francophone !

La remarque est également valable pour les représentations permanentes auprès des grandes institutions, telles que ONU et OTAN postes occupés par un Flamand, seule l’Europe est attribuée à un Francophone.

« Le constat est particulièrement clair, souligne en conclusion le Gerfa ! La plupart des postes stratégiques sont occupés par le Nord du pays. Les Francophones ne reçoivent que quelques compensations dans les postes du deuxième ou troisième rang, histoire de respecter la parité linguistique. Au commencement de cette étude, nous évaluions les postes stratégiques détenus par les Francophones à 30 ou 35 %. On en est loin et même très loin et c’est le chiffre de 20 % qui paraît plus proche de la Réalité ! A l’instar de ce qui se passe à l’armée, on s’aperçoit que le Nord du pays place ses pions là ou la Belgique constitue un enjeu, une porte d’entrée ou une plus-value […] Pendant ce temps, les Francophones restent particulièrement passifs et même quand ils assurent la direction des Affaires étrangères (comme sous l’ère du ministre Louis Michel), ils se révèlent souvent incapables d’inverser le cours des choses. Pire, ils se donnent une image détestable comme lors de la résurrection couteuse du consulat de Marseille pour caser un affidé. Tout cela à un moment où le Nord du pays développe des revendications séparatistes. L’analyse de la mainmise flamande sur l’Etat fédéral suffit à elle seule à démontrer que le Nord du pays n’a aucun intérêt au séparatisme et s’accrochera bec et ongles à ses rentes de situation. Un tel constat devrait convaincre les Francophones de ne rien céder, car les transferts NORD-SUD tant vantés sont bien souvent largement compensés par des transports inverses et peu transparents ».

15:34 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gerfa, diagnostic, ambassades, onu, otan, europe, nord, postes |  Facebook |

21.10.2010

CELA RAPPORT D'ETRE FLAMAND...

 

Nos "amis" du Nord agitent sans cesse l'épouvantail du séparatisme au grand dam des Wallons et des Bruxellois, qui n'ont pas encore intégré l'idée que la Flandre perçoit des rentes énormes grâce à sa mainmise sur l'Etat belge… et bien plus que les fifrelins accordés dans le cadre de la prétendue solidarité Nord-Sud.

Pour illustrer ce constat, relevons l'occupation par les Flamands des postes, de pouvoir, en particulier au niveau international où la Belgique n'est souvent représentée que par les tenants de la langue de Vondel.

Ainsi, le très CD&V Herman Van Rompuy s'est fait propulser président du Conseil européen où son traitement mensuel brut avoisine les 25 000 euros. Pas mal pour un politicien qui a fait la grande partie de sa carrière sur le radicalisme flamand. Et encore, ce traitement ne prend pas en compte les multiples avantages… annexes !

Mieux, au moment où on ne parle que de rigueur et d'augmentation des impôts, Van Rompuy ne paie que l'impôt européen fixé à 25 %… alors que n'importe quel Belge percevant moins de la moitié de son traitement paie plus de 50 % !

Belle leçon pour ceux qui croient que la Flandre ne profite pas de l'Etat belge ! Belle leçon également de solidarité fiscale d'autant que l'intéressé est en pointe dans le discours de l'austérité…

Si l'Etat belge a besoin d'une cure d'austérité, l'Europe devrait donner l'exemple en alignant ses salaires, ses dépenses et sa fiscalité sur ceux de ses membres !

Source : Diagnostic, mensuel n° 281, octobre 2010. Magazine mensuel du Gerfa, asbl. Site web : www.gerfa.be

 

05.07.2010

QUE PEUVENT GAGNER LES FRANCOPHONES LORS D'UNE NEGOCIATION ?

Michel Legrand, président du Gerfa, Groupe d'Etude et de Réforme de la Fonction administrative, organisation syndicale agréée, donne une réponse claire et précise dans le mensuel n° 279, juin 2010, Diagnostic. "Si la négociation porte, souligne-t-il, sur des enjeux limités, elle n'aboutira qu'à retarder de quelques années l'échéance attendue ; si, par contre, elle porte sur des enjeux importants, elle risque de priver les Francophones des atouts dont ils disposent encore. De toute manière, que l'on se situe dans la première hypothèse ou dans la seconde, les "contreparties" effectives se résumeront à de l'argent pour Bruxelles ou à quelques aménagements linguistiques à Bruxelles. Or, alors que la Région bruxelloise se débat dans un sous-financement chronique et doit faire face à des défis démographiques et d'éducation importants, qu'elle contribue à près de 20 % du PIB, qu'elle finance la Flandre à hauteur de plusieurs milliards d'euros, son refinancement est considéré comme une concession faite aux Francophones qui doivent donc la payer ! Le refinancement de Bruxelles ne doit donc pas être monnayé, d'autant que, dans l'optique même de la Flandre en marche vers le séparatisme ou le confédéralisme, ce financement ne posera plus de problème une fois que chaque Région disposera de l'autonomie fiscale et notamment du droit de percevoir les impôts sur le revenu sur le lieu de travail ; à ce moment, Bruxelles pourra organiser sa solidarité avec la Wallonie à l'intérieur d'une nouvelle fédération. + + Quant aux "concessions" linguistiques qui auraient pour effet de réduire le bilinguisme de rente dont profite la Flandre à Bruxelles, elles compteront pour du beurre dès que Bruxelles pourra prendre son destin en mains et fixer ses propres règles linguistiques en respectant sa minorité flamande. + + Ce qui est extraordinaire dans cette affaire, c'est que la Flandre s'inscrit dans une visée séparatiste ou "confédéraliste" qui implique que TOUTES les concessions qu'elle pourrait faire, elle les fait dans des domaines qui relèveront de toute manière des attributions des nouvelles entités, alors que les concessions, en particulier la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, qu'elle veut imposer aux Francophones sont irréversibles. + +Bref, le peuple francophone n'a rien à gagner d'une négociation de dupes qui lui ferait céder des choses importantes contre des concessions fictives dont il aurait de toute manière la maitrise ! " + +Les Flamands connaissent bien les tenants et aboutissants des lois linguistiques. Ils couchent avec elles !

16.12.2009

LA FLAMANDISATION DES INSTITUTIONS PUBLIQUES EST EN MARCHE ACCELEREE...

PARASTATAUX SOCIAUX + +La mainmise de la Flandre (Vlaanderen) sur les rouages de l’Etat fédéral s’accentue. Le Gerfa, dans son organe de presse, Diagnostic, n° 273, décembre 2009, informe que, dans plusieurs parastataux sociaux fédéraux, la flamandisation est en marche à tel point que de nombreux directeurs sont désormais remplacés par des agents néerlandophones… qui communiquent avec leurs collaborateurs francophones dans la langue de Vondel… Les francophones sont aux abois et perdent des positions importantes sans que le monde politique francophone s’en offusque !+ +ALLES VOOR VLAANDEREN + + Lors de la réunion de l’Otan avec la secrétaire d’Etat Hilary Clinton, la Belgique était représentée par trois ministres flamands : Yves Leterme, Premier ministre ; Pieter De Crem, ministre de la Défense ; Steven Vanackere, ministre des Affaires étrangères. Aucun francophone, Bruxellois ou Wallon, à l’horizon.<><>C’est à vrai dire un scandale : non seulement les francophones comptent désormais pour du beurre, mais encore les trois ministres appartiennent au même parti, ce qui consacre le retour de l’Etat CD&Vlaams, au plus grand profit de la Flandre. + + L’ADMINISTRATION PUBLIQUE SOUS LETERME II + + Constat du Bureau du Gerfa (1), publié dans son organe Diagnostic n° 273, décembre 2009 :- Toutes les grandes fonctions régaliennes – sauf une, les Finances -, soit la Justice, l’Intérieur, la Défense, les Affaires étrangères, la Fonction publique sont toutes attribuées à des Néerlandophones. Or, ces différentes fonctions particulièrement sensibles représentent le cœur de l’Etat et coïncident parfaitement avec des grandes administrations structurées et homogènes. <><>- Le CD&V reçoit les entreprises publiques et la mobilité au moment où le financement de la SNCB et l’avenir de La Poste représentent des enjeux particulièrement sensibles pour les francophones. <><>- La Fonction publique est à nouveau confiée au CD& V. Ce ministère assure la politique de recrutement, la formation et la réglementation des 80 000 agents fédéraux.- A part les Finances, les francophones gèrent l’Economie en partage avec un ministre OpenVLD, les Affaires sociales et l’Emploi et le Travail. Mais la Flandre réclame leur régionalisation<><>- Plusieurs ministres reçoivent des compétences légères. Ainsi, le ministre Magnette reçoit l’Energie, qui n’est qu’une direction des Affaires économiques ; le ministre Daerden reçoit les Pensions, matière essentiellement technique. <><>- Les francophones reçoivent toutefois quelques compensations sous forme de cinq secrétaires d’Etat contre… deux aux Néerlandophones, aux compétences maigres comme Courard à l’intégration sociale, Chastel aux Affaires européennes, Delizée pour les personnes handicapées, et Clerfayt à la lutte contre la fraude fiscale et un cinquième plus important au budget… mais sous la tutelle du vice-Premier ministre OpenVLD Guy Vanhengel… Il s’agit de postes non stratégiques.<><>- Les francophones ne reçoivent pour l’essentiel que des compétences internes, à l’exception de la Coopération (Charles Michel, MR), et n’assument quasi aucune visibilité au niveau international, accréditant ainsi l'idée que la Belgique est bel et bien dirigée par les Flamands. Ce déséquilibre international a encore été renforcé par la nomination de Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil de l’Europe et le maintien de Karel De Gucht comme commissaire européen ! <><>En conclusion, le Bureau du Gerfa souligne que le Gouvernement Leterme II est déséquilibré et accorde un avantage disproportionné au Nord du pays, tant en ce qui concerne les fonctions régaliennes qu’en ce qui concerne la représentation de l’Etat à l’étranger. Il dénonce, une fois de plus, un manque de vigilance et de méconnaissance flagrante de l’Etat et de ses centres de gravité, dont font preuve les dirigeants francophones. <><>(1) Gerfa, Groupe d’Etude et de Réforme de la Fonction administrative, organisation syndicale agréée, www.gerfa.be

20.11.2009

UN MILLION DE FRANCOPHONES IGNORE PAR LE GOUVERNEMENT BRUXELLOIS DE CHARLES PICQUE...

C’est le cri d’alarme lancé par Michel Legrand, président du Gerfa, dans la livraison du mensuel n° 272 de novembre 2009, Diagnostic. <><>Que dénonce-t-il ? La couardise du Parlement bruxellois. « Bruxelles est empêché constamment, souligne-t-il, de jouer son rôle et de faire respecter la voix du million de Francophones qui y habitent, y votent et y paient leurs impôts ! Prétexte invoqué : la Région bruxelloise est bilingue et doit donc rester neutre même si ses intérêts ou ceux de la Communauté française sont menacés. Cela aboutit donc non seulement à nier le caractère francophone de Bruxelles, mais aussi à réduire le poids francophone qui se trouve ainsi amputé d’un million d’habitants ; cela est d’autant plus grave que Bruxelles subit un bilinguisme de rente couteux et forcé à tel point que certains considèrent que sans les lois linguistiques, le flamand à Bruxelles ne serait plus qu’un souvenir ». <><>Et de fustiger la carence de réaction des élus francophones bruxellois dans l’affaire de l’inspection des écoles francophones de la périphérie. Michel Legrand d’élever la voix : « Cette carence de réaction de Bruxelles a de nouveau été relevée à l’occasion du vote par le Parlement flamand du décret transférant l’inspection des cinq écoles francophones de la périphérie, jusqu’ici assumée par la Communauté française, à la Communauté flamande ; tant le Parlement de la Communauté française que celui de la Cocof et celui de la Région wallonne avaient introduit la procédure en conflit d’intérêts qui avait chaque fois abouti à bloquer le projet pendant quatre mois ; il restait donc une cartouche à tirer et celle-ci devait l’être par le Parlement bruxellois qui y a renoncé sous le prétexte que cela fâcherait les Flamands ! … Or, martèle Marcel Legrand, président du Gerfa, il est évident que la Région bruxelloise doit être particulièrement attentive au sort qui est réservé aux cinq écoles de la périphérie et à leurs 2 400 élèves. Ajoutons que, pour adopter la motion de conflits d’intérêts, une assemblée doit réunir les suffrages des trois quarts de ses membres, ce qui implique que 67 représentants sur 89 devaient la voter ; or, ni le CDH, ni Ecolo, ni le PS ne souhaitaient voter cette procédure et « vexer » les Flamands, alors que le Parlement flamand ne s’embarrassait pas d’autant de scrupule et profitait de l’inaction de la Région bruxelloise pour voter rapidement le décret de transfert de l’inspection ».<><>La mièvrerie des parlementaires francophones bruxellois est-elle étonnante ? Non, en considérant la puissance de la particratie et de l’égocentrisme qui les traverse. Pas un n’échappe au virus de l’ego.<><>En conclusion, Michel Legrand lance un appel pathétique à la fois à la classe politique et aux citoyens : « Les Francophones, dit-il, doivent prendre conscience de la situation et ouvrir les yeux. On peut supposer qu’ils ont enfin compris que la Flandre veut à la fois fixer ses frontières, liquider tout ce qui remet en cause son homogénéité, diriger la Belgique – si c’est encore possible et si les Francophones acceptent ses exigences – ou, à défaut, proclamer son indépendance. Toutes les concessions qui ont faites par les Francophones n’ont servi à rien, sinon à fragiliser dangereusement leurs positions juridiques. Les Francophones doivent donc utiliser les leviers qui sont à leur disposition et, parmi ceux-ci, Bruxelles et son million d’habitants. En nous imposant la neutralisation de Bruxelles, le Nord du pays réduit notre poids, accrédite l’idée que Bruxelles ne compte pas ! C’est un piège adroit duquel Bruxelles doit sortir d’urgence en réaffirmant son existence et en défendant ses intérêts fermement avec ou sans l’avis de la minorité flamande qui ne doit pas disposer d’un droit de veto de fait ».Ecoutons cet appel plein de sagesse et de dignité.

13.10.2009

IMPUISSANCE ET ABDICATION...

... titre Diagnostic, organe du Gerfa, dans son numéro n° d’octobre 2009, avenue du Pont de Luttre, 137 – 1190 Bruxelles. + + + Alors que la situation des finances publiques devient catastrophique, déclare Michel Legrand, président du Gerfa, le gouvernement fédéral, mais aussi les gouvernements régionaux et communautaire, se révèlent incapables simplement de décider. Dans trois dossiers sensibles, le budget, La Poste et le port du voile à l’école et dans les services publics, l’incapacité est criante. <><>DOSSIER BUDGET + + + Michel Legrand assène : <><>- Du côté de la Communauté française, on a rapidement abandonné toutes les pistes sérieuses d’économie dès que les syndicats « représentatifs » des enseignants ont clamé leur désaccord et menacé d’entamer des actions ! Abandonnée l’idée de faire travailler les profs à leur niveau maximum, soit 22 heures de cinquante minutes au lieu d’une moyenne de 20 heures, alors qu’ils bénéficient déjà d’un système très favorable de congés censé compenser largement la difficulté de leur travail, difficulté à contenu très variable et dépendant pour l’essentiel des cours donnés et de l’école où ils sont prestés ; même l’idée de supprimer la prépension à 55 ans a été largement critiquée et il s’en est fallu de peu qu’elle ne passe à la trappe, alors que cette mesure constitue un gouffre financier et prive la Communauté française de moyens pourtant bien nécessaires et que les « refinancements » imposent aux Francophones des négociations à répétition dans lesquelles ils échangent des reculs institutionnels contre de l’argent qu’ils perdent plus tard au gré des crises économiques ! <><>- Du côté de la Région wallonne, on n’a rien entendu sur la réduction effective et significative des cabinets ministériels dont l’effectif se monte pour certains ministres à 100 personnes ; de même on n’a rien entendu sur l’explosion des effectifs des agents contractuels dans certains pararégionaux qui se sont récemment illustrés dans la mauvaise gestion. <<<>- Du côté de l’Etat fédéral, aucune allusion à la remise en cause de la réforme COPERNIC, qui a englouti des dizaines de millions d’euros sous le gouvernement Verhofstadt I avec la participation naïve des écolos et celle plus intéressée des socialistes et qui continue encore maintenant d’engloutir des moyens considérables en pure perte, voire en provocant d’énormes dépenses parasitaires ; aucune allusion sur la remise en cause des voitures de société, qui réduisent considérablement les assiettes fiscale et sociale, privant l’Etat de moyens importants, qui créent des injustices entre ceux qui en bénéficient et ceux qui ne perçoivent que leur salaire et qui constituent de par leur utilisation intensive un véritable problème pour l’environnement. <><>DOSSIER LA POSTE + + + Michel Legrand, président du Gerfa, pointe l’abdication des responsables politiques face au lobbying des partisans de la libéralisation des services postaux. Depuis plus années, dit-il, La Poste n’en finit pas de céder aux sirènes de la libéralisation intensive et extensive. Cela va de la suppression de multiples bureaux de poste au grand dam des citoyens jusqu'à la volonté de remplacer les facteurs par des livreurs de courrier - appelés pudiquement « facteurs de quartier » - à temps partiel, payés 8,5 euros brut de l’heure.<><>DOSSIER PORT DU VOILE + + + Même incapacité des politiques, tempête Michel Legrand, à prendre une position claire. Depuis quelques mois, les services publics sont confrontés à la volonté de certaines femmes musulmanes d’afficher leur conviction en portant le voile pendant le temps de leur service. Le problème est relativement récent mais commence à faire tache d’huile... Pourtant, la réglementation est claire et interdit aux agents de faire peser un doute sur leur neutralité. Il ne s’agit donc nullement d’un problème de liberté d’expression, comme d’aucuns voudraient nous le faire croire, mais d’un problème de fonctionnement des services publics qui doivent veiller au respect de la plus stricte neutralité, sous peine de tomber dans les dérives d’un prosélytisme qui met la plupart des citoyens de plus en plus mal à l’aise... Dans ce dossier, pas aussi délicat que l’on veut nous le faire croire mais dont les enjeux sont brouillés, les responsables politiques se révèlent incapables de prendre une décision et de comprendre ce que signifie réellement un Etat et des services publics neutres... « Un vrai Etat neutre, à défaut d’être laïque, ne se marchande pas », écrivions-nous dans notre communiqué du 7 juillet, souligne Michel Legrand.